DGR-13-04 : Document de gestion des risques phytosanitaires consolidé pour les plantes phytoravageurs règlementées au Canada
Annexe 15A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Zygophyllum fabago (Fabagelle)

Cette page fait partie du répertoire des documents d'orientation (RDO).

Vous cherchez des documents connexes?
Recherche de documents connexes dans le répertoire des documents d'orientation.

Identité de l'organisme

Nom : Zygophyllum fabago

Synonyme(s) : Aucun n'a été trouvé.

Noms communs français : Fabagelle

Noms communs anglais : Syrian bean-caper, Syrian beancaper

Description : Zygophyllum fabago est une plante herbacée aux branches nombreuses ayant une racine pivotante profonde et bien développée. Les plants de l'espèce poussent jusqu'à une hauteur et une largeur de presqu'un mètre et sont buissonnants. Les feuilles succulentes sont opposées et composées d'une seule paire de folioles, chacune ayant d'un à trois centimètres de longueur. Les fleurs, allant de blanchâtre à jaune, naissent dans les aisselles des feuilles. Le fruit prend la forme d'une capsule à cinq valves, chacune contenant une seule semence. Les capsules sont oblongues et cylindriques, et comportent cinq côtés (Davison et Wargo 2001; Robbins et al. 1951).

Zygophyllum fabago a la capacité de dominer un lieu et d'en éliminer la végétation indigène. Elle pousse dans les sites perturbés, comme au bord des routes, et dans les corrals et les gravières. Elle peut former de grandes colonies denses qui excluent les plantes et les animaux indigènes. Les feuilles épaisses et cireuses de la plante lui permettent de survivre à de longues périodes de sécheresse et son appareil radiculaire étendu lui donne un avantage sur les espèces indigènes. Elle est considérée comme sans goût agréable pour le bétail (Davison et Wargo 2001).

L'espèce se reproduit par les semences et les racines étalées. Les fragments de racines peuvent produire de nouveaux plants. Les tiges meurent et retournent au sol chaque hiver. Dans les régions très froides, la plante peut fonctionner comme une plante annuelle, les nouveaux plants sortant des semences chaque année (Davison et Wargo 2001).

Statut de l'organisme

Zygophyllum fabago n'est pas signalée comme présente au Canada, et rien n'est venu prouver qu'elle y est cultivée (ACIA, 2008; CNLA, 2009). Selon ce renseignement, elle est considérée comme absente de la zone d'analyse du risque phytosanitaire.

Statut réglementaire actuel

Zygophyllum fabago n'est pas réglementée actuellement au Canada. Elle n'est pas non plus réglementée comme mauvaise herbe nuisible de ressort fédéral aux États-Unis (É.-U.), mais elle est réglementée dans les États suivants : Californie, Idaho, Nevada, Oregon et Washington (USDA-ARS 2009; USDA-NRCS 2009).

Probabilité d'introduction

Zygophyllum fabago est réputée avoir été importée aux États-Unis avec des semences de luzerne contaminées. Il est aussi possible qu'elle se soit échappée de jardins, étant donné que les boutons floraux sont utilisés comme substitut de la câpre dans son parcours naturel indigène (Davison et Wargo 2001).

Tableau 1 : Résumé des voies d'entrées de Zygophyllum fabago (fabagelle)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelleZygophyllum fabago se dissémine principalement par les semences (Davison et Wargo 2001). Aucune information n'a pu être trouvée pour documenter la manière dont les semences se disséminent dans des situations naturelles. Cette voie d'introduction est peu probable puisque aucun signalement n'a été documenté dans les comtés bordant la frontière canadienne. On rapporte qu'il est possible que cette espèce soit présente dans le comté d'Okanagan, dans l'État de Washington, toutefois, aucune récolte ne vient supporter cela (Wooten 2010).
Introduction intentionnelle

Certains sites Web répertorient les semences de cette espèce en vente comme plante médicinale. L'espèce est réputée s'être échappée de jardins, étant donné que ses boutons floraux servent de substitut à la câpre dans son parcours naturel indigène (Davison et Wargo, 2001).

L'introduction intentionnelle destinée à la plantation est la voie d'introduction la plus probable de la plante au Canada. La plante est vendue en ligne, mais il est difficile de savoir à quel point elle suscite de l'intérêt.

Introduction non intentionnelle

L'espèce est « réputée avoir été importée aux États-Unis au tournant du XXe siècle avec des semences de luzerne contaminées » (Davison et Wargo, 2001).

Cette voie d'introduction est peu probable, à moins que les semences soient importées à partir du parcours naturel indigène de la plante. L'espèce n'est pas une mauvaise herbe courante dans les champs agricoles.

Les fragments radiculaires peuvent germer pour former de nouveaux plants (Davison et Wargo 2001). Il est aussi possible qu'ils puissent être transportés avec de l'équipement.

Il s'agit certainement là d'une possibilité, mais on pourrait la réduire comme voie d'introduction en empêchant la terre d'entrer au pays.

Probabilité d'établissement

Zygophyllum fabago est indigène en Afghanistan, en Iran, en Irak, en Israël, en Jordanie, au Liban, en Syrie, en Turquie, en Arménie, en Azerbaïdjan, en Géorgie, en Ciscaucasie, au Turkménistan, au Pakistan, en Russie, en Ukraine et en Roumanie (USDA-ARS 2009). Elle est introduite dans le Sud de l'Europe (France, Espagne, Sardaigne) (Pankhurst 1998), en Amérique du Nord (ouest des États-Unis) (USDA-NRCS 2009), à Puerto Rico et en Australie (Ouest de l'Australie et Nouvelles-Galles-du-Sud) (Randall 2007).

Dans l'ouest des États-Unis, il en existe des populations dans six comtés de l'État de Washington et dans cinq comtés de l'Idaho. L'espèce n'a pas encore été signalée en Oregon, et toutes les infestations en Californie sont réputées avoir été éradiquées (Karl et al., 1996). Il existe des rapports faisant état de sa présence dans un certain nombre d'autres États (voir figure 1). Toutefois, le rapport de la Pennsylvanie est fondé sur un échantillon ancien prélevé dans des citernes de ballast dans un port de Philadelphie, prélèvement qui n'a jamais été répété (Ruiz et Carlton, 2003). Comme l'espèce n'est incluse dans aucune flore importante du Nord-Est, il est fort probable que le rapport de New York soit aussi fondé sur des populations éphémères dans un port (Fernald 1950; Gleason 1968; Gleason et Cronquist 1963).

Figure 1 : Parcours naturel de Zygophyllum fabago (fabagelle) en Amérique du Nord

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette image montre la répartition de Zygophyllum fabago (fabagelle) en Amérique du Nord et indique la présence de celle-ci au moyen de la couleur verte. Les États recouverts de vert sont : New York, la Pennsylvanie, le Texas, le Kansas, le Colorado, le Nouveau-Mexique, le Montana, l'Idaho, Washington, le Nevada et la Californie.

Source : USDA-NRCS 2009

Le parcours naturel actuel aux États-Unis donne à penser que l'espèce serait rustique dans la zone NAPPFAST numéro 5. Toutefois, les populations persistantes de Zygophyllum fabago sont restreintes aux régions sèches, y compris les déserts (Davison et Wargo, 2001), si bien que le parcours naturel potentiel de la plante au Canada comme espèce de mauvaise herbe envahissante est limité au sud de la Colombie-Britannique (voir figure 2). Il convient de noter que les zones côtières du parcours naturel sur la carte sont probablement trop humides pour fournir un habitat propice à cette espèce.

Figure 2 : Parcours naturel potentiel de Zygophyllum fabago (fabagelle) au Canada

Figure 2. Description ci-dessous.
Description de la figure 2 :

Cette image démontre l'étendue potentielle de Zygophyllum fabago (fabagelle) au Canada, plus précisément en Colombie-Britannique. La couleur rouge indique les régions dans lesquelles Zygophyllum fabago est un risque selon la carte des zones de rusticité des plantes au Canada, dans ce cas-ci la zone de rusticité 5 à 9 du système NAPPFAST. Au Canada, la répartition potentielle de Zygophyllum fabago est limitée au sud de la Colombie-Britannique où sa présence est dispersée. Cette image est recadrée afin d'inclure des régions des É.-U., plus précisément Washington, l'Oregon et l'Idaho où le rouge a une présence plus dominante et est grandement condensé vers le bas, au-delà de l'image.

Zones NAPPFAST numéros 5 à 9

Probabilité de propagation

À l'échelle locale, les plants peuvent se disséminer par les fragments radiculaires, mais la dispersion de la plante se fait habituellement au moyen des semences (Davison et Wargo, 2001). Les semences de Zygophyllum sont mucilagineuses (Beier et al., 2003), ce qui pourrait leur permettre de s'accrocher aux animaux ou aux personnes pour être distribuées, mais cette possibilité ne semble pas être documentée.

Conséquences économiques potentielles

La menace économique la plus importante de Zygophyllum fabago pèse sur les grands éleveurs. Les plants peuvent former des masses denses qui déplacent les espèces bénéfiques dans les parcours naturels. L'éradication avec les herbicides est difficile en raison du caractère cireux des surfaces des feuilles et de l'extension de l'appareil radiculaire. Les plants n'ont pas de goût agréable pour le bétail (Source anonyme, 2007), si bien que les infestations réduisent la quantité de fourrage utile à la disposition des animaux brouteurs. Les herbicides ont fait preuve d'une capacité prometteuse d'éradiquer cette mauvaise herbe, mais il faut des applications répétées à cause des feuilles épaisses et cireuses de la plante (Davison et Wargo, 2001). Dans les parcours naturels secs envahis par cette espèce, il est peu probable que l'éradication avec les herbicides soit économiquement réalisable.

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Zygophyllum fabago a la capacité de dominer la végétation indigène dans les habitats secs propices à son développement, où la plante est décrite comme « presque aussi envahissante » que Peganum harmala (harmal) et que Tribulus terrestris (croix-de-Malte), qui sont des espèces de mauvaise herbe apparentées (Davison et Wargo 2001).

Incertitude

Il n'existe pas beaucoup d'information sur les aspects et les répercussions biologiques de cette espèce. Jusqu'à présent, sa distribution et ses répercussions ont été limitées. En outre, on ne dispose presque d'aucun renseignement au sujet de la dispersion des semences.

Conclusion

Sur la foi du résultat de l'évaluation du risque phytosanitaire, on peut affirmer que Zygophyllum fabago est susceptible de s'établir et de devenir envahissante dans certaines parties du Canda, y compris le sud de la Colombie-Britannique, si elle y est introduite. Cette plante devrait être considérée pour réglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de la Loi sur les semences. On recommande de poursuivre le processus d'analyse des risques phytosanitaires et de compléter un Document de gestion des risques.

Considérations d'ordre technique

La détection et l'identification des semences ou des plants de cette espèce ne devraient présenter aucune difficulté. Les fragments radiculaires sembleraient toutefois plus difficiles à identifier.

Date de modification :