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Document de décision DD2004-48
Détermination de l'innocuité de la lignée Teal 11A de blé ClearfieldMC de BASF Canada tolérant l'imidazolinone

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Distribué : 2004-06

Annexe 1 : Plan de gérance de la tolérance aux herbicides du blé ClearfieldMC

1. Programme des meilleures pratiques de gestion du système de production du blé ClearfieldMC

Introduction

Le système de production Clearfield pour le blé est un système de culture novateur qui offre une nouvelle façon de cultiver le blé et d'améliorer la lutte contre les mauvaises herbes. Il offre aux producteurs de l'Ouest canadiens de nouvelles possibilités :

Principaux enjeux liés à la durabilité

Il incombe aux utilisateurs ainsi qu'aux responsables de l'élaboration et de la commercialisation de systèmes de cultures tolérant aux herbicides d'assurer la durabilité du système de production et d'aborder les grands enjeux suivants :

Ces grands enjeux de la durabilité sont les fondements de nos plans de gérance des cultures conduites à l'aide du système de production Clearfield. Les principes directeurs suivants peuvent résumer le plan de gérance du blé Clearfield, comme ceux de toutes les autres cultures Clearfield :

PRINCIPES DIRECTEURS - Système de production Clearfield

Les agronomes et les producteurs qui utilisent le système de production Clearfield doivent comprendre et respecter un certain nombre de LIGNES DIRECTRICES.

Gestion de la résistance dans le cadre du système de production Clearfield

Gestion de la résistance aux herbicides à l'aide d'une méthode de lutte intégrée contre les mauvaises herbes

La gestion de la résistance aux herbicides vise à lutter contre les mauvaises herbes tout en préservant la valeur de chaque herbicide et groupe d'herbicides à plus long terme.

Une méthode de lutte intégrée contre les mauvaises herbes est la meilleure pratique de gestion pour retarder l'apparition d'une résistance aux herbicides chez les mauvaises herbes. Un producteur qui utilise une méthode intégrée fait appel à toutes les méthodes à sa disposition pour désherber efficacement ses cultures. Les herbicides constituent l'un des outils dont disposent les producteurs.

Apparition d'une résistance

L'Herbicide Resistance Action Committee (HRAC) est un comité mis sur pied par l'industrie afin de favoriser la collaboration entre les fabricants de produits phytopharmaceutiques, le gouvernement, les chercheurs, les conseillers et les agriculteurs. L'objectif de ce groupe de travail est de faciliter la gestion efficace de la résistance aux herbicides. L'HRAC a cerné un certain nombre de facteurs qu'une évaluation du risque de tolérance aux herbicides doit prendre en compte. Les facteurs les plus importants influant sur la capacité d'un végétal d'acquérir une résistance sont les suivants :

Biologie et constitution génétique de l'espèce de mauvaise herbe visée : Il faut notamment tenir compte des aspects suivants. Les mauvaises herbes extrêmement sensibles à un herbicide, produisant des graines en abondance et présentant une grande variation génétique intraspécifique risquent davantage d'acquérir une résistance à un herbicide. Chez une population de mauvaises herbes, la fréquence initiale de biotypes naturellement résistants influe sur le potentiel d'apparition d'une résistance. De plus, la valeur adaptative ou vigueur relative de biotypes résistants influe sur l'apparition d'une résistance. En règle générale, plus la fréquence initiale de la résistance et la valeur adaptative du biotype résistant d'une espèce donnée de mauvaise herbe sont élevées, plus le potentiel d'apparition d'une résistance aux herbicides est grand.

Historique de l'utilisation d'herbicide  : L'utilisation pendant plusieurs années consécutives de produits herbicides à même mode d'action qui ne font pas l'objet d'un mélange en cuve ou d'applications séquentielles en alternance avec des herbicides à mode d'action différent peut faire augmenter le risque d'apparition de populations résistantes. Plus la pression sélective exercée par un herbicide sera importante, plus le risque d'apparition d'une résistance sera élevé. Même si une dose plus élevée d'herbicide ou des applications séquentielles procurent une meilleure efficacité, elles font également augmenter les risques d'apparition d'une résistance. De même, des doses plus faibles d'herbicide, qui sont moins efficaces pour lutter contre les mauvaises herbes, exercent une moins grande pression sélective. Les doses d'herbicide recommandées sur l'étiquette reflètent les résultats des essais d'efficacité qui ont permis d'établir les doses optimales et les réactions des cultures.

Pratiques de gestion des cultures : Le désherbage qui s'appuie uniquement sur l'utilisation d'herbicide et ne combine pas un travail du sol ou d'autres pratiques culturales à des applications d'herbicide peut faire augmenter le risque d'apparition de populations résistantes. Au nombre de ces pratiques figurent la rotation des cultures qui permet le recours à des méthodes non chimiques de lutte contre les mauvaises herbes et donne la possibilité de faire varier le type d'herbicide et sa fréquence d'utilisation.

Conditions du milieu : Un milieu dont les conditions ne sont pas propices à la dégradation de l'herbicide dans le sol peut faire augmenter le risque d'apparition de populations résistantes. Un temps continuellement sec peut ralentir la dégradation de nombreux herbicides (p. ex., les imidazolinones). Un sol à pH élevé peut inhiber la dégradation de certains herbicides comme les SU. Plus un herbicide persiste longtemps, plus il exerce une pression sélective sur une population de mauvaises herbes, notamment celles ayant plusieurs repousses au cours d'une même saison.

Stock grainier/dormance des graines de mauvaises herbes dans le sol : La présence d'un stock grainier important dans le sol d'un champ individuel accroît la pression sélective qui fait elle-même augmenter le risque d'apparition de populations résistantes. La dormance des graines dans le sol peut également avoir un impact sur l'apparition d'une résistance. Chez les végétaux dont les graines ont une plus grande longévité dans le sol, l'apparition d'une résistance sera généralement plus lente puisque la pression sélective est moindre. Les graines qui peuvent survivre pendant des années dans le sol peuvent retarder l'apparition d'une résistance. Les mauvaises herbes dont les graines ont une grande longévité peuvent se constituer un important stock grainier dans le sol. Ce dernier peut servir de tampon et empêcher des modifications génétiques chez la population de mauvaises herbes, puisque les graines ne germent habituellement pas toutes la même année. En revanche, les graines de mauvaises herbes à faible longévité germent en l'espace d'un ou deux ans, épuisant rapidement les réserves de graines sensibles et donnant à toute graine résistante un avantage compétitif lorsque s'exerce une pression sélective.

Il existe de nombreuses exceptions à ces règles générales, d'où la difficulté de prévoir chez quelles espèces apparaîtra une population résistante. Le temps nécessaire à l'apparition d'une résistance chez une population de mauvaises herbes variera en fonction de nombreux facteurs, notamment :

Des modèles fondés sur ces facteurs ont été élaborés pour prévoir l'apparition d'une résistance chez une population de mauvaises herbes. Les modèles actuels donnent une indication de l'apparition d'une résistance; ces indications sont des données d'entrée essentielles à l'élaboration de stratégies et de pratiques de gestion de la résistance.

Détection d'une résistance chez les mauvaises herbes

Il est important de ne pas confondre l'inefficacité d'un traitement herbicide causée par la résistance des mauvaises herbes avec celle attribuable à d'autres facteurs. Avant d'envisager la possibilité de l'apparition d'une résistance, il faut écarter tous les autres facteurs pouvant être à l'origine de la piètre efficacité d'un herbicide. Parmi ceux-ci figurent une erreur d'application et des conditions défavorables du milieu au moment du traitement herbicide. Des modifications des populations de mauvaises herbes (diminution du nombre d'espèces sensibles au profit d'espèces moins sensibles) peuvent également être à l'origine de problèmes de lutte. Les conditions suivantes peuvent donner raison de croire à l'apparition d'une résistance à l'herbicide :

Gestion de la résistance des mauvaises herbes

Les herbicides ont été groupés en fonction de leur mode d'action. Les herbicides du groupe 2 sont des inhibiteurs de l'ALS/AHAS. La société BASF commercialise des herbicides appartenant à la famille chimique des imidazolinones et au groupe 2. Des herbicides comme ABSOLUTE, ODYSSEY et ADRENALIN, qui sont utilisés dans le cadre du système de production Clearfield, sont des exemples de produits du groupe 2. BASF est donc un intervenant clé dans la gestion de la résistance des mauvaises herbes résistant à l'ALS.

La société BASF est résolue à maintenir l'efficacité de tous ses herbicides afin de fournir aux producteurs des produits efficaces, à haut rendement et écologiques pendant de nombreuses années. Une gestion efficace de la résistance des mauvaises herbes est la clé du succès des systèmes de production Clearfield. En vertu de son programme de protection des cultures, la société BASF s'est engagée à fournir des systèmes de cultures durables intégrant les principes des meilleures pratiques. Les systèmes de production Clearfield fournissent aux producteurs des méthodes de rechange pour la bonne gestion d'une rotation. Le guide des meilleures pratiques de gestion est conçu pour aider les agronomes et les producteurs qui ont choisi d'utiliser les systèmes de production Clearfield à prendre des décisions qui permettent de gérer de façon optimale la résistance aux herbicides chez les populations de mauvaises herbes.

Voici maintenant un examen et les stratégies proposées de gestion de la résistance aux herbicides ALS chez les populations de mauvaises herbes dans le cadre d'un système de production Clearfield. Les lignes directrices concernant la gestion de l'apparition d'une résistance chez les mauvaises herbes présentées ci-dessous sont conformes aux recommandations énoncées dans les guides provinciaux de protection des cultures et dans le WREAP.

Recommandations générales pour réduire au minimum l'apparition d'une résistance chez les mauvaises herbes

De bonnes pratiques de gestion permettent d'empêcher ou de retarder l'apparition de mauvaises herbes résistantes aux herbicides. Les recommandations énumérées ci-dessous tiennent compte de nombreux points abordés jusqu'à maintenant et visent à fournir une méthode intégrée de lutte contre les mauvaises herbes afin de prévenir ou de retarder l'apparition d'une résistance. La lutte chimique, les pratiques culturales et la gestion des cultures sont trois aspects clés de la lutte intégrée contre les mauvaises herbes.

Lutte chimique

Pratiques culturales/Gestion des cultures

Les pratiques culturales (non chimiques) de lutte contre les mauvaises herbes n'exercent aucune pression sélective et peuvent contribuer à réduire la proportion de mauvaises herbes dans le stock grainier du sol. Ces pratiques sont des composantes importantes d'une stratégie de lutte intégrée contre les mauvaises herbes.

Une stratégie efficace de lutte contre les mauvaises herbes comporte de multiples possibilités d'intervention. Les systèmes de production de cultures tolérant les herbicides offrent un autre mécanisme pour lutter efficacement contre les mauvaises herbes et devraient être considérés comme un des nombreux outils de gestion de l'apparition de mauvaises herbes résistantes.

Lutte intégrée contre les mauvaises herbes dans le cadre du système de production Clearfield

Les cultures du système de production Clearfield sont tolérantes aux imidazolinones, des herbicides du groupe 2. Ces derniers inhibent l'acétolactate-synthétase, une enzyme dont les végétaux ont besoin pour produire de la leucine, de l'isoleucine et de la valine, des acides aminés. Les herbicides du groupe 2 sont connus comme des inhibiteurs de l 'ALS.

L'utilisation continuelle d'herbicides du groupe 2 peut occasionner la sélection de biotypes de mauvaises herbes résistants aux herbicides de ce groupe. Pour que la production agricole canadienne demeure efficace et rentable, il est capital de préserver l'efficacité de ce groupe d'herbicides. Le système de production Clearfield accorde donc une place importante à des stratégies efficaces de lutte contre les mauvaises herbes qui retardent ou empêchent l'apparition de mauvaises herbes résistantes.

À l'heure actuelle, le système de production du blé Clearfield utilise exclusivement l'herbicide ADRENALIN. Cet herbicide Clearfield combine des herbicides ayant deux modes d'action. Les deux matières actives sont l'imazamox (groupe  2) et l'ester du 2,4-D (groupe 4). Ces deux herbicides ciblent un certain nombre de mauvaises herbes du blé. Tel que mentionné précédemment, ces deux modes d'action combinés constituent un moyen efficace de retarder l'apparition d'une résistance aux herbicides.

Il convient de respecter, outre les recommandations générales exposées ci-dessus, un certain nombre d'autres recommandations précises dans le cadre du système de production du blé Clearfield. Les producteurs et les agronomes devraient tenir compte de chacun des points suivants pour définir un plan de lutte intégrée contre les mauvaises herbes lorsqu'ils utilisent le blé Clearfield dans leur rotation des cultures.

Lutte contre les plants spontanés de blé Clearfield

Objectif : éliminer tous les plants spontanés des cultures Clearfield avant la floraison.

Sommaire

Raisons importantes motivant la lutte contre les plants spontanés

Lutte contre les plants spontanés

Mesures de gestion

Gestion de la pollinisation croisée avec des mauvaises herbes et des cultures autres que Clearfield

Qu'est ce que la pollinisation croisée et le flux génétique?

Le flux génétique est le mouvement de gamètes, de zygotes (graines), de sujets ou de groupes de sujets d'un endroit à un autre et leur intégration subséquente au patrimoine génétique de la nouvelle localité (Slatkin, 1987). C'est un processus biologique naturel et, chez les végétaux, il se produit surtout grâce à la dispersion du pollen ou des graines (Levin et Kerster, 1974). L'importance relative du flux génétique pour la structure génétique d'une population dépend de la distance séparant la population donneuse et receveuse, de la taille de la population, de la durée d'existence du processus et du fait que le nouveau gène puisse conférer à la population receveuse un quelconque avantage sur le plan de la valeur adaptative (Waines et Hegde, 2003).

Chez les végétaux, la pollinisation croisée (ou allogamie) est un type de reproduction par lequel un gamète mâle d'un sujet féconde un gamète femelle d'un autre sujet (Waines et Hegde, 2003). L'expression « pollinisation croisée » désigne habituellement la reproduction sexuée au sein d'une même espèce et a souvent été utilisée comme synonyme de flux génétique (Gleaves, 1973; Handel, 1983). Toutefois, tel que mentionné précédemment, le flux génétique peut s'opérer par d'autres moyens qu'une pollinisation croisée. Nous nous contenterons de traiter du flux génétique pollinique.

Un large éventail de facteurs influe sur l'aptitude d'une plante donnée à la pollinisation croisée, y compris la formation des épillets, la période de floraison, la réceptivité des stigmates, la production, la dispersion et la viabilité du pollen ainsi que des facteurs du milieu. La possibilité de pollinisation croisée varie considérablement d'une espèce et d'une variété à l'autre. Après un pollinisation croisée fructueuse, la descendance peut afficher des caractères des deux parents.

Le risque de pollinisation croisée peut varier d'une culture et d'une mauvaise herbe à l'autre. Le plan de gestion doit se focaliser sur la lutte contre les plants spontanés et sur la gestion des cultures tolérantes aux herbicides et des espèces apparentées.

Potentiel de pollinisation croisée chez le blé Clearfield

Même si le blé est surtout autogame, il est reconnu que de faibles taux d'allogamie peuvent s'observer (Allan, 1980). Vous trouverez ci-dessous des renseignements précis concernant la transmission éventuelle, par pollinisation croisée, de caractères de résistance à d'autres variétés de blé et à des espèces apparentées.

Description des variétés de Triticum aestivum issues de la technologie Clearfield

Les variétés de blé Clearfield sont dotées d'une tolérance à l'ADRENALIN®, l'herbicide de type imidazolinone de la société BASF. Le blé Clearfield a été obtenu par autofécondation et par modification chimique. Il a été obtenu à l'aide de la technologie de recombinaison de l'ADN, c'est-à-dire qu'il n'est pas génétiquement modifié (GM). Cette variété a été mise au point à l'aide de méthodes classiques de rétrocroisement et appartient à la classe RPOC.

Potentiel de pollinisation croisée avec des espèces apparentées au blé

L'espèce diploïde de blé T. monoccum et l'espèce tétraploïde T. turgidum var. durum (blé dur) sont les seules espèces étroitement apparentées présentes au Canada. Seuls quelques cas d'hybridation naturelle avec des espèces et des genres apparentés ont été signalés. Il a été démontré que le taux d'hybridation au sein du genre Triticum était habituellement inférieur à 6 %. Le blé est surtout autogame, et les possibilités de pollinisation croisée avec une espèce apparentée sont très faibles. Il n'existe aucune espèce sauvage connue du genre Triticum en Amérique du Nord.

Un cas bien connu d'hybridation intergénérique est le triticale, une plante issue d'un croisement entre le blé et le seigle (Secale cereale L.). Aucun cas où le triticale aurait servi de pont pour l'hybridation avec des graminées sauvages n'a jamais été signalé.

Le risque de flux génétique entre le blé et des espèces apparentées de mauvaises herbes est extrêmement faible. Un certain nombre d'espèces de mauvaises herbes apparentées au blé sont présentes au Canada et appartiennent au genre Aegilops, Agropyron, Secale, Haynaldia, Hordeum et Elymus. Des hybrides complexes (artificiels) ont été obtenus entre le blé et plusieurs espèces apparentées de mauvaises herbes. Ils sont cependant issus de travaux de pollinisation croisée dirigée effectués en milieu contrôlé. Aucun hybride naturel ni d'espèce dérivée n'ont jamais été signalés.

Potentiel de pollinisation croisée avec des variétés de blé autre que Clearfield

Même si les cultivars de blé sont classés parmi les autogames, la documentation fait état de très faibles taux d'allogamie chez le blé de printemps. Chez dix cultivars canadiens de blé de printemps, les taux d'allogamie variaient de 0 à 6,7 % dans des rangs adjacents (Hucl, 1996). Hucl et Matus-Cadiz (2001) ont étudié le flux génétique chez quatre cultivars de blé dans le cadre d'une autre étude et ont constaté que le flux génétique maximal dans des rangs adjacents (écartement de 30 cm) variait de 0,2 à 3,8 %. Chez le blé, le taux moyen d'allogamie est généralement décrit comme inférieur à 1 % (fréquence moyenne). Ce pourcentage est basé sur l'étude de Hucl (1996) qui avait constaté que le taux moyen d'allogamie (période de deux ans) de dix cultivars était de 0,88 %, à 20 cm de distance de la source de pollen. Par comparaison, le canola a des taux d'allogamie relativement élevés, avec une fréquence moyenne de 20 %.

Tel que mentionné précédemment, un large éventail de facteurs influe sur l'aptitude d'une plante donnée à la pollinisation croisée, y compris la formation des épillets, la période de floraison, la réceptivité des stigmates, la production, la dispersion et la viabilité du pollen ainsi que des facteurs du milieu. Nous avons tenté de décrire brièvement comment certains de ces facteurs peuvent influer sur la pollinisation croisée du blé de printemps.

Les taux d'allogamie de dix cultivars canadiens de blé de printemps variaient de 0 à 6,7 % dans des rangs adjacents (Hucl, 1996). Dans le cadre de cette étude, la variété Oslo, qui a des épillets clairs, a présenté les taux les plus élevés d'allogamie, tandis que des cultivars, comme le CDC Makwa et le Columbus, dont les épis sont denses, avaient les taux les plus bas.

L'ouverture des glumes et le moment et la durée de l'anthèse constituent des facteurs importants influant sur l'allogamie. Le facteur le plus important influant sur la pollinisation croisée et le flux génétique possible durant l'anthèse est la mesure dans laquelle la fleur s'ouvre (Waines et Hegde, 2003). Dans le cadre de la même étude mentionnée précédemment, Hucl (1996) a démontré que les cultivars présentant des taux élevés d'allogamie étaient généralement ceux dont les fleurs s'ouvraient le plus lors de l'anthèse.

La réceptivité des stigmates diminue graduellement dès que la fleur s'ouvre et s'observe, comme l'a démontré De Vries (1971), de 2 à 13 jours après l'anthèse. Cette grande variation a été attribuée aux conditions du milieu et est à son maximum lorsque la température et l'humidité sont moyennes.

Waines et Hegde (2003) ont examiné le rôle joué par l'environnement dans l'anthèse et la grenaison. Il en ressort que l'élimination du stress exercé sur la plante lors de la floraison et des premiers stades de développement de la graine réduira le flux génétique et favorisera l'autofécondation.

Il a été démontré que les végétaux autogames comme le blé produisent beaucoup moins de pollen que les cultures à pollinisation libre comme le seigle. Il a été établi que les plants de blé ne produisaient que le dixième du pollen des plants de seigle (D'Souza, 1970). Dans des conditions optimales au champ, la viabilité du pollen de blé était d'environ 30 minutes (D'Souza, 1970; De Vries, 1971).

Le pollen du blé est relativement lourd en comparaison du pollen d'autres graminées (Lelley, 1966). De plus, l'humidité, la température et le vent jouent un rôle dans sa dispersion. Un temps humide rend le pollen lourd et réduit la distance sur laquelle il est dispersé. Un temps chaud et sec fait dessécher le pollen et réduit sa viabilité. Le pollen de blé est disséminé sur des distances relativement courtes. Selon Jensen (1968), 90 % du pollen de blé reste à moins de six mètres de sa source. Hucl et Matus-Cadiz (2001) ont étudié le flux génétique de quatre cultivars de blé en fonction de la distance ainsi que l'impact de la direction du vent. Ils ont établi que les flux génétiques maximaux s'observaient sur la plus courte distance (30 cm) de la source (rangs adjacents) et variaient de 0,2 à 3,8 %. Plus la distance de la source augmente, plus le flux génétique diminue rapidement. À une distance de 27 mètres, un flux génétique ne s'observait que chez deux des 32 échantillons (0,09 %). Ces types d'études sont à la base de l'isolement reproductif de 30 mètres de toute autre espèce et de tout plant spontané de blé auquel sont assujettis les essais au champ en conditions confinées.

Le blé Clearfield est un blé RPOC mis au point à partir du même patrimoine génétique dont fait état l'étude de Hucl (1996). Les taux d'allogamie des lignées de blé Clearfield devraient se situer dans la plage de taux rapportée dans cette étude.

On n'a relevé aucun cas où le Triticum aestivum serait devenu nuisible ou envahissant au Canada. Des siècles d'amélioration axée sur la sélection d'un certain nombre de caractères font que nos variétés modernes de blé ont une faible capacité de survivre à l'état sauvage. On a notamment privilégié des sujets dont l'épi ne s'égrenait pas sur pied, ce qui facilitait la récolte, mais ce caractère défavorise les plantes sur le plan de la compétition avec les autres espèces, qui sont capables de disséminer leurs graines plus efficacement. De même, les blés à grain nu étaient plus faciles à battre que ceux à grains vêtus, mais ces graines étaient plus sensibles aux conditions écologiques extrêmes.

Malgré ces désavantages, les cultivars de blé modernes sont parfois observés dans des champs non cultivés ou au bord des routes. Ces plants, généralement issus de graines échappées pendant la récolte ou le transport, ne persistent pas et sont habituellement éliminés par le fauchage, par le travail du sol ou par l'application d'herbicides.

Des plants spontanés de blé peuvent aussi apparaître dans les cultures faisant suite à une culture de blé. Ceux qui germent dans une culture ou une jachère faisant suite à des cultures Clearfield doivent être éliminés avant la floraison, comme le précise la section sur la lutte contre les plants spontanés des présentes lignes directrices de gérance. D'ailleurs, le blé est cultivé depuis presque 200 ans au Canada et partout dans le monde, et on n'a relevé aucun cas où cette plante serait devenue envahissante au point d'être nuisible.

La discussion ci-dessus a démontré que la pollinisation croisée avec d'autres variétés de blé était possible, mais les risques que ce phénomène se produise peuvent être réduits au minimum grâce à l'adoption de bonnes pratiques d'hygiène et de rotation et à l'élimination des plants spontanés avant leur floraison.

Gestion de la pollinisation croisée du blé Clearfield avec des espèces apparentées

Tel que mentionné précédemment, les risques de pollinisation croisée du blé avec des espèces apparentées sont faibles. Il est toutefois recommandé de respecter les pratiques suivantes afin de réduire au minimum les possibilités de pollinisation croisée.

2. Communications aux producteurs

La société BASF fera appel à divers moyens pour communiquer aux producteurs les recommandations générales du plan de gérance du blé

Pour que le degré de satisfaction des clients demeure élevé, il est extrêmement important de communiquer avec nos utilisateurs finals. À l'heure actuelle, les producteurs disposent de plusieurs moyens pour communiquer avec la société et lui faire part de leurs questions, lui demander de l'information ou lui signaler des problèmes. Ces moyens se sont avérés efficaces et ont permis à BASF d'adopter une politique en vertu de laquelle elle s'engage à répondre aux demandes d'assistance de la clientèle (demandes de renseignements sur la performance du produit) dans les 48 heures suivant la réception de la demande. Les producteurs utiliseront ces mêmes moyens de communication pour signaler des problèmes associés à nos recommandations concernant la gérance. Les producteurs peuvent communiquer avec BASF de diverses façons :

3. Activités de surveillance

Bibliographie

Allan, R.E. 1980. Wheat. P. 709-720. In W.R. Fehr and H.H. Hadley (ed.) Hybridization of crop plants. ASA and CSSA, Madison, WI.

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