La maladie des proliférations du pommier - Fiche de renseignements

Figure 1 : Symptômes de type « balais de sorcière » sur des pommiers infectés par « Candidatus Phytoplasma mali »
Figure 1 : Symptômes de type balais de sorcière sur des pommiers infectés par « Candidatus Phytoplasma mali »

La maladie des proliférations du pommier (MPP) [Candidatus Phytoplasma maliCa. P. mali »)] est un phytoravageur considéré comme un organisme de quarantaine par le Canada et les États-Unis (É.-U.).

Les pommiers sont les principaux hôtes de la MPP. On rapporte cependant l'avoir retrouvé en Europe sur d'autres espèces importantes sur le plan économique comme le chêne, le noisetier, l'aubépine, le prunier, le magnolier, le dahlia, le rosier et les poiriers européens et asiatiques. Les effets de la maladie sur ces hôtes secondaires demeurent toutefois nébuleux.

Du point de vue économique, la MPP est considérée comme l'une des maladies du pommier les plus ravageuses en Europe, causant des pertes de revenus allant de 10 à 80 %. Les pertes économiques sont causées par une réduction de la taille, du poids et de la qualité des fruits, de même que par une réduction de la vigueur de l'arbre.

Répartition géographique

En Europe, elle a été détectée dans les pays suivants : l'Albanie, l'Allemagne, l'Autriche, les Balkans, la Belgique, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, le Danemark, l'Espagne, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Moldavie, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque, la Roumanie, la Russie, la Serbie, la Slovaquie, la Slovénie, la Suisse et l'Ukraine.

La maladie a également été détectée en Turquie et en Syrie.

Biologie

La MPP est présente dans le phloème (tissu conducteur des aliments chez les plantes vasculaires) des plantes infectées. Elle se propage principalement par le matériel de plantation infecté. Elle peut également être transmise d’une plante à l'autre par des insectes ou par le greffage naturel des racines entre plantes adjacentes. La MPP n'est pas transmise par les semences, les fruits ou l'émondage.

La MPP se déplace de façon saisonnière dans un arbre infesté. Durant l'hiver, le phytoplasme survit sous la terre dans les racines de l’arbre. Au printemps, il se réinstalle dans les pousses et le tronc de l’arbre.

La MPP peut se propager par l'utilisation de certaines méthodes de multiplication, comme l'écussonnage et le greffage. La MPP peut donc potentiellement se propager sur une grande distance par l'échange de porte-greffes ou de bois de greffe infectés.

En Europe, les psylles du genre Cacopsylla sont les principaux insectes propagateurs de la MPP. On signale aussi que certaines espèces de cicadelles et de cercopes peuvent propager la maladie, quoique moins efficacement.

Après avoir été infectés par le pathogène, certains insectes peuvent transmettre la MPP pour le reste de leur vie.

Symptômes

Les symptômes de la MPP varient d'une plante à l'autre et dépendent de la durée de la présence du phytoravageur. Certaines branches d'un arbre infecté peuvent paraître normales et produire des fruits normaux, tandis que d'autres branches peuvent présenter des symptômes. De plus, les symptômes peuvent disparaître pendant une ou plusieurs années et refaire surface après un émondage important ou un greffage.

La température semble également avoir un effet considérable sur le développement des symptômes. Le développent optimal des symptômes a lieu entre 21 et 24 °C.

Voici une liste d’exemples de symptômes :

Branches
Balais de sorcière : Le développement de bourgeons axillaires crée une prolifération de pousses secondaires, ce qui donne au bout de la branche affectée une allure de balais (voir Figure 1).

Feuilles
Rosettes : Une rosette de feuilles terminales peut se développer en fin de saison au bout des pousses au lieu de bourgeons terminaux normaux. Le bout des pousses peut également dépérir (voir Figure 2).

Stipules des feuilles : Les feuilles, en particulier celles des balais de sorcière et des rosettes, ont souvent des stipules plus grosses et des pétioles plus courts (voir Figure 3).

D'autres symptômes sont parfois associés à la MPP, comme un drageonnement excessif près de la base de la plante ou une diminution de la taille et de la qualité des fruits et du poids des racines. Les feuilles peuvent également s'enrouler vers le bas et devenir plus fragiles, être dentelées plus finement ou de façon irrégulière, être plus petites que la normale ou plus jaunes que ne le seraient normalement des feuilles saines en été.

Gestion et stratégies de lutte

Il n'existe actuellement aucune méthode de traitement connue contre la MPP. Une fois qu'une plante est infectée, elle le demeure à vie. Le retrait des arbres infectés et la lutte contre les insectes vecteurs pourraient limiter la propagation de la MPP. Certaines variétés de pommiers et de porte-greffes peuvent être plus sensibles que d'autres à la MPP et présenter des symptômes plus ou moins importants. En Europe, des porte-greffes résistants à la MPP sont couramment utilisés.

Problèmes de santé

La MPP est un pathogène végétal qui ne pose aucun risque pour la santé des humains ou des animaux.

Figure 2 : Feuilles en rosette sur un pommier infecté par « Candidatus Phytoplasma mali »
Figure 2 : Feuilles en rosette sur un pommier infecté par « Ca. P. mali »
USDA - New Pest Response Guidelines - PDF (2.62 mo) (anglais seulement)

Figure 3 : Feuille (bas) avec des stipules plus gros et un pétiole plus court provenant d'un arbre infecté par « Candidatus Phytoplasma mali », comparée à une feuille en santé (haut) (eppo.int)
Figure 3 : Feuille (bas) avec des stipules plus gros et un pétiole plus court
provenant d'un arbre infecté par « Ca. P. mali », comparée à une feuille en santé (haut) (eppo.int)

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