PI-005 : Chapitre 5 - Procédures d'inspection : Inspection sur pied des pommes de terre de semence
7.0 Lignes directrices pour l'évaluation des cultures

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Lorsqu'il a été établi qu'une culture de pommes de terre de semence est admissible à une inspection sur pied, on en fera l'inspection. Cette inspection vise à confirmer l'identité de la variété et déterminer la conformité aux normes réglementaires pour les diverses classes de pommes de terre de semence en vertu du Règlement sur les semences Partie II, ainsi qu'à évaluer l'état général de la santé de la culture. Une liste des tolérances se retrouve à l'Annexe 8 en termes de défauts, de maladies et de mélange des variétés à la première inspection, aux inspections subséquentes et à l'inspection finale sur pied de toutes les classes de pommes de terre de semence, à l'exception de la classe Matériel nucléaire. À noter que les maladies rapportées en vertu des tolérances pour les pommes de terre de semence cultivées au champ (de la culture de pommes de terre de semence présentée pour la certification) peuvent être composées de bactéries, de champignons, de virus, ou d'autres entités biologiques nuisant à la qualité de la pomme de terre de semence. Les dommages qu'elles causent varient d'une année à l'autre en fonction d'un certain nombre de facteurs biotiques et abiotiques.

Durant l'inspection sur pied, l'inspecteur tente, en se déplaçant à pied dans le champ, de confirmer l'identité de la variété et de décrire avec exactitude l'état de la culture au moment de l'inspection et ce, à partir d'examen visuels aléatoires des plants en croissance. Toutes les conditions de culture anormales et/ou inusitées observées dans le champ sont également inscrites sur le rapport d'inspection. Pour effectuer une inspection sur pied, un inspecteur doit avoir une bonne connaissance des symptômes ainsi que de la terminologie utilisée pour décrire des symptômes pathologiques ou des troubles physiologiques.

La présente section se veut un guide général dans le but d'aider le personnel d'inspection à évaluer les plants de pommes de terre et à compléter les Notes d'inspection en culture (CFIA/ACIA 1298). Les inspecteurs devraient se reporter aux descriptions des variétés et aux autres documents pertinents pour confirmer l'intégrité de la variété.

Les sept images ci-dessous représentent certains des termes les plus couramment utilisés pour décrire les symptômes observés sur les plants de pomme de terre :

image - Chlorosis. Description ci-dessous.
Chlorose - Coloration anormale vert pâle ou jaune des feuilles due à une production  insuffisante de chlorophylle, qui peut être causée par un manque de lumière, une carence de minéraux, une infection (particulièrement par des virus) ou des facteurs génétiques.
image - Lésion. Description ci-dessous.
a et b : Lésion - Une partie distincte de tissu végétal malade. Un chancre sur la tige (A) ou une nécrose localisée sur la feuille (B).
Image - Marbrure. Description ci-dessous.
Marbrure - Un motif bigarré caractérisé par des points ou taches jaunâtre à couleurs ou tons multiples.
Image - Nécrose. Description ci-dessous.
Nécrose - La mort de cellules ou de tissus végétaux, souvent caractérisée par assombrissement ou décoloration, se manifestant comme symptôme.
Image - Pourriture. Description ci-dessous.
Pourriture - Désintégration et décomposition du tissu végétal de deux principaux types : sèche ou molle. Une pourriture sèche est une carie sèche et ferme; une pourriture molle est tendre, généralement aqueuse et souvent odoriférante.
Image - Mosaïque aiguë. Description ci-dessous.
Mosaïque aiguë - Grave cas de mosaïque accompagné de déformation comme le plissement, l'enroulement ou le ridement de la surface des feuilles. Normalement causée par la combinaison de multiples virus.
Images - Bigarrure. Description ci-dessous.
Bigarrure - Taches, points ou traînées de couleur verte sur les feuilles qui définissent nettement les bordures des changements de couleur. Cette caractéristique se distingue de l'infection virale complexe appelée mosaïque. La mosaïque n'est pas aussi prononcée et les parties claires et foncées ont des démarcations plus diffuses (marbrure).

7.1 Évaluation et cotation des maladies exigeant des comptages

On utilise le comptage des plants pour déterminer les niveaux d'infection de maladie et de mélange de variétés dans le champ. Les comptages sont effectués à intervalles réguliers selon un parcours aléatoire dans tout le champ/culture pour s'assurer que les résultats de l'inspection sont représentatifs des niveaux de maladie et de mélange de variétés dans le champ. Un comptage consiste à 100 plants consécutifs dans un rang. On peut compter les plants un par un ou encore procéder par pas calculés dans le champ tel qu'indiqué ci-dessous.

Le nombre réel de plants malades ou de mélange de variétés par comptage est inscrit et utilisé pour déterminer le pourcentage de plants se rapportant à chacune des catégories mentionnées ci-dessous et qui se retrouvent sur le rapport des Notes d'inspection en culture (CFIA/ACIA 1298).  De plus, toutes les parties des plants, y compris les tubercules, non épurées correctement devraient être incluses dans le comptage d'inspection susmentionné.

  • Nombre de plants montrant des signes de mosaïque
  • Nombre de plants montrant des signes de virus de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV)
  • Nombre de plants montrant des signes de jambe noire
  • Nombre de plants montrant des signes de flétrissures
  • Nombre de plants étrangers (plants d'une autre variété)
  • % de manques

Voici des calculs de base que le personnel d'inspection devrait connaître :

  • Il y a 43 560 pieds carrés dans une acre.
  • Il y a 2 471 acres/hectare (ac/ha) ou 0,405 hectare/acre.
  • p. ex., à espacement de 12 pouces (30 cm) entre les plants dans un rang et un espacement de 36 pouces (90 cm) entre les rangs, il y a un plant par 3 pieds carrés (0,27 m2).

À distance fixe de 36 pouces entre les rangs, la densité des plants peut être estimée pour tout champ à partir de l'espace entre les plants dans un rang, par exemple:

  • Espacement de 8 pouces (20cm) = 21 780 plants/ac ou 53 800 plants/ha
  • Espacement de 10 pouces (25cm) = 17 424 plants/ac ou 43 037 plants/ha
  • Espacement de 12 pouces (30cm) = 14 520 plants/ac ou 35 880 plants/ha
  • Espacement de 16 pouces (40cm) = 10 890 plants/ac ou 26 900 plants/ha

7.1.1 Détermination du rythme de comptage au champ

Il est important d'établir précisément combien de pas constituent un comptage de 100 plants. Le rythme de comptage au champ peut être établi comme suit :

  • Marquer un rang dans le champ (à au moins 10 m du bord du champ);
  • Compter à la main 100 plants et marquer l'extrémité du comptage;
  • Le nombre de pas en moyenne pour aller du début à la fin des 100 plants constituera le rapport pas/comptage;
  • Les inspecteurs devraient marcher le comptage de 100 plants au même pas que lors de leurs inspections sur pied. De légères variations à cette étape cruciale peuvent produire une importante différence dans les calculs de l'incidence des organismes nuisibles une fois l'inspection terminée.

En général, le nombre de pas par comptage de 100 plants variera entre 30 et 40 pas, dépendamment de la longueur des pas, de l'espacement entre les plants et du nombre de plants manquants dans le champ. Étant donné que la densité des plants peut varier en fonction de la date de plantation, de la variété, du type de sol, etc., le processus de détermination du rythme de comptage au champ devrait être répété chaque fois qu'un nouveau champ est inspecté.

Remarque : Tenir compte du fait que vers la fin de la journée, vos pas peuvent être plus courts en raison de la fatigue. Vous pourriez devoir réévaluer votre nombre de pas pour rajuster votre comptage de plants.

7.1.2 Établissement du nombre minimum de comptages

Il est essentield'établir et d'inspecter chaque culture en utilisant un nombre minimum de comptages dépendamment de la classe plantée et de la taille du champ, tel que précisé au tableau 7-1.

Remarque : Les plants infectés qui sont observés mais qui ne font pas partie du comptage devraient être notés dans la section des observations des Notes d'inspection en culture (CFIA/ACIA 1298).

Le tableau ci-dessous est un guide conçu pour aider à calculer le nombre de comptages à effectuer lors des inspections en fonction de la classe des plantes cultivées et de la taille du champ en hectares.

Tableau 7-1 Guide pour déterminer le nombre de comptages d'inspection
Classe plantée Superficie du champ (Ha) Nombre minimum de comptages

Nucléaire

S.O.

Tous les plants

Pré-Élite

S.O.

Min de 10% des plants ou 10 comptages lorsque possible

E-1 à Fondation

< 1.0

Min de 10% des plants ou 10 comptages lorsque possible

E-1 à Fondation

1.0 – 1.5

10

E-1 à Fondation

> 1.5 – 5.0

15

E-1 à Fondation

> 5.0 – 10.0

20

E-1 à Fondation

>10.0 – 15.0

25

E-1 à Fondation

>15.0 – 20.0

30

E-1 à Fondation

>20.0 – 25.0

35

E-1 à Fondation

>25.0 – 30.0

40

E-1 à Fondation

>30.0 – 35.0

45

E-1 à Fondation

>35.0

50

Dans le cas d'une culture plantée de classe Pré-Élite, inspecter au moins 10 % des plants ou 10 comptages. Cela peut être déterminé comme suit :

  • Densité de plants estimée (basée sur l'espacement entre les plants) × nombre d'hectares = total des plants
  • Total des plants × 10 % = Nombre de plants à examiner
  • Nombre de plants à examiner / 100 = Nombre de comptages
  • Inspecter un minimum de 10 comptages lorsque possible

De plus, il arrive que les inspecteurs fassent face à des situations où les calculs standards ne donnent pas une représentation exacte des pourcentages de comptage des maladies. Par exemple, un inspecteur peut faire 10 comptages et ne trouver aucun plant malade dans ses comptages mais avoir observé un certain nombre de plants malades dans le champ, en dehors de ses zones de comptage. Le comptage montre donc un pourcentage de zéro même s'il est évident que le champ n'est pas totalement exempt de maladies ou de mélange de variétés. En pareille situation, l'inspecteur devrait procéder à des comptages supplémentaires pour augmenter la couverture du champ et la précision des résultats de l'inspection. Si les comptages n'ont toujours pas de plants malades ou de mélange de variétés, l'inspecteur devrait noter les plants malades ou étrangers dans la section des observations de son rapport d'inspection et porter l'affaire à l'attention du producteur. Ces constatations, si négligées, pourraient entraîner le déclassement de la culture à une génération de classe inférieure.

En calculant les plants manquants, les inspecteurs doivent aussi prendre des comptages aléatoires, se concentrant sur le nombre de plants manquants dans le comptage. On utilise ensuite ces comptages aléatoires pour calculer le pourcentage moyen de plants manquants.

Exemple – Calcul des plants manquants, des plants étrangers et des pourcentages de maladie :

Prenons une inspection sur pied dans un champ où 50 comptages (100 plants par comptage) ont été pris. Dans ces 50 comptages, 7 plants atteints d'enroulement et 13 plants atteints de mosaïque ont été trouvés au total.

Le niveau d'infection pour l'enroulement et la mosaïque doit être calculé comme suit :

Nombre de plants atteints d'enroulement divisé par le nombre total de plants comptés, multiplié par 100%. C'est-à-dire : (7/5000) x 100 % = 0,14%.

Même méthode de calcul pour le pourcentage de mosaïque, c'est-à-dire : (13/5000) x 100% = 0,26%.

L'incidence totale de virus = 20/5000 x 100 % = 0,4%. Si on obtenait cette incidence totale de virus à l'inspection finale, la classe admissible à assigner serait Fondation si la classe plantée avait été Élite 4 ou plus.

7.1.3 Parcelles de terrain où sont cultivés des tubercules individualisés

a) Lorsque les tubercules individualisés sont identifiables, compter 100 tubercules. Ceux-ci seront considérés comme un compte [par exemple, si les tubercules ont été coupés en 4 morceaux et plantés consécutivement, compter 400 plants et le nombre de plants malades sont comptés par unité (une unité = 4 plants infectés consécutifs)]. Les producteurs peuvent choisir d'utiliser une plantation par tubercules individualisés comme bonne pratique culturale, mais ce type de plantation n'est plus une pratique réglementée.

Remarque : La taille des unités de tubercule peuvent varier car un tubercule peut être coupé en plusieurs morceaux (2, 4, 6, etc.). Tant que les morceaux d'un tubercule de semence sont plantés consécutivement et peuvent être identifiés comme une unité, on les considérera comme une unité. De plus, la plantation d'une semence entière peut être considérée comme une unité.

b) Lorsque le producteur indique avoir utilisé une plantation par tubercules individualisés sur sa demande et que l'inspecteur est incapable d'identifier exactement chaque unité de tubercule, ce dernier doit consulter le producteur pour vérifier la méthode utilisée. Si le problème persiste et que les unités de tubercules ne sont toujours pas identifiables, l'inspecteur doit traiter le champ comme un champ avec ensemencement en masse/dispersé, où le compte est de 100 plants et où chaque plant infecté est compté comme un plant.

7.1.4 Modèles de parcours du champ pour assurer un échantillonnage aléatoire

L'inspecteur doit parcourir le champ et faire un examen aléatoire des plants, comprenant/couvrant les deux côtés du champ, en suivant un tracé en X ou un tracé en V inversé, sauf s'il doit inspecter 100 % des plants. Ces deux modèles permettent généralement à l'inspecteur de mener l'inspection de la manière la plus aléatoire possible, de couvrir la plus grande superficie du champ et d'inspecter le plus grand nombre de plants tout en réduisant les probabilités d'omettre un foyer d'infestation. Si la configuration du champ ne permet pas ce type de tracé, il incombe à l'inspecteur d'utiliser la méthode la plus aléatoire possible pour que le champ soit couvert convenablement.

Dans les champs utilisant une irrigation à pivot central un tracé en V ou triangulaire, au centre du pivot, devrait être suivi pour chaque inspection. Ce tracé devrait être suivi de deux autres tracés modifiés en V plus courts pour compléter l'inspection. Des exemples de tracés à utiliser pour l'inspection de cercles et de champs à formes irrégulières sont donnés ci-dessous (figure 7-1). Le tracé du champ et le point d'entrée au champ (tel que mentionné à la section 4.3) devraient être prédéterminés et changés d'une inspection à l'autre. Ces deux modèles, tel qu'illustré ci-dessous, permettront à l'inspecteur de mener l'inspection de la manière la plus aléatoire possible, de couvrir la plus grande superficie du champ et d'inspecter le plus grand nombre de plants tout en réduisant les probabilités d'omettre un foyer d'infestation.

Les images ci-dessous présentent des exemples de parcours d'inspection de champs circulaires ou de forme irrégulière.

Figure 7-1 Exemple de tracés pour inspecter des cercles et des champs de forme irrégulière
Figure 7-1. Description ci-dessous.

Ceci est une image de deux champs de pommes de terre de semence. L'un est en forme de L et l'autre est rond. Les champs contiennent des flèches expliquant qu'il faut compter 5 à 10 mètres à l'intérieur des limites du champ au début d'une inspection. Puis, il y a des exemples de parcours à pied utilisés par l'ACIA durant l'inspection des champs de pommes de terre délimités irrégulièrement, dans le but d'observer adéquatement la culture en entier.

À son entrée dans le champ, l'inspecteur devrait avancer sur une distance d'environ 5 à 10 m avant de commencer à faire des comptes d'inspection. Cette procédure vise à contrecarrer l'effet de bordure. Cependant, l'inspecteur ne doit pas manquer d'observer les premiers 10 m parce qu'ils peuvent montrer des dommages causés par des insectes et/ou des mélanges de variétés si c'est l'endroit où la plantation a commencé dans ce champ. De plus, tout le champ devrait être examiné, l'intégrité de la variété devrait être déterminée et des notes devraient être prises au sujet des problèmes possibles à investiguer à mesure qu'avance l'inspection. Une attention spéciale devrait être accordée aux zones du champ propices aux interactions biotiques ou abiotiques. L'inspecteur devrait observer les baisseurs et les buttes ainsi que les zones situées le long des haies, qui pourraient favoriser l'apparition de maladies ou la croissance de plants spontanés (pommes de terre qui ont survécu à l'hiver et qui repoussent la saison suivante). L'inspecteur doit demeurer vigilant à l'égard de la présence possible de variétés étrangères dans ces zones provenant de tubercules ayant survécu à l'hiver dans le champ.

Bien que les diagrammes de la figure 7-1 indiquent un modèle diagonal, parce qu'ils représentent les parcours que l'inspecteur effectue dans le champ, les déplacements de ce dernier dans le champ sont en zigzag (voir la figure 7-1-a). Les déplacements doivent se faire en sautant plusieurs rangs après chaque comptage pour commencer un nouveau comptage c.-à-d., compter ou marcher cent plants, sauter plusieurs rangs, faire un autre comptage, sauter encore des rangs, faire un autre comptage et continuer ainsi de suite. Cette méthode vise à s'assurer que le champ a été couvert adéquatement.

L'image suivante donne un exemple d'un procédé d'inspection en zigzag pour effectuer des comptages à travers le champ.

Figure 7-1-a. Comptages dans le champ - zigzag
Figure 7-1-a. Description ci-dessous.

Ceci est une image d'un champ de pommes de terre de semence carré qui contient des flèches et des lignes droites représentant un parcours à pied utilisé par un inspecteur de l'ACIA durant les inspections de champs. Ce parcours en zigzag montre comment l'inspecteur de l'ACIA marche sur plusieurs rangées après chaque comptage, ou comment il débute un nouveau comptage, assurant ainsi que le champ de pommes de terre de semence est adéquatement observé.

Remarque : Chaque ligne en gras indique un comptage (ou 100 plants)

En général, un inspecteur doit bien connaître la variété à inspecter, l'expression de la maladie, s'assurer que ses inspections ont lieu au bon moment, vérifier l'intégrité de la variété, couvrir le champ adéquatement, prendre le nombre de comptes requis, évaluer correctement la culture et attribuer la classe appropriée au terme de l'inspection finale.

7.1.5 Évaluation des symptômes de la mosaïque

Les symptômes sur les feuilles de plants atteints de mosaïque sont le résultat de plants de pommes de terre infectés par certains virus de la pomme de terre. Les symptômes peuvent varier en gravité, soit d'une légère bigarrure jusqu'au sérieux plissement des feuilles et rabougrissement des plants. Certains des virus de la pomme de terre sont souvent désignés comme virus latents parce qu'ils peuvent être portés par des plants ou tubercules sans y présenter des symptômes visibles. Dépendamment de la variété et/ou des conditions météorologiques, l'expression des symptômes peut aussi être affectée. Un temps frais et nuageux peut rendre les symptômes plus prononcés. La présence de plus d'un virus sur un plant peut affecter les types de symptômes et en augmenter la gravité. De plus, il importe de noter que les symptômes d'un même virus s'expriment très différemment selon la variété.

En général, les feuilles de plants infectés de virus sont bigarrées, présentant souvent des parties de vert pâle à jaune et d'autres parties d'un vert plus foncé que normal. La grosseur des parties bigarrées peut varier et se trouver entre les nervures ou sur les nervures des feuilles. Les bords de feuilles peuvent être ondulés et les feuilles peuvent paraître légèrement rugueuses aux endroits où les nervures et les zones internervales sont soulevées. Les symptômes causés par les différents virus illustrés ci-dessous peuvent varier, mais ils sont tous classés sous la tolérance de la mosaïque.

Les six images ci-dessous montrent des exemples des symptômes de la mosaïque présentés par les plants des variétés Chieftain, Atlantic, Goldrush, Superior, Red Pontiac et Shepody.

image - Chieftain. Description ci-dessous.
Mosaïque sur la variété Chieftain : Cette image montre un plant de la variété Chieftain infecté par la mosaïque; l'apparence froissée des feuilles démontre la présence de l'infection.
image - Atlantic. Description ci-dessous.
Mosaïque sur la variété Atlantic : Cette image montre un plant de la variété Atlantic infecté par la mosaïque; l'apparence froissée de ses feuilles démontre la présence de l'infection.
image - Goldrush. Description ci-dessous.
Mosaïque sur la variété Goldrush : Cette image montre un plant de la variété Goldrush infecté par la mosaïque; l'apparence froissée de ses feuilles démontre la présence de l'infection.
image - Superior. Description ci-dessous.
Mosaïque sur la variété Superior : Cette image montre un plant de la variété Superior infecté par la mosaïque; l'apparence froissée de ses feuilles démontre la présence de l'infection.
image - Red Pontiac. Description ci-dessous.
Mosaïque sur la variété Red Pontiac : Cette image montre un plant de la variété Pontiac infecté par la mosaïque; l'apparence froissée de ses feuilles démontre la présence de l'infection.
image - Shepody. Description ci-dessous.
Mosaïque sur la variété Shepody : Cette image montre un plant de la variété Shepody infecté par la mosaïque; l'apparence froissée de ses feuilles démontre la présence de l'infection.

A) Virus Y de la pomme de terre (PVY)

Le PVY est répandu partout dans le monde et est l'un des plus important virus affectant la production de pommes de terre. Il n'a pas été clairement démontré que le PVY se propage mécaniquement entre les plants par contact du feuillage et par transmission d'un tubercule à l'autre dans les pratiques générales de production. Cependant, la transmission de façon non persistante par les pucerons est considérée comme la plus importante méthode de propagation naturelle dans un champ.

Plusieurs souches de PVY ont été identifiées dans la production de pommes de terre en Amérique du Nord. Bien que toutes ces souches soient considérées comme Mosaïque, l'inspecteur devrait se familiariser avec les trois souches suivantes.

  • PVYo : Souche ordinaire

    Les symptômes peuvent varier d'une très légère mosaïque à une grave nécrose foliaire, entraînant parfois la mort du plant. Les symptômes peuvent apparaître sur une seule branche (feuille) rendant difficile son identification sur le terrain. Dans le cas d'infections secondaires, les symptômes peuvent comprendre le nanisme, une grave marbrure de taille variable qui n'est pas nécessairement bordée par les nervures de la feuille. Les folioles sont généralement mal formées. Dans certains cas, des bigarrures nécrotiques peuvent se développer autour des nervures (chlorose des nervures) et des tiges (bigarrure pointillée). À températures basses et élevées, les symptômes peuvent être masqués. Le PVYo est reconnu pour causer de graves pertes de rendement des récoltes. Les feuilles infectées développent fréquemment des taches nécrotiques. Les plants sont rabougris, les pétioles inférieurs et les feuilles jaunissent et les feuilles mortes s'attachent à la tige. Les feuilles se crispent et s'enroulent.

  • PVYn

    Cette souche, souvent appelée souche de la nécrose des nervures du tabac, cause une très légère marbrure ou encore, aucun symptôme visible sur les plants de pommes de terre.

  • PVYntn

    Les symptômes de cette souche comprennent la chlorose internervale et le plissement des feuilles. Les symptômes d'une infection secondaire sont : mosaïque distincte, grave nécrose des tiges et perte des feuilles. Ces symptômes sont plus visibles à hautes températures. Les infections secondaires présentent une mosaïque distincte, une grave nécrose des tiges et des feuilles et, éventuellement, la perte des feuilles. Des anneaux nécrotiques peuvent apparaître sur les tubercules de certaines variétés, notamment la Yukon Gold.

B) Virus A de la pomme de terre (PVA)

Le PVA est transmis par au moins sept différentes espèces de pucerons, y compris le puceron vert du pêcher et le puceron de la pomme de terre. Ce virus est de type non persistant. Les feuilles peuvent présenter une légère mosaïque marbrée et nervale, les tiges tendent à fléchir légèrement vers l'extérieur. Des symptômes de rugosité peuvent aussi apparaître lorsqu'il y a combinaison avec d'autres souches de PVA et de PVY. Comme dans le cas des autres virus, le PVA est transmis d'une génération à la suivante par la plantation de tubercules infectés.

C) Virus S de la pomme de terre (PVS)

Le PVS est typiquement sans symptômes, bien que certaines variétés montrent un léger enfoncement des nervures, une rugosité des feuilles, une possibilité de nanisme, de marbrure ou de bronzage. Une combinaison du PVS avec le PVX entraîne une plus forte réduction de la productivité que si l'un ou l'autre de ces virus est présent seul. On croit que les plants à maturité sont résistants au PVS. Ce virus peut être transmis par la semence, pucerons (non persistants), trancher les tubercules avant l'ensemencement et blessure durant les opérations au champ, contact feuille à feuille et contact des germes avant la plantation.

D) Virus X de la pomme de terre (PVX)

Le PVX est le virus de la pomme de terre le plus répandu. On le désigne parfois comme virus de la moucheture de la pomme de terre ou comme mosaïque latente parce qu'il est souvent sans symptômes. Certaines souches ne produisent aucun symptôme visible, alors que d'autres réduisent légèrement le rendement total et/ou causent un léger plissement, notamment en cas d'infection mixte. Le PVX est porté dans les tubercules, transmis mécaniquement et par contacts entre les plants dans le champ et contacts des germes avant la plantation. Les pucerons ne sont pas un vecteur connu.

E) Virus du bruissement du tabac (TRV)

Le virus du bruissement du tabac (TRV) est aussi appelé nécrose annulaire et tache en couronne. Ce virus est porté par le sol, transmis par le nématode du genre Trichodorus et se manifeste surtout dans les sols plus légers. Ses hôtes comprennent des espèces végétales dans plus de 50 familles. Seulement certaines variétés de pommes de terre présentent les symptômes de la tache en couronne alors que d'autres variétés atteintes ne présentent aucun symptôme. L'apparence et la gravité des symptômes varient considérablement selon les variétés, mais ils se manifestent sous forme de taches alternant du vert/vert pâle au jaune clair. Les taches sont plus rudes, plus jaunes et plus irrégulières que celles causées par la mosaïque.

F) Virus de la mosaïque de la luzerne (AMV, Calico)

Le virus de la mosaïque de la luzerne (AMV, Calico) est transmis par au moins 16 espèces de pucerons, le puceron du pois étant le vecteur le plus commun. L'infection se produit souvent sur les bords des champs situés à proximité de la luzerne. On observe peu ou pas de propagation secondaire dans les champs de pommes de terre. L'AMV peut aussi se transmettre à la génération suivante par la descendance. Les symptômes apparaissent sous forme de mouchetures ou taches d'un jaune clair sur les feuilles. Certaines souches causent un grave rabougrissement et la nécrose des tiges et des tubercules. L'AMV produit des symptômes de mosaïque calico sur la pomme de terre et les autres cultures de solanacées.

image 1 - Virus de la mosaïque de la luzerne. Description ci-dessous.
Virus de la mosaïque de la luzerne : Cette image est un exemple du virus de la mosaïque de la luzerne. On y voit un plant buissonnant qui présente un jaunissement clair de ses feuilles, signalant qu'elles ont été infectées.
image 2 - Virus de la mosaïque de la luzerne. Description ci-dessous.
Virus de la mosaïque de la luzerne : Cette image est un exemple du virus de la mosaïque de la luzerne. On y voit des feuilles qui présentent un jaunissement clair sur leurs côtés et leurs extrémités.

7.1.6 Évaluation des symptômes du virus de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV)

Les symptômes attribués à l'enroulement de la pomme de terre sont causés par le virus de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV). Les autres hôtes de ce virus comprennent les cultures et mauvaises herbes de la famille des solanacées, notamment mais non exclusivement la tomate, le poivron, le tabac et la stramoine commune.

Une infection chronique ou transmise par les semences se produit quand les plants sont cultivés à partir de tubercules infectés du PLRV. Les symptômes d'infections chroniques se développent généralement sur les feuilles inférieures, qui s'enroulent vers le haut, deviennent raides, sèches et tannées, pâlissent et produisent un son sec quand on les touche ou les secoue. Les plants peuvent être rabougris ou rigides avec un léger jaunissement des feuilles dans la couronne, alors que les feuilles plus vieilles peuvent perdre leurs couleurs, brunir et mourir.

Une infection de PLRV en cours de saison se produit quand les plants sont infectés plus tard dans la saison lorsque les pucerons sont présents, plus particulièrement le puceron vert du pêcher. Si l'infection survient plus tôt dans la saison de croissance, les symptômes peuvent apparaître surtout sur les jeunes feuilles, souvent dans le haut du plant, qui se tiennent normalement debout mais qui s'enroulent et pâlissent légèrement. Les jeunes feuilles peuvent devenir roses ou rougeâtre à partir du bord sur les variétés à peau rouge; les feuilles des variétés à peau blanche ou jaune ont souvent tendance à jaunir. Souvent, les infections en saison tardives ne présentent aucun symptôme. La propagation de PLRV en cours de saison peut causer la nécrose du tubercule chez certaines variétés.

Les quatre images ci-dessous montrent des exemples du virus de l'enroulement de la pomme de terre (VEP) sur des plants des variétés Kennebec, Superior, Red Pontiac et Goldrush.

image - Kennebec. Description ci-dessous.
Virus de l'enroulement de la pomme de terre sur la variété Kennebec : Cette image montre un plant de la variété Kennebec infecté par le virus de l'enroulement de la pomme de terre; ses feuilles commencent à s'enrouler en forme de gouttière sur leur face supérieure.
image - Superior. Description ci-dessous.
Virus de l'enroulement de la pomme de sur la variété Superior : Cette image montre un plant de la variété Superior infecté par le virus de l'enroulement de la pomme de terre sur; ses feuilles commencent à s'enrouler en forme de gouttière sur leur face supérieure.
image - Red Pontiac. Description ci-dessous.
Virus de l'enroulement de la pomme de terre sur la variété Red Pontiac : Cette image montre un plant de la variété Red Pontiac infecté par le virus de l'enroulement de la pomme de terre sur; ses feuilles commencent à s'enrouler en forme de gouttière sur leur face supérieure.
image - Goldrush. Description ci-dessous.
Virus de l'enroulement de la pomme de terre sur la variété Goldrush : Cette image montre un plant de la variété Goldrush infecté par le virus de l'enroulement de la pomme de terre : ses feuilles commencent à s'enrouler en forme de gouttière sur leur face supérieure.

7.1.7 Évaluation des symptômes de la jambe noire (Pectobacterium atrosepticum)

Quand le plant est infecté par des pommes de terre de semence malades, les tiges montrent une pourriture noire d'encre montant le long de la tige à partir de la semence. Si le plant est infecté à la suite de blessures, la pourriture se répand vers le haut et le bas de la tige à partir du point de l'infection. Les plants infectés sont souvent rabougris, ont un aspect raide et dressé et de couleur vert pâle ou jaune.

Lajambe noire est portée dans ou sur des tubercules et peut être transmise à des tubercules sains durant les opérations de manutention ou de plantation. La pluie poussée par le vent et l'eau d'irrigation sont aussi des sources possibles d'inoculant. De plus, lorsque la récolte des semences se fait par conditions humides à l'automne, le pathogène de jambe noire peut se propager durant l'entreposage. Des températures froides (10-15 °C) et des sols détrempés au printemps, suivis par des températures plus chaudes (plus de 20 °C) après l'émergence du plant stimulent le développement de la jambe noire. Par printemps froids, les morceaux de semences infectés peuvent pourrir avant d'émerger, produisant un peuplement inégal.

Les symptômes au champ peuvent s'exprimer en tout temps durant la saison de croissance. Par printemps chauds et humides, on observe la perte de vigueur et la propagation de lésions noires et visqueuses à partir des morceaux de semences infectés. Les plants semblent rabougris, raides et dressés. Les feuilles semblent chlorotiques et les folioles peuvent s'enrouler vers le haut et onduler sur les bords. De petites lésions engorgées peuvent apparaître à la base de la tige. Les lésions peuvent se propager rapidement et progresser vers le haut du plant. La moelle des tiges est atteinte bien au-delà des lésions visibles. Les tissus aériens touchés ont un aspect tendre par conditions humides et deviennent ratatinées par temps sec. En période de floraison, certaines tiges peuvent se faner soudainement. Les tissus infectés sont souvent envahis par des bactéries secondaires qui dégagent une odeur de poisson.

La pourriture des tiges peut affecter toutes les parties visibles du plant; elle ne provient pas des morceaux de semence infectés. Les symptômes apparaissent comme une décomposition verte gorgée d'eau qui tourne au brun pâle ou au noir. Sur les plants plus vieux, les symptômes caractéristiques sont un jaunissement et brunissement internerval et une courbure des feuilles.

Les quatre images ci-dessous montrent des exemples de plants infectés par la jambe noire.

image - Infection de jambe noire. Description ci-dessous.
Infection de jambe noire : Cette image montre un exemple de jambe noire; on y voit un plant buissonnant qui a été infecté – ses feuilles commencent à jaunir et à se replier en forme de gouttière sur leur face supérieure.
image - Infection de jambe noire 2. Description ci-dessous.
Infection de jambe noire : Cette image montre un exemple de jambe noire; on y voit un plant buissonnant qui a été infecté – ses feuilles commencent à jaunir et à se replier en forme de gouttière sur leur face supérieure.
image - Infection de jambe noire 3. Description ci-dessous.
Infection de jambe noire : Cette image est un exemple de jambe noire; on y voit une tige qui est verte mais dont le centre a noirci et s'est fendu.
image - Infection de jambe noire 4. Description ci-dessous.
Infection de jambe noire : Cette image est un exemple de jambe noire; on y voit une tige qui est presque entièrement devenue brun foncé.

7.1.8 Évaluation des symptômes de flétrissure

Les symptômes se développent par conditions de températures chaudes et lorsque les taux d'humidité et de fertilité du sol sont faibles. Au début, les feuilles inférieures fanent, jaunissent et, plus tard, brunissent. Avec le temps, ces symptômes montent vers le haut du plant. Au début, les symptômes peuvent apparaître sur une seule tige. Les faisceaux fibro-vasculaires dans la partie inférieure des tiges montrent une décoloration brune très facile à observer si on coupe les tiges près du niveau du sol. Les deux flétrissures les plus fréquentes sont la flétrissure fusarienne et la flétrissure verticillienne, toutes deux classées comme tolérance pour flétrissures dans le formulaire CFIA/ACIA 1298.

image - Flétrissure fusarienne. Description suit.

A) Flétrissure fusarienne (Fusarium spp.)

La flétrissure fusarienne passe l'hiver dans le sol et sur les tubercules de pommes de terre de semence entreposés, transmettant l'inoculant, qui infecte les tubercules en développement, par des blessures sur les racines au printemps quand les températures dépassent 20 °C. Le champignon attaque le tissu vasculaire des plants, causant ainsi une flétrissure. Les premiers symptômes comprennent le nanisme et la chlorose sporadique. Les bouts et bordures des feuilles inférieures jaunissent puis brunissent avant de sécher et de demeurer suspendues sur le plant. Avec le temps, la maladie monte dans le plant. Les plants infectés semblent se rétablir durant la nuit, mais montrent des symptômes très visibles par températures élevées dans la journée.

B) Flétrissure verticillienne (Verticillium dahliae)

Cette maladie est aussi appelée marbrure verticillienne. L'agent pathogène est un champignon terricole appelé Verticillium dahliae. L'inoculant tire normalement son origine dans le sol comme mycélium ou spores de repos transmissibles par l'eau, le vent et le mouvement mécanique du sol. L'agent pathogène peut aussi être introduit sur des tubercules de semence contaminés ou infectés. Quand le sol se réchauffe au printemps, les spores dormantes peuvent pénétrer dans le système vasculaire du plant par infection des radicelles. Les conditions optimales de développement du champignon existent quand les températures du sol sont élevées (22 °C) à 27 °C). Les premiers symptômes ont tendance à apparaître sur les feuilles inférieures du milieu à la fin de l'été. Le tissu internerval dans les folioles apicales passe d'abord au vert pâle, puis au jaune. La nécrose est alors suivie de croissance latérale et la mort des tiges affectées. On sait que la flétrissure verticillienne est aussi en interaction avec certaines espèces d'Erwinia.

Les deux images ci-dessous sont des exemples de flétrissure verticillienne.

image - Flétrissure verticillienne, jaunâtre ou brune. Description ci-dessous.
Flétrissure verticillienne : Cette image est un exemple de flétrissure verticillienne; on y voit de multiples branches flétries et dont les feuilles ont une coloration jaunâtre ou brune.
image - Flétrissure verticillienne, beige pâle, verte ou jaunâtre. Description ci-dessous.
Flétrissure verticillienne : Cette image est un exemple de flétrissure verticillienne; on y voit une branche portant des feuilles dont certaines ont une coloration beige pâle, verte ou jaunâtre.

7.1.9 Évaluation du mélange des variétés étrangères

On dit qu'un plant de pommes de terre est étranger, pour toute variété, quand ce plant n'est pas de la variété pour laquelle une inspection est effectuée dans un champ donné. L'inspecteur doit consigner le nombre total et le pourcentage de plants étrangers mais il n'est pas nécessaire d'identifier les variétés de ces plants étrangers.

7.2 Évaluation des autres maladies et des dommages causés par les insectes

Durant l'inspection d'un champ, le degré de gravité de l'alternariose, du mildiou, de la rhizoctonie, de la brûlure de la pointe, des pucerons et des doryphores de la pomme de terre, doit être inscrit dans les Notes d'inspection en culture (CFIA/ACIA 1298). La section 7.2 sert de guide dans l'évaluation de ces maladies et des dommages causés par les insectes.

Entre les comptages, l'inspecteur doit arrêter périodiquement pour :

  • examiner la présence d'insectes et les dommages causés par les maladies;
  • inspecter des plants pour voir s'il y a infestation de pucerons en retournant les feuilles trifoliées;
  • inspecter les champs à la recherche de dommages causés surtout par les insectes en bordure du champ. Ceci est particulièrement important pour déterminer l'activité des altises et des pucerons; et
  • examiner les feuilles et les tiges à la recherche d'infestation fongique.

Détermination du niveau de maladie et d'incidence des insectes

Les niveaux de maladie et l'incidence des insectes sont cotés et inscrits comme : trace, légers, modérés et graves, sur le formulaire d'inspection en culture tel que précisé au tableau 7-2. La figure 7-2 montre des échantillons de feuille de 1 %, 10 %, 25 % et 50 % de surface endommagée, respectivement. On doit déterminer l'incidence et la fréquence des organismes nuisibles pour établir la note globale. L'incidence est déterminée en comptant le nombre d'organismes nuisibles ou encore en déterminant le pourcentage de la surface des feuilles affectée. La fréquence correspond au pourcentage de plants affectés dans le champ. La cotation finale est basée sur le plus bas niveau de l'incidence ou de la fréquence.

Par exemple, il est possible de voir une forte incidence sur les nouveaux plants (>25 % de surface des feuilles affectée) mais où seulement 2 % des plants sont affectés (c.-à-d., seulement une trace de fréquence). Dans ce cas, le facteur déterminant serait le pourcentage de plants affectés (c.-à-d. la fréquence), qui aurait pour résultat un rapport de trace dans l'exemple ci-dessus.

Le tableau ci-dessous présente différents niveaux des taux d'incidence de la maladie ou d'apparition des insectes.

Tableau 7-2 Niveaux de cotation pour les maladies et incidences des insectes
Niveau de cotation Trace Léger Modéré Grave

% des plants affectés

<5 %

5 % à 10 %

10 %-50 %

>50 %

# de nématodes par plantt

1

2 à 3

4 à 5

>5

# de pucerons par triplet

1

2 à 3

4 à 5

>5

% surface de feuille affectée

1%

1 % à 5 %

6 % à 25 %

>25 %

L'image ci-dessous est un exemple d'une légende qui permet d'évaluer les différents niveaux de gravité relatifs aux feuilles endommagées.

Figure 7-2 Clé pour évaluer la gravité des dommages aux feuilles
image - Figure 7-2. Description ci-dessous.
Description for Figure 7-2

L'image est un exemple d'une légende qui permet d'évaluer les différents niveaux de gravité relatifs aux feuilles endommagées et fournit quatre exemples de feuilles. Dans le premier cas, dans la partie supérieure gauche de l'image, on y voit une feuille endommagée uniquement sur 1 % de sa surface. L'exemple dans la partie inférieure gauche de l'image présente une feuille à la surface endommagée uniquement sur 10 %. L'image dans la partie supérieure droite met en évidence une feuille à la surface endommagée sur 25 %. Enfin, la feuille, dans la partie inférieure droite de l'image, est endommagée sur 50 % de sa surface.

7.2.1 Alternariose (Alternaria solani)

L'alternariose se retrouve dans la plupart des régions de culture de la pomme de terre dans le monde. Après avoir passé l'hiver sur des matières végétales en décomposition dans le sol, l'alternariose se manifeste à chaque année à divers degrés de gravité. Les spores fongiques se propagent sur les plants sains surtout par le vent et la pluie. Des conditions de croissance très humides favorisent la prolifération de l'alternariose.

Normalement, les feuilles du bas sont infectées en premier, la situation s'aggrave quand des stress tels que d'autres maladies, des dommages d'insectes ou des carences de nutriments, affectent la culture. Quand une infestation est grave, les tiges et les tubercules peuvent être touchés. La maladie apparaît d'abord sous forme de petits points bruns sur les feuilles plus vieilles. Ces lésions sont circulaires, de 3-10 mm de diamètre, et consistent en anneaux concentriques de tissus morts. Les lésions prennent une forme angulaire quand leur expansion est limitée par de grosses nervures dans la feuille. La perte des feuilles dans des cultures fortement infectées, notamment durant des conditions humides prolongées, peut être suffisante pour réduire subséquemment la productivité. À mesure que la maladie se répand, les lésions apparaissent sur les feuilles supérieures et sur les tiges, bien que ces feuilles demeurent normalement attachées au plant.

Les quatre images ci-dessous sont des exemples de brûlure hâtive.

image - Alternariose avec taches brunes. Description ci-dessous.
Alternariose : Cette image est un exemple de brûlure hâtive; on y voit, en gros plan, une feuille présentant trois grandes taches brunes
image - Alternariose avec présente des stries. Description ci-dessous.
Alternariose : Cette image est un exemple de brûlure hâtive; on y voit, à un certain grossissement, une plaque de brûlure hâtive sur une feuille. La tache est brun foncé et présente des stries.
image - Alternariose avec grandes taches brunes. Description ci-dessous.
Alternariose : Cette image est un exemple de brûlure hâtive; on y voit, en gros plan, une feuille présentant trois grandes taches brunes.
image - Alternariose avec petites ou de grandes taches brunes. Description ci-dessous.
Alternariose : Cette image est un exemple de brûlure hâtive; on y voit plusieurs feuilles parsemées de petites ou de grandes taches brunes sur une partie importante de leur surface.

7.2.2 Mildiou (Phytophthora infestans)

Le mildiou (Phytophthora infestans) passe l'hiver sur des tubercules de pommes de terre de semence entreposés et les débris de plants laissés au champ. Il commence à se répandre quand les températures sont suffisamment chaudes pour permettre la production de spores. Les premiers symptômes apparaissent normalement peu après la floraison, après une période de temps chaud et humide. Les conditions idéales de développement du mildiou comprennent : taux d'humidité élevé, nuits chaudes (10-15 °C) et températures fraîches dans la journée (10-21 °C). Une fois que le mildiou commence à se répandre, il peut devenir extrêmement destructif, détruisant des champs entiers si laissé à lui-même. Les inspecteurs devraient noter que le mildiou se propage par moyens mécaniques ainsi que par la pluie et par le vent. On devrait faire des efforts pour éviter la propagation de la maladie durant les inspections.

Les symptômes se développent habituellement 6 à 8 semaines après la plantation dépendamment de la quantité initiale d'inoculant et des conditions environnementales. Des bouts de feuille vert foncé et détrempés deviennent brun foncé et friables en 2 jours. Surtout les matins à fortes rosées, les bords de lésions au revers des feuilles infectées montrent un mycélium blanc moelleux. Contrairement à l'alternariose, l'infection au mildiou peut traverser les nervures majeures d'une feuille. Si une semence infectée est plantée, les symptômes peuvent apparaître sur les tiges et les jeunes tissus. Quand des infections se produisent à la base du plant, la présence de croissance mycélienne peut aider à faire la distinction entre le mildiou et la jambe noire.

Les quatre images ci-dessous sont des exemples de mildiou.

image - Mildiou 1. Description ci-dessous.
Mildiou : Cette image est un exemple de mildiou; on y voit la face inférieure d'une feuille qui a été infectée. La feuille a pris une coloration brune vers la tige et du mycélium blanc duveteux recouvre une part importante de sa face inférieure.
image - Mildiou 2. Description ci-dessous.
Mildiou : Cette image est un exemple de mildiou; on y voit une tige qui a été infectée, virant au brun foncé et commençant à flétrir.
image - Mildiou 3. Description ci-dessous.
Mildiou : Cette image est un exemple de mildiou; sur le bord de la face inférieure des deux feuilles, il y a une tache de couleur jaune pâle tirant vers le brun-beige.
image - Mildiou 4. Description ci-dessous.
Mildiou : Cette image est un exemple de mildiou; on y voit une tige, présentant une coloration brun foncé, qui s'est flétrie et est devenue cassante.

7.2.3 Rhizoctonie (Rhizoctonia solani)

Rhizoctonia solani is est un champignon très commun dans la plupart des régions du monde où on cultive la pomme de terre. Il passe l'hiver surtout sous forme de sclérotes, qui sont des structures qui protègent les spores dormantes et qu'on retrouve sur la surface des tubercules récoltés ainsi que sur des matières végétales en décomposition dans le sol. Le développement de la rhizoctonie est particulièrement favorisé par conditions printanières fraîches et humides. Quand on plante des semences infectées, des lésions rougeâtres à brun foncé peuvent se développer sur les germes et les jeunes tiges et, à mesure que se développe la maladie, les germes et les tiges peuvent être pincés par l'infection, ce qui produit des peuplements inégaux après l'émergence.

Des infections en mi-saison, ou après, peuvent produire des chancres de couleur brun foncé sur les tiges. Ces chancres peuvent affecter le système vasculaire et entraîner la production de tubercules aux aisselles des feuilles. D'autres symptômes communs peuvent apparaître au-dessus du sol, y compris le rabougrissement, le renflement des tiges, la chlorose, l'enroulement de la pointe des folioles et la pigmentation pourpre des feuilles. Tard en saison, le champignon produit un mycélium blanc sur les tiges juste au-dessus du sol.

Les cinq images ci-dessous sont des exemples de rhizoctonie.

image - Rhizoctonie 1. Description ci-dessous.
Rhizoctonie : Cette image est un exemple de rhizoctonie; on y voit la branche d'une plante aux feuilles se repliant en forme de gouttière vers sa face supérieure avec une pigmentation mauve sur la face inférieure.
image - Rhizoctonie 2. Description ci-dessous.
Rhizoctonie : Cette image est un exemple de rhizoctonie; la plante que l'on voit dans l'image présente de multiples lésions rouge-orange, s'étalant sur une partie limitée de sa surface.
image - Rhizoctonie 3. Description ci-dessous.
Rhizoctonie : Cette image est un exemple de rhizoctonie; on y voit une tige infectée, présentant un chancre brun, et sur laquelle se développe un champignon blanc.
image - Rhizoctonie 4. Description ci-dessous.
Rhizoctonie : Cette image est un exemple de rhizoctonie; il s'agit d'une tige dont certaines parties sont blanches tandis que d'autres parties présentent des chancres brun foncé.
image - Rhizoctonie 5. Description ci-dessous.
Rhizoctonie : Cette image est un exemple de rhizoctonie; on y voit de multiples tiges, dont certaines comportent un champignon blanc apparu près de la base de la tige.

7.2.4 Brûlure de la pointe

La brûlure de la pointe est un état non-pathologique des feuilles qui peut se produire dans plusieurs parties du pays et qui peut être confondu avec l'alternariose. Le bout et les bords des feuilles brunissent et les parties affectées deviennent rapidement dures et friables. La brûlure de la pointe peut se produire à n'importe quel moment durant la période de croissance des plants et est généralement causée par des conditions défavorables entourant le plant. Des périodes de temps nuageux et humide suivies de plusieurs journées chaudes et ensoleillées peuvent produire la brûlure du feuillage. Les risques sont plus élevés sur les sols qui retiennent un pourcentage d'humidité faible. Quand le temps est nuageux et humide, les tissus de la pomme de terre sont engorgés d'eau et affaiblis. Quand des périodes ensoleillées chaudes et sèches suivent, il se produit une transpiration rapide de l'humidité par les tissus du feuillage. Cette transpiration peut alors survenir plus rapidement que le temps nécessaire pour l'eau logée dans les racines, d'atteindre les feuilles. Si cette situation se prolonge, les tissus plus faibles peuvent s'effondrer, mourir et sécher. La brûlure de la pointe peut aussi se produire suite à de longues périodes de temps sec.

L'image ci-dessous montre en gros plan une feuille présentant une brûlure de la pointe; la pointe de la feuille a bruni et est devenue cassante, tandis que le reste est demeuré vert.

image - Brûlure de la pointe. Description ci-dessous.
Brûlure de la pointe : Cette image est un exemple de brûlure de la pointe; il s'agit d'une image en plan rapproché d'une feuille verte avec une pointe à la coloration brun-orangé et cassante.

7.2.5 Pucerons

La principale préoccupation associée à la présence de pucerons est leur capacité de transmettre des maladies virales d'un plant à un autre, notamment le PVY, PLRV, PVA et PVS. Il existe une extraordinaire diversité d'espèces de pucerons et d'espèces hôtes des pucerons. Les cultures de pommes de terre sont habituellement les hôtes des pucerons de la pomme de terre, du nerprun, de la digitale et du pêcher. Ces insectes au corps mou, tendent à puiser la sève du plant sur les feuilles.

Les pucerons apparaissent sous forme de pucerons ailés ou aptères qui passent l'hiver au stade de l'œuf. Au printemps, les œufs éclosent et les pucerons aptères commencent immédiatement à se nourrir et à se reproduire sans accouplement; ils donnent naissance à des individus aptères vivants. De denses colonies, comptant des milliers d'individus, affaiblissent les plants. Dans certains cas, les feuilles se couvrent d'une couche poisseuse de miellat et des cercles de plants morts apparaissent dans le champ. Quand les populations deviennent trop denses, des pucerons ailés sont produits et émigrent vers des plants hôtes à proximité pour y établir de nouvelles colonies. Quand les cultures arrivent à maturité et que les jours raccourcissent, la reproduction sexuée produit des œufs en prévision de la prochaine saison de croissance.

Les pucerons préfèrent le tiers inférieur des plants de pomme de terre, à l'exception des pucerons de la pomme de terre qu'on retrouve souvent dans la moitié supérieure du plant où ils se nourrissent sur la face inférieure des feuilles.

Les trois images ci-dessous sont des exemples de pucerons aptères et d'un groupe de pucerons.

image - Puceron de couleur vert clair. Description ci-dessous.
Puceron aptère de la pomme de terre : Cette image est un exemple de puceron aptère de la pomme de terre; il est de couleur vert clair et il a neuf pattes.
image - Puceron couleur vert-brun. Description ci-dessous.
Puceron ailé de la pomme de terre : Cette image est un exemple de puceron ailé de la pomme de terre; il est de couleur vert-brun et il a huit longues pattes brunes.
image - Groupe de pucerons. Description ci-dessous.
Groupe de pucerons : Cette image est un exemple d'un groupe de pucerons; leur couleur varie du vert clair au vert foncé, et du brun au rouge foncé.

7.2.6 Doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata)

Le doryphore de la pomme de terre est un insecte nuisible qu'on retrouve communément dans plusieurs régions productrices de pommes de terre, y compris le Canada, à l'exception de Terre-Neuve-et-Labrador. Quand la température augmente au printemps, les adultes émergent au cours d'une période de 4 à 6 semaines en provenance de champs où des pommes de terre avaient été cultivées. Immédiatement après son émergence, la première génération de doryphores marche vers la plus proche culture de pommes de terre émergentes et commence à manger. L'accouplement et la ponte des œufs se produisent peu après.

Les femelles peuvent pondre jusqu'à 400 œufs au cours d'une période de 4-5 semaines. Les œufs, de couleur jaune/orange de la forme de petits grains de riz, sont déposés en masses de 25-40 œufs, surtout sur la face inférieure des feuilles. Les œufs prennent une couleur plus foncée avec le temps et éclosent après 4-9 jours. Le développement larvaire a lieu sur une période de 10 à 20 jours, dépendamment des températures et précipitations. Lorsque le 4e instar (dernier stade larvaire) arrive à maturité, les larves tombent sur le sol, s'enfouissent à 5-10 cm de profondeur, se pupifient et émergent sous forme adulte  5-9 jours plus tard. Dans plusieurs parties du Canada, les étés sont suffisamment chauds pour permettre deux générations de doryphores de la pomme de terre. Les régions plus fraîches auront une ou deux générations dépendamment de la température au cours de la saison de croissance. 

Les principaux dommages observés sont d'abord la défoliation des plants qui peut être grave si les populations de doryphores sont élevées, notamment sur les bordures des champs. Le doryphore n'est pas reconnu comme vecteur d'agents pathogènes de la pomme de terre, bien qu'il soit probable que la transmission mécanique de matériel de multiplication comme les spores puisse se produire.

Les quatre images ci-dessous sont des exemples de doryphore de la pomme de terre, aux stades adulte, de larve, de masses d'œufs et de chenille au premier stade larvaire, dans un exemple de défoliation.

image - Doryphore de la pomme de terre (adulte). Description ci-dessous.
Doryphore de la pomme de terre (adulte) : Cette image est un exemple de doryphore de la pomme de terre au stade adulte; il possède une tête tachetée d'orange et de noir et une carapace rayée noire et jaune
image - Doryphore de la pomme de terre (larves). Description ci-dessous.
Doryphore de la pomme de terre (larves) : Cette image est un exemple de deux doryphores de la pomme de terre au stade de larve; la larve est rouge-orange avec des points noirs longeant les côtés de sa coquille.
image - Masses d'oeufs et larves de 1er stade. Description ci-dessous.
Masses d'œufs et larves de 1er stade : Cette image est un exemple de trois masses d'œufs et de chenilles au premier stade larvaire, la masse d'œufs la plus rapprochée de la partie inférieure gauche de l'image est orange. L'autre masse, qui se trouve à côté, comporte à la fois des œufs et des chenilles au premier stade larvaire, qui sont noirs et orange. Une autre masse de larves, qui y sont plus dispersées, est située dans le côté droit de l'image.
image - Défoliation. Description ci-dessous.
Défoliation : Cette image est un exemple de défoliation imputable au doryphore de la pomme de terre; la plante a perdu toutes ses feuilles et on peut voir des doryphores sur presque la totalité de la plante.

7.3 Évaluation du peuplement, de la vigueur et de la culture

Au cours de l'inspection, il sera nécessaire d'évaluer le peuplement, la vigueur et la culture de la récolte sur pied. Le peuplement, la vigueur et la culture reçoivent les notes : A=Excellent, B=Bon, C=Passable et D=Médiocre. Ce sont des notes subjectives et un champ ne peut être déclassé suite à ces notes. Ces catégories sont utiles aux inspecteurs, producteurs et acheteurs pour déterminer si les caractéristiques de la culture sont attribuables à des problèmes de qualité des semences, aux effets de conditions naturelles ou aux pratiques de gestion de culture. Par exemple, si un des lots observés a été planté dans plusieurs champs dans des régions différentes et qu'il présente une vigueur réduite dans tous ces champs, il pourrait y avoir un autre problème sous-jacent sur lequel il y aurait lieu de faire enquête.

Le peuplement fait référence à l'uniformité générale des plants dans le champ (p. ex., couleur, hauteur, etc.) combinée au pourcentage d'émergence des plants. Un excellent peuplement montrerait une émergence égale et complète avec très peu de manques dans un rang.

On mesure la vigueur en observant l'intensité de la croissance des plants dans le champ. Un excellent champ devrait montrer une nouvelle croissance luxuriante de couleur égale. Dans les cas où une culture montre des signes de faiblesse, possiblement à cause de la sécheresse, d'une fertilité variable, de blessures causées par des herbicides ou de semences de mauvaise qualité (morceaux de semence âgés, refroidis, meurtris ou petits), la culture recevra une note de vigueur plus faible.

La culture évalue la condition du champ par rapport au travail du sol et au contrôle des mauvaises herbes. Un excellent champ de semences devrait être exempt de mauvaises herbes et les plants devraient être bien rechaussés d'un sol léger et friable.

On devrait aussi noter toutes les maladies ou anomalies observées au cours de l'inspection, autres que celles susmentionnées, dans chaque section des observations des Notes d'inspection en culture (CFIA/ACIA 1298) et dans le Rapport d'inspection en culture (CFIA/ACIA 1284).

7.4 Conseils pratiques pour l'inspection sur pied

Voici quelques techniques ou conseils pratiques d'inspection qui peuvent aider l'inspecteur à évaluer plus exactement une culture de pommes de terre de semence.

  • L'inspecteur devrait avoir entré le nom du producteur, le numéro du champ, la variété, les hectares, la source des semences, le minimum de comptes pour chaque champ, dans les Notes d'inspection en culture (CFIA/ACIA 1298) avant d'entrer dans le champ.
  • L'inspecteur devrait éviter d'inspecter les rangs qui sont directement à ses pieds et examiner plutôt les rangs qui sont à un ou deux rangs au-delà du rang à ses pieds, obtenant ainsi une portée visuelle qui lui permet de voir environ un à deux mètres devant lui.
  • L'inspecteur devrait chercher à s'assurer que les plants qu'il inspecte sont complètement visibles, de la tête au pied. Cela est particulièrement important à la première inspection; cependant, cela devient plus difficile lorsque les plants arrivent à maturité. Les inspecteurs devraient accorder une attention particulière aux symptômes de l'enroulement de la pomme de terre (PLRV) parce que leurs expressions apparaissent d'abord sur les feuilles du bas quand des semences infectées ont été plantées.
  • L'inspecteur devrait tenter de se tenir dos au soleil pour réduire l'éblouissement et la fatigue des yeux. Cela aide considérablement à voir les symptômes d'une maladie.
  • L'inspecteur devrait projeter une ombre sur les plants suspects avec son corps, un carnet de notes ou un chapeau pour mieux voir les symptômes de maladies tels que la mosaïque, la nécrose internervale et une légère marbrure.
  • L'inspecteur pourrait devoir toucher des plants pour déterminer la présence et le type de problèmes pathologiques ou liés au stress. Par exemple, dans le cas les plants infectés au PLRV les feuilles du bas s'enroulent et palissent, mais sont généralement fermes et rigides quand on les secoue. Par contre, les plants infectés par la jambe noire ont des feuilles qui s'enroulent et palissent, mais demeurent souples. Il peut être nécessaire d'arracher quelques plants pour observer d'autres symptômes et en établir la cause.
  • L'inspecteur devrait examiner les plants suspects afin de détecter la présence d'insectes et de problèmes physiologiques qui pourraient être attribués à d'autres facteurs connexes. Par exemple, les plants souffrant de carence nutritive pourraient afficher des symptômes semblables à ceux de la mosaïque. L'inspecteur doit examiner la face inférieure des feuilles du bas des plants situés en bordure et dans l'ensemble du champ pour détecter la présence de pucerons.
  • L'inspecteur devrait se familiariser avec les caractéristiques des variétés à inspecter, étant donné que certains pathogènes peuvent s'exprimer de façon très différente selon les variétés. Par exemple, la mosaïque sur les variétés Hilite Russet, Shepody ou Russet Norkotah peut être difficile à voir, alors que la mosaïque sur des variétés comme Red Pontiac, Atlantic ou Century Russet peut présenter de graves symptômes entraînant la mort du plant.
  • L'inspecteur devrait se rappeler que les variétés peuvent présenter des symptômes d'infection primaire et secondaire à divers moments durant la période de croissance. Par exemple, la variété Goldrush peut sembler saine en début de saison, mais des symptômes de mosaïque peuvent devenir évidents environ 80 - 100 jours après la plantation.
  • L'inspecteur devrait noter les endroits où pourraient exister des facteurs environnementaux pouvant favoriser le développement de maladies (c.-à-d. le long des haies et autres sites à l'ombre où l'humidité pourrait rester sur les plants et favoriser la manifestation de symptômes de mildiou).
  • L'inspecteur devrait déterminer le point de départ de la plantation dans le champ. Les mélanges de variétés et la propagation des maladies peuvent être plus visibles à cet endroit parce que l'équipement de plantation pourrait ne pas avoir été nettoyé correctement. On devrait accorder une attention spéciale à ces zones.
  • L'inspecteur devrait s'arrêter périodiquement, regarder autour de lui et valider la variété de la culture, observer la santé et l'état général de la culture et faire enquête dans les zones qui donnent des indications de problèmes d'organismes nuisibles ou de maladies. À moins de faire partie d'un comptage, les niveaux de maladie notés à ces endroits ne doivent pas être inclus dans les comptages, mais devraient être notés dans la section des observations des Notes d'inspection en culture (CFIA/ACIA 1298) et dans le Rapport d'inspection en culture (CFIA/ACIA 1284).
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