DGR-13-04 : Document de gestion des risques phytosanitaires consolidé pour les plantes phytoravageurs règlementées au Canada
Annexe 1B : Considérations sur la gestion du risque pour Aegilops cylindrica (égilope cylindrique)

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Programmes actuels

Aux États-Unis, le Programme national de recherche sur l'égilope cylindrique (disponible en anglais seulement) a été établi en 1994 pour guider, partout aux États-Unis, la recherche visant à élaborer des systèmes de gestion fondés sur les tactiques culturelles et les dynamiques démographiques.

Le gouvernement de l'Alberta, Développement agricole et rural, administre le Programme du foin certifié exempt de mauvaises herbes d'Alberta. L'objectif du programme est de fournir un produit de première qualité reconnu comme commercialisable et transportable, afin d'empêcher la dissémination de mauvaises herbes restreintes et nuisibles et de protéger les terres publiques et privées des espèces de plantes envahissantes non indigènes. Aegilops cylindrica est inscrite sur la « Liste des mauvaises herbes désignées et des espèces végétales indésirables ». Actuellement, ce programme est le seul programme en matière de fourrage exempt de mauvaises herbes au Canada.

Enquêtes de détection au Canada

Aegilops cylindrica n'est pas connue pour être présente au Canada en dehors des incursions locales dans la municipalité régionale de Niagara, en Ontario (ACIA 2007). Des enquêtes de terrain surAegilops cylindrica portaient sur les points éventuels d'entrée comme les cours de triage, les ports, les élévateurs à grains, les habitats urbains perturbés et les zones agricoles. Aegilops cylindrica n'a été constatée dans aucun des endroits ayant fait l'objet d'une enquête en Ontario ou dans d'autres endroits au Canada.

Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) effectue des enquêtes sur les mauvaises herbes dans les provinces des Prairies depuis les années 1970 (Thomas et Leeson, 2007). Toutes les espèces de mauvaises herbes aperçues dans ces enquêtes sont signalées et documentées. Aegilops cylindrica était comprise dans cette enquête générale et n'a pas été décelée (J. Leeson, communication personnelle, juin 2009). Un inventaire des mauvaises herbes du Canada, publié par Darbyshire en 2002, faisait aussi état du fait qu'Aegilops cylindrica n'était pas connue comme présente au Canada.

Hybridation avec le blé

La tribu de graminées Triticées est connue pour son hybridation interspécifique et intergénérique (S. Darbyshire, 2006, communication personnelle). Le genre Aegilops est capable de s'hybrider avec beaucoup d'espèces du genre Triticum, y compris avec T. aestivum (blé) et de produire une progéniture fertile, même si les taux de fertilité sont bas. Les taux de germination d'Aegilops cylindrica /épillets de blé hybrides dans une étude effectuée en Oklahoma se situaient entre 0,42 et 1,10% (Stone et Peeper, 2004).

L'hybridation doit être prise en considération dans la détermination de la gestion du risque étant donné qu'elle pourrait réduire l'efficacité des méthodes de lutte si un caractère de tolérance aux herbicides du blé pouvait être transféré à Aegilops cylindrica, ce qui aurait pour effet potentiel de réduire l'efficacité des options de lutte actuelles.

Le Bureau de la biosécurité végétale de l'ACIA a examiné la sécurité du blé Clearfield tolérant aux herbicides et qui tolère l'herbicide imidazolinone. L'examen a permis d'étudier la possibilité de flux génique depuis les gènes tolérants à l'imidazolinone vers les espèces sauvages apparentées, y compris Aegilops cylindrica. Ces documents concluent qu' « [ Traduction ] il n'y a pas d'augmentation du risque de conséquences néfastes attribuables au flux génique entre le blé tolérant à l'imidazolinone et Aegilops cylindrica, étant donné la nature non persistante de l'introduction de l'espèce en Colombie-Britannique » et « la nature non agricole du lieu où on a observé l'introduction en Ontario » (ACIA, 2007).

Même si l'hybridation est actuellement improbable, les risques ne doivent pas être sous-estimés si une population d'Aegliops cylindrica était autorisée à s'étendre dans les systèmes agricoles canadiens.

Le grand espace occupé à la fois par le blé d'hiver et par Aegilops cylindrica aux États-Unis pourrait conduire à un nombre important d'hybridations et, par conséquent, au transfert du gène de la résistance aux herbicides (Guadagnuolo et al. 2001). Le pouvoir envahissant d'Aegilops cylindrica pourrait s'élever pendant que diminuent les options de lutte. Il est possible que les populations d'Aegilops cylindrica tolérantes aux herbicides ayant évolué aux États-Unis soient introduites au Canada par les voies d'introduction dont on a discuté antérieurement.

Hôte des organismes nuisibles au blé d'hiver

Aegilops cylindrica est considérée comme un hôte hibernant pour certains organismes nuisibles du blé d'hiver. On a montré que l'espèce agit comme hôte de remplacement pour le puceron russe du blé (Diuraphis noxia Mordvilko) (Hammon et al. 1989). Aegilops cylindrica fait aussi office d'hôte hibernant pour un certain nombre d'agents pathogènes fongiques, comme ceux qui causent la moisissure rose, le pourridié, le brunissement des racines, la brûlure des semis, la carie naine et la carie de karnal (Donald et Ogg, 1991).

Régions dédiées à la production de blé menacées au Canada

Au cours de 2008-2009, la production de blé au Canada était évaluée à 27,3 millions de tonnes métriques, soit une augmentation de 36% par rapport à 2007 (USDA, 2008). Les recettes monétaires agricoles indiquaient que la valeur de toute la production de blé au Canada était de 4,2 millions de dollars et de 5,7 millions de dollars en 2007 et en 2008, respectivement (Statistique Canada, 2009). Les zones de production de blé exposées au risque phytosanitaire que présente Aegilops cylindrica comprennent l'Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario, le Québec et les provinces de l'Atlantique (Figure 2 et Figure 3). La plus grande part du blé d'hiver canadien est semée dans le sud de l'Ontario et dans le sud des provinces des Prairies.

Figure 3 : Rendements moyens du blé au Canada de 1997 à 2001

Figure 3. Description ci-dessous.
Description pour la figure 3 :

Cette image montre les rendements moyens du blé au Canada entre 1997 et 2001. Les rendements de blé élevés sont observés dans la région des Prairies comprenant le bas et le centre du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta, où le rendement moyen du blé varie entre plus que 2,00 et moins que 3.01. Des rendements moyens de blés élevés,c.-à-d. supérieurs à 3,01, sont également enregistrés dans les provinces de l'Atlantique.

Source: (USDA 2004)

Le Canada compte parmi les plus grands exportateurs de blé, et plus de 95% du blé canadien est produit dans l'Ouest du Canada. Selon le Recensement de l'agriculture pour 2006, le blé était la plus grande culture au Canada. Le Canada produit en moyenne plus de 25 millions de tonnes de blé annuellement et en exporte environ 19 millions de tonnes chaque année. Étant donné que la production dépasse de beaucoup les exigences de la consommation nationale, l'industrie canadienne du blé a une vocation surtout exportatrice.

Si Aegilops cylindrica s'établissait dans les systèmes agricoles axées sur l'exportation du Canada, les exportations de grandes cultures et de marchandises agricoles du Canada pourraient être assujetties à des mesures de quarantaine par les pays où Aegilops cylindrica est réglementée. Par exemple, Aegilops cylindrica figure sur les listes publiées de parasites réglementés en Chine et au Mexique, soit deux pays qui ont importé du blé canadien dans le passé (Industrie Canada, 2009). Même si Aegilops cylindrica exerce son impact le plus grand sur la production de blé d'hiver, les mesures de quarantaine étrangères pourraient être appliquées à toutes les livraisons de blé, peu importe la saison de plantation ou la variété plantée.

Historique des importations

Voies d'introduction intentionnelles

Voies d'introduction non intentionnelles

Grains et grandes productions végétales

La valeur totale des marchandises que sont le foin et les plantes de grande culture Note de bas de page 1 importés au Canada en 2008 était d'environ 368 millions de dollars. Dans ce montant, 3% des importations se composaient de blé provenant des États-Unis, pays où Aegilops cylindrica est présente. Un petit pourcentage du blé a été importé d'autres pays où Aegilops cylindrica est présente, nommément du Liban, de la Russie, de la Turquie, de la Bosnie, de l'Italie et du Mexique. Ce pourcentage représente moins de 1% du reste des importations de blé en 2008. (Industrie Canada, 2009).

Les semences;

Le Canada a importé pour une valeur d'environ un million de dollars de semences de blé en 2007-2008; la plus grande part d'entre elles provenaient des États-Unis (Association canadienne du commerce des semences, 2008).

Foin et paille

La valeur totale du foin et de la paille importés au Canada était d'environ 13 millions de dollars en 2008; 98% de cette valeur provenaient d'États américains où Aegilops cylindrica est présente (Industrie Canada, 2009).

L'État de Washington était le plus grand exportateur de foin et de paille au Canada, avec une valeur moyenne d'environ 10 millions de dollars par année au cours des cinq dernières années (Industrie Canada, 2009).

Véhicules et machinerie agricole usagée

Des machines agricoles usagées traversent la frontière canado-américaine chaque année. On ne dispose pas d'information sur le volume des importations de machinerie agricole usagée.

Mesures d'atténuation du risque recommandées

Voies de dispersion naturelles

L'expansion de la zone de distribution naturelle pourrait se produire à partir des comtés infestés des États-Unis le long de la frontière canado-américaine (USDA, NRCS, 2006). Il est recommandé que l'atténuation du risque comprenne des enquêtes régulières ciblant les régions à risque élevé le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis, où les comtés américains adjacents sont infestés.

Les programmes d'éducation et de sensibilisation fonctionnent aussi pour limiter l'établissement de l'espèce au Canada, parce qu'ils favorisent la détection précoce des nouvelles incursions.

Voies d'introduction intentionnelles et non intentionnelles

Mesures réglementaires en vertu de laLoi sur la protection des végétaux

Mesures réglementaires en vertu de laLoi sur les semences

Continuer de réglementer Aegilops cylindrica comme mauvaise herbe nuisible interdite, en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes et de la Loi sur les semences Note de bas de page 2. L'importation des semences d'Aegilops cylindrica est interdite en vertu de la Loi sur les semences et le Règlement sur les semences comporte des exigences d'information particulières (ACIA, 2009) pour vérifier que les semences importées au Canada sont exemptes de toute mauvaise herbe nuisible interdite et répondent aux normes minimales de pureté et de germination pour le cultivar en question. Un certificat d'analyse est requis pour montrer l'absence de toute mauvaise herbe nuisible interdite.

Mesures non-réglementaires

Les programmes d'éducation et de sensibilisation peuvent aider à empêcher et à déceler les nouvelles populations d'Aegilops cylindrica. Ces programmes peuvent comprendre la fourniture d'information pour l'identification d'Aegilops cylindrica au champ, de même que l'éducation des personnes qui utilisent des moissonneuses-batteuses et qui transportent la machinerie agricole usagée de sorte qu'elles nettoient, avant de déplacer les machines, tous les débris végétaux et la terre qui pourraient contenir des semences ou des épillets d'Aegilops cylindrica.

Répercussions commerciales 

Rentabilité et faisabilité

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