DGR-13-04 : Document de gestion des risques phytosanitaires consolidé pour les plantes phytoravageurs règlementées au Canada

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Table des matières

Introduction

Sommaire exécutif

Ce Document de gestion des risques (DGR) fait partie du processus d'Analyse des risques phytosanitaires, lequel comprend trois étapes. Ce document examine les risques associés à l'importation, la culture et la vente au Canada de plantes phytoravageurs répertoriées dans le tableau 1 : liste des végétaux réglementés comme étant des phytoravageurs au Canada. Le DGR comprendra un résumé de l'évaluation des risques phytosanitaires pour chacune des plantes phytoravageurs, évalue les mesures d'atténuation possibles. Ces mesures peuvent être appliquées afin de limiter les risques phytosanitaires à des niveaux acceptables et fournir un moyen rentable d'empêcher l'entrée de phytoravageurs au Canada. Lors de la consultation avec les parties prenantes sur les différents DGR en 2010, les informations générales et les considérations pour chaque phytoravageur étaient similaires. L'information des DGR originale a donc été combinée en un seul document de gestion des risques. Les plantes envahissantes sont les espèces de plantes qui se propagent lorsque introduites en dehors de leur distribution présente ou passée naturel et causent des dommages graves et souvent irréversibles aux écosystèmes, à l'économie et la société canadiennes.

Les phytoravageurs répertoriées dans le tableau 1 pourraient s'établir dans certaines régions du Canada. Après consultations avec les intervenants en 2010, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a décidé de réglementer ces phytoravageurs en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de la Loi sur les semences. Ainsi, les végétaux répertoriés au tableau 1 seront réglementés en tant que phytoravageurs en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et seront ajoutés à la Liste des parasites réglementés par le Canada. De plus, dans le cas des espèces où les semences est une voie d'entrée importante, l'ACIA prévoit de répertorier ces végétaux comme mauvaises herbes nuisibles interdites dans l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences.

Table 1 : Liste des végétaux réglementés comme phytoravageurs au Canada
Espèce Espèce Zone de rusticité Note de tableau 1
et distribution
Secteur(s)/Habitat touché(s) Conséquences agricoles, environnementales et sociales Voies d'introduction (filières)
1. Aegilops cylindrica (Égilope cylindrique/jointed goatgrass)
Aegilops cylindrica

Zone de rusticité 2
Canada :  ON/BC (sous contrôle official)
Autres : É-U  Mexique, Asie, Europe

  • Agriculture : les cultures céréalières (principalement le blé d'hiver et aussi le blé de printemps) et le pâturage
  • Environnement : les zones perturbées telles que les chemins de fer
  • Les pertes en rendement des cultures et en qualité de la récolte sont estimées être de 150 millions de dollars par an aux É-U.
  • Des expériences au champ ont démontré qu'une infestation de 1 à 5 plants au mètre carré la première année entraînait des pertes de rendement de 3 à 30% l'année suivante.
  • Il est démontré que la présence d'épillets diminue le classement du blé aux É-U. La présence de ces impuretés dégrade la valeur du blé d'hiver.
  • Réduction de la plantation du blé d'hiver, une composante des systèmes de culture sans travail du sol.
  • Potentiel d'hybridation avec des variétés de blé tolérantes aux herbicides si on permet à A. cylindrica de s'établir.
  • Machinerie agricole contaminée
  • Déversement accidentel de camions et de wagons
  • Lots de grains contaminés (particulièrement de blé d'hiver), paille et bétail
2. Alopecurus myosuroides (vulpin des champs/slender foxtail)
Slender meadow foxtail

Zone de rusticité 6
Canada :
absent
Autre : É-U,  Afrique, Asie, Europe, Amérique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande

  • Agriculture : les cultures céréalières d'hiver et le pâturage
  • Environnement : les prairies humides, les forêts décidues et les sols perturbés
  • Une des mauvaises herbes les plus nuisibles aux céréales d'hiver en Europe.
  • Difficile à éradiquer des champs cultivés. Des populations en Angleterre ont développé une résistance à plusieurs herbicides anti-graminées.
  • Semences de graminée contaminées, grains de céréales, foin, paille et fumier contaminés
3. Centaurea iberica
(Centaurée ibérique / Iberian starthistle)
Centaurea iberica

Zone de rusticité 6
Canada : absent
Autre : É-U,  Europe, Asie

  • Agriculture : les pâturages libres naturels et les pâturages cultivés, le foin
  • Environnement : les bords de chemin
  • Social : les zones de loisirs
  • Déloge des espèces fourragères intéressantes dans les pâturages et les grands pâturages libres.
  • Ses épines pointues découragent les animaux qui broutent, restreignant l'accès au bétail et réduisant la valeur du foin.
  • Les infestations peuvent entraver l'usage récréatif et restreindre l'accès aux animaux sauvages.
  • Semences de trèfle contaminées
  • Bétail
  • Laine brute et peaux brutes
4.Centaurea solstitialis (Centaurée du solstice/yellow starthistle) Centaurea solstitialis

Zone de rusticité 5
Canada :
absent
Autre : É-U, Europe, Asie, Amérique du Sud

  • Agriculture : les chevaux, les grands pâturages libres, les céréales, les vergers, les vignes, les cultures
  • Environnement : les bords de chemin, les terrains vagues
  • Social : les zones de loisirs, les terres privées
  • En grandes quantités, il est toxique pour les chevaux.
  • Pertes dues à l'interférence avec le bétail qui broute et les procédures de récolte des fourrages.
  • Rendement et qualité plus faibles du fourrage dans les grands pâturages libres. Le bétail évite de brouter dans les régions très infestées, ce qui entraîne un gain de poids plus lent et une qualité réduite du lait, de la viande, de la laine et des peaux.
  • Réduit les habitats pour les animaux sauvages et le fourrage, remplace les plantes indigènes, diminue la diversité des plantes et des animaux indigènes, altère le cycle de l'eau (en utilisant davantage d'eau à une profondeur de sol plus grande) et fragmente l'habitat.
  • Peut limiter l'accès aux zones de loisirs et réduire la valeur de la terre.
  • Semences de luzerne, grain céréalier, foin et matériel de pépinière avec terre contaminés
  • Mouvement des véhicules, de l'équipement et du bétail
5. Crupina vulgaris
(crupine vulgaire/common crupina) Crupina vulgaris

Zone de rusticité 4
Canada :
absent
Autre : É-U, Europe, Asie, Afrique

  • Agriculture : les pâturages, les grands pâturages libres, les prairies de fauche, le bétail
  • Environnement : les bords de chemin non perturbés, les terrains vagues
  • Pourrait avoir de graves conséquences économiques sur la production de fourrage et l'industrie de l'élevage de bétail.
  • Peut-être hautement compétitif et dominer des sites, délogeant d'autres espèces végétales et réduisant la biodiversité. Augmente aussi le risque d'érosion du sol.
  • Importation intentionnelle par des touristes et des utilisateurs pour fins de loisirs
  • Foin et contaminés
  • Vêtements de randonneurs
  • Véhicules et équipement
  • Bétail
  • Laine
6. Dioscorea polystachya (igname de Chine/Chinese yam) Dioscorea polystachya

Zone de rusticité 5
Canada : absent
Autre : É-U,  Chine, Japon, Corée, Taïwan

  • Environnement : les forêts, les broussailles, les communautés végétales herbacées, les pentes de montagnes, les affleurements rocheux granitiques, le long des rivières, les fonds de ruisseaux, les bords de chemin, les canaux de drainage, les terrains vagues, les rangées de clôture
  • Le gros tubercule comestible est goûteux et nutritif et est parfois utilisé comme plante médicinale. Les racines transformées ou séchées peuvent être importées plutôt que de cultiver la plante au Canada.
  • L'espèce est souvent plantée pour sa valeur ornementale.
  • Réduit la diversité et l'abondance des espèces indigènes et peut entraîner le bris de branches d'arbres et d'arbustes.
  • Les méthodes de traitement manuelles et mécaniques sont exigeantes en temps et en main-d'œuvre; des traitements répétés aux herbicides sont nécessaires pour détruire les tubercules souterrains.
  • Introduction intentionnelle comme plante d'ornement, plante médicinale ou plante tubéreuse
7. Echinochloa plantagineum (Igname de Chine/Chinese yam)
Echinochloa plantagineum

Zone de rusticité 5
Canada 
: SK
Autre : É-U, Afrique du Sud, Russie, Uruguay, Argentine, Brésil, Nouvelle-Zélande, Arabie Saoudite, les Émirats Arabes- Unis  

  • Agriculture : les pâturages, chevaux, moutons Environnement : stabilité du sol, productivité, menace les espèces indigènes
  • Dégradation des pâturages, perte de rendement du bétail et cultures (ex : céréales, couts accrus de contrôle pour la contamination du foin et des semences)
  • Capacité à dominer les pâturages et à les rendre toxique pour le bétail, avec des problèmes de contrôles potentiels dus à la résistance aux herbicides.
  • Pourrait avoir un impact négatif sur la qualité du miel canadian
  • Cette espèce est hôte de quatre phytoravageurs
  • Introduction intentionnelle comme plante d'ornement ou comme culture industrielle pour la production commerciale.
  • Fourrure d'animaux domestiques
  • Semences non digérées
  • Véhicules et équipements contaminés
  • Contaminants dans le foin, la terre, le gravier ou les céréales et les semences fourragères
8. Microstegium vimineum
(Aucun nom commun francais repertorié/Japanese stiltgrass) Microstegium vimineum

Zone de rusticité 5
Canada :
absent
Autre : É-U, Inde, Népal, Chine, Japon

  • Agriculture : les zones cultivées, les plantations paysagées et le gazon en plaques
  • Environnement : les berges de cours d'eau, les terrains boisés humides, les terres stériles et les fourrés, les droits de passage des services publics, les bords de chemin, les pelouses, les terres humides, les fossés
  • Une fois établi, peut évincer la végétation herbacée indigène des terres humides et des forêts en 3 à 5 ans.
  • Perturbe la qualité des habitats de nidification des oiseaux.
  • Peut altérer les conditions naturelles du sol (par ex. pH plus élevé), créant un milieu inhospitalier pour beaucoup d'espèces indigènes.
  • Par sa croissance rapide, tapisse la couverture morte de la forêt, ce qui affecte négativement la régénération des espèces ligneuses indigènes.
  • Contaminant de graines pour oiseaux, de la terre, du matériel de pépinière et du foin
  • Matériaux d'emballage
  • Fourrure d'animaux
  • Vêtements et bottes d'humains
  • Véhicules
9. Nassella trichotoma (stipe à feuilles dentées/serrated tussock) Nassella trichotoma

Zone de rusticité 7
Canada :
absent
Autre : É-U, absent
Amérique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande

  • Agriculture : les pâturages et les pâturages libres naturels
  • Environnement : les prairies et les terrains légèrement boisés
  • Le coût de la lutte sur des terres moyennement ou très infestées en Nouvelle-Zélande a été estimé entre 98,50$ à 107,35$ par hectare. Un traitement continu doit être effectué pendant une période allant jusqu'à 22 ans avant de pouvoir s'attendre à en tirer un avantage économique.
  • Peut déloger les graminées indigènes, menaçant les savanes de chêne de Garry en voie de disparition, un écosystème du sud-ouest de la C-B.
  • Les infestations importantes de terres protégées entraînent une diminution de leur biodiversité biologique et de leur valeur esthétique.
  • Réduit le rendement des pâturages en raison de sa faible valeur nutritive et de son manque de sapidité pour le bétail, mais la plupart des pâturages du Canada sont situés en dehors de son potentiel de distribution.
  • Importation intentionnelle comme plante d'ornement (semences et plantes destinées à la plantation)
  • Contaminant de semences de graminées fourragères, du foin et de la laine brute
  • Animaux laineux vivants
10. Paspalum dilatatum (herbe de Dallis/Dallis grass)
Paspalum dilatatum

Zone de rusticité 6
Canada :
absent
Autre : É-U, Amérique du Sud, Sud de l'Europe, Afrique tropicale et Afrique du Sud, Asie, Australie, Nouvelle-Zélande, Océanie

  • Agriculture : les pommes de terre, les légumes, les pâturages, les vergers, les vignes
  • Environnement : les landes, les zones arbustives, les habitats riverains, les milieux humides d'eau douce, les marais, les pelouses, les bords de chemin, les horizons argileux compacts perturbés ou naturels
  • Considéré comme une mauvaise herbe de 14 cultures dans 28 pays.
  • Mauvaise herbe problématique des pelouses, des parcours de golf et d'autres aires gazonnées où la lutte est très difficile.
  • Étouffe les plantes à croissance lente et nuit à la régénération des espèces ligneuses indigènes.
  • Contaminant de la semence de gazon en plaques, de graines pour oiseaux et du grain
  • Introduction délibérée comme plante fourragère
11. Persicaria perfoliata (Renouée perfoliée/mile-a-minute weed) Persicaria perfoliata

Zone de rusticité 6
Canada : absent
Autre : É-U, Asie (plus important au Japon, en Corée et en Chine), Turquie, Caraïbes

  • Agriculture : les pépinières, les plantations d'arbres de Noël, les cultures fourragères
  • Environnement : les zones perturbées et riveraines
  • Social : les parcs et les terres privées
  • Surnommé le « kudzu du nord ».
  • Affecte la production d'arbres et d'arbustes (pépinières) et les plantations d'arbres de Noël.
  • Augmente les coûts de la lutte pour l'industrie du transport, les parcs et sites récréatifs, ainsi que pour les jardiniers amateurs.
  • Réduit la diversité des plantes indigènes, envahit les zones riveraines sensibles et appauvrit l'habitat faunique en tant que refuge et source alimentaire.
  • Réduit la valeur esthétique des propriétés et des aires publiques. Ses vrilles piquantes nuisent aux gens et aux animaux.
  • Semence ou plantes associés au matériel de pépinière
  • Semences contaminées (par ex. Meliosma et Ilex)
  • Foin ou paille contaminé
  • Véhicules et équipement
12. Senecio inaequidens (Séneçon du Cap/South African ragwort) Senecio inaequidens

Zone de rusticité 6
Canada :
absent
Autre : Sud de l'Afrique, Europe, Taïwan, Mexique, Argentine, Colombie

  • Agriculture : les parcours naturels, le pâturage, les vignes, le bétail, les plantes cultivées
  • Environnement : les prairies, les berges de cours d'eau, les habitats rudéraux, les lignes de chemin de fer, les bords de chemin, les ports intérieurs, les toitures-terrasses, les bacs à fleurs, les sites d'exploitation forestière, les forêts endommagées par des tempêtes, les sites industriels, les carrières abandonnées, les sites rocheux, les dunes côtières
  • Capable de modifier les paysages et d'envahir les habitats naturels tels que les dunes et les falaises.
  • Les plantes sont toxiques pour le bétail et les humains. Les alcaloïdes pyrrolizidines ont le potentiel de contaminer les produits laitiers et le miel.
  • La lutte et/ou l'éradication en Europe sont considérées comme étant difficiles et coûteuses. Les chemins de fer allemands ont signalé des conséquences économiques négatives liées à la résistance aux herbicides se chiffrant à 100 000 Euros par année.
  • Son établissement pourrait menacer la capacité du Canada à exporter des marchandises vers les É-U où il est réglementé au niveau fédéral en tant que mauvaise herbe nuisible.
  • Contaminant du foin, du grain, de la laine, des plantes d'ornement et des contenants
  • Association avec le bétail et les gens
13. Senecio madagascariensis (Séneçon de Madagascar/Madagascar ragwort) Séneçon de Madagascar

Zone de rusticité 8
Canada : absent
Autre : Afrique du Sud, Madagascar, Réunion, Maurice, Argentine, Colombie, Australie, Japon

  • Agriculture : les pâturages, les grands pâturages libres, les terres cultivées
  • Environnement : les cours privées, les champs, les bords de chemin, les terres perturbées, les plaines littorales
  • Puissant compétiteur des espèces fourragères désirables, réduisant la productivité pastorale.
  • Toxique pour la volaille, les porcs, les bovins et les chevaux.
  • Les coûts imputables à l'utilisation d'herbicides et aux effets toxiques sur les bovins ont été estimés être de 11 millions de dollars il y a dix ans en Australie (lors d'années non touchées par la sécheresse).
  • Son introduction pourrait menacer la capacité du Canada à exporter des marchandises vers les É-U où il est réglementé au niveau fédéral en tant que mauvaise herbe nuisible.
  • Effets négatifs sur la biodiversité en entrant en compétition avec la végétation indigène telle que les graminées et les plantes à croissance lente.
  • Les modifications de la composition de la végétation d'une région pourraient favoriser l'érosion du sol.
  • Contaminant de semence.
  • Association avec les randonneurs et leurs effets
14. Solanum elaeagnifolium (morelle jaune/silverleaf nightshade) morelle jaune

Zone de rusticité 5
Canada : absent
Autre : É-U, Mexique, Amérique du Sud, Australie, Inde, Afrique du Sud, bassin méditerranéen

  • Agriculture : les céréales (le blé, le sorgho, le maïs), le soja, la luzerne, les légumes, les raisins, certains arbres fruitiers, les pâturages cultivés, les parcs à bétail
  • Environnement : les zones perturbées, les bords de chemin, les chemins de fer, les berges de fleuve et de canaux, les chantiers de construction, les terrains vagues
  • Considéré comme l'une des « pires mauvaises herbes de l'ouest ».”
  • La mauvaise herbe diminue le rendement et réduit la qualité et la vente lorsqu'elle est trouvée dans des produits récoltés.
  • On dit qu'au Maroc, la valeur des champs infestés diminuait de 25%, tandis qu'aux É-U, des fermes entières ont été abandonnées.
  • Le coût agricole total moyen par ferme pour cette mauvaise herbe dans la ceinture de blé de Victoria en Nouvelle-Galles du Sud et en Australie-Méridionale était estimé à 1 730$ (dollars australiens) par année pour la lutte et à 7 786$ (dollars australiens) par année pour les pertes de production.
  • Peut remplacer la végétation indigène dans les grands pâturages libres en surpâturage.
  • Perte de valeur des terres agricoles infestées par la mauvaise herbe.
  • Contaminant de la semence de fourrage et de culture (le maïs), du foin et de la paille
  • Le bétail et le fumier
  • Véhicules et machinerie agricole
  • Matériel de pépinière avec terre
  • Dispersion naturelle possible
15. Zygophyllum fabago (fabagelle/Syrian bean-caper)
fabagelle

Zone de rusticité 5
Canada :
absent
Autre : É-U, Asie, Europe, Australie

  • Agriculture : les grands pâturages libres
  • Environnement : les bords de chemin, les parcs à bétail, les carrières de gravier
  • Considéré comme l'une des « pires mauvaises herbes de l'ouest ».
  • Peut dominer la végétation indigène dans les habitats secs.
  • Formes des masses denses qui déplacent les espèces bénéfiques dans les grands pâturages libres.
  • La lutte aux herbicides est difficile en raison de la surface cireuse de ses feuilles et de son système radiculaire étendu.
  • Toxique pour le bétail, alors les infestations diminuent le fourrage disponible.
  • Importation intentionnelle pour la plantation (comme plantes destinées à être plantées et comme semence)
  • Semence de luzerne contaminée
  • Véhicules

Notes de tableau

Note de tableau 1

Une zone de rusticité est une région définie géographiquement en fonction des conditions climatiques moyennes dans laquelle certains types de plantes sont capables de croître. Plus le chiffre de la zone est élevé, plus le climat est clément (adapté de l'Atlas du Canada – Zones de rusticité des plantes).

Retour à la première référence de la note de tableau 1

Avant-propos

En vertu de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), l'analyse du risque phytosanitaire comprend trois étapes : Initiation, analyse du risque phytosanitaire (ARP) et gestion du risque phytosanitaire. L'initiation du processus d'ARP comprend l'identification du parasite et des voies d'entrées et la définition de la zone d'ARP. L'évaluation des risques phytosanitaires fournit les fondements scientifiques pour une gestion globale des risques. La gestion des risques phytosanitaires est le processus consistant à déterminer et à évaluer les mesures d'atténuation pouvant être prises pour réduire les risques posés par le ravageur en cause à des niveaux acceptables et à sélectionner les mesures adéquates.

Le Document de gestion du risque (DGR) comprend un sommaire des résultats d'une évaluation des risques phytosanitaires et présente le processus de gestion des risques phytosanitaires suivi pour traiter du problème en cause. Il cadre avec les principes, la terminologie et les lignes directrices défendues dans les normes de la CIPV en matière d'analyse des risques phytosanitaires.

1.0 Objectif

Ce document présente la décision finale relative à la gestion du risque concernant la régulation comme ravageurs des plantes phytoravageurs suivantes :

Nota : Dans le contexte de ce document, les mauvaises herbes répertoriées désignent la liste des plantes répertoriées ci-dessus.

2.0 Portée

Ce document de gestion du risque (DGR) résume la décision de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) de réglementer les mauvaises herbes répertoriées dans ce document comme organismes nuisibles au Canada.

Les informations relatives aux exigences en vigueur régissant l'importation de végétaux ou de leurs produits peuvent être obtenues du Système automatisé de référence à l'importation (SARI) de l'ACIA.

Considérations supplémentaires:

3.0 Définitions

Les définitions des termes utilisés dans le présent document se trouvent dans le Glossaire des termes utilisés en protection des végétaux ou dans le Glossaire de la protection des végétaux de termes phytosanitaires de la CIPV.

4.0 Historique

Nota : Il est reconnu que le risque posé par les espèces envahissantes au Canada est un risque partagé et donc une responsabilité partagée entre les instances gouvernementales et les parties prenantes. Une fois qu'une plante envahissante est déterminée comme étant un parasite et qu'elle a été introduite au Canada, l'ACIA élabore et applique des mesures réglementaires nationales visant à atténuer les risques associés à ces espèces végétales. L'approche de l'ACIA en ce qui a trait à la réglementation nationale est fondée sur les principes suivants: L'information scientifique la plus récente est utilisée durant l'analyse du risque, partage de responsabilité et partenariats avec les provinces et les intervenants de l'industrie, la consultation et révision régulière.

5.0 Résumé des évaluations des risques phytosanitaires

L'ACIA a procédé à une évaluation du risque phytosanitaire de chacune des espèces répertoriées dans ce document. Le tableau 2 : Évaluations du risque des mauvaises herbes par espèces, référence chacune des évaluations dans les annexes ci-dessous.

Table 2 : Évaluations du risque des mauvaises herbes par espèces
Nom scientifique Nom commun Nom du document et référence
Aegilops cylindricaÉgilope cylindriqueAnnexe 1A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Aegilops cylindrica (éligope cylindrique)
Alopecurus myosuroidesVulpin des champsAnnexe 2A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Alopecurus myosuroides (vulpin des champs)
Centaurea ibericaCentaurée ibériqueAnnexe 3A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Centaurea iberica (Centaurée ibérique)
Centaurea solstitialisCentaurée du solstice Annexe 4A: Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Centaurea solstitialis (Centaurée du solstice)
Crupina vulgarisCrupine vulgaire Annexe 5A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Crupina vulgaris (crupine vulgaire)
Dioscorea polystachyaIgname de Chine Annexe 6A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Dioscorea polystachya (Igname de Chine)
Echium plantagineumVipérine à feuilles de plantain Annexe 7A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Echium plantagineum (Vipérine à feuilles de plantain)
Microstegium vimineumAucun répertorié Annexe 8A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Microstegium vimineum
Nassella trichotomaStipe à feuilles dentées Annexe 9A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Nassella trichotoma (stipe à feuilles dentées)
Paspalum dilatatumHerbe de Dallis Annexe 10A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Paspalum dilatatum (Herbe de Dallis)
Persicaria perfoliata Renouée perfoliéeAnnexe 11A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Persicaria perfoliata (renouée perfoliée)
Senecio inaequidensSéneçon du capAnnexe 12A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Senecio inaequidens (séneçon du cap)
Senecio madagascariensisSéneçon de MadagascarAnnexe 13A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Senecio madagascariensis (Séneçon de Madagascar)
Solanum elaeagnifoliumMorelle jauneAnnexe 14A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Solanum elaeagnifolium (morelle jaune)
Zygophyllum fabagoFabagelleAnnexe 15A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Zygophyllum fabago (Fabagelle)

6.0 Considérations sur la gestion du risque

6.1 Introduction

Le document sur la gestion du risque résume le raisonnement dans la détermination du statut réglementaire de la plante. Y sont présentées les exigences phytosanitaires domestique et à l'importation pouvant s'appliquer aux marchandises commercialisées. Une commodité peut être la plante elle-même (introduction intentionnelle) ou un produit contaminé par la plante (introduction involontaire).

6.2 Obligations internationales, priorités du Gouvernement du Canada et objectifs de l'ACIA

L'ACIA joue un rôle important dans la protection des ressources végétales du Canada contre les ravageurs et les maladies. Les objectifs du Programme de la protection des végétaux à l'ACIA sont : 1) prévenir l'introduction et la dispersion au Canada de phytoravageurs justiciables de quarantaine, y compris les plantes envahissantes; 2) détecter et combattre ou éradiquer les phytoravageurs désignés au Canada; 3) certifier les végétaux et les produits végétaux destinés au commerce intérieur et à l'exportation.

Le Canada est signataire de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV). Le Canada est également membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La CIPV est formellement identifiée, dans l'Accord sanitaire et phytosanitaire de l'OMC, comme étant l'organisation en charge de déterminer les normes internationales des mesures phytosanitaires. La CIPV est un traité international qui garantit les actions visant à prévenir la propagation et l'introduction des ravageurs des plantes et des produits végétaux (incluant les plantes en tant que ravageurs), ainsi qu'à promouvoir des mesures de lutte adéquates contre ceux-ci.

L'ACIA est l'organisation nationale officielle de la protection des végétaux responsable de la mise en place des normes de la CIPV au Canada et de l'administration de la Loi sur la protection des végétaux, le Règlement sur la protection des végétaux l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes et de la Loi sur les semences. La Loi sur la protection des végétaux fournit l'assise législative nécessaire pour prévenir l'importation, l'exportation et la dissémination d'ennemis de plantes, appliquer des méthodes de lutte et d'éradication et pour émission de certificats.

En 1996, en tant que signataire de la Convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations Unies, le Canada a développé sa propre Stratégie sur la biodiversité dans laquelle il reconnaît le besoin de conserver la diversité biologique et de promouvoir l'utilisation durable des ressources biologiques par la réglementation, des incitatifs, un degré accru de compréhension, et autres moyens. En tant que signataire de ces instruments nationaux et internationaux, le Canada est étroitement engagé à réagir aux impacts néfastes des plantes envahissantes.

En outre, en septembre 2004, le Canada a lancé la Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes visant à limiter le risque posé par des espèces exotiques envahissantes (EEE) à l'environnement, à l'économie et à la société, et à protéger les valeurs environnementales telles la biodiversité et la durabilité. L'ACIA joueun rôle de chef de file dans la mise en œuvre de la Stratégie sur les EEE à l'échelle nationale, en ce qui a trait aux plantes envahissantes et aux phytoravageurs.

Le tableau 3 : Considérations sur la gestion du risque par espèce donne les références des annexes pour chaque considération sur la gestion du risque :

Tableau 3 : Considérations sur la gestion du risque par espèce
Nom scientifique Nom commun Nom du document et reference
Aegilops cylindricaÉgilope cylindriqueAnnexe 1B : Considérations sur la gestion du risque pour Aegilops cylindrica (égilope cylindrique)
Alopecurus myosuroidesVulpin des champsAnnexe 2B : Considérations sur la gestion du risque pour Alopecurus myosuroides (Vulpin des champs)
Centaurea ibericaCentaurée ibériqueAnnexe 3B : Considérations sur la gestion des risques for Centaurea iberica (Centaurée ibérique)
Centaurea solstitialisCentaurée du solsticAnnexe 4B : Considérations sur la gestion des risques pour Centaurea solstitialis (Centaurée du solstice)
Crupina vulgaris Crupine vulgaire Annexe 5B : Considérations sur la gestion des risques pour Crupina vulgaris (crupine vulgaire)
Dioscorea polystachyaIgname de Chine Annexe 6B : Considérations sur la gestion des risques for Dioscorea polystachya (Igname de Chine)
Echium plantagineumVipérine faux-plantain Annexe 7B : Considérations sur la gestion des risques pour Echium plantagineum (Vipérine à feuille de plantain)
Microstegium vimineumPas de nom en français connu Annexe 8B : Considérations sur la gestion du risque pour Microstegium vimineum
Nassella trichotomaStipe à feuilles dentées Annexe 9B : Considérations sur la gestion des risques pour Nassella trichotoma (stipe à feuilles dentées)
Paspalum dilatatumHerbe de Dallis Annexe 10B : Considérations sur la gestion des risques pour Paspalum dilatatum (Herbe de Dallis)
Persicaria perfoliataRenouée perfoliéeAnnexe 11B : Considérations sur la gestion des risques pour Persicaria perfoliata (Renouée perfoliée)
Senecio inaequidens DC.Séneçon du CapAnnexe 12B : Considérations sur la gestion du risque pour Senecio inaequidens (séneçon du cap)
Senecio madagascariensis.Séneçon de MadagascarAnnexe 13B : Considérations sur la gestion du risque associé à Senecio madagascariensis (Séneçon de Madagascar)
Solanum elaeagnifoliumMorelle jaune.Annexe 14B : Considérations sur la gestion du risque associé à Solanum elaeagnifolium (Morelle jaune)
Zygophyllum fabagoFabagelleAnnexe 15B : Considérations sur la gestion du risque associé à Zygophyllum fabago (Fabagelle)

7.0 Options de gestion des risques phytosanitaires

Le tableau 4 résume les options de gestion du risque relatives à chaque phytoravageur, et le tableau 5 présente les avantages et les inconvénients pour chaque décision de gestion du risque.

Table 4 : Options de gestion du risque relatives à chaque phytoravageur

Aegilops cylindrica
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Alopecurus myosuroides
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Option 3XX
Centaurea iberica
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Option 3XX
Centaurea solstitialis
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Crupina vulgaris
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Dioscorea polystachya
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XXInterdire l'importation à la fois des plantes et des parties végétales destinées à la propagation ET à un usage alimentaire ou médicinal.
Option 2XXInterdire l'importation des plantes et des parties végétales destinées à la propagation ET NON de celles destinées à un usage alimentaire ou médicinal.
Option 3XX
Echium plantagineum
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2X

Interdiction sauf pour la recherche et les essais sur le terrain

Option 3

Provisoirement autorisé pour l'utilisation agricole dans le secteur industriel

Option 4

Provisoirement autorisé pour l'utilisation agricole dans le secteur industriel avec la supervision d'un organisme provincial et l'ACIA

Microstegium vimineum
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Option 3XX
Nassella trichotoma
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Paspalum dilatatum
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Option 3XX
Persicaria perfoliata
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée) XX
Option 2XX
Option 3 (recommandée)XX
Option 4XX
Senecio inaequidens
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Option 3XX
Senecio madagascariensis
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Option 3XX
Solanum elaeagnifolium
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée)XX
Option 2XX
Option 3XX
Zygophyllum fabago
Options Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement Ne pas ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés Ne pas ajouter le phytoravageur à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Autre alternative spécifique à cette option
Option 1 (recommandée) XX
Option 2XX
Option 3XX
Tableau 5 : Avantages et inconvénients pour chaque décision de la gestion des risques
Décision de la gestion des risques Avantages Inconvénients

Ajouter le phytoravageur à la Liste des parasites réglementés par le Canada et le réglementer en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de son règlement d'application

Ajouter le phytoravageur ou continuer à le réglementer en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences et de son Règlement

  • Contrôle de toutes les principales voies d'entrée.
  • Protection des valeurs à risque.
  • Autorité de réagir aux incursions en mettant en place des mesures de lutte officielle.
  • Protection accrue des écosystèmes naturels.
  • Coûts potentiels que devra assumer le propriétaire du produit non conforme dans le pays exportateur.
  • Coûts et répercussions potentiels sur les partenaires et les relations commerciales.
  • L'ACIA aura besoin de ressources pour la vérification, la surveillance, la formation des inspecteurs, le matériel de communication et l'échantillonnage.
  • L'ACIA aura besoin de ressources pour l'application de la réglementation si une non-conformité est relevée.
  • Si les plantes figurant au tableau 1 sont trouvées au Canada, l'ACIA aura besoin de ressources pour administrer et faire appliquer un contrôle officiel (éradication ou mesures de contingentement).
  • Coûts possibles qu'assumeraient les entreprises et les citoyens suite à cette réglementation qui pourrait avoir des effets sur le commerce ainsi que les mesures officielles prises pour le contrôle de toute infestation, comme il est spécifié dans la Loi sur la protection des végétaux.
Ne pas ajouter à la Liste des parasites réglementés

Ne pas ajouter à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes

  • Aucun coût supplémentaire pour l'ACI.
  • Aucune exigence supplémentaire aux personnes ou compagnies exportant vers le Canada.
  • Pas d'impact supplémentaire pour les producteurs and l'industrie local.
  • Aucun pouvoir de refuser l'entrée de plants destinés à la plantation des plantes figurant au tableau 1.
  • Aucune mesures d'atténuation du risques requises pour les marchandises contaminées avec par les plantes figurant au tableau 1.
  • Aucun pouvoir de mettre en œuvre des mesures de lutte officielle à l'encontre de populations introduites ou établies.
  • Aucune amélioration de la protection des écosystèmes naturels en réponse à la menace que représentent les plantes figurant au tableau 1.

Interdire l'importation à la fois des plantes et des parties végétales destinées à la propagation et à un usage alimentaire ou médicinal.

Interdire l'importation des plantes et des parties végétales destinées à la propagation et non de celles destinées à un usage alimentaire ou médicinal.

  • Contrôle de toutes les principales voies d'entrée.
  • Autorité de répondre aux incursions en mettant en place des mesures de lutte officielle.
  • Protection accrue des écosystèmes.
  • Contrôle de toutes les principales voies d'entrée.
  • Autorité de répondre aux incursions en mettant en place des mesures de lutte officielle.
  • Protection accrue des écosystèmes naturels.
  • Les plantes et les parties végétales destinées à la consommation ou à un usage médicinal pourraient être importées.
  • Coûts potentiels que devra assumer le propriétaire du produit non conforme dans le pays exportateur.
  • Coûts et répercussions potentiels sur les partenaires et les relations commerciales.
  • L'ACIA aura besoin de ressources pour la vérification, la surveillance, la formation des inspecteurs, le matériel de communication et l'échantillonnage.
  • L'ACIA aura besoin de ressources pour l'application de la réglementation si une non-conformité est relevée.
  • Si les plantes figurant au tableau 1 sont trouvées au Canada, l'ACIA aura besoin de ressources pour administrer et faire appliquer un contrôle officiel (éradication ou mesures de contingentement).
  • Coûts possibles qu'assumeraient les entreprises et les citoyens suite à cette réglementation qui pourrait avoir des effets sur le commerce ainsi que les mesures officielles prises pour le contrôle de toute infestation, comme il est spécifié dans la Loi sur la protection des végétaux.

8.0 Décision sur la gestion des risques

Après une consultation auprès des intervenants et la révision de l'information et des commentaires reçus, l'ACIA annonce sa décision de règlementer les mauvaises herbes répertoriées dans ce DGR en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. En vertu du Règlement sur la protection des végétaux, les matériaux importés doivent être exempts d'espèces sur la Liste des parasites réglementés par le Canada.

9.0 Références

Annexe 1A: Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Aegilops cylindrica (éligope cylindrique)

Identité de l'organisme

Nom : Aegilops cylindrica Host (1802), famille des Poacées

Synonyme(S) : Triticum cylindricum (Host) (1869), Cylindropyrum cylindricum (Host) (1982), Aegilops caudata

Noms communs Français: Égilope cylindrique (CFIA 2008)

Noms communs Anglais : Jointed goat grass (Darbyshire 2003), jointed goat grass (Randall 2002)

Nota taxonomique :  La taxonomie de la tribu des Triticées est notoirement difficile et instable (Gould et Shaw, 1983). En raison des similitudes de l'espèce avec le blé, certains auteurs l'ont renommé l'égilope cylindrique Triticum cylindricum (Host) (Gould et Shaw, 1983; Donald et Ogg, 1991), même si le nom accepté actuellement est Aegilops cylindrica Host (p. ex., Tutin et al. 1980; Tsvelev 1984; USDA-ARS 2006). Donald et Ogg (1991) décrivent le genre Aegilops comme distribué à l'échelle mondiale et comportant au moins 23 espèces. Holm et al. (1991) signalent Aegilops cylindrica comme une mauvaise herbe aux États-Unis et en Turquie, et d'autres espèces du genre Aegilops comme mauvaises herbes au Maroc, au Portugal, en Iran, en Jordanie et en Israël. Donald et Ogg (1991) font observer que deux variétés (ou sous-espèces) d'Aegilops cylindrica sont reconnues par certains auteurs (Aegilops cylindrica var. cylindrica et var. rubiginosa), et Tsvelev (1984) en répertorient trois autres (var. pauciaristata, var. aristulate et var. prokhanovii), toutes distinguées sur la base des différences morphologiques des glumes et des épillets. La plupart des études échouent à décrire les variétés qui sont étudiées et on ignore si elles diffèrent dans leur sensibilité aux mécanismes de lutte (Donald et Ogg, 1991).

Description : Aegilops cylindrica est une graminée d'hiver annuelle d'apparence fort semblable au blé d'hiver (Wicks et al. 2004). Les plantes individuelles comportent jusqu'à 50 tiges florissantes dressées (Donald et Ogg, 1991). L'appareil radiculaire de la plante est peu profond et fibreux. Les feuilles sont alternes et de 2 à 5 mm de large, et varient entre 3 et 15 cm de long (Barkworth, 2006). Les feuilles sont glabres ou ont des poils épars (Tutin et al. 1980) et les poils sont espacés également le long de la marge du limbe des feuilles (NJGRP 2006). La panicule ou épi constitue un cylindre étroit de 5 à 10 cm de long aux épillets alternes sur les côtés opposés de l'axe principal de l'épi. Les épillets ont de 8 à 10 mm de long et contiennent de deux à quatre florules chacun. Les glumes dans la partie inférieure des épillets n'ont pas de barbes ou en ont une seule. Les glumes des épillets apicaux ont de longues barbes (de 3,0 à 9,0 cm). Chaque épillet contient en moyenne deux semences (Hitchcock 1950; Donald et Ogg 1991; Lyon et al. 1995-2000; Barkworth 2006).

Les semences de l'espèce constituent des caryopses d'une couleur allant du rougeâtre au brun. Ils ont de 6,5 à 9 mm de long et 2 mm de large et sont rainurés. Le lemme et la paléa adhèrent à la semence. Les plantes d'Aegilops cylindrica peuvent produire en moyenne 130 semences, et jusqu' à 3000 dans des conditions optimales (Donald et Ogg, 1991).

À maturité, certaines sélections d'Aegilops cylindrica peuvent être distinguées du blé d'hiver par les épis violacés (Donald et Ogg, 1991). Les épis d'Aegilops cylindrica sont aussi beaucoup plus étroits et plus cylindriques que ceux du blé. Au champ ou dans les lots de semences récoltées, les épis désarticulés d'Aegilops cylindrica sont parfois pris pour de petits morceaux de paille de blé (Donald et Ogg, 1991).

Statut de l'organisme

La première présence d'Aegilops cylindrica au Canada était vraisemblablement celle d'une petite population non persistante située à New Westminster, en Colombie-Britannique, en 1997 (Haber, 2006). En 2002, il y a eu quatre signalements non confirmés d'Aegilops cylindrica, présente dans des envois de blé roux de printemps de l'Ouest canadien à destination du Mexique.

En 2006, une petite population de l'espèce a été découverte dans la municipalité régionale de Niagara, en Ontario. Une petite population satellite a été découverte à environ 2,5 km de là en 2007. En 2009, l'ACIA a pris des mesures de lutte préventive pour juguler l'éventuelle propagation des deux populations en cause.

Dans le cadre du programme de surveillance des importations de l'ACIA, Aegilops cylindrica a été découverte dans huit échantillons de grains de blé et d'orge importés des États-Unis en 2008 et destinés aux minoteries de la Colombie-Britannique.

Statut réglementaire actuel

En 2005, l'ACIA a ajouté Aegilops cylindrica à l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes pris en vertu de la Loi sur les semences et du Règlement sur les semences, comme mauvaise herbe nuisible interdite de classe 1, interdisant le transport de la plante comme semence ou comme contaminant des semences destinées à la plantation.

À l'échelle provinciale, Aegilops cylindrica figure sur la Liste provinciale des mauvaises herbes (disponible en anglais seulement) en Colombie-Britannique, en vertu de la Loi sur la lutte contre les mauvaises herbes de la Colombie-Britannique. La province de Saskatchewan a procédé à une consultation sur la révision de sa Loi sur les mauvaises herbes nuisibles au début de 2009, et aussi à l'addition d'Aegilops cylindrica à une liste des mauvaises herbes nuisibles interdites.

Aux États-Unis, Aegilops cylindrica ne figure pas sur la Liste des mauvaises herbes nuisibles de ressort fédéral de l'USDA, mais elle est réglementée en Arizona, en Californie, au Colorado, en Idaho, au Nouveau-Mexique, en Oregon et dans l'État de Washington (USDA, NRCS, 2006).

Probabilité d'introduction

La voie d'introduction la plus probable pour Aegilops cylindrica au Canada réside dans l'expansion générale de la zone de distribution de la mauvaise herbe à partir d'États infestés qui partagent une frontière avec le Canada. L'expansion générale de la zone de distribution constitue un risque en raison du fait qu'Aegilops cylindrica est présente dans des comtés adjacents à la frontière canadienne, notamment ceux de l'État de Washington, de l'Idaho, du Montana et de l'État de New York (Figure 1). Les semences d'Aegilops cylindrica flottent et peuvent être dispersées par les eaux de ruissellement dans les champs agricoles. Toutefois, les épillets sont gros et peu susceptibles d'être déplacés sur de grandes distances par le vent. On a laissé entendre que les semences d'Aegilops cylindrica peuvent être dispersées par les oiseaux et les mammifères, après ingestion. Toutefois, la question n'est pas claire de savoir si les semences restent viables après avoir traversé le tube digestif chez les animaux autres que les bovins (WSU Extension 2007).

La présence d'Aegilops cylindrica dans huit envois distincts de blé et d'orge en provenance des États-Unis et destinés à la mouture et au maltage en 2008 fournit la preuve que l'importation de grains destinés à la consommation constitue aussi une voie d'introduction viable pour cette espèce. Si les grains importés en vue d'une consommation éventuelle sont contaminés par Aegilops cylindrica, il est possible que certaines semences entrent dans des environnements propices et s'y établissent (Tableau 6). Parmi les exemples d'une telle introduction, on compte le « déversement » le long des lignes ferroviaires ou la dispersion des semences viables par le bétail qui consomme des grains contaminés.

L'inscription d'Aegilops cylindrica comme mauvaise herbe nuisible interdite de classe 1 dans l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes en 2005 constitue une mesure d'atténuation du risque suffisante pour empêcher les nouvelles incursions de l'espèce par la voie des semences destinées à la plantation. Les semences qui contiennent des semences de mauvaises herbes nuisibles interdites ne peuvent être vendues, offertes en vente ou importées au Canada.

Figure 1 : Distribution d'Aegilops cylindrica (égilope cylindrique) en Amérique du Nord

Nota : Les zones blanches indiquent les régions où la mauvaise herbe est absente.

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette carte des États Unis et du Canada montre la répartition de l'Aegilops cylindrica (l'égilope cylindrique) en vert. Près de 80% du territoire des États-Unis est recouvert de vert, dont la majorité est située dans la moitié ouest.

Source : USDA, NRCS 2009 Note de bas de page 1.

Tableau 6 : Résumé des voies d'entrée d'Aegilops cylindrica (égilope cylindrique)
Type d'introduction potentielle Voies d'introduction précises Description
Voies de dispersion naturellesVentAegilops cylindrica se reproduit seulement par les semences, qui ne sont pas adaptées à une dispersion sur de longues distances.
EauLes semences flottent et seront dispersées par les eaux de ruissellement dans les champs agricoles.
OiseauxLa question n'est pas claire de savoir si les semences peuvent rester viables après être passées dans le tube digestif des oiseaux.
Animaux (externe ou interne)Aegilops cylindrica n'a pas de capacité adaptative évidente pour cette sorte de dispersion.
Voies d'introduction intentionnellesLes semences Interdite en vertu de la Loi sur les semences et du Règlement sur les semences .
Végétaux destinés à la plantation (sauf les semences)Aucune n'a été relevée.
Grandes cultures non destinées à la multiplicationAucune n'a été relevée.
Arrangements et branches décoratifsAucune n'a été relevée.
Voies d'introduction non intentionnellesGrandes cultures non destinées à la multiplicationAegilops cylindrica pourrait entrer au Canada comme contaminant des grains à partir de régions où Aegilops cylindrica est établie. Aegilops cylindrica est principalement un problème des cultures céréalières, particulièrement du blé d'hiver.
Les semencesAegilops cylindrica est une mauvaise herbe nuisible interdite de classe 1 dans l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de 2005 (Loi sur les semences), ce qui constitue une mesure d'atténuation du risque suffisante.
Foin et pailleLa paille provenant des États-Unist est utilisée comme litière du bétail ou comme matériel d'emballage pourrait contenir des semences d'Aegilops cylindrica.
FumierAucune n'a été relevée.
BétailOn peut s'attendre à ce que les semences de l'espèce conservent une grande viabilité et produisent des semis même après être passées par le tube digestif des bovins.
Laine brute et peaux brutesAegilops cylindrica n'a pas de capacité adaptative évidente pour cette sorte de dispersion.
Véhicules motorisés

Les moissonneurs-batteurs suivent typiquement le blé d'hiver vers le nord lorsqu'ils récolent, même en traversant la frontière canado-américaine, ce qui constitue un mécanisme potentiel pour la dissémination d'Aegilops cylindrica au Canada.
Les remorques agricoles sont couramment utilisées à toutes sortes de fins, y compris le voiturage de semences, de fertilisants et de grains récoltés, ce qui peut conduire à une contamination et à une dissémination.

Matériel de pépinière avec terreAucune n'a été relevée.
Équipement récréatif usagé et vêtements (sauf les véhicules motorisés)Aucune n'a été relevée.

La section Sciences et technologies des semences du Laboratoire sur les semences de l'ACIA à Saskatoon analyse les échantillons soumis de semences canadiennes et importés en vue d'y rechercher des contaminants, et ne répertorie aucun signalement selon lequel Aegilops cylindrica aurait été trouvée dans les semences échantillonnées.

Le degré de risque associé aux importations de foin et de paille au Canada est relativement élevé lorsque les marchandises en question proviennent de régions où Aegilops cylindrica est établie et lorsque Aegilops cylindrica arrive à grenaison dans les cultures de foin.

Parmi les autres voies d'introduction potentielles considérées comme moins importantes, on compte le déplacement du bétail ayant ingéré des semences au-delà de la frontière et la machinerie agricole usagée potentiellement contaminée avec de la terre susceptible de comporter des semences d'Aegilops cylindrica.

Probabilité d'établissement

Aegilops cylindrica pourrait envahir les cultures, les pâturages et les régions perturbés jusqu'à la zone canadienne de rusticité des plantes numéro 2b, qui comprend la plupart des terres agricoles au Canada (Figure 2). Dans cette zone de distribution, cet espèce est le plus susceptible de devenir une mauvaise herbe importante dans les zones de production de blé d'hiver. Ces zones comprennent le sud de l'Ontario et le sud des provinces des Prairies, où la majorité du blé d'hiver canadien est semé.

Probabilité de propagation

Bien que sa production de semences soit modérée, Aegilops cylindrica pourrait facilement se disséminer par la voie de mécanismes de dispersion autant naturels que conçus par l'homme, si l'espèce était introduite au Canada.

En raison de ses similitudes biologiques et physiques avec le blé d'hiver, Aegilops cylindrica est difficile à retirer des voies de dispersion. Les épillets d'Aegilops cylindrica mesurent environ de 8 à 10 mm de long et peuvent être difficiles à séparer des semences de blé, qui mesurent typiquement de 5 à 7 mm (Donald et Ogg, 1991).

Figure 2 : Aire potentielle de répartition d'Aegilops cylindrica (égilope cylindrique) au Canada

Nota : Les zones ombragées montrent les zones 2b et supérieures, selon la carte des zones de rusticité des plantes du Canada.

Figure 2. Description ci-dessous.
Description pour la figure 2 :

Cette image montre la répartition possible de l'égilope cylindrique au Canada. Sur cette image de la carte du Canada, la région du bas est colorée en diverses nuances de noir et de gris représentant la zone de rusticité 2b et les zones supérieures, selon la carte des zones de rusticité des plantes au Canada.

Source: (RNC 2000)

Il y a aussi risque d'hybridation d'Aegilops cylindrica ave le blé et avec d'autres espèces étroitement apparentées. L'hybridation d'Aegilops cylindrica avec d'autres espèces pourrait augmenter le pouvoir envahissant de la plante. Le transfert de caractères de résistance aux herbicides du blé à Aegilops cylindrica a été déjà attesté aux États-Unis (S. Darbyshire, 2006, communication personnelle).

Conséquences économiques potentielles

Aux États-Unis, les pertes de rendement et de qualité des cultures de blé d'hiver attribuables à Aegilops cylindrica sont évaluées à 150 millions de dollars par année (Mallory-Smith, 2001). Les réductions de rendement dépendent d'une gamme de facteurs, notamment des précipitations, de l'humidité du sol et de la gravité des infestations précédentes. Les expériences au champ dans l'État de Washington, par exemple, ont montré que la présence d'une première infestation d'une à cinq plantes par mètre carré avait conduit à une perte de 3% à 30% du rendement l'année suivante (Young et al. 2000). Cette mauvaise herbe peut aussi entraîner des pertes de pureté dans le blé. Pour les variétés de blé d'hiver qui ne résistent pas aux herbicides, les coûts de la lutte contre Aegilops cylindrica sont le plus souvent indirects, attribuables qu'ils sont au manque de choix pour les options de lutte. La présence d'Aegilops cylindrica dans des semences canadiennes pourrait avoir des répercussions défavorables sur le commerce au sein du Canada de même que sur le commerce avec le Mexique, avec certains États américains, avec l'Australie (même s'il s'agit d'un pays qui est surtout exportateur de blé), avec la Chine et peut-être avec d'autres pays.

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Aegilops cylindrica est principalement une mauvaise herbe agricole, plutôt qu'une mauvaise herbe environnementale, et ses grands impacts environnementaux nuisent surtout aux pratiques agricoles durables. La présence d'Aegilops cylindrica peut décourager la culture du blé d'hiver, qui constitue une culture relativement amicale pour l'environnement, étant donné qu'elle constitue une composante importante des méthodes de travail réduit et qu'elle fournit une aire de nidification au gibier d'eau (Hamill 2005).

Conclusion

D'autres mesures phytosanitaires peuvent être requises pour empêcher Aegilops cylindrica de s'introduire davantage au Canada et pour en prévenir l'établissement et la dissémination. L'éradication et la surveillance ultérieure des populations de la municipalité régionale de Niagara devraient être considérées comme hautement prioritaires, ainsi d'ailleurs que les enquêtes dans cette région à risque élevé et dans d'autres régions potentielles à risque élevé, particulièrement là où on cultive le blé d'hiver, en bordure des lignes ferroviaires et le long de la frontière canado-américaine. La prévention d'autres introductions au Canada devrait être effectuée au moyen d'activités comme l'éducation du public, l'interdiction de faire entrer au Canada de l'équipement agricole contaminé, des véhicules et de la paille, et peut-être au moyen d'inspections des wagons à grains. La lutte précoce contre Aegilops cylindrica, si elle s'introduisait au Canada, empêcherait les conséquences économiques et environnementales défavorables de l'espèce pour le Canada. Par conséquent, il est recommandé d'inclure Aegilops cylindrica dans la Liste des parasites réglementés par le Canada

Annexe 1B : Considérations sur la gestion du risque pour Aegilops cylindrica (égilope cylindrique)

Programmes actuels

Aux États-Unis, le Programme national de recherche sur l'égilope cylindrique (disponible en anglais seulement) a été établi en 1994 pour guider, partout aux États-Unis, la recherche visant à élaborer des systèmes de gestion fondés sur les tactiques culturelles et les dynamiques démographiques.

Le gouvernement de l'Alberta, Développement agricole et rural, administre le Programme du foin certifié exempt de mauvaises herbes d'Alberta. L'objectif du programme est de fournir un produit de première qualité reconnu comme commercialisable et transportable, afin d'empêcher la dissémination de mauvaises herbes restreintes et nuisibles et de protéger les terres publiques et privées des espèces de plantes envahissantes non indigènes. Aegilops cylindrica est inscrite sur la « Liste des mauvaises herbes désignées et des espèces végétales indésirables ». Actuellement, ce programme est le seul programme en matière de fourrage exempt de mauvaises herbes au Canada.

Enquêtes de détection au Canada

Aegilops cylindrica n'est pas connue pour être présente au Canada en dehors des incursions locales dans la municipalité régionale de Niagara, en Ontario (ACIA 2007). Des enquêtes de terrain surAegilops cylindrica portaient sur les points éventuels d'entrée comme les cours de triage, les ports, les élévateurs à grains, les habitats urbains perturbés et les zones agricoles. Aegilops cylindrica n'a été constatée dans aucun des endroits ayant fait l'objet d'une enquête en Ontario ou dans d'autres endroits au Canada.

Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) effectue des enquêtes sur les mauvaises herbes dans les provinces des Prairies depuis les années 1970 (Thomas et Leeson, 2007). Toutes les espèces de mauvaises herbes aperçues dans ces enquêtes sont signalées et documentées. Aegilops cylindrica était comprise dans cette enquête générale et n'a pas été décelée (J. Leeson, communication personnelle, juin 2009). Un inventaire des mauvaises herbes du Canada, publié par Darbyshire en 2002, faisait aussi état du fait qu'Aegilops cylindrica n'était pas connue comme présente au Canada.

Hybridation avec le blé

La tribu de graminées Triticées est connue pour son hybridation interspécifique et intergénérique (S. Darbyshire, 2006, communication personnelle). Le genre Aegilops est capable de s'hybrider avec beaucoup d'espèces du genre Triticum, y compris avec T. aestivum (blé) et de produire une progéniture fertile, même si les taux de fertilité sont bas. Les taux de germination d'Aegilops cylindrica /épillets de blé hybrides dans une étude effectuée en Oklahoma se situaient entre 0,42 et 1,10% (Stone et Peeper, 2004).

L'hybridation doit être prise en considération dans la détermination de la gestion du risque étant donné qu'elle pourrait réduire l'efficacité des méthodes de lutte si un caractère de tolérance aux herbicides du blé pouvait être transféré à Aegilops cylindrica, ce qui aurait pour effet potentiel de réduire l'efficacité des options de lutte actuelles.

Le Bureau de la biosécurité végétale de l'ACIA a examiné la sécurité du blé Clearfield tolérant aux herbicides et qui tolère l'herbicide imidazolinone. L'examen a permis d'étudier la possibilité de flux génique depuis les gènes tolérants à l'imidazolinone vers les espèces sauvages apparentées, y compris Aegilops cylindrica. Ces documents concluent qu' « [ Traduction ] il n'y a pas d'augmentation du risque de conséquences néfastes attribuables au flux génique entre le blé tolérant à l'imidazolinone et Aegilops cylindrica, étant donné la nature non persistante de l'introduction de l'espèce en Colombie-Britannique » et « la nature non agricole du lieu où on a observé l'introduction en Ontario » (ACIA, 2007).

Même si l'hybridation est actuellement improbable, les risques ne doivent pas être sous-estimés si une population d'Aegliops cylindrica était autorisée à s'étendre dans les systèmes agricoles canadiens.

Le grand espace occupé à la fois par le blé d'hiver et par Aegilops cylindrica aux États-Unis pourrait conduire à un nombre important d'hybridations et, par conséquent, au transfert du gène de la résistance aux herbicides (Guadagnuolo et al. 2001). Le pouvoir envahissant d'Aegilops cylindrica pourrait s'élever pendant que diminuent les options de lutte. Il est possible que les populations d'Aegilops cylindrica tolérantes aux herbicides ayant évolué aux États-Unis soient introduites au Canada par les voies d'introduction dont on a discuté antérieurement.

Hôte des organismes nuisibles au blé d'hiver

Aegilops cylindrica est considérée comme un hôte hibernant pour certains organismes nuisibles du blé d'hiver. On a montré que l'espèce agit comme hôte de remplacement pour le puceron russe du blé (Diuraphis noxia Mordvilko) (Hammon et al. 1989). Aegilops cylindrica fait aussi office d'hôte hibernant pour un certain nombre d'agents pathogènes fongiques, comme ceux qui causent la moisissure rose, le pourridié, le brunissement des racines, la brûlure des semis, la carie naine et la carie de karnal (Donald et Ogg, 1991).

Régions dédiées à la production de blé menacées au Canada

Au cours de 2008-2009, la production de blé au Canada était évaluée à 27,3 millions de tonnes métriques, soit une augmentation de 36% par rapport à 2007 (USDA, 2008). Les recettes monétaires agricoles indiquaient que la valeur de toute la production de blé au Canada était de 4,2 millions de dollars et de 5,7 millions de dollars en 2007 et en 2008, respectivement (Statistique Canada, 2009). Les zones de production de blé exposées au risque phytosanitaire que présente Aegilops cylindrica comprennent l'Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario, le Québec et les provinces de l'Atlantique (Figure 2 et Figure 3). La plus grande part du blé d'hiver canadien est semée dans le sud de l'Ontario et dans le sud des provinces des Prairies.

Figure 3 : Rendements moyens du blé au Canada de 1997 à 2001

Figure 3. Description ci-dessous.
Description pour la figure 3 :

Cette image montre les rendements moyens du blé au Canada entre 1997 et 2001. Les rendements de blé élevés sont observés dans la région des Prairies comprenant le bas et le centre du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta, où le rendement moyen du blé varie entre plus que 2,00 et moins que 3.01. Des rendements moyens de blés élevés,c.-à-d. supérieurs à 3,01, sont également enregistrés dans les provinces de l'Atlantique.

Source: (USDA 2004)

Le Canada compte parmi les plus grands exportateurs de blé, et plus de 95% du blé canadien est produit dans l'Ouest du Canada. Selon le Recensement de l'agriculture pour 2006, le blé était la plus grande culture au Canada. Le Canada produit en moyenne plus de 25 millions de tonnes de blé annuellement et en exporte environ 19 millions de tonnes chaque année. Étant donné que la production dépasse de beaucoup les exigences de la consommation nationale, l'industrie canadienne du blé a une vocation surtout exportatrice.

Si Aegilops cylindrica s'établissait dans les systèmes agricoles axées sur l'exportation du Canada, les exportations de grandes cultures et de marchandises agricoles du Canada pourraient être assujetties à des mesures de quarantaine par les pays où Aegilops cylindrica est réglementée. Par exemple, Aegilops cylindrica figure sur les listes publiées de parasites réglementés en Chine et au Mexique, soit deux pays qui ont importé du blé canadien dans le passé (Industrie Canada, 2009). Même si Aegilops cylindrica exerce son impact le plus grand sur la production de blé d'hiver, les mesures de quarantaine étrangères pourraient être appliquées à toutes les livraisons de blé, peu importe la saison de plantation ou la variété plantée.

Historique des importations

Voies d'introduction intentionnelles

Voies d'introduction non intentionnelles

Grains et grandes productions végétales

La valeur totale des marchandises que sont le foin et les plantes de grande culture Note de bas de page 1 importés au Canada en 2008 était d'environ 368 millions de dollars. Dans ce montant, 3% des importations se composaient de blé provenant des États-Unis, pays où Aegilops cylindrica est présente. Un petit pourcentage du blé a été importé d'autres pays où Aegilops cylindrica est présente, nommément du Liban, de la Russie, de la Turquie, de la Bosnie, de l'Italie et du Mexique. Ce pourcentage représente moins de 1% du reste des importations de blé en 2008. (Industrie Canada, 2009).

Les semences;

Le Canada a importé pour une valeur d'environ un million de dollars de semences de blé en 2007-2008; la plus grande part d'entre elles provenaient des États-Unis (Association canadienne du commerce des semences, 2008).

Foin et paille

La valeur totale du foin et de la paille importés au Canada était d'environ 13 millions de dollars en 2008; 98% de cette valeur provenaient d'États américains où Aegilops cylindrica est présente (Industrie Canada, 2009).

L'État de Washington était le plus grand exportateur de foin et de paille au Canada, avec une valeur moyenne d'environ 10 millions de dollars par année au cours des cinq dernières années (Industrie Canada, 2009).

Véhicules et machinerie agricole usagée

Des machines agricoles usagées traversent la frontière canado-américaine chaque année. On ne dispose pas d'information sur le volume des importations de machinerie agricole usagée.

Mesures d'atténuation du risque recommandées

Voies de dispersion naturelles

L'expansion de la zone de distribution naturelle pourrait se produire à partir des comtés infestés des États-Unis le long de la frontière canado-américaine (USDA, NRCS, 2006). Il est recommandé que l'atténuation du risque comprenne des enquêtes régulières ciblant les régions à risque élevé le long de la frontière entre le Canada et les États-Unis, où les comtés américains adjacents sont infestés.

Les programmes d'éducation et de sensibilisation fonctionnent aussi pour limiter l'établissement de l'espèce au Canada, parce qu'ils favorisent la détection précoce des nouvelles incursions.

Voies d'introduction intentionnelles et non intentionnelles

Mesures réglementaires en vertu de laLoi sur la protection des végétaux
Mesures réglementaires en vertu de laLoi sur les semences

Continuer de réglementer Aegilops cylindrica comme mauvaise herbe nuisible interdite, en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes et de la Loi sur les semences Note de bas de page 2. L'importation des semences d'Aegilops cylindrica est interdite en vertu de la Loi sur les semences et le Règlement sur les semences comporte des exigences d'information particulières (ACIA, 2009) pour vérifier que les semences importées au Canada sont exemptes de toute mauvaise herbe nuisible interdite et répondent aux normes minimales de pureté et de germination pour le cultivar en question. Un certificat d'analyse est requis pour montrer l'absence de toute mauvaise herbe nuisible interdite.

Mesures non-réglementaires

Les programmes d'éducation et de sensibilisation peuvent aider à empêcher et à déceler les nouvelles populations d'Aegilops cylindrica. Ces programmes peuvent comprendre la fourniture d'information pour l'identification d'Aegilops cylindrica au champ, de même que l'éducation des personnes qui utilisent des moissonneuses-batteuses et qui transportent la machinerie agricole usagée de sorte qu'elles nettoient, avant de déplacer les machines, tous les débris végétaux et la terre qui pourraient contenir des semences ou des épillets d'Aegilops cylindrica.

Répercussions commerciales 

Rentabilité et faisabilité

Annexe 2A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Alopecurus myosuroides (vulpin des champs)

Identité de l'organisme

Nom : Alopecurus myosuroides Huds (famillle des Poacées, sous-famille des Panicoїdées, tribu des Panicées)

Synonyme(s) : Alopecurus agrestis, Alopecurus coerulescens, Alopecurus purpurascens, Tozzettia agrestis (Tropicos 2008)

Noms communs français : Vulpin des champs (USDA -ARS 2009)

Noms communs anglais : Slender foxtail, black grass, black twitch, large foxtail (USDA -ARS 2009)

Description : Alopecurus myosuroides est une graminée annuelle hivernale haute et touffetée avec panicules rouge-pourpre, qui paraît noire à une certaine distance. Elle fleurit au début du printemps (Hubbard, 1968; Aldrich-Markham, 1992).

Statut de l'organisme

Alopecurus myosuroides a été signalée au Canada, mais ne s'y est pas établie, et rien n'est venu prouver qu'elle est cultivée au Canada (ACIA 2008; Scoggan 1979). Pour obtenir de plus amples renseignements, consulter la section Probabilité d'introduction. Sur la foi du renseignement qu'on vient de mentionner, on considère que l'espèce est absente de la zone d'évaluation du risque phytosanitaire.

Statut réglementaire actuel

Alopecurus myosuroides n'est pas réglementée actuellement au Canada. Alopecurus myosuroides n'est pas réglementée comme mauvaise herbe nuisible de ressort fédéral aux États-Unis, mais elle est réglementée par l'État de Washington.

Probabilité d'introduction

Alopecurus myosuroides a été introduite accidentellement par la voie de semences de graminées contaminées dans les champs de stations de recherche à Saanichton, en Colombie-Britannique (1955) et à Brandon, au Manitoba (1965), mais ne s'y est pas établie (Scoggan 1979). Les centres de données provinciaux sur la conservation (CDC) ne considèrent pas que l'espèce est établie dans les deux provinces en question (ACIA 2008).

Alopecurus myosuroides se propage seulement par les semences. La principale voie d'introduction au Canada, observation fondée sur la surveillance de lots de semences, est comme contaminant des lots de semences de graminées (Tableau 1).

Tableau 1 : Résumé des voies d'entrée pour Alopecurus myosuroides (vulpin des champs)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelleAlopecurus myosuroides est une plante annuelle qui se propage entièrement par les semences. Le vent est la principale voie naturelle de dispersion sur de courtes distances.
C'est une voie improbable d'introduction au Canada, étant donné la zone de distribution actuelle de l'espèce.
Introduction intentionnelleAucune n'a été relevée.
Voies d'introduction non intentionnelles

Le vulpin des champs est un contaminant occasionnel dans les lots de semences de graminées.

C'est la voie d'introduction la plus probable au Canada. Selon la base de données du laboratoire sur les semences de l'ACIA, Alopecurus myosuroides a été décelée dans cinq échantillons de graminées importées au cours des neuf dernières années. Jusqu'à douze semences ont été signalées à partir d'un seul échantillon.

Alopecurus myosuroides pourrait être présente comme contaminant dans les lots de graines.

Même si l'espèce est une mauvaise herbe sérieuse des céréales d'hiver en Europe, il est fort peu probable qu'Alopecurus myosuroides soit présente comme contaminant dans les grains transformés, étant donné qu'elle serait facile à retirer pendant le moissonnage-battage et le nettoyage. On n'a pas signalé de semences dans les échantillons de semences de céréales d'hiver au cours des neuf dernières années au Canada.

Elle pourrait aussi être présente dans le foin et la paille importés comme semences contaminées dans les panicules.

Probabilité d'établissement

Alopecurus myosuroides est indigène en Afrique du Nord (n. Algérie, n. Égypte, n. Libye et Tunisie), en Asie (Afghanistan, Chypre, Iran, Irak, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Ciscaucase, Daguestan, Turkménistan, Ouzbékistan, n. Inde et Pakistan), et en Europe (Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Fédération russe, Ukraine, Albanie, Bulgarie, ancienne Yougoslavie, Grèce, Italie, Roumanie, France, Portugal et Espagne) (USDA -ARS 2009).

Elle est largement naturalisée dans les parties tempérées du monde, y compris l'Amérique du Nord (États-Unis et Mexique), en Amérique du Sud (Bolivie, Pérou et Argentine), en Chine, en Australie et en Nouvelle-Zélande (Häfliger et Hildemar 1981). Elle a été largement introduite aux États-Unis (voir la figure 1) comme mauvaise herbe cultivée (Barkworth 2006).

En Europe, Alopecurus myosuroides pousse dans les prés humides, dans les forêts décidues et dans les sols cultivés ou perturbés; il s'agit également d'une espèce de mauvaise herbe importante dans les cultures céréalières en milieu tempéré (Barkworth 2006). Aux États-Unis, l'espèce est signalée surtout dans les champs cultivés (Barkworth 2006), mais on la trouve maintenant couramment dans les sites humides de pâturage et le long des routes en Oregon et dans l'État de Washington (Lass et Prather 2007).

Consulter l'Annexe 2C pour la répartition des codes SH et des valeurs pour chaque produit provenant de pays où Alopecurus myosuroides est présente. Aucune donnée sur les importations des variétés de céréales d'hiver n'était disponible; l'Annexe 2D pour les données d'importation pour les semences de graminées; et l'Annexe 2E pour les données d'importation pour le foin et pour la paille.

Figure 1: Aire de répartition d'Alopecurus myosuroides (vulpine des champs) en Amérique du Nord

Figure 1. Description ci-dessous.
Description pour la figure 1 :

Image de l'Amérique du Nord indiquant l'introduction d'Alopecurus myosuroides (vulpin des champs) aux États-Unis. En rouge, on indique les régions où il est présent. Dispersé et peu présent, le vulpin des champs couvre moins de 3% du territoire américain.

Source: Barkworth 2006

Figure 2 : Aire potentielle de répartition d'Alopecurus myosuroides (vulpine des champs) au Canada

Figure 2. Description ci-dessous.
Description pour la figure 2 :

Cette image montre la répartition possible Alopecurus myosuroides (vulpin des champs) au Canada et dans le Nord des États-Unis. Les zones en rouge correspondent aux régions où il pourrait survivre selon la carte des zones de rusticité des plantes au Canada. Cette carte comprend la côte et l'extrême sud de la Colombie Britannique, l'extrême sud-ouest de l'Ontario et les côtes de Nouvelle Écosse et de Terre Neuve. Les côtes Ouest et Est des États Unis ainsi que les régions situées près des Grands Lacs sont incluses.

Source : NAPPFAST zones 6-9

Selon le parcours naturel mondial, Alopecurus myosuroides est susceptible de survivre dans une zone de rusticité NAPPFAST numéro 6 (voir figure 2). Cette zone comprendrait les côtes et l'extrême sud de la Colombie-Britannique, l'extrême sud-ouest de l'Ontario et les côtes de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve. Comme mauvaise herbe des céréales d'hiver, la plante est le plus susceptible de toucher le sud-ouest de l'Ontario, où l'on cultive des céréales d'hiver. Les aires de culture du blé d'hiver du sud des Prairies semblent être hors de la plage de tolérance climatique de l'espèce.

Probabilité de propagation

Les principales voies de dissémination d' Alopecurus myosuroides résident dans l'activité humaine. Les semences peuvent être disséminées dans les semences des cultures contaminées, dans la paille ou dans le fumier. Dans les champs de céréales, les semences du vulpin des champs sont expulsées du multiculteur avec la paillette. L'équipement agricole peut aussi disséminer des semences. Celles-ci pourraient facilement se déplacer sur le sol pendant la culture et avec la terre rattachée à l'équipement agricole (CAB International 2007). Le vent constitue la principale voie de dispersion, mais semble efficace seulement sur des distances relativement courtes (Colbach et Sache 2001).

Il existe plusieurs modification des pratiques agricoles qui ont favorisé la dissémination d' Alopecurus myosuroides dans les champs de céréales en Europe (Aldrich-Markham 1992; CAB International 2007). Parmi celles qui pourraient aussi favoriser la dissémination de l'espèce au Canada, on compte :

Conséquences économiques potentielles

Alopecurus myosuroides est considérée comme l'une des mauvaises herbes les plus dommageables pour les céréales d'hiver en Angleterre (Barkworth 2006) et constitue aussi maintenant un problème majeur en Allemagne, en Belgique et en France, et aussi dans certaines régions de l'Italie, de la Yougoslavie et de la Turquie (Aldrich-Markham 1992). Sa dissémination à travers l'Europe a été reliée à l'expansion de la superficie en acres de la culture du blé et de l'orge d'hiver, avec des méthodes de cultures modernes mécanisées (Aldrich-Markham 1992).

Alopecurus myosuroides est présente dans un grand éventail de cultures, mais est principalement associée aux rotations dominées par les céréales. Elle est plus courante dans les cultures céréalières semées en automne, comme le blé d'hiver. On la trouve aussi sur les terres perturbées dans des endroits où il y a des résidus, mais elle ne persiste pas dans les pâturages (CAB International 2007). Elle infeste les autres cultures d'hiver, y compris les graminées, le colza et les légumineuses fourragères (Aldrich-Markham 1992) et il est difficile de l'éradiquer des champs cultivés où l'on plante répétitivement des céréales (Hubbard 1968).

En Amérique du Nord, Alopecurus myosuroides est devenu une mauvaise herbe problématique majeure dans l'ouest de l'Oregon et dans l'est de l'État de Washington, principalement dans les céréales, mais elle s'est aussi disséminée dans les pâturages (Lass and Prather 2007).

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Alopecurus myosuroides ne semble pas être une mauvaise herbe environnementale ni dans son parcours indigène ni dans son parcours faisant suite à une introduction, étant donné qu'elle est confinée aux habitats perturbés, comme les terrains vagues et les champs cultivés (Hubbard 1968; Barkworth 2006). Il n'existe pas de conséquences sociales potentielles évidentes à attendre du vulpin des champs.

Incertitude

Aucune incertitude susceptible d'entacher le résultat de l'évaluation du risque n'a été déterminée.

Conclusion

Selon le résultat de l'évaluation du risque phytosanitaire, on peut affirmer qu'Alopecurus myosuroides est susceptible de devenir envahissante dans certaines régions du Sud canadien (Figure 2). On recommande de poursuivre le processus d'analyse des risques phytosanitaires et de compléter un Document de gestion des risques.

Considérations d'ordre technique

Les espèces Alopecurus. Les plants sont assez faciles à identifier par un personnel formé.

Annexe 2B : Considérations sur la gestion du risque pour Alopecurus myosuroides (Vulpin des champs)

Valeurs menacées

Alopecurus myosuroides est considérée comme la mauvaise herbe la plus sérieuse des céréales d'hiver en Europe, car elle réduit le rendement des cultures (CAB International 2007). Alopecurus myosuroides aura le plus vraisemblablement les répercussions les plus grandes sur les cultures en Ontario, où l'on produit du blé d'hiver. En 2008, environ 650 000 tonnes (ou 24 millions de boisseaux) de blé d'hiver ont été produites dans les comtés du Sud-Ouest ontarien que sont Chatham-Kent, Essex et Lambton où Alopecurus myosuroides pourrait être présente. Ce chiffre représente presque un quart de la production de blé d'hiver en Ontario (Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales (OMAFRA) 2009). Entre 2000 et 2004, la valeur moyenne de la production de blé d'hiver en Ontario était de 250 millions de dollars par année (OMAFRA, 2009). Parmi les autres cultures qui pourraient être touchées (dans une moindre mesure) par Alopecurus myosuroides dans les comtés respectifs, on peut compter les cultures de l'avoine et de l'orge dont les chiffres de production équivalent à 5300 tonnes (85 000 boisseaux) et à 2400 tonnes (112 000 boisseaux) respectivement en 2008 (OMAFRA, 2009).

Mesures d'atténuation possibles applicables aux moyens naturels de dispersion

Le vent constitue la principale voie de dispersion pour Alopecurus myosuroides, mais seulement sur de courtes distances. Étant donné le parcours naturel actuel, la dispersion par le vent est une voie d'introduction improbable au Canada (Allison 2009). Par conséquent, aucune mesure d'atténuation pour les voies naturelles de dispersion n'est nécessaire pour l'instant

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée intentionnelles

Aucune voie d'introduction intentionnelle n'a été déterminée (Allison 2009). Alopecurus myosuroides n'est pas offerte au Canada en tant que plante ornementale (ACPP, 2009). Même si aucune mesure d'atténuation n'est actuellement nécessaire, cette voie d'introduction sera quand même réglementée en vertu de la Loi sur la protection des végétaux si cette espèce est inscrite sur la Liste des parasites réglementés par le Canada et de la Loi sur les semences si elle est inscrite sur la l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée non intentionnelles

Grandes cultures non destinées à la multiplication

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Alopecurus myosuroides en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada(ACIA 2009) afin de:

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux pourraient inclure un ou plusieurs des points suivants :

Répercussions commerciales :
Rentabilité et faisabilité

Les Semences

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Alopecurus myosuroides en tant que mauvaise herbe nuisible interdite (Catégorie 1) en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences Note de bas de page 2.

Cette espèce satisfait la définition d'une espèce de Catégorie 1 Note de bas de page 3 en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes.

Toutes les semences canadiennes ou importées doivent être exemptes de graines de mauvaises herbes nuisibles interdites. Avant qu'ils ne soient importés, les lots de semence doivent être accompagnés d'un certificat d'analyse certifiant que l' Alopecurus myosuroides en est absent.

Réglementer Alopecurus myosuroides en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) afin de :

Les actions réglementaires pourraient inclure un ou plusieurs des points suivants :

Répercussions commerciales :
Rentabilité et faisabilité

Foin et paille

Historique des importations

La valeur totale des importations de foin et de paille tournait autour de 13 millions de dollars en 2008; 98% de cette valeur provenait des États-Unis (Industrie Canada, 2009).

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Alopecurus myosuroides en vertu de la Loi sur la protection des plantes comme organisme nuisible justiciable de quarantaine en l'ajoutant à la Liste des parasites réglementés par le Canadade façon à :

Les actions réglementaires pourraient inclure un ou plusieurs des points suivants:

Répercussions commerciales :
Rentabilité et faisabilité

L'ACIA aura besoin de ressources pour la surveillance des marchés et l'échantillonnage, pour la formation des inspecteurs et pour l'élaboration de matériel de communication.

Véhicules et équipement agricoles usagés

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Mise en application de la Directive 95-26 « Exigences phytosanitaires s'appliquant à la terre et aux matières connexes, prises isolément ou associées à des végétaux » (ACIA, 2008).

En 2003, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a endossé la responsabilité d'effectuer l'inspection initiale des importations aux postes frontaliers canadiens applicables, suivant les lois et règlements administrés par l'ACIA. L'inspection des biens pouvant être contaminés par la terre est parmi les responsabilités qui ont été transférées à l'ASFC en 2003. L'Unité de programme sur les aliments, les plantes et les animaux de l'ASFC finalise présentement la procédure opérationnelle normalisée (PON) qui concerne l' « Inspection des produits importés potentiellement contaminés par la terre ». Les agents des services frontaliers y trouvent les procédures officielles à suivre lors de l'inspection et de la disposition des biens pouvant être contaminés par la terre, incluant les véhicules et la machinerie agricole usagés.

Annexe 2C : Données d'importation pour le blé, le seigle, l'orge et les autres céréales non moulues

Données d'importation pour le blé, le seigle, l'orge et les autres céréales non moulues provenant de pays où Alopecurus myosuroides est présente

Valeur en dollars canadiens ($)

Tableau 2 : S.H. 1001 - Blé 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
É.-U. – Washington433 2872 317 1011 825 056
Argentine00250 050
Liban3 1521 63310 124
Russie04 8906 998
Nouvelle-Zélande4 2507 6256 762
Pays-Bas001 765
É.-U. – Oregon1 508 006422 4961 707
Allemagne4834 38390
Mexique01 1724
Royaume-Uni45727 372212
Chine, Turquie, Jordanie, Italie, Ukraine, Bulgarie, Pérou, France7211 6951 225
Sous-total :1 950 3562 788 3672 103 993
Tableau 3 : S.H. 100200 - Seigle 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
Allemagne092 050 723
Inde00203
É.-U. – Oregon688294
Sous-total :68912 051 020
Tableau 4 : S.H. 100300 - Orge 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
Chine3 12716 93915 429
Inde3176382 852
Italie, Australie, Allemagne, Nouvelle-Zélande, Russie, Pays-Bas, Pérou, Ukraine, É.-U. – Oregon 9648141 491
É.-U. – Washington4 787021
Royaume-Uni 1 3761439
Sous-total :10 57118 53419 802
Tableau 5 : S.H. 1008 - Sarrasin, millet, graines à canari et autres céréales non usinées (2006-2008)
Pays exportateur 2006 2007 2008
Bolivie717 1651 005 2751 640 901
Chine277 389307 425503 778
É.-U. – Oregon112 846198 547476 661
Pérou67 587210 797366 051
Pays-Bas40 728320 144227 418
Inde287 150181 626150 134
Egypte106057 357
Russie25 49824 58751 599
Mexique11 16411 39228 825
France 64 27931 24223 686
Italie 7 11615 7606 877
Royome-Uni7815 5025 253
Ukraine19 4334 4612 024
É.-U. – Washington1 6193 780482
Turquie, Syrie, Espagne, Argentine, Bulgarie, Pakistan, Australie, Tunisie1 6492 18970
Allemagne2 85819 22052
Nouvelle-Zélande2 26800
Sous-total :1 639 6362 341 9473 541 168
Totaux
Total 2006 Total 2007 Total 2008
3 600 6315 148 9397 715 983

Quantité en tonnes métriques

Tableau 6 : S.H. 1001 - Blé 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
É.-U. – Washington2 2008 9165 334
Argentine00320
Liban11313
Russie045
Nouvelle-Zélande821212
Pays-Bas004
É.-U. – Oregon9 4632 0091
Allemagne030
Mexique000
Royaume-Uni0170
Chine, Turquie, Jordanie, Italie, Ukraine, Bulgarie, Pérou, France438
Sous-total :11 76010 9675 697
Tableau 7 : S.H. 100200 - Seigle 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
Allemagne004 015
Inde001
É.-U. – Oregon000
Sous-total :004 016
Tableau 8 : S.H. 100300 - Orge 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
Chine38559
Inde000
Italie, Australie, Allemagne, Nouvelle-Zélande, Russie, Pays-Bas, Pérou, Ukraine, É.-U. – Oregon 424
É.-U. – Washington3200
Royaume-Uni 700
Sous-total :468763
Tableau 9 : S.H. 1008 - Sarrasin, millet, graines à canari et autres céréales non usinées 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
Bolivie401 314579 050
630 320
Chine213 063409 492540 074
É.-U. – Oregon108 54143 881347 798
Pérou40 095109 596131 443
Pays-Bas21 248221 320141 553
Inde226 297271 519145 113
Egypte0020 650
Russie3 9416 0925 961
Mexique1 9131 9164 186
France 17 3518 6046 460
Italie 2 3294 5953 149
Royome-Uni4875584 668
Ukraine4 5692 5692 600
É.-U. – Washington367825107
Turquie, Syrie, Espagne, Argentine, Bulgarie, Pakistan,
Australie, Tunisie
1,6012498
Allemagne1 07025 53731
Nouvelle-Zélande400
Sous-total :1 044 1901 685 8031 984 121
Totaux
Total 2006 Total 2007 Total 2008
1 055 9961 696 8571 993 897

Source : Statistique Canada 2009. Les pays dont la valeur des exportations est de moins de 1000 $ par année sont groupés ensemble et une valeur sommative pour tous les pays regroupés est inscrite.

Annexe 2D : Données d'importation pour les semences de graminées

Données d'importation pour les semences de graminées provenant de pays où Alopecurus myosuroides est présente

Valeur en dollars canadiens ($)

Tableau 10 : S.H. 120923 - Semences de fétuque 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
É.-U.-Oregon1 925 4641 898 3652 722 623
É.-U.-Washington7 21026 52346 936
Allemagne80 27289 72667 197
Italie04 28437 816
Pays-Bas3 42024 29115 640
France 010 6133 606
Sous-total :2 016 3662 053 8022 893 818
Tableau 11: S.H. 120924 - Semences de pâturin des prés 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
É.-U.-Oregon4 181 8704 755 4497 836 065
É.-U.-Washington3 130 3492 808 0834 252 270
Allemagne021 1860
Sous-total :7 312 2197 584 71812 088 335
Tableau 12 : S.H. 120925 - Semences d'ivraie (Rye grass) 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
É.-U.-Oregon5 256 2483 814 2466 626 765
É.-U.-Washington2 7792 97485 305
Allemagne355 869339 445222 094
Pays-Bas79 587106 655144 991
Nouvelle-Zélande34 589109 62463 301
Chine97 12963 12728 963
Belgique35 887023 113
France 015 02015 044
Espagne06 1211 827
Argentine017 2421
Italie 61 30032 1320
Royaume-Uni04 1140
Egypte6 12100
Sous-total :5 929 5094 510 7007 211 404
Tableau 13 : S.H. 120926 - Semences de phléole des prés 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
Pays-Bas14 68900
Allemagne2 09000
É.-U.-Oregon1 37900
Sous-total :18 15800
Totaux
Total 2006 Total 2007 Total 2008
15 276 25214 149 22022 193 557

Quantité en kilogrammes par mètre cube

Donnéas d'iupotation pour les semences de fétuque provouvant de pays où Alopecurus myosuroides est présent 2006-2008 - Quantité en kilogramme (kg).

Table 14 : S.H. 120923 - Semences de fétuque 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
É.-U.-Oregon975 900921 9111 270 884
É.-U.-Washington2 5839 62814 786
Allemagne38 09140 00036 947
Italie01 80022 665
Pays-Bas1 72110 6125 606
France 05 2091 515
Sous-total :1 018 295989 1601 352 403
Tableau 15 : S.H. 120924 - Semences de pâturin des prés 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
É.-U.-Oregon1 468 6141 822 7252 654 033
É.-U.-Washington2 010 8771 639 2381 943 822
Allemagne04 5000
Sous-total :3 479 4913 466 4634 597 855
Tableau 16 : S.H. 120925 - Semences d'ivraie (Rye grass) 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
É.-U.-Oregon3 491 3582 485 8445 227 573
É.-U.-Washington1 4601 66557 564
Allemagne321 092197 97991 268
Pays-Bas62 31060 56456 649
Nouvelle-Zélande27 35073 87525 000
Chine59 36033 9306 067
Belgique46 582010 000
France 03 9683 431
Espagne02 0001 015
Argentine024 9900
Italie 21 0007 5000
Royaume-Uni04 5000
Egypte1 50000
Sous-total :4 032 0122 896 8155 478 567
Tableau 17 : S.H. 120926 - Semences de phléole des prés 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
Pays-Bas16 27600
Allemagne77100
É.-U.-Oregon65800
Sous-total :17 70500
Totaux
Total 2006 Total 2007 Total 2008
8 547 5037 352 43811 428 825

Source : Statistique Canada 2009.

Annexe 2E : Données d'importation pour le foin et la paille

Données d'importation pour le foin et la paille provenant de pays où Alopecurus myosuroides est présente

Valeur en dollars canadiens ($)

Tableau 18 : S.H. 121300 - Paille céréalière et balles non préparées 2006-2008
Pays exportateur 2006 2007 2008
É.-U. - Washington5 056 5445 685 0966 397 081
É.-U. - Oregon4 8751 75018 492
Inde284 039258 851302 025
Mexique9 70928 49523 099
Chine26305 744
Allemagne3 0792 4533 013
Pakistan1082 0891 131
Royaume-Uni 2 5188 773408
Sous-total :5 361 1355 987 5076 750 993
Tableau 19 : S.H. 121490 – Navets de Suède, betterave fourragère, racines fourragères, foin, trèfle, sainfoin, chou fourrager, etc (2006-2008)
Pays exportateur 2006 2007 2008
É.-U. - Washington3 849 2454 045 9274 115 211
É.-U.- Oregon1 086 048630 851330 770
Chine13 00712 36332 527
Inde2 93328 29776
Australie019 1320
Allemagne603 0000
France192 0140
Mexique, R.-U., Portugal, Belgique, Pérou, Liban58384195
Sous-total :4 951 8954 742 4254 478 679
Totaux
Total 2006 Total 2007 Total 2008
10 313 03010 729 93211 229 672

Source : Statistique Canada 2009.

Annexe 3A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Centaurea iberica (Centaurée ibérique)

Identité de l'organisme

Nom : Centaurea iberica (famille des Astéracées) (USDA-ARS2009)

Synonyme(s) : Calcitrapa iberica, Leucantha iberica (Tropicos 2008)

Noms communs français : Aucun connu

Noms communs anglais : Iberian star-thistle, Iberian star thistle, pale starthistle, Spanish centaury-thistle, Iberian knapweed, Spanish thistle.

Description : Centaurea iberica est une plante herbacée bisannuelle, mais elle peut se comporter comme une plante annuelle ou vivace à courte vie dans certains environnements (Graham et Johnson, 2003). En Oregon, une rosette se forme en mai et en juin et la plante monte à fleurs et s'épanouit du milieu de l'été à l'automne. Les plants atteignent une hauteur de 30 à 200 cm. Les feuilles sont divisées en segments linéaires étroits. Les rosettes portent des épines au centre. Les inflorescences sont blanches, roses ou violet pâle, ont 15 à 20 mm de long avec des bractées couleur paille coiffées d'épines. Les épines ont plus de 2 5 cm de long. Les achènes (cypselae) sont striées de blanc ou de brun, ont 3 à 4 mm de long et comportent une pappe blanche de 1 à 2 5 mm de long (Comité éditorial de la FNA, 1993+; ODA, 2007).

Statut de l'organisme

On n'a pas signalé que Centaurea iberica ce soit naturalisé au Canada et rien n'a prouvé qu'il y soit cultivé (ACIA 2008). Sur la foi de ce renseignement, on peut considérer que l'espèce est absente de la zone d'évaluation du risque phytosanitaire.

Statut réglementaire actuel

Canada :
Centaurea iberica n'est pas réglementée au Canada.
États-Unis :
Centaurea iberica n'est pas réglementée comme mauvaise herbe nuisible de ressort fédéral aux États-Unis, mais elle est réglementée en Arizona, en Californie, au Nevada et en Oregon (USDA-NRCS, 2009). Nul ne peut déplacer Centaurea iberica ni des marchandises qui contiennent cette espèce ou des parties de la plante de cette espèce vers les États en question ou à travers eux (ADA, 2006; CDFA, 2003; État du Nevada, 2003; ODA, 2006).

Probabilité d'introduction

Aucun renseignement n'a pu être trouvé au sujet de la voie d'introduction probable de Centaurea iberica en Amérique du Nord (Tableau 8).

Tableau 8 : Résumé des voies d'entrée pour Centaurea iberica (Centaurée ibérique)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelle
  • Centaurea iberica est une bisannuelle qui se dissémine seulement par les semences.
  • La dispersion naturelle des semences constitue une voie improbable d'introduction au Canada, étant donné le parcours naturel actuel.
Introduction intentionnelle Aucune n'a été relevée.
Introduction non intentionnelle
  • Centaurea iberica pourrait être présente comme contaminant dans les lots de semences. Certaines espèces de Centaurea se retrouvent comme contaminants des semences en Turquie (Uygur, 2001), si bien que les semences importées à partir du parcours naturel indigène en question constituent une voie d'introduction possible. Cette voie est connue pour être la voie d'introduction d'autres espèces de Centaurea, comme la centaurée du solstice (C. solstitialis) (Zouhar, 2002). Il n'existe pas de rapports indiquant que Centaurea iberica a été trouvée dans des lots de semences importées, au Canada, au cours des dix dernières années, selon les données du laboratoire de semences de l'ACIA, mais deux échantillons de semences de trèfle importées des États-Unis ont été contaminés avec des semences de chardon étoilé qui n'étaient pas identifiées à l'espèce.
  • Il est possible que le bétail importé des États-Unis puisse transporter les inflorescences épineuses avec sa fourrure ou sa laine (Graham et Johnson, 2003).
  • Centaurea iberica pourrait être transportée dans le foin, mais, en tant que plante bisannuelle, elle n'a pas été signalée dans les champs cultivés, si bien que cette voie d'introduction est improbable.

Probabilité d'établissement

En Europe, Centaurea iberica est indigène en Bulgarie, en Grèce, dans l'ancienne Yougoslavie, en Roumanie et en Ukraine (Crimée) (Pankhurst, 1998). Elle est aussi indigène en Asie (Afghanistan, Chypre, Iran, Irak, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Russie (Ciscaucase et Daguestan), dans le sud-est du Kazakhstan, du Kirghisistan, du Tajikistan, du Turkménistan, de l'Ouzbékistan, de la Chine (Xinjiang), dans le nord de l'Inde et du Pakistan) (USDA-ARS, 2009). Centaurea iberica a été introduite en Amérique du Nord, soit en Californie, au Kansas, en Oregon, dans l'État de Washington et au Wyoming (Comité éditorial de la FNA, 1993+) (voir Figure 6). Elle s'est propagée abondamment dans certains comtés de la Californie au début des années 50 (Graham and Johnson 2003). Centaurea iberica livre une intense concurrence aux autres plantes en bordure des routes et dans les parcours naturels et les pâturages (ODA, 2007).

Figure 1 : Parcours naturel de Centaurea iberica (Centaurée ibérique) en Amérique du Nord

Figure 1, description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette carte montre la répartition de la Centaurea iberica (centaurea iberica) en Amérique du Nord, sa présence étant indiquée en vert. Les cinq États en vert sont Washington, l'Oregon, la Californie, le Wyoming et le Nebraska.

Source: (USDA, NRCS 2009)

Figure 2 : Parcours naturel potentiel de Centaurea iberica (Centaurée ibérique) au Canada

Figure 2, description ci-dessous
Description de la figure 2 :

Cette image montre la répartition possible de la Centaurea iberica (centaurea iberica) au Canada et en Amérique du Nord à l'aide d'une carte. En rouge, on indique les régions où la Centaurea iberica pourrait survivre selon la carte des zones de rusticité des plantes au Canada. Dans ce cos-ci, il s'agit de la zone de rusticité NAPPFAST 6. Au Canada, cette zone comprend la côte et l'extrême sud de la Colombie Britannique, l'extrémité sud-ouest de l'Ontario et des petites régions des côtes des provinces maritimes, y compris Terre Neuve. Aux États-Unis, les régions comprennent les côtes Est et Ouest ainsi que des zones situées près des Grands Lacs.

Source: (NAPPFAST zones 6-9)

Selon le parcours naturel mondial, il est probable que Centaurea iberica serait rustique pour la zone de rusticité NAPPFAST numéro 6. Au Canada, cette zone comprendrait les côtes et l'extrême sud de la Colombie-Britannique, l'extrême sud-ouest de l'Ontario et de petites régions sur les côtes des provinces maritimes, y compris Terre-Neuve (Figure 2).

Probabilité de propagation

Centaurea iberica est une plante bisannuelle qui se propage par les semences. Les akènes comportent une pappe, ce qui permet de supposer que les semences dispersées par le vent. Les involucres épineux peuvent être emprisonnés dans la fourrure des animaux ou les vêtements des êtres humains et être transportés par les uns ou les autres.

Conséquences économiques potentielles

Centaurea iberica est considérée comme une mauvaise herbe courante au Liban (Holm et al., 1991). En Oregon, Centaurea iberica déplace les espèces fourragères valables dans les pâturages et les parcours naturels. Les épines aiguisées découragent les animaux brouteurs, ce qui restreint l'accès du bétail au fourrage et diminue la valeur du foin (ODA, 2007).

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Centaurea iberica semble confinée aux régions perturbées, y compris les parcours naturels sur-pâturés (Uygur, 2001). Les épines aiguisées font en sorte que les infestations peuvent empêcher l'usage récréatif des terrains et en restreindre l'accès pour la faune (ODA, 2007).

Aucune autre conséquence sociale potentielle n'a été répertoriée.

Incertitude

Cette évaluation du risque comporte certaines zones d'incertitudes. Cette espèce n'est pas bien couverte dans les livres sur les mauvaises herbes ou les sites Web en Amérique du Nord. Il manque de renseignements de base sur son auto-compatibilité, sur sa possibilité d'apomixie, sur la productivité des semences et sur la pérennité des banques de semences. Toutefois, une amélioration des renseignements sur les caractéristiques en question, mal documentées, ne changerait pas le résultat de rejet, étant donné que cette espèce est classée très haute dans cette évaluation.

Conclusion

Selon le résultat de l'évaluation du risque phytosanitaire, Centaurea iberica est susceptible de s'établir et de devenir envahissante ou invasive dans certaines parties du sud et des côtes de la Colombie-Britannique, dans le sud-ouest de l'Ontario et sur la côte est du Canada si elle est introduite dans les régions en question. On recommande de poursuivre le processus d'analyse des risques phytosanitaires et de compléter un Document de gestion des risques.

Considérations d'ordre technique

Les plants de Centaurea iberica sont très semblables à ceux du chardon étoilé violet (Centaurea calcitrapa), étant donné que les deux ont des inflorescences violettes. De nouvelles infestations ont été mal identifiées dans le passé à cause du fait que les observateurs étaient familiarisés avec le chardon étoilé violet, mais ignorants de l'existence de Centaurea iberica. Les plants de Centaurea iberica sont plus robustes en moyenne que ceux des autres espèces de la même catégorie (Comité éditorial de la FNA, 1993+). Toutefois, les plants de cette espèce sont plus faciles à identifier si on se fonde sur les inflorescences allongées (arrondies pour le chardon étoilé violet) et sur la couleur pâle des corolles (Graham et Johnson, 2003). Les akènes peuvent être aisément séparés par la présence d'une pappe et par le péricarpe de Centaurea iberica, qui brille davantage que celui de l'autre espèce (ODA, 2007).

Au Canada, le chardon étoilé violet a été signalé dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique et dans le sud de l'Ontario (Scoggan 1979). Comme il n'est pas répertorié dans l'ouvrage intitulé en anglais : « Illustrated Flora of British Columbia » (Douglas et al. 1998), il semble qu'aucune population persistante de la plante ne se soit établie.

Annexe 3B : Considérations sur la gestion des risques for Centaurea iberica (Centaurée ibérique)

Valeurs menacées

Industrie des productions animales

Centaurea iberica pourrait s'établir dans les pâturages et les cultures fourragères, et diminuer la qualité du fourrage. Il est difficile d'évaluer la valeur du fourrage en raison du fait que la récolte est habituellement destinée à l'alimentation du bétail sur les fermes où elle est produite. L'alimentation du bétail constitue le coût unique le plus élevé d'une exploitation bovine; elle représente en effet 60% des dépenses (Potter, 2004). L'augmentation du coût de production ou une diminution de la qualité du fourrage pourrait nuire directement aux revenus agricoles tirés des produits laitiers, des bovins et des moutons.

Presque 250 000 hectares de pâturages et de cultures fourragères sont exposées au risque au Canada. Cette région, pour la plus grande part située dans le Sud de l'Ontario, nourrit actuellement quelque 261 500 bovins (production laitière et bovine) et 36 000 moutons et agneaux (voir Tableau 2). En 2007, les rentrées de fonds des fermes s'élevaient à 410 millions de dollars pour la production laitière et à 160 millions de dollars pour l'industrie bovine dans le Sud de l'Ontario (OMAFRA, 2006).

Commerce des semences

La présence de Centaurea iberica dans les cultures fourragères au Canada pourrait nuire au commerce des semences fourragères avec les États américains que sont l'Arizona, la Californie, le Nevada et l'Oregon, où Centaurea iberica est interdite. La valeur des semences fourragères canadiennes exportées aux États en question fluctue entre 14 9 et 28 5 millions de dollars par année (voir figure 3).

Tableau 2 : Terres agricoles et production des ruminants risquant d'être touchées par la dissémination de Centaurea iberica
Provinces canadiennes Note de tableau a Foin et cultures fourragères Note de tableau b(ha) Pâturages naturels et prairies artificielles Note de tableau b(ha) Bœufs et veaux Note de tableau b(nb) Moutons et agneaux Note de tableau b(nb)
Ontario157 000 52 000 220 000 34 000
Nouvelle-Écosse 4 500 4 000 7 000 2 000
Colombie-Britannique 4 500 42 000 34 500 0
Total :166 00098 000261 50036 000

Notes de tableau

Note de tableau a

Régions situées dans la zone de rusticité numéro 6 et de numéros supérieurs (Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2009).

Retour à la premièreréférence de la note de tableau a

Note de tableau b

Statistique Canada, 2001.

Retour à la premièreréférence de la note de tableau b

Figure 3 : Exportations canadiennes totales de semences fourragères à l'Arizona, à la Californie, au Nevada et à l'Oregon

Figure 3, description ci-dessous.
Description de la figure 3 :

Ce graphique montre les exportations canadiennes totales de semences fourragères (en milliers de dollars) en Arizona, en Californie, au Nevada et en Oregon entre 2004 et 2008. Ce graphique linéaire simple indique que la valeur des exportations de semences fourragères en Californie, au Nevada et en Arizona est inférieure à 5 000 et que l'augmentation totale dépasse régulièrement les 15 000 pour les quatre années, avec une hausse notable en 2007 alors que la valeur a atteint les 25 000.

Source : Statistique Canada in Industrie Canada, 2009.

Semences de trèfle, de luzerne, de fétuque, d'ivraie (Lolium multiflorum et Lolium perenne) et autres semences fourragères, sauf celles de la betterave et de pâturin des prés (Poa pratensis).

Mesures d'atténuation possibles applicables aux moyens naturels de dispersion

Allison (2009) a déterminé qu'aucun risque n'était associé aux voies naturelles de dispersion.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée intentionnelles

Selon Allison (2009), Centaurea iberica n'est pas une plante cultivée. Elle n'est pas offerte au Canada en tant que plante ornementale (ACPP, 2009).

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée non intentionnelles

Semences de trèfle

Historique des importations

Au cours des dix dernières années, la valeur des semences de trèfle importées de régions où Centaurea iberica est présente a fluctué entre 0 8 et 2 0 millions de dollars (voir Figure 4 et Annexe 3C) (Industrie Canada 2009).

Figure 4 : Importations de semences de trèfle de pays où Centaurea iberica est présente

Figure 4, description ci-dessous
Description de la figure 4 :

Ce graphique montre les importations de semences de trèfle de pays et régions où la Centaurea iberica était présente en 2006, en 2007 et en 2008. Ce diagramme en barres présente les valeurs des importations en provenance de la Chine (en vert pâle) et de l'Oregon (en turquoise). Ce graphique montre que le gros des importations (plus de 800 000) provient des États Unis (Oregon); par ailleurs, les valeurs à l'importation augmentent de façon régulière et les autres acteurs représentent moins de 10% des importations pour ces années.

Source : Statistique Canada in Industrie Canada, 2009.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Dioscorea polystachya en tant que Mauvaise herbe nuisible interdite (Catégorie 1) en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences Note de bas de page 1.

Réglementer Centaurea iberica en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) :

Répercussions commerciales 
Rentabilité et faisabilité

Bétail

Historique des importations

Depuis 2004, autour de 8000 animaux vivants destinés à la reproduction ont été importés au Canada à partir de régions où Centaurea iberica est présente (voir Figure 10). Ce chiffre représente environ 2% des importations totales d'animaux vivants destinés à la reproduction (Données internes de l'ACIA).

Mesures possibles d'atténuation des risques

Aucune mesure d'atténuation n'est nécessaire. Le degré de risque associé à cette voie d'introduction est relativement bas étant donné le petit nombre d'animaux vivants importés au Canada.

La Loi sur les semences donne autorité en ce qui a trait à l'analyse, l'inspection, la qualité et la vente des semences au Canada.

Une espèce nuisible interdite de Catégorie 1 n'est pas encore présente au Canada ou fait l'objet d'une lutte officielle, car elle n'a pas encore atteint sa pleine distribution écologique potentielle. La lutte officielle est utilisée pour prévenir la dispersion de l'espèce avec l'objectif de l'éradiquer. Cette espèce doit être une plante dont la présence dans les semences pourrait affecter la valeur et/ou l'utilisation des semences; et/ou avoir le potentiel d'affecter l'économie, la santé humaine ou animale. Cela doit être déterminé au cours du processus d'Évaluation des risques phytosanitaires. Les semences de l'espèce doivent être identifiables et visuellement distinguables de celles d'autres espèces ou, en de rares occasions, du genre en entier.

Ce programme d'échantillonnage aide à s'assurer que les semences vendues au Canada, importées ou exportées rencontrent les normes établies en ce qui a trait à la qualité (incluant la pureté variétale et la germination), que les semences sont étiquetées de façon à être adéquatement présentées sur le marché, et que, dans le cas de la plupart des variétés de cultures agricoles, elles sont enregistrées avant leur vente au Canada.

Figure 5 : Nombre d'animaux vivants destinés à la reproduction et importés de pays où Centaurea iberica est présente
Figure 5, description ci-dessous.
Description de la figure 5 :

Ce diagramme en barres présente le nombre d'animaux vivants destinés à la reproduction qui ont été importés de pays où la Centaurea iberica est présente. La valeur pour les États-Unis est indiquée en bleu pâle et pour les autres pays, en noir. Aux États-Unis, la valeur pour les bovins est d'environ 500, alors que pour les autres pays, elle est inexistante. Dans le graphique, les chèvres, les moutons et les porcs sont très peu visibles aux États-Unis et dans les autres pays. En revanche, les chevaux sont supérieurs à 5 000 dans les autres pays et à 1 000 aux États-Unis.

Source : Données internes de l'ACIA

Laine brute et peaux brutes

Historique des importations

La valeur totale des importations de laine brute tournait autour de 3,1 millions de dollars en 2008; moins de 0 1% de cette valeur provenait de pays et des États américains où Centaurea iberica est présente (Industrie Canada, 2009).

Mesures possibles d'atténuation des risques

Annexe 3C : Données des importations pour Centaurea iberica

Données d'importation pour les semences de trèfle rouge destinées à l'ensemencement et provenant de pays où Centaurea ibericaest présente (2006-2008)

Tableau 10-a : Trèfle rouge Code S.H. 1209.220010
Pays exportateur Valeur ($CAN) 2006 Quantité (kg)
2006
Valeur ($CAN) 2007 Quantité (kg)
2007
Valeur ($CAN) 2008 Quantité (kg)
2008
É.-U.– Washington316 192 226 457 217 368 126 359 443 638 242 069
É.-U. – Oregon 0 0 4 298 1 814 224 112
Sous-total 316 192226 457221 666128 173443 862242 181
Tableau 10-b : Mélilot Code S.H. 1209.220010
Pays exportateur Valeur ($CAN) 2006 Quantité (kg)
2006
Valeur ($CAN) 2007 Quantité (kg)
2007
Valeur ($CAN) 2008 Quantité (kg)
2008
Chine28 34512 5980052 89223 508
Sous-total28 345 12 598 0 0 52 892 23 508
Tableau 10-c : Trèfle blanc Code S.H. 1209.220010
Pays exportateur Valeur ($CAN) 2006 Quantité (kg)
2006
Valeur ($CAN) 2007 Quantité (kg)
2007
Valeur ($CAN) 2008 Quantité (kg)
2008
É.-U. – Oregon396 191106 022651 354204 622468 110135 354
É.-U. – Californie000000
É.-U. – Washington18 7413 625008 2612 268
Sous-total :414 932109 647651 354204 622476 371137 622
Tableau 10-d : Semences de trèfle (autres) Code S.H. 1209.220010
Pays exportateur Valeur ($CAN) 2006 Quantité (kg)
2006
Valeur ($CAN) 2007 Quantité (kg)
2007
Valeur ($CAN) 2008 Quantité (kg)
2008
É.-U. – Oregon138 29240 66728 6197 74594 87123 546
É.-U. – Californie6256 46010 34322 9114 990
É.-U. – Washington26 0215 0004 4631 58817 0144 538
Sous-total :164 31945 66989 54219 676134 79633 074
Tableau 10-e : Total
Valeur ($CAN) 2006 Quantité (kg)
2006
Valeur ($CAN) 2007 Quantité (kg)
2007
Valeur ($CAN) 2008 Quantité (kg)
2008
895 443381 773962 562352 4711 055 029412 877

Source : Statistique Canada.

Annexe 4A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Centaurea solstitialis

Identité de l'organisme

Nom : Centaurea solstitialis (USDA-ARS, 2009)

Synonyme(s) : Leucantha solstitialis (USDA-NRCS, 2009)

Noms communs français : Centaurée du solstice, chardon-doré, auriole.

Noms communs Anglais : Yellow star-thistle (USDA-NRCS 2009), Centaurea solstitialis, golden star thistle, St. Barnaby's thistle, yellow centaury, yellow cockspur (USDA -ARS 2009)

Description : Centaurea solstitialis est une plante herbacée annuelle d'hiver; elle est rarement une plante bisannuelle ou une plante à courte pérennité. Aux États-Unis, les populations sont variables quant à leurs caractéristiques. Les tiges sont raides et dressées et ont de 15 à 200 cm de hauteur. Centaurea solstitialis produit des feuilles en rosette qui se déposent près du sol dès le premier automne. Les inflorescences se font en solitaire sur le bout des tiges, même si les plants vigoureux de cette espèce peuvent produire des inflorescences sur les aisselles des branches. L'involucre est d'environ 1,2 à 1,8 cm de long. Les bractées de l'involucre comportent une longue épine centrale de 1,0 à 2,5 cm de long et au moins deux paires d'épines latérales courtes et sont couvertes de poils. Les akènes (fruits) sont de deux types, les deux glabres et d'environ 2 à 3 mm de long. Les fleurons produisent la plupart des akènes (de 75% à 90%). Les akènes du disque ainsi formé sont brillants et comportent une pappe courte (de 2 à 5 mm) et raide. Les akènes produits par les fleurons extérieurs (ligulés) sont mats, de couleur foncée et n'ont pas de pappe. Centaurea solstitialis a une large racine pivotante qui croît dans le sol jusqu'à une profondeur d'au moins un mètre, ce qui donne à la plante un accès à l'humidité profonde du sol pendant les mois d'été et d'automne secs. Les tiges mortes sont persistantes et restent habituellement dressées tout l'hiver (Zouhar, 2002).

Statut de l'organisme

Centaurea solstitialis est historiquement connue dans quelques régions au Canada, mais on ne croit pas que les populations en question subsistent encore. Rien n'est venu prouver que cette espèce est cultivée au Canada (CNLA 2009). Selon ce renseignement, elle est considérée comme absente du Canada.

Statut réglementaire actuel

À l'échelon fédéral, Centaurea solstitialis est réglementée par l'ACIA comme mauvaise herbe nuisible interdite de Catégorie 1 en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences. À l'échelon provincial, Centaurea solstitialis est réglementée comme « mauvaise herbe nuisible » en Colombie-Britannique, comme « mauvaise herbe nuisible interdite » en Alberta et comme « mauvaise herbe interdite » en Saskatchewan en vertu des lois sur la destruction des mauvaises herbes de chacune de ces provinces.

Centaurea solstitialis n'est pas réglementée comme mauvaise herbe de ressort fédéral aux États-Unis, mais elle est réglementée dans les États suivants : AZ, CA, CO, HI, ID, MO, MT, ND, NM, NV, OR, SD, UT, WA, WV et WY.

Probabilité d'introduction

Centaurea solstitialis est une plante annuelle qui se dissémine seulement par les semences. Des semences de cette espèce ont été trouvées comme contaminants dans les cultures de luzerne et de céréales, et on croit que les semences contaminées ont constitué la voie d'introduction de cette espèce en dehors du parcours naturel (CAB International, 2007).

Tableau 1 : Résumé des voies d'entrée de Centaurea solstitialis (Centaurée du solstice)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelleLes semences de Centaurea solstitialis peuvent être dispersées par le vent sur une distance allant jusqu'à 1,5 m, et sur de plus longues distances par l'activité animale. (CAB International, 2007). Les soies de la pappe sont couvertes de barbes raides et microscopiques qui peuvent facilement adhérer aux poils (Zouhar, 2002).
Introduction intentionnelleAucune n'a été répertoriée.
Introduction non intentionnelleLa dispersion à longue distance des semences de Centaurea solstitialis est souvent directement reliée aux activités humaines et se produit par le mouvement du bétail, des véhicules et de l'équipement (Zouhar, 2002). Il s'agit là d'une voie d'introduction probable au Canada. Des semences ont été trouvées comme contaminants des cultures de luzerne et de céréales, et on croit que les semences contaminées ont constitué la voie d'introduction de cette espèce en dehors du parcours naturel. Il y a eu plusieurs introductions de Centaurea solstitialis en Californie, à partir de l'Europe et du Chili, habituellement comme contaminant des semences de luzerne (CAB International, 2007). C'est la voie d'introduction la plus probable au Canada.

Probabilité d'établissement

Centaurea solstitialis est indigène en Eurasie, y compris en Arménie, en Azerbaïdjan, en Géorgie, en Iran, en Iraq, au Liban, en Syrie, au Tadjikistan, en Turquie, au Turkménistan, en Ukraine, en Algérie, en Tunisie, en Albanie, en Bulgarie, en France, en Grèce, en Italie, en Espagne et dans l'ancienne Yougoslavie (USDA -ARS, 2009). On la retrouve maintenant dans toute l'Europe, en Amérique du Nord et du Sud et en Afrique. Elle s'est disséminée jusqu'en Asie centrale, mais ne persiste pas dans les régions nordiques. Les spécimens les plus précoces aux États-Unis ont été découverts en Californie en 1869 (CAB International, 2007).

Centaurea solstitialis a été signalée dans au moins 40 États américains et quatre provinces canadiennes. Toutefois, dans l'est de l'Amérique du Nord, les infestations sont sporadiques et localisées, et les populations ont échoué à s'établir, malgré des introductions répétées. En Californie, plus de 6,9 millions d'hectares sont infestés, et l'espèce se dissémine en Idaho, en Oregon et dans l'État de Washington (CAB International, 2007).

Malgré des signalements de Centaurea solstitialis en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba et en Ontario, il ne semble pas y avoir de populations établies et persistantes au pays.

Basé sur les résultats de le North Carolina State APHIS Plant Pest Forecasting (NAPPFAST), il semblerait que Centaurea solstitialis survivrait dans une zone 5 de rusticité NAPPFAST (voir figure 11). Toutefois, les données provenant des États nord-ouest du Pacifique indique que l'espèce est bien plus courante dans les microclimats chauds sur les pentes qui font face au sud et au sud-ouest (Shafi et al. 2003; Zouhar 2002). Par conséquent, il est probable que ce sont les microclimats en question qui seront vulnérables au sein de la zone 5 au Canada.

Figure 1 : Aire de distribution potentielle de Centaurea solstitialis (Centaurée du solstice) en Amérique du Nord selon les prévisions du système NAPPFAST (les régions à risque ou l'ensemble des zones de rusticité des plantes, allant de 5 à 9, sont ombrées en rouge)

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1

Cette image montre la répartition possible de la Centaurea solstitialis (centaurée du solstice) en Amérique du Nord, comme le prévoit le système NAPPFAST, à l'aide d'une carte du Canada et des États-Unis. La nuance de rouge indique les zones plus particulièrement à risque. Dans ce cas-ci, les zones de rusticité mondiale correspondent à 5-9. Sur cette carte, le rouge couvre des régions du Canada, notamment la côte et l'extrême sud de la Colombie-Britannique, l'extrême sud-ouest de l'Ontario et des régions des côtes des provinces maritimes, y compris Terre-Neuve. Il couvre également la majeure partie des États-Unis, y compris la plupart des régions des côtes Est et Ouest ainsi que régions situées dans le centre des États-Unis.

Probabilité de propagation

Les semences de Centaurea solstitialis peuvent être dispersées par le vent sur une distance allant jusqu'à 1,5 m, et sur de plus longues distances par l'activité animale et humaine. En Californie, on pense que l'activité humaine est à l'origine de la plus grande part de la dispersion des semences (CAB International, 2007). Les soies des pappes des semences sont couvertes de barbes raides microscopiques qui adhèrent facilement aux vêtements et aux poils. La dispersion à longue distance des semences de Centaurea solstitialis est souvent directement reliée aux activités humaines et se produit en raison du mouvement du bétail, des véhicules et de l'équipement et par le foin et les semences contaminés (Zouhar, 2002).

Conséquences économiques potentielles

Centaurea solstitialis est toxique pour les chevaux lorsqu'elle est consommée en grande quantité. Les muscles des lèvres, du visage et de la langue deviennent raides et enflés ce qui donne au cheval une expression fixe. Un empoisonnement peut aboutir à une lésion cérébrale permanente, et les animaux durement touchés finissent par mourir de soif et faim (CAB International, 2007).

Les pertes occasionnées par Centaurea solstitialis résultent du fait que la plante nuit au pâturage du bétail et aux procédures de récolte du fourrage et entraîne une diminution du rendement et de la qualité fourragère des parcours naturels. Le bétail et la faune évitent de brouter dans les zones massivement infestées, ce qui ralentit la prise de poids et diminue la qualité de la viande, du lait, de la laine et des cuirs (CAB International, 2007).

Centaurea solstitialis constitue le problème de mauvaise herbe le plus important au bord des routes dans la plus grande part du centre et du nord de la Californie, et cause des problèmes occasionnels dans les cultures de céréales, les vergers, les vignobles, les cultures et les terres incultes (CAB International, 2007).

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Centaurea solstitialis peut aussi réduire l'espace d'habitat et de fourrage de la faune, déplacer les plantes indigènes et diminuer la diversité végétale et animale indigène. Les infestations denses menacent les écosystèmes naturels en fragmentant les habitats des plantes et des animaux (CAB International, 2007). Les infestations de Centaurea solstitialis peuvent limiter l'accès aux zones de loisirs et réduire la valeur de la terre. Plusieurs espèces de plantes rares et sensibles en Oregon, au Nevada et en Idaho sont réputées menacées par Centaurea solstitialis. Les grandes populations de Centaurea solstitialis peuvent modifier le cycle de l'eau dans les pâturages annuels et les écosystèmes constitués de régions boisées dans les contreforts en Californie, en utilisant plus d'eau à une profondeur accrue dans le sol que la végétation indigène (Zouhar, 2002).

Incertitude

Il y a des doutes concernant son aire de distribution potentielle au Canada. Il est fort probable que l'aire de distribution potentielle soit moindre que celle qui est illustrée à la Figure 11 et qui est fondée sur la zone 5 de rusticité NAPPFAST. Toutefois, il est aussi fort probable qu'il existe des environnements appropriés pour les populations persistantes au moins dans le sud de la Colombie-Britannique.

Conclusion

Selon le résultat de l'évaluation du risque phytosanitaire menée par l'ACIA, on peut affirmer que Centaurea solstitialis est susceptible de s'établir et de devenir envahissante dans certaines régions du Canada, y compris le sud de la Colombie-Britannique, si elle y est introduite. Cette plante devrait être considérée pour réglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. Il convient de noter qu'elle est déjà réglementée par l'ACIA comme graine de mauvaise herbe nuisible interdite en vertu de la Loi sur les semences.

Considérations d'ordre technique

Annexe 4B : Considérations sur la gestion des risques associés à Centaurea solstitialis (Centaurée du solstice)

Valeurs menacées

Les parcours naturels constituent d'importants écosystèmes qui fournissent une abondance et une variété de produits, comme la végétation à brouter et le fourrage, tant aux animaux sauvages qu'aux animaux domestiques, ainsi que de la fibre de bois. Les parcours naturels fournissent aussi de l'eau potable, assurent un habitat à la faune, favorisent la biodiversité, le cycle nutritionnel et les possibilités de récréation (Horton, 1996). Centaurea solstitialis a la capacité d'envahir les parcours naturels, en menaçant la biodiversité indigène, l'habitat et le fourrage de la faune et le cycle naturel de l'eau. L'un des usages les plus courants et les plus profitables des parcours naturels est le pâturage du bétail. Le tableau 11 montre le nombre de bovins et de veaux, de moutons et d'agneaux et de chevaux et de poneys dans les régions de la Colombie-Britannique qui se trouvent dans les zones de rusticité numéros 5 à 9. Centaurea solstitialis est toxique pour les chevaux lorsqu'elle est consommée en grande quantité et peut nuire au pâturage du bétail. Centaurea solstitialis est listé parmi les « pires mauvaises herbes de l'Ouest » par le Centre for Invasive Plant Management – Centre de gestion des plantes envahissantes (CIPM 2009).

Mesures d'atténuation possibles applicables aux moyens naturels de dispersion

La dispersion naturelle constitue une voie d'introduction possible au Canada pour Centaurea solstitialis, en particulier en Colombie-Britannique. Actuellement, il existe quatre comtés frontaliers dans l'État de Washington, un comté frontalier en Idaho et un comté frontalier au Montana (États adjacents à la C.-B.), qui sont infestés par cette mauvaise herbe (USDA-NRCS 2009). Centaurea solstitialis est inscrite comme mauvaise herbe nuisible de classe B dans l'État de Washington (NWCB, 2009), comme mauvaise herbe nuisible en Idaho sur la Statewide Containment List (ISDA, 2009) et comme mauvaise herbe de catégorie 3 au Montana (MDA 2009). Dans les États de Washington et de l'Idaho, l'objectif est d'empêcher la dissémination des populations existantes et l'établissement de nouvelles populations, mais pas nécessairement d'éradiquer la plante. Au Montana, les critères de gestion des mauvaises herbes nuisibles de catégorie 3 comprennent l'éducation et la sensibilisation, la détection précoce et l'action immédiate pour éradiquer les infestations. Selon le degré de proximité des populations existantes par rapport à la frontière, les programmes en question pourraient réduire le risque que Centaurea solstitialis se dissémine naturellement jusqu'au Canada. Centaurea solstitialis est en outre réglementée comme mauvaise herbe nuisible en vertu du B.C. Weed Control Act, qui exige que tous les occupants des terres éradiquent les plantes nuisibles qu'il désigne s'ils les trouvent sur leur propriété (BCMAL, 2002).

Comme il existe des populations de Centaurea solstitialis dans les comtés adjacents à la C.-B., un programme de détection précoce et d'intervention rapide (DPIR) devrait être employé par la province.

Table 2 : Types de bétail dans les régions de la C.-B.Centaurea solstitialis (Centaurée du solstice) pourrait s'établir
Type d'animal Nombre d'animaux Pourcentage du total pour la C.-B.
Bovins et veaux 355 87144%
Moutons et agneaux 38 61263%
Chevaux et poneys 53 24649%

Source : Statistique Canada, 2007

Nota : Les données sont fondées sur les régions agricoles de recensement et sur les divisions de recensement, dont certaines s'étendent au-delà de la zone de rusticité numéro 5.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée intentionnelles

Aucune voie d'introduction intentionnelle n'a été répertoriée pour Centaurea solstitialis. Même si aucune mesure d'atténuation n'est requise pour l'instant, cette voie d'introduction sera quand même réglementée en vertu de la Loi sur la protection des végétaux si cette espèce est inscrite sur la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA, 2009).

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée non intentionnelles

Grandes cultures non destinées à la multiplication

Historique des importations

On ignore l'identité des denrées céréalières qui pourraient être contaminées avec des semences de Centaurea solstitialis, mais on a constaté que cette mauvaise herbe nuisait à la production céréalière.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Centaurea solstitialis en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) dans le but de :

Toutes les mesures d'atténuation des risques pour les marchandises de grandes cultures contenant Centaurea solstitialis doivent prendre en considération les exigences/mesures concernant les organismes nuisibles qui ne sont pas des plantes (pathogènes et insectes, par exemple).

Répercussions commerciales
Rentabilité et faisabilité

Semences

Deux spécimens de Centaurea solstitialis ont été prélevés dans un pré de fauche à Campbellford, en Ontario, en 1971, avant que cette espèce ne soit répertoriée dans l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes en 1986.

Historique des importations

On ignore l'identité des denrées céréalières qui pourraient être contaminées avec des semences de Centaurea solstitialis, mais on a constaté que cette mauvaise herbe nuisait à la production céréalière.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peuvent inclure un ou plusieurs des points suivants :

Répercussions commerciales 
Rentabilité et faisabilité

Foin et paille

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Centaurea solstitialis en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux (ACIA 2009) dans le but de :

Répercussions commerciales 
Rentabilité et faisabilité

Bétail

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques
Répercussions commerciales

Les exportateurs sont déjà tenus de faire inspecter le bétail à la frontière.

Rentabilité et faisabilité

Véhicules et équipement agricoles usagés

Historique des importations

Mesures possibles d'atténuation des risques

Mise en application de la Directive 95-26 Exigences phytosanitaires s'appliquant à la terre et aux matières connexes, ainsi qu'aux articles contaminés par de la terre et des matières connexes (ACIA 2008).

En 2003, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a endossé la responsabilité d'effectuer l'inspection initiale des importations aux postes frontaliers canadiens applicables, suivant les lois et règlements administrés par l'ACIA. L'inspection des biens pouvant être contaminés par la terre est parmi les responsabilités qui ont été transférées à l'ASFC en 2003. L'Unité de programme sur les aliments, les plantes et les animaux de l'ASFC finalise présentement la procédure opérationnelle normalisée (PON) qui concerne l' « Inspection des produits importés potentiellement contaminés par la terre ». Les agents des services frontaliers y trouvent les procédures officielles à suivre lors de l'inspection et de la disposition des biens pouvant être contaminés par la terre, incluant les véhicules et la machinerie agricole usagés.

Matériel de pépinière avec terre

Il existe deux références documentées où on constate que Centaurea solstitialis a été trouvée dans des jardins ou dans des espaces paysagers. Cette documentation indique que la mauvaise herbe peut être introduite comme plantes ornementales ou dans une motte de terre par les masses racinaires des buissons ou des arbres.

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Centaurea solstitialis en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada dans le but de :

Les actions réglementaires pourraient inclure un ou plusieurs des points suivants :

Répercussions commerciales 
Rentabilité et faisabilité

Les certificats phytosanitaires sont actuellement délivrés par les pays exportateurs pour le matériel de pépinière, et les pays exportateurs se conforment actuellement aux exigences phytosanitaires énoncées dans la D-95-26, y compris quant aux zones de production exemptes d'organismes nuisibles.

Annexe 4C : Données sur l'importation de luzerne à ensemencer

Données sur l'importation de luzerne à ensemencer en provenance de pays où Centaurea solstitialis (Centaurée du solstice)est présent (2006 à 2008)

Valeur ($CAN)

Tableau 4C-a : Données sur l'importation de luzerne à ensemencer HS 120921
Pays Exportateurs/ États américains 2006 2007 2008
Idaho47 72 72215803442799074
Californie421 346649464197474
État de Washington26 447404826199382
Dakota du Sud104 01531009357649
Minnesota242 639110720
Tennessee7 3576233019394
Michigan9 3679 1309 438
Montana7 70910 58318 097
Kentucky011 84114 976
Oregon50 0231 0081 355
Caroline du nord23 119101 329
Iowa58 78753 781851
Maine059
Missouri01 7342 403
Dakota du nord0017 276
Wyoming3 00200
Indiana2 8591 4870
Wisconsin1 96225 049925
Maryland, New York123025
Sous-total :5 731 3663 122 8223 339 677
Tableau 4C-b : Données sur l'importation de luzerne à ensemencer HS 120921
Pays Exportateurs/ États américains 2006 2007 2008
France272 52952 220
Italie23 98621 69769 814
Espagne03 6620
Les Pays-Bas1251233081
Allemagne03081242065
Autriche0111016046
Sous-total : 24 13869 813203 226
Tableau 4C-c : Données sur l'importation de luzerne à ensemencer HS 120921
Pays Exportateurs/ États américains 2006 2007 2008
Argentine563 1220
Uruguay 2 52400
Sous-total : 26 7183 1220
Tableau 4C-d : Données sur l'importation de luzerne à ensemencer HS 120921
Pays Exportateurs/ États américains 2006 2007 2008
Total :5 758 0843 195 757 3 542 903

Quantité (kg)

Tableau 4C-a : Données sur l'importation de luzerne à ensemencer HS 120921
Pays Exportateurs/ États américains 2006 2007 2008
Idaho95 5171327 406440 995
Californie114 149166 79943 479
État de Washington5 45780 16545 398
Dakota du Sud446009086717010
Minnesota96 5372609
Tennessee1 81412 4122 653
Michigan1 3179998 769
Montana9712 1585 275
Kentucky019 9919 50
Oregon21 900198134
Caroline du nord5 9363181
Iowa11 4305 967115
Maine011
Missouri0272465
Dakota du nord003 969
Wyoming59000
Indiana5797030
Wisconsin2723 674114
Maryland, New York261
Sous-total :1 260 725693 889570 518
Tableau 4C-b : Données sur l'importation de luzerne à ensemencer HS 120921
Pays Exportateurs/ États américains 2006 2007 2008
France191806335
Italie6013342121212
Espagne06000
Les Pays-Bas1023200
Allemagne034513975
Autriche021491000
Sous-total :6 0429 80335 722
Tableau 4C-c : Données sur l'importation de luzerne à ensemencer HS 120921
Pays Exportateurs/ États américains 2006 2007 2008
Argentine115130
Uruguay 32500
Sous-total :3365130
Tableau 4C-d : Données sur l'importation de luzerne à ensemencer HS 120921
Pays Exportateurs/ États américains 2006 2007 2008
Total :1 267 103704 205606 240

Source : Statistique Canada, 2009

Annexe 4D : Données sur l'importation de foin et de paille

Données sur l'importation de foin et de paille en provenance de pays où Centaurea solstitialis (Centaurée du solstice)est présent (2006 à 2008)

Valeur ($CAN)

Tableau 4D_1 : Données en dollars canadien pour l'importation de foin et de paille HS 121300
Pays Exportateurs/États américains 2006 2007 2008
État de Washington5 056 5445 685 0966 397 081
Caroline du nord272 458316 202212 617
Dakota du nord856 800326 304180 360
Illinois40 714114 980111 185
Oregon4 8751 75018 492
New York8 98410 26016 288
Michigan2 65630 169458
Tous les autres états Note de tableau 131 37433 17850 069
Mexique Allemagne Ghana9 70928 49523 099
Grande-Bretagne 5 79611 2264 855
Sous-total :6 289 9106 557 6607 014 504

Notes de tableau

Note de tableau 1

Les États dont les exportations ont une valeur moindre à 10 000 $ / année ont été regroupés.

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Tableau 4D_2 : Données en dollars canadien pour l'importation HS 121490
Pays Exportateurs/États américains 2006 2007 2008
État de Washington3 849 2454 045 9274 115 211
Wisconsin107 918238 895386 684
Oregon1 086 048630 851330 770
Ohio250 851262 863303 452
Pennsylvania22 69920 272101 167
New Jersey44 16237 89148 900
Nebraska29 89224 79248591
Kansas013 41046 197
Colorado32 13326 65228 890
Kentucky6193015 743
Iowa41248313 852
Californie12 74023 5119 755
Arizona134 345131 7643 429
New York24 9651 808228
Idaho6 31755 09953
Tous les autres États Table Note 227 70417 67721 449
Chili041 35432 946
Albanie041 35432 946
Allemagne, France, Colombie3 59210 0303 888
Sous-total :5 633 6425 583 3095 511 205

Source : Industrie Canada 2009

Notes de tableau

Note de tableau 2

Les États dont les exportations ont une valeur moindre à 10 000 $/année ont été regroupés.

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Annexe 5A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Crupina vulgaris (crupine vulgaire)

Identité de l'organisme

Nom : Crupina vulgaris Cass. (Astérales : Asteraceae)

Synonyme(s) : Centaurea crupina, Serratula crupina

Noms communs français : Crupine, crupine vulgaire (Darbyshire 2003)

Noms communs anglais : Common crupina, crupina, bearded-creeper, starry scabious (Darbyshire 2003; CAB 2006)

Description : Crupina vulgaris Cass. (Astérales : Astéracées) est une mauvaise herbe d'hiver facultative, indigène dans la région de la Méditerranée et ayant été introduite récemment (1968) aux États-Unis dans l'État de Washington, en Idaho, en Oregon, en Californie et au Massachusetts. Il s'agit d'une mauvaise herbe importante dans les pâturages, les prairies, les parcours naturels, les champs de foin, les bords des routes non perturbés et les terrains vagues.

Crupina vulgaris comporte un pivot radiculaire svelte pouvant s'approfondir de plusieurs mètres. La principale tige fleurie peut atteindre une hauteur de 0,3 à 1,2 mètres. Le sommet de la principale tige fleurie se ramifie en une à quinze branches. En plus des courtes branches fleuries au sommet de la principale tige, d'autres branches fleuries sont produites dans les aisselles des feuilles supérieures.

La plante produit trois à cent trente capitules (inflorescences). Chacun d'eux porte trois à huit fleurs stériles et une à huit fleurs fertiles, la combinaison normale étant de trois fleurs stériles et de deux fleurs fertiles. Les pétales roses ou pourpres émergent des bractées florales écailleuses du capitule.

Les semences sont cypsèles avec une pappe dense aux soies d'une couleur brun noirâtre au sommet. Les cypsèles constituent un type d'akène, soit des fruits durs et secs à cellule et à semence unique qui ne s'ouvrent pas tant qu'ils ne sont pas mûrs. La forme de l'akène est à peu près cylindrique, fuselée à la base et mesurant de 3 à 5 mm sur 1,5 à 3 mm. La surface de l'akène est noire ou beige argenté et couverte de poils fins.

Statut de l'organisme

La distribution indigène actuelle de Crupina vulgaris est centrée autour de la Méditerranée, depuis le Sud de l'Europe (péninsule ibérique, France, Italie, Grèce), traversant la Turquie et s'étendant à l'Est jusqu'à la province chinoise de Xinjiang en Asie. En Afrique, elle est aussi considérée comme indigène du Maroc, de la Libye et de l'Algérie.

Crupina vulgaris n'est pas présente au Canada, mais est envahissante dans plusieurs États américains (Californie, Oregon, Washington et Idaho (USDA-NRCS 2009)).

La première introduction fructueuse de Crupina vulgaris aux États-Unis a été découverte en Idaho, en 1968. Les découvertes ultérieures ont été faites dans le comté de Sonoma, en Californie, en 1976 (l'espèce a été déclarée éradiquée en 1982), dans le comté de Chelan, État de Washington, en 1983, dans le comté d'Umatilla, en Oregon, en 1987, dans le comté de Sonoma, en Californie, en 1989 (redécouverte), dans le comté de Modoc, en Californie, en 1990, et dans le comté de Wallowa, en Oregon et dans certains endroits du comté de Nez Perce et de Snake River Canyon, en Idaho, en 1995. On estime que Crupina vulgaris a envahi plus de 26 000 hectares en Idaho, en Oregon, en Californie et dans l'État de Washington. Les grandes populations de Crupina vulgaris restent largement séparées et discrètes, malgré une expansion locale et une dispersion dans de nouvelles régions satellites.

Deux signalements de Crupina vulgaris au Canada semblent erronés. Zamora et al. (1989) déclarent que la crupine vulgaire a été trouvée en Colombie-Britannique (sans d'autres détails). Garnatje et al. (2002) indiquent toutefois que le signalement en question semble erroné, si on se fie à une communication personnelle avec R. Cranston donnée en référence (spécialiste des mauvaises herbes qui travaillait précédemment au ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de la Colombie-Britannique). Deuxièmement, Thill et al. (1999) déclarent qu'une infestation de crupine vulgaire a été découverte près de Pincher Creek, dans la province canadienne de Colombie-Britannique et a été éradiquée entre 1980 et 1986 (Pincher Creek est en réalité situé dans la province d'Alberta). L'auteur de la communication personnelle pour cette déclaration a toutefois indiqué qu'il n'avait connaissance d'aucune présence de la crupine vulgaire au Canada. (R. Cranston, qui travaillait précédemment au ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation de la C.-B., communication personnelle avec K. Castro, 4 avril 2006). Qui plus est, il n'existe pas de signalements pour la crupine vulgaire dans le district municipal de Pincher Creek (K. Cooley, agent agricole, district municipal de Pincher Creek, communication personnelle avec K. Castro, le 4 avril 2006). Sans autre preuve du contraire, on peut considérer que la crupine vulgaire est absente du Canada.

Statut réglementaire actuel

Crupina vulgaris n'est pas réglementée actuellement en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. En vertu de la Loi sur les semences, dans l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes Note de bas de page 2, 2005, elle est répertoriée comme mauvaise herbe nuisible interdite de classe 1. Toutes les semences vendues ou offertes en vente au Canada, de même que celles qui sont importées au Canada à des fins de plantation doivent être exemptes de graines de mauvaises herbes nuisibles interdites comme il est énoncé dans l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes. À l'échelon provincial, Crupina vulgaris est réglementée en Colombie-Britannique.

Aux États-Unis, Crupina vulgaris figure sur la Liste des parasites réglementés du Département de l'agriculture des États-Unis (USDA-APHIS 2009) et sur la Liste des mauvaises herbes nuisibles de ressort fédéral. Elle est aussi considérée comme mauvaise herbe nuisible ou comme phytoravageur dans 15 États : Alabama, Californie, Colorado, Floride, Idaho, Massachusetts, Minnesota, Montana, Nevada, Caroline du Nord, Oregon, Caroline du Sud, Dakota du Sud, Vermont et Washington (USDA, NRCS 2009).

Probabilité d'introduction

Tableau 1 : Résumé des voies d'entrée pour Crupina vulgaris (crupine vulgaire)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelleLes akènes de Crupina vulgaris peuvent être dispersés par une ou plusieurs voies naturelles. (Les akènes sont de petits fruits secs à semence unique. Dans le cas de Crupina vulgaris, ils ressemblent à une semence.) La dispersion par le vent des grands akènes lourds se limite à peu près à deux mètres ou moins. Les akènes peuvent être transportés sur une distance allant jusqu'à 15 m par les rongeurs, qui les accumulent dans des caches à nourriture, et même jusqu'à 100 m ou plus par les bovins et les chevreuils, une fois accrochés aux sabots et aux poils. Les semences ont aussi survécu au passage dans les voies digestives de la plupart des animaux, exception faite des moutons. L'eau constitue un mécanisme de dispersion potentiel, bien que les zones riveraines ne comptent pas parmi les habitats importants de Crupina vulgaris.
Introduction intentionnelleLes akènes peuvent être transportés par les adeptes du plein air ou les touristes comme curiosité parce qu'ils ont une apparence semblable à celle d'un appât de pêche à la mouche.
Introduction non intentionnelleLe Canada importe des moutons vivants, de la laine de mouton, des bovins vivants, du foin et d'autres produits fourragers de quatre États américains où Crupina vulgaris est présente. Ces importations constituent des voies d'introduction potentielles non intentionnelles pour l'espèce au Canada. Crupina vulgaris pourrait aussi être introduite par accident en association avec les tissus, les tamis, la machinerie agricole, les camions, les wagons de trains, le ballast contaminé ou les chiens-bergers qui traversent la frontière depuis les États-Unis jusqu'au Canada. Les adeptes du plein air ou les touristes peuvent transporter des semences de Crupina vulgaris accrochées à leurs vêtements ou à leur équipement de manière non intentionnelle.

Probabilité d'établissement

Si elle y était introduite, Crupina vulgaris s'établirait le plus probablement dans certaines régions du Canada. Selon la distribution actuelle, Crupina vulgaris pourrait s'établir dans cinq zones de rusticité des plantes au Canada (zones 4 à 8) (Figure 1). Cette espèce est capable de s'établir dans des zones au climat moins clément, domaine d'incertitude qui pourrait être abordé dans le cadre de recherches scientifiques.

Figure 1 : Zones 4 à 11 de rusticité USDA

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette image est une carte de l'Amérique du Nord montrant les zones de rusticité de 1 à 11 dans des couleurs différentes.

Probabilité de propagation

Crupina vulgaris se reproduit seulement par les semences. Par rapport à beaucoup d'autres espèces de mauvaises herbes, Crupina vulgaris a une production de semences faible. Crupina vulgaris produit en moyenne de 3 à 27 semences par plante dans les prairies sèches et jusqu'à 850 semences par plante lorsque les conditions sont favorables (Roché 1996, cité dans Roché and Thill 2001). Bien que la production de semences soit relativement faible, les grandes semences lourdes de la plante sont assorties d'un taux élevé de succès d'établissement (Roché and Thill 2001). Le potentiel de dispersion est grandement amplifié par les voies de dispersion anthropogènes (Ising 1937; Sorrie and Sommers 1999). Aux États-Unis, Crupina vulgaris s'est révélée envahissante et constitue une mauvaise herbe significative des prairies, des champs de foin, des pâturages et des parcours naturels (CABI 2006). La capacité de Crupina vulgaris de s'établir dans les zones sèches à la végétation éparse et de rivaliser avec les espèces désirables constitue un facteur supplémentaire qui favorise la dissémination de l'espèce.

Conséquences économiques potentielles

La possibilité est élevée de répercussions économiques sérieuses, si Crupina vulgaris est introduite au Canada. Selon le degré d'infestation et la zone de distribution potentielle de l'espèce, Crupina vulgaris pourrait avoir des répercussions économiques négatives pour au moins deux industries importantes au Canada : l'industrie fourragère et l'industrie des productions animales (AAC 2007). La commercialisation des marchandises semencières pourrait aussi être touchée, bien qu'il soit considéré peu probable que Crupina vulgaris se retrouve dans les lots de semences nettoyés.

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Crupina vulgaris contribue à la dégradation des peuplements végétaux indigènes et gérés. Elle peut rivaliser férocement avec les espèces indigènes et dominer les endroits où elle pousse, déplaçant les autres espèces de plantes et réduisant la biodiversité de l'écosystème où elle se trouve. Elle accroît aussi le risque d'érosion du sol (CABI 2006). Crupina vulgaris n'est pas considérée comme ayant des répercussions sociologiques sur les valeurs esthétiques, récréatives ou foncières (CABI 2005).

Incertitude

Il existe trois principaux domaines d'incertitude pour la présente évaluation du risque. L'un deux est l'amplitude climatique pour Crupina vulgaris. Une meilleure connaissance de l'éventail des températures auxquelles Crupina vulgaris peut survivre permettrait de définir avec un surcroît de précision la zone de distribution potentielle de Crupina vulgaris au Canada. Sa préférence pour les climats chauds de type méditerranéen peut limiter son potentiel envahissant au Canada. De même, les tolérances aux régimes pluviométriques pourraient être clarifiées, c'est-à-dire la question de savoir si la pluviosité élevée (supérieure à 950 mm) constitue un facteur limitant pour Crupina vulgaris. Deuxièmement, on dispose de peu de renseignements sur les répercussions économiques de Crupina vulgaris dans les autres régions où elle a été introduite. Même si l'on sait que l'espèce nuit aux productions animales et fourragères, la valeur financière des répercussions économiques potentielles de Crupina vulgaris au Canada pourrait être difficile à établir. Enfin, si l'espèce est introduite au pays, Crupina vulgaris pourrait avoir des répercussions négatives sur les espèces en péril au Canada, mais on ignore si les répercussions en question pourraient se manifester, la manière dont elles pourraient le faire et l'ampleur avec laquelle elles pourraient le faire.

Conclusion

On considère comme probable que sans mesures spécifiques, Crupina vulgaris sera introduite au Canada par une ou plusieurs des voies d'introduction qui ont été relevées pour cette espèce. La Colombie-Britannique semble être la région la plus exposée au risque, en raison des facteurs combinés que sont les importations de moutons, de bovins et de foin en provenance d'États où Crupina vulgaris est présente, de même que de l'existence d'habitats propices au développement de la plante. Toutefois, il est possible que les voies d'introduction pour Crupina vulgaris puissent mener à son entrée dans d'autres parties du Canada aussi.

Si Crupina vulgaris s'établit au Canada, elle aurait des répercussions économiques négatives, en particulier pour l'industrie du foin et pour celle des productions animales. Toutefois, la capacité limitée de propagation naturelle de l'espèce et sa production semencière relativement faible, donnent à penser que l'éradication de l'espèce pourrait être fructueuse, si celle-ci est décelée précocement.

Il est recommandé que Crupina vulgaris soit ajoutée à la Liste des parasites réglementés par le Canada afin de prévenir ce qui serait autrement l'introduction probable d'une espèce de plante envahissante dommageable. Cette espèce devrait être réglementée pour les raisons suivantes : 1) elle n'est pas encore présente au Canada, 2) il y a une chance relativement bonne que l'éradication soit fructueuse si l'espèce est décelée précocement, 3) les répercussions économiques potentielles de l'espèce sont élevées, 4) aucun avantage économique n'a été déterminé pour cette espèce et 5) l'espèce est réputée avoir des répercussions négatives sur la biodiversité dans les régions qu'elle envahit. La réglementation de cette espèce en vertu de la Loi sur la protection des végétaux viendrait aussi compléter sa réglementation comme mauvaise herbe nuisible interdite en vertu de la Loi sur les semences.

Considérations d'ordre technique

Il faudrait accroître les recherches scientifiques pour déterminer si l'espèce est capable de s'établir dans les climats moins cléments que celui des zones où elle est rustique et si elle aura des effets délétères sur les espèces en péril et les espèces en voie de disparition.

Annexe 5B : Considérations sur la gestion des risques associés à Crupina vulgaris (crupine vulgaire)

Valeurs menacées

Aucune valeur à risque n'a été relevée.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux moyens naturels de dispersion

La dispersion naturelle des akènes resterait assez localisée étant donné que les semences tombent à proximité de la plante-mère et que la dispersion par la faune ne s'effectue que sur de courtes distances. Ces méthodes de dispersion sont difficiles à maîtriser. Aucune mesure d'atténuation précise n'est proposée pour les voies naturelles de dispersion de Crupina vulgaris.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée intentionnelles

Transport de parties de plante par les touristes et les usagers des équipements récréatifs

Une voie intentionnelle potentielle pour l'introduction de Crupina vulgaris découle de l'apparence de ses akènes. Ils sont fuselés et légèrement iridescents et, avec leurs soies raides situées à l'extrémité la plus grande, ils ressemblent assez aux mouches sèches utilisées pour la pêche.

Historique des importations

Il n'est pas possible d'évaluer la quantité d'akènes qui entrent au Canada pour la pêche à la mouche, mais elle est probablement faible.

Mesures d'atténuation des risques

Sensibiliser le public à la réglementation et aux risques que présente cette plante et distribuer le matériel de sensibilisation au public traversant les postes frontaliers. Cette mesure n'est pas considérée comme efficace en soi si le risque est élevé, mais constitue une mesure viable si le degré de risque est faible.

Répercussions commerciales 

Comme la plupart des importations du genre sont non commerciales, il n'y aurait pas de conséquences pour le commerce.

Rentabilité et faisabilité

Une campagne de sensibilisation du public constitue l'option la plus réalisable, alors que l'inspection serait très dérangeante, difficile à mettre en œuvre et coûteuse.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée non intentionnelles

Foin et paille

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Crupina vulgaris en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada :

Parmi les exigences supplémentaires, on peut compter :
Répercussions commerciales :
Rentabilité et faisabilité

La réglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétaux est déjà en place pour d'autres organismes nuisibles réglementés par le Canada. La formation des inspecteurs sur l'identification encourra des coûts mineurs. Des coûts pourraient être engagés pendant la négociation des exigences avec les États-Unis ou avec les autres partenaires commerciaux touchés.

Semences

Historique des importations

Entre 2004 et 2008, des semences pour une valeur moyenne de 42 millions de dollars ont été importées au Canada des quatre États américains où Crupina vulgaris est présente.

Mesures d'atténuation des risques

Les semences de Crupina vulgaris ne sont pas susceptibles de contaminer les semences des autres cultivars étant donné qu'elles ne tolèrent pas la culture et qu'elles ne seraient pas courantes dans les champs cultivés, même si elles pourraient s'établir en bordure des champs. Toutefois, elles arrivent à maturité plus rapidement que les semences des plantes cultivées et les akènes sont faciles à retirer par tamisage en raison de leur pappe aux soies raides. On pourrait nettoyer à nouveau les semences dont on soupçonne qu'elles sont contaminées avec Crupina vulgaris pour retirer les semences de contaminants.

Crupina vulgaris figure comme mauvaise herbe nuisible interdite de classe 1 dans l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes. Par conséquent, en raison de la réglementation et des exigences actuelles de la Loi sur les semences, les semences importées sont peu susceptibles de constituer une voie d'introduction.

Parmi les autres options, on compte la réglementation de Crupina vulgaris comme organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. L'ajout de cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) aurait pour effet :

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peuvent inclure un ou plusieurs des points suivants :

Répercussions commerciales

Les ONPV des pays exportateurs et les organismes de certification des semences allouent présentement des ressources pour l'inspection des lots de semences et l'émission de certificats phytosanitaires. Les laboratoires des pays étrangers devront être en mesure d'identifier les semences de Crupina vulgaris au sein d'un échantillon de semences. Les exportateurs devront attester que les lots de semences sont exempts de Crupina vulgaris, en défaut de quoi l'ACIA peut refuser leur entrée au Canada.

Grandes cultures non destinées à la multiplication

Sont inclus dans la présente section les grains céréaliers, les oléagineux, les légumineuses à graines, le fourrage et les nouvelles cultures non abordés dans la section Semences ci-dessus.

Historique des importations

Entre 2004 et 2008, des produits de grande culture non destinés à la propagation pour une valeur moyenne de 1,7 million de dollars ont été importés au Canada à partir des quatre États américains où Crupina vulgaris est présente.

Mesures d'atténuation des risques

Les semences de Crupina vulgaris ne sont pas susceptibles de constituer un contaminant étant donné qu'elles ne tolèrent pas la culture et qu'elles ne seraient pas courantes dans les champs cultivés, même si Crupina vulgaris peut s'établir en bordure des champs. Toutefois, elles arrivent à maturité plus rapidement que les semences des plantes cultivées, et les akènes sont faciles à retirer par tamisage en raison de leur pappe aux soies raides. On pourrait nettoyer à nouveau les graines dont on soupçonne qu'elles pourraient être contaminées avec Crupina vulgaris pour retirer les semences de contaminants.

Bétail

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer le Crupina vulgaris en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada.

Ceci devrait :

Répercussions commerciales 
Rentabilité et faisabilité

Laine et peaux brutes

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Des mesures ne sont pas requises :

Véhicules et équipement agricoles usagés

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Mise en application de la directive 95-26 : Exigences phytosanitaires s'appliquant à la terre et aux matières connexes, et aux articles contaminés par la terre et les matières connexes (ACIA 2010).

En 2003, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a endossé la responsabilité d'effectuer l'inspection initiale des importations aux postes frontaliers canadiens applicables, suivant les lois et règlements administrés par l'ACIA. L'inspection des biens pouvant être contaminés par la terre est parmi les responsabilités qui ont été transférées à l'ASFC en 2003. L'Unité de programme sur les aliments, les plantes et les animaux de l'ASFC a développé la procédure opérationnelle normalisée (PON) qui concerne l' « Inspection des produits importés potentiellement contaminés par la terre ». Les agents des services frontaliers y trouvent les procédures officielles à suivre lors de l'inspection et de la disposition des biens pouvant être contaminés par la terre, incluant les véhicules et la machinerie agricole usagés.

Répercussions commerciales
Rentabilité et faisabilité

Comme les véhicules usagés et la machinerie agricole sont déjà tenus d'être exempts de terre, on se trouverait à juguler l'une des sources probables de la contamination par Crupina vulgaris, ce qui n'entraînerait pas de coûts supplémentaires. Toutefois, le fait de s'assurer que les véhicules usagés et la machinerie agricole sont exempts d'akènes de Crupina vulgaris non associés à de la terre nécessiterait des ressources et de la formation supplémentaires de même que la renégociation d'un protocole d'entente entre l'ACIA et l'ASFC.

Équipement et vêtements récréatifs usagés.

Historique des importations

Il n'est pas possible d'évaluer la quantité d'équipement récréatif usagé et de vêtements qui entre au Canada, mais elle est probablement très importante.

Mesures d'atténuation des risques

Sensibiliser le public à la réglementation et aux risques que présente cette plante et distribuer le matériel de sensibilisation au public traversant les postes frontaliers. Cette mesure n'est pas considérée comme efficace en soi si le risque est élevé, mais constitue une mesure viable si le degré de risque est faible.

Répercussions commerciales 

Comme la plupart des importations du genre sont non commerciales, il n'y aurait pas de conséquences pour le commerce.

Rentabilité et faisabilité

Une campagne de sensibilisation du public constitue l'option la plus réalisable, alors que l'inspection serait très dérangeante, difficile à mettre en œuvre et coûteuse.

Annexe 5C : Données sur l'importation de produits de grandes culture

Données d'importation pour les produits de grande culture non destinés à la propagation et provenant des États américains où Crupina vulgaris est présente (2006-2008).

Valeur ($CAN)

Code SH - Produit : 1001 - Blé et méteil
État américain exportateur 2006 2007 2008
Washington433 2872 317 1011 825 056
Oregon1 508 006422 4961 707
Idaho0279 9280
Californie4 9748 7015 260
Total partiel : 1 946 2673 028 2261 832 023
Code SH - Produit : 1002 – Seigle
État américain exportateur 2006 2007 2008
Oregon688294
Total partiel : 688294
Code SH - Produit : 1003 – Orge
État américain exportateur 2006 2007 2008
Idaho119 901152147
Californie4 6005 0434 512
Oregon05449
Washington4 787021
Total partiel : 129 2885 2005 129
Code SH - Produit : 1004 – Avoine
État américain exportateur 2006 2007 2008
Washington05689
Californie552067
Idaho2298
Oregon15 80527 90111 700
Total partiel : 16 35927 93512 464
Code SH - Produit : 1007 - Sorgho grain
État américain exportateur 2006 2007 2008
Californie1 247251374
Oregon02890
Total partiel : 1 247540374
Code SH - Produit : 1008 - Sarrasin, millet et graines à canari; autres céréales
État américain exportateur 2006 2007 2008
Californie360 752593 3331 263 130
Oregon112 846198 547476 661
Washington1 6193 780482
Idaho2 98444 04722 951
Total partiel : 478 201839 7071 763 224
Code SH - Produit : 1201 - Fèves de soya
État américain exportateur 2006 2007 2008
Washington41 9151802 043
Idaho004 481
Oregon7 9944 44126 005
Californie64 49236 753165 357
Total partiel : 114 40141 374197 886
Code SH - Produit : 1205 - Graines de colza et de canola
État américain exportateur 2006 2007 2008
Idaho2 278 4296 622 76322 504 709
Washington447 9412 152 6924 950 358
Oregon893 3162 272 0411 233 939
Californie257,817155 49849 527
Total partiel : 3 877 50311 202 99428 738 533
Code SH - Produit : 1207 - Oléagineux et fruits oléagineux
État américain exportateur 2006 2007 2008
Californie489 204523 238565 491
Oregon285 632652 761349 070
Washington95 604201 037167 368
Idaho30 6688 062147 337
Total partiel : 901 1081 385 0981 229 266
Code SH - Produit : Tous produits
État américain exportateur 2006 2007 2008
Total :7 464 44216 531 15633 778 993

Quantité en tonnes métriques (tm)

Code SH - Produit : 1001 - Blé et méteil
État américain exportateur 2006 2007 2008
Washington2 2008 9165 334
Oregon9 4632 0091
Idaho01 2250
Californie81710
Total partiel : 11 67112 1675 345
Code SH - Produit : 1002 – Seigle
État américain exportateur 2006 2007 2008
Oregon000
Total partiel : 000
Code SH - Produit : 1003 – Orge
État américain exportateur 2006 2007 2008
Idaho53120
Californie181111
Oregon002
Washington3200
Total partiel : 5811313
Code SH - Produit : 1004 – Avoine
État américain exportateur 2006 2007 2008
Washington001
Californie100
Idaho000
Oregon1208481
Total partiel : 1218482
Code SH - Produit : 1007 - Sorgho grain
État américain exportateur 2006 2007 2008
Californie410
Oregon010
Total partiel : 420
Code SH - Produit : 1008 - Sarrasin, millet et graines à canari; autres céréales
État américain exportateur 2006 2007 2008
Californie100 535172 970241 323
Oregon108 54143 881347 798
Washington367825107
Idaho1 70115 5646 994
Total partiel : 211 144233 240596 222
Code SH - Produit : 1201 - Fèves de soya
État américain exportateur 2006 2007 2008
Washington1401
Idaho005
Oregon18323
Californie2114130
Total partiel : 5317159
Code SH - Produit : 1205 - Graines de colza et de canola
État américain exportateur 2006 2007 2008
Idaho2 9686 5975 003
Washington6922 0684 654
Oregon6707 9633 640
Californie107495187
Total partiel : 4 43717 12313 484
Code SH - Produit : 1207 - Oléagineux et fruits oléagineux
État américain exportateur 2006 2007 2008
Californie1 0631 246616
Oregon130524226
Washington442745332
Idaho325234
Total partiel : 1 6672 5201 408
Code SH - Produit : Tous produits
État américain exportateur 2006 2007 2008
Total :229 678265 166616 713

Source : Industrie Canada 2009

Annexe 5D : données sur l'importation de produits de foin et de paille

Données sur l'importation de produits de foin et de paille en provenance des É.-U.Crupina vulgaris est présente (2006-2008).

Valeur ($CAN)

Code SH - Produit : 121490 - Luzerne, rutabaga, betterave fourragère, racines fourragères, foin, trèfle, sainfoin et produits fourragers similaires
État américain exportateur 2006 2007 2008
Californie12 74023 5119 755
Idaho6 31755 09953
Oregon1 086 048630 851330 770
Washington3 849 2454 045 9274 122 801
Total partiel : 4 954 3504 755 3884 463 379
Tous les états Américains5 630 0505 532 2035 481 961
Code SH - Produit : 121300 - Paille et écales céréalières, non préparées
État américain exportateur 2006 2007 2008
Californie2 472501597
Idaho000
Oregon4 8751 75018 492
Washington5 056 5445 685 0966 397 081
Total partiel : 5 063 8915 687 3476 416 170
Tous les états Américains6 629 6056 938 3117 498 629
Code SH - Produit : Foin et paille au total
État américain exportateur 2006 2007 2008
CA, ID, OR, WA10 018 241 $10 442 735 $10 879 549 $
Tous les états Américains 12 259 655 $ 12 470 514 $12 980 590 $
Tous les autres pays 2 317 592 $ 2 186 384 $ 2 250 154 $
% provenant des É.-U.84%85%85%

Source : Industrie Canada 2009

Annexe 6A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Dioscorea polystachya (Igname de Chine)

Identité de l'organisme

Nom : Dioscorea polystachya Turcz. (Famille des Dioscoreacées) (USDA-ARS, 2009)

Synonyme(s)s : Dioscorea batatas Decne., Dioscorea cayenensis Lam. var. pseudobatatas Hauman, Dioscorea decaisneana Carrière, Dioscorea doryphora Hance, Dioscorea opposita auct., Dioscorea oppositifolia auct., Dioscorea potaninii Prain & Burkill, Dioscorea rosthornii Diels, Dioscorea swinhoei Rolfe, Dioscorea trinervia Roxb. ex Prain & Burkill (Global Invasive Species Database, 2009; USDA-ARS, 2009)

Noms communs français : Igname de Chine (CAB International 2007; USDA-ARS 2009)

Noms communs anglais : Chinese yam, Chinese-potato, cinnamon-vine (USDA-ARS 2009)

Description : Les plantes sont des vignes poussant à partir de tubercules en forme de fuseau installés sur des tiges longues et profondément enterrés. Les tiges volubiles peuvent atteindre une longueur de cinq mètres. De petites bulbilles (moins de deux centimètres de diamètre) sont produites aux aisselles des feuilles. Les feuilles inférieures sont alternes, et deviennent opposées plus haut sur la tige et mesurent de 3 à 9 cm de long sur 3 à 11 cm de large. Les pétioles sont aussi longs que les limbes. Les limbes comportent de sept à neuf veines; ils sont glabres et présentent trois lobes. Les inflorescences naissent à partir des aisselles des feuilles. Les fleurs sont petites, jaunâtres et dégagent un parfum de cannelle. Les fleurs staminées et pistillées poussent sur des plantes séparées. Le fruit est une capsule ovée. Les semences sont ailées. Seul un spécimen pistillé a été documenté en Amérique du Nord, et on présume que les plantes se propagent végétativement à partir des bulbilles (FNA Editorial Committee 1993+; Gleason et Cronquist 1963).

Dioscorea polystachya est indigène en Asie orientale, où elle est cultivée pour ses tubercules comestibles. En Amérique du Nord, elle est cultivée comme plante ornementale de jardin et s'est naturalisée dans la plupart des États de l'est des États-Unis (FNA Editorial Committee1993+).

Statut de l'organisme

Dioscorea polystachya a été importée pour vente au Canada à une échelle fort limitée. En 2006, le jardin botanique de l'UBC, université de la Colombie-Britannique, offrait Dioscorea polystachya à la vente sous le nom Dioscorea batatas dans leur catalogue (disponible en anglais seulement). Il n'existe aucun document répertoriant l'existence de la plante hors des cultures. Sur la foi du renseignement qu'on vient de mentionner, pour la zone d'analyse du risque phytosanitaire, on peut affirmer que cette espèce est considérée comme possiblement présente seulement dans les cultures.

Statut réglementaire actuel

Dioscorea polystachya n'est pas réglementée au Canada. Elle n'est pas non plus réglementée comme mauvaise herbe nuisible de ressort fédéral aux États-Unis, ni dans aucun État américain (USDA-NRCS, 2009).

La plante est actuellement répertoriée sur la Liste des phytoravageurs exotiques envahissants du Conseil sur les phytoravageurs exotiques du Sud-Est pour le Tennessee, comme espèce à menace sérieuse de rang 1, ce qui indique qu'il s'agit d'une espèce exotique qui possède les caractéristiques d'une espèce envahissante et qui pourrait se disséminer facilement dans les peuplements végétaux indigènes et déplacer la végétation indigène (Tu 2002).

Probabilité d'introduction

Dioscorea polystachya est indigène en Asie orientale, où elle est cultivée pour ses tubercules comestibles. En Amérique du Nord, elle est cultivée comme plante ornementale de jardin et s'est naturalisée dans la plupart des États de l'est des États-Unis (FNA Editorial Committee1993+).

Tableau 1: Résumé des voies d'entrée pour Dioscorea polystachya (Igname de Chine)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelle

La dissémination naturelle se fait par les semences et par les bulbilles aériennes, mais la reproduction sexuée par voie semencière n'a pas été décelée en Amérique du Nord. Les bulbilles aériennes peuvent être disséminées par les rongeurs qui s'en nourrissent. Cette voie d'introduction ne permet que le transport local et n'est pas susceptible de faire entrer la plante au Canada.

Introduction intentionnelle

Les plantes de l'espèce ont été introduites intentionnellement aux États-Unis, à des fins ornementales ou médicinales. En Asie orientale, l'espèce a été largement cultivée comme plante tubéreuse alimentaire amylacée. C'est la voie d'introduction la plus probable au Canada.

Introduction non intentionnelle

Comme pour toute mauvaise herbe, l'introduction est possible par la terre importée avec le matériel de pépinière provenant de régions infestées des États-Unis. Toutefois, le risque découlant de cette voie d'introduction est vraisemblablement mineur. Comme la reproduction ne semble pas se produire par les semences en Amérique du Nord, les semences contaminées importées des États-Unis ne constituent pas une voie d'introduction potentielle. Les semences importées d'autres pays où la reproduction sexuée se produit pourraient toutefois être contaminées. Le risque découlant de cette voie d'introduction est toutefois vraisemblablement mineur, étant donné que la plante n'est pas réputée être une mauvaise herbe des cultures et ne serait par conséquent probablement pas récoltée avec les semences destinées à la plantation.

Probability of Establishment

Dioscorea polystachya est indigène en Chine (Anhui, Fujian, Gansu de l'Est, Guangdong du Nord, Guangxi, Guizhou, Hebei, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Jilin, Liaoning, Shaanxi du Sud, Shandong, Sichuan, Yunnan du Nord et Zhejiang), au Japon (Hokkaido, Honshu, Kyushu, Shikoku), en Corée et à Taїwan (USDA-ARS 2009). L'espèce est largement cultivée à des fins alimentaires dans l'Asie orientale au climat tempéré (Bailey et Bailey 1976).

L'espèce est introduite et cultivée comme plante ornementale, alimentaire et médicinale et est naturalisée dans les régions tempérées, y compris aux États-Unis (USDA-ARS 2009). On la décrit comme rustique pour ses racines dans la zone de rusticité numéro 5 du ministère américain de l'Agriculture (Bailey et Bailey 1976).

Dans sa zone de distribution indigène, Dioscorea polystachya pousse dans les forêts, les broussailles, les peuplements végétaux herbacés, sur les pentes des montagnes, le long des rivières et en bordure des routes (Wu et Raven 2000).

Dioscorea polystachya ne s'est pas établie en dehors des cultures au Canada (ACIA, 2008; Scoggan, 1979).

Dioscorea polystachya présente un grand potentiel d'adaptabilité environnementale et a peu de phytoravageurs et de prédateurs en Amérique du Nord. Elle présente également un degré élevé de vigueur reproductive asexuée et est difficile à gérer une fois fermement établie (Tu 2002).

Figure 1 : Zone de distribution de Dioscorea polystachya (Igname de Chine) en Amérique du Nord

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette carte montre la répartition de Dioscorea polystachya en Amérique du Nord, sa présence étant indiquée en vert. Le vert couvre presque complètement la partie est des États-Unis ainsi qu'un cinquième de la partie ouest inférieure.

Source : USDA-NRCS, 2009.

Figure 2 : Zone de distribution potentielle de Dioscorea polystachya (Igname de Chine) au Canada

Figure 2. Description ci-dessous.
Description de la figure 2 :

Cette image illustre, à l'aide d'une carte, l'étendue potentielle de Dioscorea polystachya au Canada et en Amérique du Nord. Le rouge représente les régions où Centaurea iberica pourrait survivre selon la carte des zones de rusticité des plantes au Canada, en l'occurrence, les zones de rusticité 5 à 9 du système NAPPFAST. Au Canada, Dioscorea polystachya est susceptible de devenir une mauvaise herbe ou une plante envahissante dans certaines régions du pays, notamment au sud et dans la zone côtière de la Colombie-Britannique, au sud de l'Ontario et du Québec de même que dans des régions des Provinces maritimes. On constate que le rouge couvre principalement les États-Unis, y compris les principales zones côtières de l'Est et de l'Ouest, de même que des régions situées près des Grands Lacs et s'étendant vers le bas au-delà de l'image.

Source : USDA-NRCS, 2009.

Probabilité de propagation

Dioscorea polystachya s'observe dans les fourrés et les ravins, sur les rives des cours d'eau, dans le fond des criques, dans les puits de chaux, les affleurements de granit, les boisés des plaines alluviales, les bordures des routes, les canaux de drainage, les terrains vagues et en bordure des clôtures dans sa zone de distribution non indigène du sud-est des États-Unis (FNA Editorial Committee1993+).

Les premières infestations sont généralement associées aux perturbations humaines, comme autour des vieilles maisons et en bordure des routes. À partir des endroits en question, l'espèce peut se disséminer facilement dans les régions riveraines avoisinantes et dans les habitats non perturbés. En 1970, l'espèce n'avait pas encore été documentée échappée de cultures aux États-Unis, mais elle était considérée comme naturalisée dès 1986 (Tu 2002).

Étant donné que Dioscorea polystachya peut pousser à la fois dans les habitats perturbés et dans les habitats naturels, les habitats ne constituent pas un facteur limitant pour la dissémination de l'espèce au Canada.

Conséquences économiques potentielles

Les tubercules et les bulbilles sont tous deux comestibles, bien que les bulbilles ne soient généralement pas utilisées comme aliment. Le tubercule comestible, qui peut mesurer jusqu'à un mètre de long et peser jusqu'à 2 kg, voire davantage, est savoureux et nutritif. Les tubercules sont parfois utilisés comme remède médicinal. L'espèce est fréquemment cultivée pour sa valeur ornementale (Tu 2002).

Dans les régions boisées, les branches des arbres peuvent se briser sous le poids des vignes (ISSG 2009).

Les méthodes manuelles et mécaniques de désherbages peuvent servir à juguler efficacement les petites infestations isolées de Dioscorea polystachya. Toutefois, les méthodes en question sont extrêmement demandante en temps et main-d'œuvre, étant donné que les grands tubercules profondément enterrés compliquent considérablement le retrait de la plante. L'application d'herbicides semble constituer le moyen le plus efficace de lutter contre les grandes infestations. Des traitements répétés sont habituellement nécessaires pour tuer complètement les grands tubercules souterrains (ISSG 2009), ce qui augmente le coût de l'opération.

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Dioscorea polystachya est une vigne à croissance rapide capable d'envahir rapidement les habitats non perturbés, comme les forêts riveraines. Elle se dissémine de façon prolifique par reproduction asexuée au moyen des bulbilles. Aux États-Unis, elle réduit la richesse et l'abondance des espèces indigènes en supplantant et en éliminant les espèces végétales indigènes. Elle recouvre de façon épaisse la végétation adjacente et soustrait la lumière à la végétation située au-dessous. Elle peut briser les branches des grands arbres et des arbrisseaux. Elle peut aussi couvrir complètement le sol de sorte à empêcher la croissance du couvert végétal herbacé indigène (ISSG 2009).

Incertitude

Bien qu'elle soit répertoriée dans le site Web d'une pépinière, aucune information précise n'est venue confirmer que Dioscorea polystachya est cultivée dans les jardins au Canada ou qu'elle y est présente. Une recherche en ligne n'a permis de trouver aucune autre pépinière ni aucun autre fournisseur de semences offrant l'espèce en vente au Canada.

Conclusion

Sur la foi du résultat de la présente évaluation du risque phytosanitaire, on peut affirmer que Dioscorea polystachya est susceptible de devenir envahissante ou invasive dans certaines parties du Canada, y compris le sud et les côtes de la Colombie-Britannique, le sud de l'Ontario, le sud du Québec et certaines régions des provinces maritimes. Cette plante devrait être considérée pour réglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétaux du Canada. La réglementation en vertu de la Loi sur les semences peut aussi être justifiée, même si les semences ne sont pas actuellement considérées comme une voie d'introduction probable pour l'espèce.

Considérations d'ordre technique

Le très grand nombre d'espèces du genre Dioscorea complique l'identification. Il existe une espèce indigène de ce genre dans le sud de l'Ontario, soit Dioscorea villosa L. Cette espèce peut être distinguée de Dioscorea polystachya, avec des soins et de la formation.

Annexe 6B : Considérations sur la gestion des risques associés à Dioscorea polystachya (Igname de Chine)

Historique des invasions

Depuis les quelques vingt-cinq années de présence de Dioscorea polystachya aux États-Unis, l'espèce s'est disséminée dans beaucoup d'États de l'Est américain. Dans cette courte période, elle a été identifiée comme espèce préoccupante par divers conseils étatiques sur les plantes envahissantes :

Comme l'ont décrit Crooks et Soulé (1999), certaines plantes envahissantes ont historiquement présenté une période de « latence » après un premier établissement, période pendant laquelle la population reste relativement petite et de faible impact. Après cette période de latence, la population explose, sa zone de distribution et ses répercussions ne tardent d'ailleurs pas à augmenter. Bref, « le passé d'une plante exotique constitue un prédicteur médiocre de la croissance potentielle de sa population, de sa zone de distribution et de son impact environnemental » (Crooks et Soulé 1999).

L'ACIA est préoccupée par le fait que le modèle de développement qu'on vient de mentionner pourrait être le cas de Dioscorea polystachya et par le fait que les premiers rapports d'envahissement décrits ci-dessus peuvent constituer des signes que la plante pourrait devenir une menace bien plus importante dans l'avenir, tant aux États-Unis qu'au Canada.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux moyens naturels de dispersion

Bien qu'il existe des populations de la plante dans les États américains avoisinant la frontière Canada-États-Unis (voir Figure 1), Dioscorea polystachya n'a été enregistrée, dans les États en question, que dans des comtés qui ne sont pas immédiatement adjacents à la frontière canado-américaine (USDA-NRCS 2009). Par conséquent, la dispersion naturelle ne devrait pas constituer un facteur important dans la dissémination de Dioscorea polystachya jusqu'au Canada. Toutefois, si les populations continuent de se disséminer aux États-Unis, la dispersion des bulbilles flottantes par les cours d'eau pourrait devenir préoccupante. Cette voie de dissémination serait extrêmement difficile à maîtriser.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée intentionnelles

Végétaux destinés à la plantation (sauf les semences)

Historique des importations

Selon les informations disponibles par le Système des permis d'importation de l'ACIA, du Système d'extraction des importations et selon les informations compilées aux Centres de service à l'importation de l'ACIA, Dioscorea polystachya pourrait avoir été récemment importé au Canada. Trois permis d'importation ont été délivrés par l'ACIA au cours des cinq dernières années pour des boutures de plantes du genre Dioscorea, mais l'espèce précise en cause n'était pas indiquée. Aucune plante du genre Dioscorea n'est répertoriée comme offerte en vente dans les pépinières canadiennes (CNLA 2009).

Mesures possibles d'atténuation des risques

Mesures non réglementaires

Mesures réglementaires

Permettre la vente de Dioscorea polystachya sous des conditions particulières, tel qu'éviter la culture à proximité d'aires naturelles ou contrôler obligatoirement les plants spontanés provenant des plants en culture. Cette mesure n'est pas jugée efficace, car l'ACIA ne dispose pas de moyens adéquats pour surveiller les végétaux cultivés dans les jardins privés.

Réglementer Dioscorea polystachya en vertu de la Loi sur la protection des végétaux en tant qu'organisme de quarantaine :

Répercussions commerciales

Comme on le décrit ci-dessus dans Historique des importations, les plantes de Dioscorea polystchya n'a que rarement déjà été importée au Canada. L'interdiction de l'espèce ne devrait donc pas avoir de répercussions importantes pour les importateurs et les fournisseurs canadiens. En outre, les autres espèces ornementales pourraient être substituées. Si l'intention est la culture en vue de la consommation ou à des fins médicinales, les racines (transformées ou séchées) pourraient être importées plutôt que cultivées au Canada (voir la section ci-dessous, « Parties de plantes pour consommation ou pour usage médical », pour obtenir de plus amples renseignements).

Rentabilité et faisabilité

Il pourrait être utile pour les inspecteurs de l'ACIA de vérifier les plantes importées du genre Dioscorea afin de s'assurer que Dioscorea polystachya n'est pas importée sous un nom ou un synonyme incorrect. C'est particulièrement vrai pour Dioscorea polystachya étant donné qu'elle est largement offerte en vente aux États-Unis sous le nom de D. oppositifolia. La mise en œuvre d'une telle vérification exigerait de former les inspecteurs et de leur fournir un matériel d'identification. Toutefois, comme on le décrit dans la ci-dessous dans Historique des importations, les plantes du genre Dioscorea ne sont importées que rarement; les répercussions sur les ressources de l'ACIA devraient donc être minimales.

Semences

Historique des importations

Aucun document de l'information disponible dans le Système de délivrance de permis d'importation de l'ACIA, dans le Système automatisé de référence à l'importation de l'ACIA et dans les données compilées dans les Centres de service à l'importation de l'ACIA n'indique que des semences de Dioscorea polystachya aient déjà été importées au Canada. Les semences des autres espèces du genre Dioscorea sont connues pour avoir été importées au moins trois fois dans les dernières années.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Dioscorea polystachya en tant que Mauvaise herbe nuisible interdite (Catégorie 1) en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences Note de bas de page 2

Réglementer en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) dans l'objectif de :

Il n'existe pas suffisamment d'information sur la culture potentielle de Dioscorea polystachya. Si un demandeur situé au Canada a besoin d'obtenir davantage d'information sur la plante (par exemple pour générer des données qui détermineront son innocuité pour l'environnement), le Bureau de la biosécurité végétale pourrait autoriser des essais de recherche en conditions confinées en vertu de la Partie Vdu Règlement sur les semences.

Répercussions commerciales

Comme on le décrit dans la section ci-dessous dans Historique des importations, les semences de Dioscorea polystachya n'ont que rarement été importées au Canada. L'interdiction de l'espèce ne devrait donc pas avoir de répercussions importantes pour les importateurs et les fournisseurs canadiens. En outre, les autres espèces ornementales pourraient être substituées. Si l'intention est la culture en vue de la consommation ou à des fins médicinales, les racines (transformées ou séchées) pourraient être importées plutôt que cultivées au Canada (voir la section ci-dessous « Parties de plantes pour consommation ou pour usage médical »).

Rentabilité et faisabilité

Le Programme des semences de l'ACIA est déjà en place pour empêcher l'entrée de mauvaises herbes nuisibles interdites. En outre, comme indiqué comme indiqué ci-dessus à l'annexe 6A, dans la section – Probabilité d'introduction, Dioscorea polystachya n'est pas connue comme une mauvaise herbe des cultures. Un effort minime serait donc nécessaire pour identifier les semences ou prendre des mesures à l'égard des cargaisons non conformes, parce qu'il serait peu probable qu'on trouve des semences de Dioscorea polystachya comme contaminant dans les lots de grains ou de semences échantillonnés. Il pourrait être utile que l'ACIA échantillonne à l'occasion les semences importées des plantes du genre Dioscorea afin de s'assurer que les semences de Dioscorea polystachya ne sont pas importées sous un nom ou un synonyme incorrect. Toutefois, comme on le décrit ci-dessus dans la section Historique des importations, les semences des plantes du genre Dioscorea ne sont que rarement importées; les répercussions sur les ressources de l'ACIA devraient donc être minimales.

Parties de plantes pour consommation ou pour usage médical

Contexte

On exige que les importateurs spécifient l'utilisation finale prévue des produits importés (par exemple : la consommation ou la plantation) lorsqu'ils font une demande pour obtenir un permis d'importation. Le permis d'importation émis pour l'importation de parties de plantes spécifiera que celles-ci ne pourront être utilisées pour la multiplication. Une fois qu'elles ont été importées, l'ACIA ne contrôle toutefois plus leur utilisation. Les tubercules de Dioscorea polystachya importés en vue de la consommation pourraient alors en théorie être plantés en vue d'une culture de l'espèce comme plante ornementale ou comme plante alimentaire ou médicinale.

Historique des importations

Selon l'information disponible à l'ACIA, en consultant le Système des permis d'importation, le Système d'extraction des importations et les données compilées aux Centres de service à l'importation de l'ACIA, Dioscorea polystachya pourrait avoir été récemment importé au Canada pour consommation ou pour usage médical. Un seul permis d'importation a été délivré au cours des cinq dernières années pour des tubercules du genre Dioscorea destinés à la consommation, mais l'espèce précise en cause n'était pas indiquée. Aucune cargaison de tubercules de Dioscorea polystachya n'est réputée avoir été importée, même si une douzaine de cargaisons de tubercules d'autres espèces du genre Dioscorea ont été importées au cours des dernières années.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Mesures non réglementaires

Encourager l'arrêt volontaire de la vente de Dioscorea polystachya. Sans être une mesure efficace en soi, elle pourrait appuyer d'autres mesures.

Mesures réglementaires

Réglementer Dioscorea polystachya en vertu de la Loi sur la protection des végétaux en tant qu'organisme de quarantaine, et interdire l'importation de ses parties pour la consommation.

Répercussions commerciales :

Comme indiqué à la section ci-dessus Historique des importations, les parties végétales de Dioscorea polystachya destinées à un usage alimentaire ou médicinal n'ont que rarement été importées au Canada. L'interdiction de l'espèce ne devrait donc pas avoir de répercussions importantes pour les importateurs et les fournisseurs canadiens.

Rentabilité et faisabilité

Il pourrait être utile pour les inspecteurs de l'ACIA de vérifier à l'occasion les tubercules importés du genre Dioscorea afin de s'assurer que Dioscorea polystachya n'est pas importée sous un nom ou un synonyme incorrect. La mise en œuvre d'une telle vérification exigerait de former les inspecteurs et de leur fournir un matériel d'identification. Toutefois, comme on le décrit dans la section ci-dessus Historique des importations, les tubercules du genre Dioscorea ne sont que rarement importés; les répercussions sur les ressources de l'ACIA devraient donc être minimales.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée non intentionnelles

Il est à noter que, comme on le décrit dans l'annexe 6A, dans la section qui s'appelle Probabilité d'introduction, les voies d'introduction non intentionnelle (par la terre, les semences, les grains contaminées, etc.) sont considérées comme des voies d'introduction mineures qui présentent un risque minimal pour le Canada. Ces voies d'introduction ne seront donc pas détaillées ici.

Annexe 7A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Echium plantagineum (Vipérine à feuilles de plantain)

Évaluation des risques phytosanitaires de l'ACIA

Noms communs français : Vipérine à feuilles de plantain, vipérine faux plantain

Noms communs anglais : Paterson's curse, purple viper's bugloss, salvation Jane, blue weed, Lady Campbell weed, purple bugloss, purple echium, riverina bluebell, dwarf blue bedder.

Echium plantagineum L. (LAMIALES : famille des Boraginaceae), appelée Echium plantagineum, est une mauvaise herbe annuelle ou bisannuelle à feuilles larges. Elle a été introduite dans un grand nombre de régions partout au monde comme espèce fourragère et plante de jardin. Depuis peu, on note un intérêt croissant à l'égard de cette espèce en raison de sa composition unique en acides gras, qui comporte à la fois de l'acide gamma-linolénique et de l'acide stéaridonique. L'huile de la graine peut être utilisée par les industries cosmétiques, pharmaceutiques et d'aliments diététiques. Les principales préoccupations touchant Echium plantagineum sont sa capacité à prospérer dans les pâturages dans sa zone de distribution exotique, sa toxicité pour le bétail et des éventuels problèmes de lutte contre cette plante en raison de sa résistance aux herbicides.

Description : Echium plantagineum L. (LAMIALES : famille des Boraginacese), appelée Echium plantagineum, est une mauvaise herbe annuelle ou bisannuelle à feuilles larges et à fleurs pourpres.

Distribution : La distribution indigène d'Echium plantagineum est large et circumméditerranéenne. Cette plante s'est notamment établie avec succès dans d'autres pays présentant un climat de type méditerranéen et est devenue envahissante en Australie, en Afrique du Sud, au Chili, en Uruguay, en Argentine et au Brésil. En Australie, on estime qu'Echium plantagineum a envahi environ 33 millions d'hectares. Il y a également eu un certain nombre d'introductions d'Echium plantagineum aux États-Unis. Elle est actuellement envahissante en Californie.

On a déjà répertorié à trois reprises au moins la présence d'Echium plantagineum au Canada : à Brandon (Manitoba); à Vineland (Ontario); et près de St. John's (Terre-Neuve). Il ne semble pas qu'elle ait persisté dans ces régions. Plus récemment, Echium plantagineum est cultivée dans des essais en champ depuis plusieurs années près de Saskatoon (Saskatchewan).

Probabilité d'introduction : Echium plantagineum a été importée au Canada, et l'importation de cette espèce aux fins de production commerciale suscite un intérêt accru.

Probabilité d'établissement : Echium plantagineum préfère les climats tempérés chauds. D'après les données sur sa zone géographique de distribution indigène, elle pourrait s'établir au Canada dans quatre zones de rusticité des plantes (Zones 5 à 8 de rusticité des plantes du ministère de l'Agriculture des États-Unis (USDA)). Cette espèce pourrait avoir la capacité de s'établir également dans des zones au climat moins clément, même s'il est moins probable qu'elle y prolifère. Des essais en champ menés en Amérique du Nord indiquent qu'Echium plantagineum peut fleurir et produire des graines jusqu'à la zone 2 ou la zone 3.

Probabilité de propagation : Echium plantagineum a un fort potentiel reproductif et un potentiel de dispersion élevé. Cette espèce produit des semences durant la majeure partie de la saison de croissance, ce qui entraine une augmentation de la banque de semences jusqu'à 30 000 semences/m2 dans des conditions favorables. Les semences peuvent germer dans des températures variables et peuvent rester viables jusqu'à 10 ans dans le sol. Il y a diverses voies d'introduction par lesquelles Echium plantagineum peut se disséminer, entre autres, par les animaux en adhérant à leur laine ou à leur fourrure; par ingestion; et par des véhicules, de l'équipement, du foin, des grains, de la terre ou du gravier contaminés. On sait également qu'elle est un contaminant de semences de céréales et de semences fourragères. Les données sur sa zone de distribution exotique montrent également qu'Echium plantagineum a un fort potentiel de propagation.

Conséquences économiques potentielles : Echium plantagineum a déjà entrainé de graves conséquences économiques dans les pays où elle a été introduite. En Australie, on estime que la perte de productivité des pâturages, les mesures de lutte contre ce ravageur et la contamination de la laine par Echium plantagineum ont coûté 250 millions de dollars australiens par année aux producteurs d'ovins et de bovins. On a mis en évidence au moins six conséquences économiques négatives potentielles causées par Echium plantagineum : la dégradation des pâturages, les pertes en rendement de l'élevage et des cultures, la contamination du foin et des semences et l'augmentation des coûts pour sa destruction.

Conséquences environnementales potentielles : Echium plantagineum peut avoir de graves incidences sur l'environnement, dont les plus importants sont les éventuels effets néfastes sur la santé des humains et des animaux en raison des alcaloïdes toxiques contenus dans la plante et les conséquences possibles du développement de résistance aux herbicides par cette espèce. En outre, il semble qu'Echium plantagineum peut influencer les processus des écosystèmes (processus d'érosion, fertilité) et la composition de la communauté.

Recommandations : Des mesures phytosanitaires spécifiques sont fortement recommandées. Par conséquent, on recommande d'ajouter Echium plantagineum à la liste officielle des espèces interdites à l'importation au Canada. En outre, il est conseillé d'envisager qu'Echium plantagineum soit ajoutée à la Liste des parasites réglementés par le Canadaet qu'elle soit répertoriée comme mauvaise herbe nuisible interdite de classe 1 en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes.

Mise à jour de l'analyse des risques phytosanitaires de l'ACIA

Des renseignements supplémentaires, se rapportant à l'évaluation des risques phytosanitaires par l'ACIA, ont été recueillis en avril 2008 à la suite des questions formulées lors d'une consultation d'une durée de 30 jours portant sur la version initiale du présent DGR. Voici ci-dessous le résumé de ce document (Castro, 2008).

Autres évaluations des risques phytosanitaires

Selon une évaluation des risques phytosanitaires associés à Echium plantagineum effectuée par l'Oregon Department of Agriculture(ODA 2004), cette espèce a obtenu la cote la plus élevée possible (« A ») d'après le système de classement des mauvaises herbes nuisibles de l'ODA. L'ODA a également évalué Echium plantagineum à l'aide des Lignes directrices de l'évaluation du risque malherbologique du Animal and Plant Health Inspection Service (APHIS) du ministère de l'Agriculture des États-Unis. La cote de risque cumulative obtenue était de 35 points sur le maximum possible de 37 points, indiquant un potentiel de dissémination et de taux de croissance rapides ainsi que des effets économiques négatifs sur un certain nombre d'industries agricoles.

Annexe 7B : Considérations sur la gestion des risques associés à Echium plantagineum (Vipérine à feuille de plantain)

Degré de rusticité possible d'Echium plantagineum au Canada

Echium plantagineum pourrait s'établir et se développer au Canada dans les zones de rusticité numéros 5 à 8 de l'USDA, ce qui risque de nuire aux pâturages, à l'élevage, aux cultures, au foin et à la production de miel dans les régions suivantes : l'Île de Vancouver, les Îles de la Reine-Charlotte, la côte ouest de la Colombie-Britannique, une vaste superficie située dans la partie centrale de la Colombie-Britannique, les régions de l'Ontario les plus au sud, la Nouvelle-Écosse, l'Île du Prince-Édouard, une petite superficie située au sud du Nouveau-Brunswick et l'est de Terre-Neuve. Echium plantagineum pourrait s'établir également dans des zones climatiques plus rigoureuses allant jusqu'aux zones de rusticité numéros 2 ou 3 de l'USDA, mais il est moins probable qu'elle y prolifère. La figure 1 montre les zones de rusticité USDA numéros 3a et plus.

Au Canada, Echium plantagineum était historiquement recueillie sur des sites du sud du Manitoba, du sud de l'Ontario et de Terre-Neuve (Scoggan, 1978). Elle n'a pas persisté durablement dans aucun de ces sites. L'absence de persistance semblerait appuyer l'idée d'un risque peu élevé d'un potentiel envahissant d'Echium plantagineum au Canada. Toutefois, l'examen des données figurant sur les étiquettes des spécimens prouvent le contraire.

Un spécimen recueilli en 1931 à Murray's Pond, àTerre-Neuve (T.-N.-L.) (près de St. John's) est conservé dans l'herbier de l'Université d'Harvard. Il a été soumis avec une note indiquant « planté il y a 12 ans », « finalement à peu près entièrement déterrée » et « mauvaise herbe de jardin (phytoravageur) ». Ces indications démontrent qu'Echium plantagineum peut persister sous forme de mauvaise herbe, année après année, dans cette région de Terre-Neuve, qui est située approximativement dans la zone de rusticité numéro 6b de l'USDA. On s'est servi du logiciel CLIMEX pour déterminer les autres régions canadiennes dont les conditions climatiques sont semblables à celles de St. John's (T.-N.-L.) (Figure 2). Ces régions où le climat est similaire comprennent des secteurs du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse et, dans une moindre mesure, le sud de l'Ontario et la région côtière de la Colombie-Britannique.

Figure 1 : Zones de rusticité des plantes USDA numéros 3a et plus

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette image montre les régions en Amérique du Nord où le climat est semblable à celui de St. John's (Terre-Neuve). Cela se fait au moyen d'un indice composé de concordance de quatre cercles bleus, chaque cercle étant plus grand que le cercle précédent, représentant les étendues de 0,7; 0,8; 0,9 et 1, respectivement.

Le spécimen recueilli, en 1953, à Brandon (Manitoba (Man.)) est conservé dans l'herbier d'Agriculture et Agroalimentaire Canada (DAO). Sur l'étiquette du spécimen, il est indiqué « bord de route. Terre sèche. Repousses sporadiques [végétaux] ». Le climat de Brandon est plus rude que celui de St. John's (T.-N.-L.), mais, manifestement, Echium plantagineum peut aussi y produire des repousses. La ville de Brandon est située dans la zone de rusticité numéro 3a de l'USDA, et son climat est semblable à celui des Prairies, en majeure partie.

L'herbier de l'Université de Guelph (OAC) contient deux spécimens d'Echium plantagineum. L'un, recueilli en 1940, provient de Vineland (Ontario.) où il a été prélevé dans un habitat décrit comme « terrain vague, proche jardin ». Le deuxième spécimen est une variété blanche de l'espèce, cultivée au Collège agricole de l'Ontario, à l'Université de Guelph, en Ontario. Il a été recueilli en 1935. Le premier spécimen semble indiquer qu'Echium plantagineum peut devenir une plante échappée de culture. Vineland (Ontario.) se trouve approximativement dans la zone de rusticité numéro 5b de l'USDA.

Figure 2 : Régions nord-américaines où les conditions climatiques sont semblables à celles de St. John's (T. N. L.)

Figure 2. Description ci-dessous.
Description de la figure 2 :

Cette carte montre des points bleus dispersés dans les Provinces maritimes de même qu'au sud de l'Ontario et jusqu'aux États-Unis, et dont la taille diminue à mesure qu'on se déplace vers le bas. De plus, on retrouve quelques endroits le long de la côte ouest.

Le Composite Match Index est le résultat de six indices des composantes (total des précipitations, cycle des précipitations, humidité du sol et températures maximale et minimale) (Sutherst et al., 2006). Les valeurs vont de 0 à 1, où 1 représente une compatibilité de climat totale. Cette carte a été produite au moyen du logiciel Climex.

Exception faite du premier spécimen provenant de Murray's Pond (T.-N.-L.), on ignore pourquoi Echium plantagineum n'a pas persisté à Brandon (Man.) ou à Vineland (Ontario.). L'absence de persistance peut être attribuable aux efforts d'éradication (physiques, mécaniques ou chimiques), comme cela a été le cas à T.-N.-L. plutôt qu'à des facteurs climatiques. Les données des étiquettes, à ces deux emplacements, semblent indiquer que l'espèce peut se re-semer d'elle-même et peut se propager. Une étude du taux de pourriture du stock semencier, menée par Sheppard and Smyth (en 2002) a démontré que la longévité des graines d'Echium plantagineum était étroitement liée aux conditions du terrain, mais qu'elle peut être de plusieurs décennies.

Plusieurs intervenants ont déclaré qu'il est peu probable qu'Echium plantagineum devienne envahissante au Nouveau-Brunswick parce que le Nouveau-Brunswick est très différent de l'aire de distribution circumméditerranéenne de l'espèce. Comme le montre la figure 2, il existe de nombreux emplacements, dans les Provinces maritimes de l'Atlantique, où les conditions climatiques sont semblables à celles de St. John's (T.-N.-L.), où cette espèce était un phytoravageur connu. Il est important de rappeler également que la portée de ce document de gestion du risque associé à Echium plantagineum englobe l'ensemble du Canada, pas uniquement le Nouveau-Brunswick où des essais ont été proposés. Par conséquent, le risque du potentiel envahissant d'Echium plantagineum doit être examiné pour l'ensemble du pays.

L'évaluation du risqué liée aux mauvaises herbes que l'ACIA a conduite sur Echium plantagineum a permis de déterminer qu'il est possible que cette espèce s'établisse dans les zones canadiennes de rusticité des plantes numéros 5 à 8 de l'USDA, en se fondant sur son aire géographique de distribution indigène, qui comprend l'Afrique du Nord, des régions de l'Asie orientale et une grande partie de l'Europe, y compris la Russie centrale et méridionale (Gibbs, 1972). Le centre de son aire d'origine est méditerranéen, mais son aire de répartition naturelle s'étend bien au-delà de cette région. On a rapporté la présence d'Echium plantagineum en Norvège et en Suède (GBIF, 2008). Des preuves de repousses au Manitoba semblent indiquer qu'Echium plantagineum pourrait s'établir dans des zones de rusticité aux climats encore plus froids. Il convient également de noter qu'Echium plantagineum a démontré un degré élevé de diversité génétique et de plasticité phénotypique (Wood and Degabriele, 1985). Les semences recueillies dans des régions où les conditions climatiques sont plus rigoureuses que celui du milieu indigène ont peut-être plus de chance de réussir dans le climat canadien que celles recueillies dans des régions plus chaudes.

Il convient de préciser que même si Echium plantagineum ne survit pas, sous forme de plante qui germe à l'automne et achève son cycle de vie en annuelle hivernante, il existe toutefois un risque que l'espèce puisse hiverner sous forme de graine, germer au printemps et achever son cycle de vie en plante annuelle. L'expérience montre que cette plante se reproduit rapidement, et peut commencer à fleurir dans les deux semaines suivant l'émergence au printemps (B. Myers-Shenai, 21 avril 2008, communication personnelle).

En résumé, la possibilité qu'Echium plantagineum s'adapte à l'environnement canadien semble élevée en raison de plusieurs facteurs. L'espèce possède une grande amplitude climatique et une vaste aire de répartition naturelle. Elle a la capacité d'établir de nouvelles populations là où elle s'introduit et, notamment, elle a la capacité d'envahir des sites perturbés. Elle produit beaucoup de graines. Elle se comporte comme une annuelle, une annuelle hivernante ou une bisannuelle, ce qui lui confère un plus grand potentiel d'adaptation que celui des espèces pérennes. Elle présente une grande variation génétique et une plasticité phénotypique considérable en réaction à des facteurs environnementaux localisés. Ensemble, ces facteurs font état d'une mauvaise herbe ayant une grande capacité d'adaptation, potentiellement susceptible de s'établir dans la plupart des terres arables productives du Canada.

Zones de cultures commerciales

Plusieurs intervenants ont mentionné qu'Echium plantagineum est cultivé au Royaume-Uni (RU) et en Nouvelle-Zélande avec peu de problèmes, voire aucun, de prolifération envahissante. IENICA (2000, 2002) signale qu'Echium plantagineum a été cultivée au RU, uniquement dans le cadre d'études pilotes et que les détails sur la production européenne ne sont pas connus. La production au RU était limitée à 20 ha en 1997 et à 190 ha en 1998. Il semble qu'au cours des dix dernières années, la production au RU était à petite échelle. L'expérience du RU avec cette plante a montré qu'elle poussait rapidement et qu'elle avait la capacité de supplanter des mauvaises herbes aux premiers stades et qu'elle tolérait les sols infertiles.

Le Royaume-Uni est considéré comme faisant partie de l'aire de répartition naturelle d'Echium plantagineum (Clapham et al., 1962; CABI, 2006). Dans leur habitat d'origine, les espèces sont en général contenues par des facteurs comme les herbivores indigènes et la composition de la communauté d'origine. En l'absence de ces facteurs, certaines espèces deviennent envahissantes là où elles sont introduites. C'est la raison pour laquelle, l'absence de prolifération envahissante au Royaume-Uni n'est pas une preuve irréfutable à l'appui de la suggestion qu'Echium plantagineum n'aurait pas le potentiel de devenir envahissante au Canada. De nombreuses espèces de plantes envahissantes au Canada ont été amenées d'Europe et ne sont pas envahissantes dans leur milieu naturel.

Cependant, il convient de préciser qu'Echium plantagineum a été décrite comme une mauvaise herbe même dans son milieu indigène. La Tunisie la considère comme une mauvaise herbe « importante » (Holm et al., 1979). Echium plantagineum est aussi considérée comme une plante adventice d'Europe (Hanf, 1983). Elle s'introduit occasionnellement en Europe centrale en provenance de son aire de répartition d'origine sous forme de contaminant de semences (Hanf, 1983). Dans Clapham et al. (1962), il est rapporté qu'Echium plantagineum peut également apparaître sous forme naturalisée en différents endroits des Îles britanniques

Echium plantagineum a aussi été cultivée en Nouvelle-Zélande, mais sans y poser autant de problèmes qu'en Australie. Toutefois, la Nouvelle-Zélande la considère toujours comme une mauvaise herbe. Elle y est décrite comme « mauvaise herbe commune des bords de route et des terrains incultes du nord de l'Île du Nord » (Roy et al., 1998). De vieilles habitations, les bords de route et les lieux incultes constituent son habitat. Dans Roy et al. (1998), il est également noté que les prés entretenus par pâturage de la Nouvelle-Zélande « peuvent probablement apparaître comme trop difficiles à affronter pour qu'elle les envahisse. » En Nouvelle-Zélande, elle est également vendue dans des jardineries.

Données des essais en champ

Il existe peu de données à ce jour sur le comportement de l'Echium plantagineum, qui est cultivée en Amérique du Nord. Des essais ont été menés dans le Dakota du Nord, au Maine et en Saskatchewan. Echium plantagineum a été cultivée à titre d'essai dans quatre emplacements (Carrington, Langdon, Minot et Prosper) dans le Dakota du Nord depuis 2002 (Berti et al., 2007). Les sources des semences pour les essais provenaient du Royaume-Uni et de populations sauvages du Chili, recueillies entre 35 S et 40 S. Les champs des essais ont été ensemencés à la fin mai et ont fleuri 31 à 49 jours plus tard, à l'exception des rangées de semences chiliennes, qui ont fleuri entre 52 et 80 jours après l'ensemencement ou pas du tout (2 rangées). Les conclusions sont rapportées comme suit : « L'index de culture pour Echium plantagineum est extrêmement faible, ce qui dénote peu d'amélioration en ce qui concerne la domestication et la sélection. Un niveau élevé de verse après la pleine floraison contribue à l'égrenage spontané, à la pourriture blanche [Sclerotinia sclerotiorum (Lib.) De Bary], à de l'infection et à un mauvais aspect des graines ». En outre, il est déclaré ce qui suit : « le risque qu'Echium soit une plante envahissante au Dakota du Nord est faible. Il n'y a pas été observé de repousses des semences égrenées la saison suivante. »

Cet article ne donne aucune indication sur la méthodologie employée pour déterminer le risque de potentiel envahissant et l'absence de repousses. Le climat au Dakota du Nord est semblable à celui du sud du Manitoba où Echium plantagineum a en effet produit occasionnellement des repousses. Des tentatives ont été faites pour communiquer avec l'auteur de ce rapport en vue d'obtenir de plus amples renseignements sur les essais et sur la méthode d'évaluation du risque de potentiel envahissant, mais aucune réponse n'a été reçue à ce jour.

Un essai en champ d'Echium plantagineum a été mené sur 8 acres dans les comtés d'Aroostook au Maine, en 2007.

Recommandation a été faite de détruire l'essai avant la grenaison (Sexton, 2007). Cette recommandation avait pour fondement plusieurs facteurs, notamment des inquiétudes au sujet d'infestations en Oregon et en Californie; la longévité prolongée de la semence et la production prolifique de semences; ainsi que le risque potentiel pour les marchés de grains et du foin (Sexton, 2007). Il a été décidé finalement de détruire la plus grande partie de l'essai, tout en conservant trois acres, jusqu'à la montée en graines et à la récolte. Elle ne sera pas replantée à l'avenir, et des mesures seront prises pour faire en sorte que cette espèce ne s'établisse pas ni se propage à partir de ce site (A. Gibbs, ME Dept of Agriculture, le 28 avril 2008, comm. pers.). En raison de la nature temporaire de cet essai, les données sont insuffisantes pour prouver que le risque de potentiel envahissant d'Echium plantagineum dans le Maine est faible.

Des essais de culture d'Echium plantagineum ont également été menés près de Saskatoon (Saskatchewan) pendant plusieurs années. Les renseignements sur ces essais ne peuvent être divulgués par suite d'une demande de confidentialité faite par les propriétaires des données.

Effets économiques sur les pays autres que l'Australie

Outre l'Australie où Echium plantagineum a eu des effets économiques considérables, cette espèce est devenue envahissante en Afrique du Sud, au Chili, en Uruguay, en Argentine, au Brésil, et aux É.-U. (Oregon et Californie). Il existe peu de rapports sur les effets économiques de cette espèce dans ces autres pays. Toutefois, des rapports qui quantifient les effets économiques des espèces végétales envahissantes sont peu nombreux dans l'ensemble. Echium plantagineum a été signalée comme susceptible de nuire à l'élevage au Brésil (Mendez et al., 1985; Santos et al., 2008). Aux É.-U., Echium plantagineum a également démontré sa capacité à étouffer les pâturages du gros bétail. En Afrique du Sud, Echium plantagineum est décrite comme une mauvaise herbe des bords de route (Retief and Van Wyk, 1998).

L'expérience australienne ne s'est pas déroulée dans des conditions contrôlées, cependant, il a été démontré qu'Echium plantagineum peut devenir envahissante à partir d'une introduction très restreinte, ne comprenant parfois que quelques plantes. Même si les pratiques exemplaires de gestion peuvent atténuer le risque, elles ne peuvent pas le limiter à un niveau acceptable. La possibilité que cette espèce s'introduise dans le milieu naturel ou dans d'autres cultures agricoles et des pâturages augmentera considérablement si la culture de cette espèce est autorisée à l'échelle commerciale partout au Canada.

Valeurs agricoles menacées

Echium plantagineumpourrait avoir des effets négatifs sur l'économie, notamment la dégradation des pâturages, des pertes de rendement de l'élevage et des cultures, la contamination du foin et des semences et l'augmentation des coûts pour sa destruction. Alors que dans le passé, Echium plantagineum était considérée comme une plante mellifère précieuse, des inquiétudes ont été exprimées quant à la quantité d'alcaloïdes de type pyrrolizidine transférés vers le miel. En raison de la présence d'alcaloïdes toxiques dans Echium plantagineum, le miel à base d'Echium plantagineum doit être mélangé à des miels non produits à partir d'Echium plantagineum. Le Conseil canadien du miel a émis une mise en garde concernant l'utilisation de miel produit à partir d'Echium plantagineum, fondée sur des renseignements fournis par les Normes alimentaires Australie/Nouvelle-Zélande (Conseil canadien du miel, 2005). Par conséquent, les producteurs de miel canadiens à proximité de cultures d'Echium plantagineum pourraient en souffrir. Le Conseil canadien du miel a exprimé des inquiétudes au sujet de la possibilité de l'exigence relative au mélange du miel en cas de présence éventuelle d'Echium plantagineum dans l'environnement canadien, car mélanger les miels augmenterait considérablement les coûts de production du miel (H. Clay, Canadian Honey Council, 22 avril 2008, comm. pers.).

Bien qu'une analyse coûts-avantages détaillée n'entre pas dans le cadre de ce document, l'évaluation approximative des valeurs agricoles menacées dans l'aire de distribution potentielle d'Echium plantagineum au Canada est présentée dans les tableaux 1 à 3. Le tableau 1 montre le nombre d'apiculteurs et la valeur de la production de miel. Un astérisque signale les provinces situées dans les zones 5 à 8 de rusticité des plantes de l'USDA, principales aires de distribution potentielles d'Echium plantagineum. En 2004, la valeur de la production de miel s'est établie à 121 millions de dollars. Dans un récent échange de correspondance, le Conseil canadien du miel rapporte que l'industrie de l'apiculture compte 8 000 apiculteurs et 600 000 colonies d'abeilles et que sa valeur actuelle se chiffre à deux millions de dollars au titre de la production de miel et à un milliard de dollars au titre de la pollinisation des récoles agricoles. Le miel pur canadien est réputé dans le monde entier pour sa qualité et sa saveur. Environ soixante-dix-huit pour cent de la production de miel canadienne sont concentrés en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba.

Tableau 1 : Production de miel en 2004
Province Nombre d'apiculteurs Valeur
(milliers de dollars)
Nouvelle-Écosse Note de tableau 13751 100
Nouveau-Brunswick Note de tableau 1225 355
Île-du-Prince-Édouard Note de tableau 130 150
Québec2055 600
Ontario Note de tableau 12 650 14 005
Manitoba58016 905
Saskatchewan1 05521 000
Alberta69550 455
Colombie-Britannique Note de tableau 12 11011 535
Totaux au Canada7925121 105

Source : Agriculture et Agroalimentaire Canada 2007.

Notes de tableau

Note de tableau 1

À l'intérieur de l'aire principale de distribution.

Retour à la référence de la note de tableau1

Tableau 2 : Production en pâturage en 2006
Province Hectares de pâturages artificiels (ensemencé) Hectares de pâturages naturels
Terre-Neuve-et-Labrador Note de tableau 22 348 10 288
Nouvelle-Écosse Note de tableau 223 381 31 708
Nouveau Brunswick Note de tableau 217 013 24 995
Île-du-Prince-Édouard Note de tableau 210 847 12 315
Québec147 387 158 602
Ontario Note de tableau 2303 400 959 935
Manitoba498 2951 548 197
Saskatchewan1 962 2225 175 789
Alberta2 483 7026 529 863
Colombie-Britannique Note de tableau 2245 7931 499 563
Totaux au Canada5 694 388 15 951 255

Source : Agriculture et Agroalimentaire Canada 2007.

Notes de tableau

Note de tableau 2

À l'intérieur de l'aire principale de distribution.

Retour à la premièreréférence de la note de tableau 2

Les tableaux 1 et 2 présentent les zones de la production fourragère, base des industries canadiennes du bœuf et laitière. Dans le secteur primaire agricole canadien, les industries du bœuf et laitière occupent toujours les deuxième et troisième rangs après le secteur des grains.

D'après les données du Recensement de l'agriculture de 2001, dans l'ensemble du Canada, plus de 27 millions d'hectares étaient consacrés au pâturage du bétail et à la production de fourrage (Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2007), dont 15,4 millions d'hectares consacrés aux pâturages naturels; 4,8 millions d'hectares aux pâturages artificiels ou ensemencés; et presque 7 millions d'hectares au foin cultivé, y compris 5 millions d'hectares situés dans l'Ouest du Canada. On estime, au total, qu'environ 40% de la superficie totale des fermes canadiennes sont réservés aux pâturages et aux cultures fourragères. La superficie récoltée de foin cultivé était de 6,7 millions d'hectares en 2005.

Tableau 3 : Production de foin cultivé en 2005
Province Milliers de tonnes
Terre-Neuve-et-Labrador Note de tableau 318
Nouvelle-Écosse Note de tableau 3339
Nouveau Brunswick Note de tableau 3354
Île-du-Prince-Édouard Note de tableau 3258
Québec3 435
Ontario Note de tableau 34 563
Manitoba3 193
Saskatchewan4 477
Alberta8 437
Colombie-Britannique Note de tableau 31 556
Totaux au Canada26 630

Source : Agriculture et Agroalimentaire Canada 2007.

Notes de tableau

Note de tableau 3

À l'intérieur de l'aire principale de distribution.

Retour à la premièreréférence de la note de tableau 3

Résistance aux herbicides

En Australie, Echium plantagineum a développé une résistance à un groupe d'herbicides connus sous le nom d'inhibiteurs d'acétoacétate synthétase (ALS). Ce groupe comprend la famille des herbicides du type sufonylurées, auxquels cette population d'Echium plantagineum est extrêmement résistante, et la famille des herbicides aux midazolinones, pour lesquels elle présente un faible niveau de résistance (Preston 2006). La résistance d'Echium plantagineum aux herbicides peut entraîner une augmentation des coûts pour sa destruction et limiter les choix d'applications d'herbicides à long terme. En Australie, on estime qu'il est probable que la résistance aux ALS persistera dans les régions concernées pendant plusieurs années, même sans application d'inhibiteurs ALS, du fait de la longue durée de vie du stock semencier (Preston 2006).

Il convient toutefois de remarquer que de nombreux cas de résistance de plusieurs espèces aux herbicides ALS sont extrêmement documentés, les présentant comme bien établis au Canada. Ces cas sont plus répandus au Centre et à l'Ouest du Canada, qui jusqu'à présent utilisaient plusieurs produits appartenant à ce groupe d'herbicides. Il ne résulterait aucune augmentation du coût des mesures de lutte contre ce ravageur, si on appliquait à Echium plantagineum des groupes d'herbicides d'un coût plus avantageux, comme les herbicides de type phénoxy. En même temps qu'un programme de gestion responsable, la rotation de groupes d'herbicides différents est fortement conseillée indépendamment de la culture. Les producteurs canadiens le savent bien et le mettent en pratique dans leurs entreprises agricoles. Les Australiens ont fait l'expérience de la résistance à la plupart des groupes d'herbicides, y compris le premier cas au monde de résistance au glyphosate du fait de piètres méthodes de gestion.

Effets socio-économiques

Effets néfastes :

Même s'il faut plusieurs années avant de subir les effets cumulatifs, les coûts associés à Echium plantagineum, pour les Canadiens, après plusieurs décennies, pourraient éventuellement être comparables à ceux que l'Australie a connus. La plante s'est propagée sur des millions d'acres en Nouvelle-Galles-du-Sud, dans les provinces de l'Australie-occidentale et de Victoria. On estime qu'en Australie, la perte de productivité des pâturages, les coûts des mesures de lutte contre ce ravageur et la contamination de la laine par Echium plantagineum coûteraient aux producteurs de bovins et d'ovins 250 millions de dollars australiens annuellement, ce qui équivaut actuellement à 220 millions de dollars canadiens annuellement.

On a fait valoir que les fermiers pourraient grandement accroître leurs revenus en cultivant Echium plantagineum par comparaison aux revenus des cultures céréalières, plus spécialement au Nouveau-Brunswick. Comme le Nouveau-Brunswick est un importateur net de céréales fourragères, la réduction de ses approvisionnements à base de céréales, parce que les producteurs de pommes de terre seront passés d'une rotation avec céréales à une rotation avec Echium plantagineum, pourrait avoir des répercussions importantes sur l'industrie de l'élevage au Nouveau-Brunswick. La hausse des coûts des céréales fourragères compromet gravement le secteur de l'industrie de l'élevage canadienne.

Le miel canadien jouit d'une réputation internationale pour sa qualité exceptionnelle; toutefois l'entrée d'Echium plantagineum au Canada et sa propagation pourraient mettre en péril cette réputation et imposer une obligation de mélange entraînant un coût supplémentaire pour les apiculteurs. En 2004 (date des plus récentes données de Statistique Canada), la valeur totale de la production de miel canadien s'est établie à 121,1 millions de dollars. Dans un récent échange de correspondance, le Conseil canadien du miel rapporte que l'industrie de l'apiculture compte 8 000 apiculteurs et 600 000 colonies d'abeilles et que sa valeur actuelle se chiffre à deux millions de dollars au titre de la production de miel et à un milliard de dollars au titre de la pollinisation des récoltes agricoles.

Les effets environnementaux et sociaux possibles comprennent une toxicité pour les animaux et pour les êtres humains; l'augmentation ou la modification de l'emploi d'herbicides en lien avec la résistance aux herbicides; l'appauvrissement du sol et l'accroissement de l'érosion des sols, des changements dans la composition des communautés dans les écosystèmes naturels. Les alcaloïdes de type pyrrolizidine et le cytochrome C, qui sont des allergènes, sont deux substances potentiellement toxiques connues qui entrent dans la composition d'Echium plantagineum. Les alcaloïdes de type pyrrolizidine sont dangereux pour la santé humaine, ingérés dans des produits de consommation comme le lait ou les produits laitiers, le miel ou les céréales. Chez les êtres humains, un empoisonnement aux alcaloïdes de type pyrrolizidine affectant le foie est graduel et cumulatif, et il n'existe pas de traitement spécifique (Klemow et al., 2002). En outre, les alcaloïdes de type pyrrolizidine « inhibent la mitose, entraînent des anomalies chromosomiques et ont des effets mutagènes, tératogènes et cancérogènes (Culvenor 1985). L'ingestion d'alcaloïdes de type pyrrolizidine peut engendrer des lésions cancéreuses hépatiques ou pulmonaires (Huxtable 1980) » (Klemow et al., 2002). Des alcaloïdes de type pyrrolizidine contenus dans des tisanes ont provoqué des intoxications chez des nourrissons humains (Huxtable, 1980, cité dans Klemow et al., 2002). On a rapporté des cas d'empoisonnement chez des rats (dans le cadre d'études), les chevaux, les porcs, le gros bétail et les ovins. Les animaux monogastriques, comme les chevaux ou les porcs, y sont beaucoup plus sensibles que les ruminants et peuvent être intoxiqués de façon mortelle dans l'espace d'une seule saison de paissance (Peterson 1985). Chez les ovins, les décès peuvent survenir à plus long terme et découlent souvent de l'intoxication chronique au cuivre (Peterson 1985). Une autre espèce de plante envahissante au Canada contient des alcaloïdes (Senecio jacobaea, le séneçon jacobée), toutefois cela ne suffit pas pour justifier d'ignorer ce que signifie en introduire une de plus dans l'environnement canadien.

Le pollen des plantes du genre Echium plantagineum a aussi été associé à des allergies respiratoires (allergènes de cytochrome C) (Comité consultatif britannique sur les nouveaux aliments et procédés alimentaires, 2007). La pilosité d'Echium plantagineum a provoqué de la dermatite, des inflammations et des démangeaisons tant chez les êtres humains que chez les animaux (Castro 2007).

Effets positifs :

La diversification des cultures est fortement conseillée par les organismes agricoles fédéraux et provinciaux partout au Canada, et l'ajout d'Echium plantagineum comme un créneau de culture potentiellement rentable au Canada contribuerait à cet objectif. Le développement d'Echium plantagineum comme culture de rotation avec la pomme de terre au Nouveau-Brunswick a fait l'objet d'une attention particulière. Alors que les graines de céréales (orge, avoine, blé) ont de tout temps joué un grand rôle dans la rotation avec la pomme de terre dans les cultures au Nouveau-Brunswick, la contribution de ces cultures à l'économie des exploitations agricoles reste marginale. Les prix des graines de céréales sont déterminés en grande partie par les marchés mondiaux. Le Nouveau-Brunswick/le Canada atlantique, aux étés relativement frais et avec une superficie restreinte, ne peuvent pas favoriser une industrie des graines de céréales dynamique. Le Nouveau-Brunswick et le Canada atlantique sont des importateurs nets de graines de céréales destinées à l'élevage.

Il est impératif d'associer de nouveaux acteurs qui favoriseront l'accès au marché en vue de permettre au secteur agroalimentaire et aux produits agro-industriels de prendre une part active dans la nouvelle bioéconomie, avec son émergence de nouvelles possibilités dans le domaine des produits de santé naturelle, des aliments fonctionnels et des bioproduits industriels. Les producteurs, ou même les coopératives agricoles, ont du mal à obtenir ces marchés, n'y occupant pas une position dominante et n'ayant pas un accès aisé aux marchés mondiaux en dehors des régimes de produits agricoles de base. C'est la raison pour laquelle, en 2004, Pommes-de-Terre Nouveau-Brunswick a formé le Groupe d'innovation stratégique (GIS). Le ministre de l'Agriculture et de l'Aquaculture du Nouveau-Brunswick assure la présidence du GIS, qui est composé d'intervenants représentant l'industrie, le gouvernement, les universités, la recherche et le développement, les groupes de défense des consommateurs, et de conseillers externes supplémentaires.

Bien que vastes, selon les normes du Nouveau-Brunswick, les 22 000 hectares environ dont dispose l'industrie de la pomme de terre du Nouveau-Brunswick pour la rotation des cultures, la classent dans la catégorie dite de « culture-créneau » à l'échelle des récoltes mondiales. Les obligations relativement exigeantes régissant la production des pommes de terre rendent les producteurs mieux à même de comprendre les obligations encore plus exigeantes concernant les cultures-créneaux et l'obligation très stricte de rendre compte de la gestion des récoltes. Des températures fraîches, comme c'est le cas au Canada atlantique, donnent lieu généralement à la production d'huiles de graines qui sont plus riches en acides gras polyinsaturés recherchés. Au Nouveau-Brunswick, les journées d'été sont chaudes (mais pas brûlantes) et les nuits fraîches, une caractéristique jugée indispensable pour l'accumulation des bons composants de l'huile dans Echium plantagineum.

En plus du rôle que promet de jouer Echium plantagineum dans la diversification de l'industrie de la pomme de terre du Nouveau-Brunswick, il y a plusieurs autres avantages qui sont, entre autres :

On a fait valoir que les fermiers pourraient grandement accroître leurs revenus en cultivant Echium plantagineum par comparaison aux revenus des cultures céréalières, plus spécialement au Nouveau-Brunswick. Il convient de relever, cependant, que comme les prix des grains céréaliers augmentent en Amérique du Nord, il se peut que les recettes ne changent pas de façon significative.

Il n'y a actuellement pas de propositions concrètes pour extraire les huiles des graines au Canada. La construction d'une usine de transformation coûterait approximativement 25 millions de dollars. L'usine pourrait employer jusqu'à 25 personnes. Si une raffinerie n'était pas construite au Canada, le produit serait, toutefois, exporté et les bénéfices pour l'économie canadienne se limiteraient à la production des cultures.

La culture d'Echium plantagineum générerait une source fiable d'acides gras essentiels, en supposant qu'une raffinerie soit opérationnelle au Canada. L'huile des grains d'Echium plantagineum est une huile au profil unique, riche en acides gras essentiels. Les acides gras essentiels ne sont pas produits par l'organisme. Ils doivent donc être fournis par l'alimentation ou au moyen de compléments nutritionnels. Parmi les acides gras présents dans l'huile des graines, ceux qui présentent un intérêt particulier sont les acides gras gamma-linoléique (GLA) et stéaridonique. L'huile des graines d'Echium plantagineum contient 10-11% de GLA; ses autres sources sont l'huile de bourrache (22-25%), l'huile de pépins de cassis (environ 15%), l'huile d'onagre (8-10%), l'huile de carthame issue de la biotechnologie (35-65%) et l'huile de canola (36-40%) (Patterson 2006). On estime que les GLA ont de nombreux effets bénéfiques. Ils se sont révélés efficaces dans le traitement de l'eczéma, des troubles d'hyperactivité, de certains cancers, de la haute pression artérielle et des enflures.

L'acide stéaridonique (SDA) est rare dans les plantes. Toutefois, l'huile extraite des graines d'Echium plantagineum peut contenir de 9 à 16% d'acide stéaridonique selon Berti et al. (2007). D'après Guil-Guerrero et al. (2007), Echium plantagineum contient 30% d'huile saponifiable avec 13,3% de SDA. Les autres sources d'acide stéaridonique sont les graines de chanvre (2-3%) (Callaway et al. 1996) et les pépins de cassis (2%) (Clough 1993), ainsi que d'autres espèces du genre Echium. D'après Guil-Guerrero et al. (2003), on trouve 28,7% d'huile saponifiable avec 13,3% de SDA dans Echium vulgare L., plante très proche, qui est aussi une mauvaise herbe non indigène, mais qui est déjà présente dans toutes les provinces du Canada. Plusieurs autres plantes, qui ont des taux d'acide stéaridonique comparables ou plus élevés, appartenant à la famille des Boraginaceae ou à la famille des Primulaceae, sont répertoriées dans Guil-Guerrero et al. (2007). L'acide stéaridonique est aussi un excellent complément nutritionnel présentant des intérêts pour la santé et est très précieux pour ses propriétés antiinflammatoires et hydrantes. Echium plantagineum a reçu l'agrément des États-Unis pour son utilisation dans les denrées alimentaires et est en attente d'une autorisation pour toute l'Union Européenne.

L'agrément accordé récemment à l'huile d'Echium raffinée par la FDA aux États-Unis a ouvert de meilleures possibilités de participation au marché. L'agrément du Royaume-Uni concernant l'huile d'Echium est toujours en suspens.

Effets possibles sur le commerce

Dans tous les États et territoires d'Australie, à l'exception du Queensland, on considère qu'Echium plantagineum est une mauvaise herbe nuisible (Parsons and Cuthbertson 1992). Elle est réglementée par l'Afrique du Sud comme mauvaise herbe de Catégorie 1. Aux États-Unis, elle est considérée une mauvaise herbe justiciable de quarantaine dans l'État de l'Oregon. Si on autorisait qu'Echium plantagineum soit plantée pour la cultiver au Canada et qu'elle s'y établisse, les principales exportations du Canada et ses autres marchandises agricoles seraient potentiellement soumises à des mesures de quarantaine par ces pays ou par d'autres pays.

L'interdiction d'Echium plantagineum en provenance du Canada n'aurait qu'un minimum d'incidence sur les échanges commerciaux. Actuellement, un certificat phytosanitaire est exigé pour tout le grain importé au Canada d'une provenance hors-continent et pour toutes les importations d'orge, de blé, de triticale et de seigle en provenance de la zone continentale des États-Unis, par conséquent, la mesure proposée n'exigera pas de documentation supplémentaire pour ces récoltes. Les personnes ayant la responsabilité d'émettre un certificat phytosanitaire pour les importations de grains au Canada devront être assurées que la cargaison est exempte d'Echium plantagineum comme c'est déjà le cas pour trois autres genres de végétaux envahissants : Cuscuta, Orobanche and Striga. Voici, ci-dessous le tableau des principales importations de grain à destination du Canada, au cours des dernières années, en provenance de pays et d'États connus pour approuver les populations d'Echium plantagineum (Tableau 4). Une liste des pays connus pour approuver les populations d'Echium plantagineum se trouve dans l'évaluation du risque phytosanitaire (Castro 2007).

Tableau 4 : Origine et valeur ($ canadien) de certaines des principales importations de céréales à destination du Canada en 2007 en provenance de pays et d'États avec Echium plantagineum
Orge Avoine Seigle Blé Sorgho à grains Maïs
É.-U.- Dakota du Nord8 454 224294 00631 627528 61420 76264 776 228
É.-U.-Maine1 435 7531 772 40826 934//1024
É.-U.-Oregon527 90182422 496289236
É.-U.-Californie5 043//8 70125193 583
Royaume-Uni14324/27 372/12
Chili///15 583/13 179 209
Nouvelle-Zélande45411/7 598/84
Russie31615 282/4 890/2 108
Italie356//285//
Turkie///196/44 558
Argentine/////442 435
France///45/660 738
Australie1//1/1
Ukraine//////
Espagne/////22 156
Brésil/////33 725
Portugal//////

Source : Trade Data Online (2008).

Nota : Les textes en caractères gras indiquent un niveau de risque plus élevé en fonction du type de céréale et de la quantité. Les chiffres correspondent à l'année 2007 uniquement, mais peuvent ne pas être indicatifs des tendances futures.

La distribution d'Echium plantagineum est très restreinte aux États' Unis. Elle est connue dans deux comtés de l'Oregon, et est sous contrôle officiel. Des essais en champ ont été menés au Dakota du Nord, toutefois ils sont restés très limités. Un essai sur un champ de trois acres a été mené l'année dernière dans le Maine, mais a été arrêté. Un certificat phytosanitaire n'est actuellement pas requis pour le soja, le maïs et l'avoine en provenance du Maine, toutefois le risque de contamination du maïs et du soja par Echium plantagineum est considéré comme relativement bas en raison de la grosseur de la graine du produit et de sa taille à la récolte. La plus grosse infestation d'Echium plantagineum en Amérique du Nord se trouve en Californie. Cependant, en termes de cultures de céréales, les importations canadiennes de maïs proviennent essentiellement de la Californie.

Echium plantagineum est également cultivée et commercialisée dans certaines régions du monde sous forme d'espèce de jardin en raison de ses fleurs attrayantes; toutefois, cette plante n'est que rarement, ou même jamais, vendue au Canada. On l'a signalée, en tant qu'élément entrant dans la composition de mélanges de fleurs importés, à trois reprises depuis 2007 (Données internes de l'ACIA, 2010). La valeur moyenne des graines de fleurs, y compris les mélanges de semences, importés au Canada au cours des cinq dernières années, s'établit aux alentours de 17 000 dollars pour chaque année (Statistique Canada, 2010). On peut éviter de mettre Echium plantagineum dans un mélange de fleurs ou on peut la remplacer par des fleurs d'une espèce proche sans incidence pour les échanges commerciaux.

Programmes nationaux et provinciaux et autres programmes existants

Ce n'est que récemment qu'on a envisagé d'utiliser Echium plantagineum comme nouvelle culture de remplacement au Canada. En dehors des cultures, la présence de l'espèce n'est pas signalée au Canada. Par conséquent, il n'existe aucun programme canadien concernant sa gestion.

Annexe 8A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Microstegium vimineum

Identité de l'organisme

Nom : Microstegium vimineum

Synonyme(s) : Andropogon vimineum, Eulalia viminea, Eulalia viminea variabilis, (USDA-ARS 2008). Microstegium imberbe, Microstegium willdenovianum Nees ex Lindl. Pollinia imberbis, Pollinia viminea, Pollinia willdenoviana (Tu 2000).

Noms communs français : Aucun n'a été relevé.

Noms communs anglais : Japonese stiltgrass, Japonese grass, Nepalese browntop, Nepalgrass (USDA-ARS 2008).

Description : Microstegium vimineum est une graminée annuelle habituellement tentaculaire. Elle germe au printemps et croît lentement pendant les mois d'été, finissant par atteindre des hauteurs situées entre 0,6 et 1,0 mètre, ses tiges déclives poussant jusqu'à un mètre de long. Les tiges sveltes des fleurs menues sont produites d'août à septembre ou au début d'octobre. À la fin de l'automne, elles adoptent une couleur jaune verdâtre pâle ou tournent au violet (Swearing, 2004, Mehrhoff et al., 2003).

La graminée Microstegium vimineum est devenue un problème important des forêts dans beaucoup d'États de l'Est et du Midwest des États-Unis. Elle se dissémine rapidement à la faveur d'une grande production de semences et de l'enracinement des nœuds caulinaires. Elle s'établit souvent dans les endroits où les sols humides s 'affouillent comme le long des berges, des plaines inondables, des fossés de drainage et des sentiers. Parmi les habitats typiques de l'espèce, on compte les couloirs fluviaux, les marécages boisés, les terrains humides boisés, les terres stériles et les fourrés, les emprises des services publics, les bordures des routes et les pelouses (Tu 2000).

Statut de l'organisme

Microstegium vimineum n'est pas signalée comme présente au Canada (ACIA 2008) et rien n'est venu prouver qu'elle y est cultivée comme plante ornementale (CNLA 2009). Selon le renseignement qu'on vient de mentionner, Microstegium vimineum est considérée comme absente de la zone d'analyse du risque phytosanitaire.

Statut réglementaire actuel

Microstegium vimineum n'est pas réglementée actuellement au Canada. Elle n'est pas non plus réglementée à l'échelon fédéral aux États-Unis, mais elle est réglementée dans les États suivants : Alabama, Connecticut et Massachussetts (USDA-ARS 2008). Elle n'est pas connue pour être réglementée dans les autres pays.

Probabilité d'introduction

Microstegium vimineum est indigène en Inde, au Népal, en Chine et au Japon, et a été introduite en Amérique du Nord, en 1919, au Tennessee. Dès 1960, elle s'était disséminée (probablement dans le foin et la terre) jusqu'en Ohio et en Pennsylvanie, et dans tous les États côtiers de l'Atlantique, depuis la Floride jusqu'au New Jersey (voir figure 1) (Howard 2005).

La voie d'introduction la plus probable est toutefois celle qui est associée à la fourrure des animaux ou aux vêtements des humains auxquels la plante adhère ou à la boue présente sur les pneus et les bottes de randonnée. Mehrhoff (2000) postule que certaines populations le long des sentiers de randonnée pédestre populaires aux États-Unis ont probablement été introduites par la voie des fruits qui adhèrent aux vêtements des êtres humains, à leurs chaussures, à leur équipement de randonnée ou aux chiens.

Tableau 1 : Résumé des voies d'entrées pour Microstegium vimineum
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelle

Microstegium vimineum a une grande production de semences, qui constituent sa voie naturelle de dispersion. Les nœuds caulinaires de la plante ont aussi la faculté de s'enraciner, ce qui l'aide à se disséminer localement. Les semences peuvent également se disperser par les eaux de ruissellement, et les eaux de crue, les fleuves et les fossés de drainage constituent les principaux corridors pour l'expansion des populations (Howard 2005).

La dispersion naturelle constitue une voie d'introduction improbable au Canada en raison de la distance entre les populations établies et la frontière canadienne.

Introduction intentionnelleMicrostegium vimineum n'a pas été documentée comme ayant été plantée intentionnellement à titre de plante ornementale, pour lutter contre l'érosion des sols ou comme plante destinée au fourrage (Howard 2005; OEPP 2008). Aucune voie d'introduction intentionnelle n'a été relevée.
Introduction non intentionnelle

Selon une alerte de l'OEPP, la plante, appelée en anglais Japonese stiltgrass, peut être introduite involontairement comme contaminant de la nourriture pour oiseaux, de la terre, du matériel de pépinière et du foin. Aucune référence nord-américaine n'a été trouvée qui répertorie les graines destinées à l'alimentation des oiseaux comme voies de dissémination.

Les données du Laboratoire sur les semences de l'ACIA, depuis 2000, n'indiquent la présence de l'espèce dans aucun des échantillons de surveillance du marché prélevés dans les semences importées.

La plante était largement utilisée comme matériel d'emballage de la porcelaine de Chine, ce qui était probablement sa voie d'introduction aux États-Unis (Tu 2000). La question n'est pas claire de savoir si cette voie d'introduction existe toujours.

Les semences s'accrochent facilement à la fourrure des animaux, aux vêtements et aux bottes des êtres humains et à la boue présente sur les pneus des véhicules. Elles peuvent être disséminées par des randonneurs (Mehrhoff 2000).

L'introduction non intentionnelle constitue la voie d'entrée la plus probable au Canada.

Probabilité d'établissement

La région qui offre les conditions les plus propices à la survie de Microstegium vimineum est la zone de rusticité des plantes numéro 6. Elle semble aussi être en train d'établir des populations dans la zone 5 aux États-Unis, ce qui donne pour le Canada une zone de distribution potentielle située dans des régions du Canada atlantique, dans le Sud de l'Ontario et dans le Sud et sur les côtes de la Colombie-Britannique (voir figure 2). Dans les États de la Nouvelle-Angleterre, Microstegium vimineum a envahi les forêts inondables, les forêts à succession précoce et tardive, les champs abandonnés, les bordures des routes et d'autres habitats (Mehrhoff et al., 2003). Microstegium vimineum prospère aussi dans beaucoup de régions perturbées. Ces habitats sont abondants au sein des régions menacées qui se situent dans la zone d'analyse du risque phytosanitaire.

Figure 1 : Zone de distribution de Microstegium vimineum en Amérique du Nord

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette image comprend une carte de l'est de l'Amérique du Nord qui montre répartition de Microstegium vimineum à l'aide de couleurs correspondant à une méthode particulière. Les points rouges représentent un échantillon UTC; les points verts correspondent aux autres herbiers; les points bleus représentent des données manuelles; les points bleu foncé indiquent les comtés UTC; le magenta indique les autres comtés d'herbiers; le rose pâle représente les participants; le vert pâle, qui est la couleur dominante de la carte, indique l'atlas de la flore des États; le vert foncé représente l'atlas de la flore régionale; le bleu pâle indique les déclarations fiables; le turquoise indique les autres publications sur Microstegium vimineum; tandis que le gris représente les déclarations non vérifiées; le vert foncé représente une base de données; le jaune moutarde indique un échantillon de MEB; et le violet foncé représente une base de données des herbiers. Bien que les petits points vert pâle soient prédominants, ils se concentrent dans les États suivants ainsi que dans leurs régions avoisinantes respectives : la Virginie, le New Jersey, Washington D.C.; certaines régions de la Pennsylvanie, la Caroline du Sud, le Kentucky, le Tennessee et la Virginie-Occidentale. De plus, bien que d'autres couleurs, comme le magenta, le bleu pâle, le vert foncé et le violet foncé, soient représentées, elles ne sont pas répandues.

Source: Barkworth 2006

Figure 2 : Zone de distribution potentielle de M. vimineum

Zone de distribution potentielle de Microstegium Vimineum
Description de la figure 2 :

Cette image montre, à l'aide d'une carte, la répartition potentielle de Microstegium vimineum au Canada et en Amérique du Nord. Le rouge représente les régions où Microstegium vimineum pourrait survivre selon la carte des zones de rusticité des plantes au Canada, en l'occurrence, les zones de rusticité 5 et 6 du système NAPPFAST. Au Canada, la répartition potentielle inclut des régions du Canada atlantique, le sud de l'Ontario de même que le sud et la zone côtière de la Colombie-Britannique. On constate que le rouge couvre principalement les États-Unis, y compris les principales zones côtières de l'Est et de l'Ouest, et qu'il s'étend vers les États centraux, ainsi même que les régions situées près des Grands Lacs, et vers le bas au-delà de l'image.

Source : Barkworth 2006

Probabilité de propagation

Même si elle est souvent associée aux régions boisées et humides, Microstegium vimineum se dissémine rapidement dans les régions perturbées (Weber 2003). Ses semences peuvent être disséminées par les randonneurs (Mehrhoff et al. 2003) et sont dispersées par les eaux de ruissellement, les eaux de crue, par les pieds des humains et des animaux et sont transportées avec le foin et la terre contaminés ou avec les plantes empotées (Swearingen 2004). Les fossés de drainage et les rivières constituent les principaux corridors pour l'expansion des populations (Howard 2005). La plante n'a pas de sapidité pour les animaux au pâturage, mais on a signalé que ceux-ci en disséminent les semences (Swearingen 2004). En évitant l'espèce et en broutant d'autres espèces ayant davantage de sapidité, la faune peut se trouver à contribuer indirectement à la dissémination de Microstegium vimineum (Howard 2005). Dans les habitats propices, l'espèce ne tarde pas à se disséminer en s'enracinant à partir de ses chaumes précombants et en formant des peuplements denses et monospécifiques (Barkworth 2006).

Conséquences économiques potentielles

Microstegium vimineum n'a pas été documentée comme plantée intentionnellement, soit comme plante ornementale, soit pour lutter contre l'érosion des sols ou soit pour le fourrage (Tu 2000). Elle est principalement signalée comme mauvaise herbe dans les zones naturelles, les zones humides et les sous-bois. On la signale surtout comme mauvaise herbe des espaces naturels, des milieux humides et des sous-étages des forêts. Il y a cependant eu des signalements indiquant que l'espèce envahit les zones de culture agricole, les plantations paysagères et les pelouses (Judge et al. 2008).

En 2008, il s'est importé pour une valeur de 24 millions de dollars de plantes de grande culture destinées à l'alimentation des oiseaux au Canada, en provenance de régions où Microstegium vimineum est présente. Il s'est également importé au Canada en 2008 pour une valeur de 746 000 $ de foin et de paille en provenance de régions où Microstegium vimineum est présente.

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Microstegium vimineum peut former des peuplements monotypiques denses qui remplacent les communautés végétales naturelles et peuvent dominer des habitats entiers, y compris les sous-étages des forêts et les milieux humides. L'espèce peut tolérer les conditions de faible ensoleillement, ce qui lui permet de menacer la végétation forestière de même que les habitats de lisière. Une fois établie, elle est capable de supplanter par son abondance la végétation herbacée indigène dans les milieux humides et les forêts, en l'espace de trois à cinq ans (OEPP 2008).

Les populations de Microstegium vimineum perturbent la qualité des habitats de nidification pour les oiseaux (p. ex., pour les cailles). Toutefois, elle crée un excellent habitat pour les rats, comme les sigmodons, prédateurs des habitats des oiseaux. Microstegium vimineum peut aussi entraîner une modification des conditions naturelles du sol, créant un environnement inhospitalier pour beaucoup d'espèces indigènes. Kourtev et al. (1998) ont signalé que dans les régions ayant été envahies par Microstegium vimineum, tant les horizons pédologiques des litières que des sols organiques étaient plus minces que dans les régions non envahies, et le pH des sols en question était considérablement plus élevé (Tu 2000).

Après avoir perturbé le couvert forestier, Microstegium vimineum répond avec une augmentation soudaine de la biomasse, ce qui lui permet d'envahir rapidement les forêts et d'empêcher la régénération des espèces ligneuses indigènes. Les augmentations rapides de la croissance de Microstegium vimineum conduisent à la formation de « nappes » sur le plancher forestier qui nuisent à la régénération des espèces ligneuses indigènes de multiples façons : directement, par la voie de la concurrence pour la lumière du soleil, pour les nutriments et pour l'eau; et indirectement, en réduisant la probabilité d'un bon contact de la semence avec le sol pour la germination (Oswalt et al. 2007).

Incertitude

La tolérance climatique de Microstegium vimineum est incertaine. L'espèce est en train de devenir de plus en plus répandue dans l'Est des États-Unis, dans la zone de rusticité des plantes numéro 6. Toutefois, il semble également y avoir des populations dans la zone 5. La zone de distribution indigène de la plante se situe principalement dans la zone 6, mais il y a des régions de la zone 5 incluses dans sa distribution. Pour les fins de la présente évaluation du risque, on a présumé que l'espèce pourrait s'établir au moins dans certaines parties de la zone 5.

Conclusion

Selon le résultat de la présente évaluation du risque phytosanitaire, Microstegium vimineum est susceptible de s'établir et de devenir envahissante dans certaines parties du Canada, y compris le Sud et les côtes de la Colombie-Britannique, le Sud de l'Ontario et certaines régions du Canada atlantique, si elle était introduite dans les régions en question. Cette plante devrait être considérée pour réglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. Il est à noter que l'une des voies potentielles d'introduction de l'espèce au Canada réside dans l'accrochage aux vêtements des êtres humains, aux véhicules boueux ou à la fourrure des animaux, voies qu'il peut être difficile de réglementer.

Considérations d'ordre technique

Annexe 8B : Considérations sur la gestion du risque pour Microstegium vimineum

Valeurs menacées

Microstegium vimineum préfère les milieux humides et les régions boisées. Il est difficile d'attribuer une valeur à la biodiversité du paysage canadien.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux moyens naturels de dispersion

Aucune mesure d'atténuation s'applicant aux moyens de dispersion naturels de Microstegium vimineum n'est ici soulignée. Microstegium vimineum a nuit dans plusieurs régions des États de la Nouvelle-Angleterre et s'approche maintenant la frontière canadienne. Il est presque impossible de réglementer sa dispersion par l'écoulement de l'eau de surface ou la migration des animaux sauvages.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée intentionnelles

Aucune voie d'introduction intentionnelle n'a été relevée.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée non intentionnelles

Grandes cultures non destinées à la multiplication

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Microstegium vimineum en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétauxet ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) dans l'objectif de :

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétauxpeuvent inclure un ou plusieurs des points suivants :

Répercussions commerciales 
Rentabilité et faisabilité

Foin et paille

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Microstegium vimineum en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux en le placant sur la liste des parasites réglementés par le Canada :

Répercussions commerciales 

Les pays exportateurs auraient à consacrer des ressources à l'inspection des marchandises que constituent le foin et la paille et à la délivrance de certificats phytosanitaires. Les inspecteurs des pays étrangers devront être en mesure d'identifier les semences de Microstegium vimineum pouvant être associées au foin et à la paille. Les exportateurs devront attester que la paille et le foin sont exempts de Microstegium vimineum, en défaut de quoi l'ACI pourra refuser leur entrée au Canada.

Rentabilité et faisabilité

Cette mesure va faciliter le commerce du foin et de la paille avec l'Alabama, le Connecticut et le Massachusetts, où Microstegium vimineum est réglementée. Cette mesure est déjà en place pour d'autres parasites réglementés par le Canada. Des dépenses mineures seront engagées pour la formation des inspecteurs.

Véhicules et équipement agricoles usagés

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Mise en application de la Directive 95-26 « Exigences phytosanitaires s'appliquant à la terre et aux matières connexes, prises isolément ou associées à des végétaux » (ACIA 2008).

En 2003, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a endossé la responsabilité d'effectuer l'inspection initiale des importations aux postes frontaliers canadiens applicables, suivant les lois et règlements administrés par l'ACIA. L'inspection des biens pouvant être contaminés par la terre est parmi les responsabilités qui ont été transférées à l'ASFC en 2003. L'Unité de programme sur les aliments, les plantes et les animaux de l'ASFC a développét la procédure opérationnelle normalisée (PON) qui concerne l' « Inspection des produits importés potentiellement contaminés par la terre ». Les agents des services frontaliers y trouvent les procédures officielles à suivre lors de l'inspection et de la disposition des biens pouvant être contaminés par la terre, incluant les véhicules et la machinerie agricole usagés.

Matériel de pépinière avec terre

Historique des importations

La valeur totale des importations de matériel de pépinière était de 173 millions de dollars en 2008 (Industrie Canada 2009) dont environ 80% provenaient des États-Unis (Industrie Canada, 2009; chiffre fondé sur les données utilisant le code S.H. 0602 - Autres plantes vivantes (y compris les racines), boutures; blanc de champignon). Environ 40% des importations en provenance des États-Unis proviennent d'États où Microstegium vimineum est présente (p.ex., la Floride, la Pennsylvanie, le Tennessee, l'État de New York et l'Ohio). Mesures possibles d'atténuation des risques

Répercussions commerciales 

La terre et les matières connexes constituent déjà une marchandise hautement réglementée et, par conséquent, l'impact sur le commerce devraient être relativement minimal. Toutefois, l'addition de l'exigence d'une déclaration selon laquelle la marchandise est exempte de Microstegium vimineum provenant des États où l'espèce est présente resserrerait les exigences déjà en place.

Rentabilité et faisabilité

Le matériel de pépinière provenant de régions infestées où Microstegium vimineum est présente peut être importé à condition que les racines des plantes soient nues. Sinon, l'utilisation d'un milieu de culture exempt de terre peut être une condition d'entrée imposée aux importations en question. Cette mesure d'atténuation devrait être réalisable et entraîner seulement des coûts mineurs.

Équipement et vêtements récréatifs usagés

Historique des importations
Mesures d'atténuation des risques

Sensibiliser le public à la réglementation et aux risques que présente cette plante. Distribuer le matériel de sensibilisation au public traversant les postes frontaliers.

Répercussions commerciales :

Il n'y a pas de conséquences prévues pour le commerce.

Rentabilité et faisabilité

Annexe 8C : Données d'importation pour les plantes de grande culture utilisées comme nourriture pour oiseaux

Données d'importation pour les plantes de grande culture non destinées à la propagation et provenant de pays où Microstegium vimineum est présente (2006-2008).

Valeur ($CAN)

Produit 1 : S.H. 100700 - Graines sorghum
Pays exportateur 2006 2007 2008
E.-U.-Pennsylvanie 001 527
E.-U.-Maryland 0200
Inde 6 04117 38622 618
Chine, P. Rép. 03951 271
Total partiel :6 04117 80125 416
Produit 2 : S.H. 1008 - Sarrasin, millet, graines à canari, autres céréales
Pays exportateur 2006 2007 2008
E.-U.-New York 142 096 38 700 66 060
E.-U.-New Jersey21 74430 56659 891
E.-U.-Géorgie19 68000
E.-U.-Tennessee 16 363 1 199 21 046
E.-U.-Pennsylvanie 0 7 041 29 210
E.-U.-Maryland 2 322 2 569 9 884
E.-U.-Massachusetts 1 188 4 213 7 262
E.-U.-Connecticut 0 5 346 1 663
E.-U.-Kentucky 348 1 823 0
E.-U.-Caroline du Nord4 743 229 0
E.-U.-Virginie40400
E.-U.-Indena18800
Chine, P. Rép.277 389307 425503 778
Inde287 150181 626150 134
Japon5 3801 1588 798
Total partiel :778 995581 895857 726
Produit 3 : S.H. 1206 - Graines de tournesol (cassées ou non)
Pays exportateur 2006 2007 2008
E.-U.-Tennessee184 372 229 795 334 187
E.-U.-Géorgie114 666 62 724 0
E.-U.-Indena124 175 133 945190 411
E.-U.-New York13 09315 98755 456
E.-U.-Maryland224209326
E.-U.-New Jersey1 11670 8767 013
E.-U.-Virginie occidentale0074
E.-U.-Caroline du Nord07113 325
E.-U.-Pennsylvania1 925183943
E.-U.-Kentucky032872
E.-U.-Connecticut602 0420
E.-U.-Massachusetts05050
E.-U.-Virgine000
Chine, P. Rép.1 520 6681 431 9381 889 796
Japon52 63952 06364 184
Inde045 464119 947
Total partiel :2 012 9382 046 1302 675 734
Produit 4 : S.H. 1207 - Oléagineux et fruits oléagineux NMA, (cassés ou non)
Pays exportateur 2006 2007 2008
E.-U.-New York662 960671 273552 490
E.-U.-Maryland252 972214 538396 836
E.-U.-Tennessee6094 530612 252
E.-U.-New Jersey140 24265 932114 648
E.-U.-Géorgie45 16675 07168
E.-U.-Caroline du Nord100 67260 71026 164
E.-U.-Virginie33 5749 2419 863
E.-U.-Indena629 42912 653
E.-U.-Kentucky5 67219 2924 163
E.-U.-Pennsylvania113 3187 123
E.-U.-Connecticut14 94000
E.-U.-Massachusetts1 8832 5490
E.-U.-Virginie occidentale08342
Inde7 933 5648 574 28514 632 712
Chine P.Rép.2 727 8863 808 9284 020 699
Japon62 372110 871155 928
Total partiel :11 981 97013 749 97520 545 941
Totals des produits 1 à 4
Pays exportateur 2006 2007 2008
Total: 14 779 94416 395 80124 104 817

Quantité (tm)

Produit 1 : S.H. 100700 - Graines sorghum
Pays exportateur 2006 2007 2008
E.-U.-Pennsylvania 005
E.-U.-Maryland 000
Inde 225771
Chine, P. Rép. 015
Total partiel :225881
Produit 2 : S.H. 1008 - Sarrasin, millet, graines à canari, autres céréales
Pays exportateur 2006 2007 2008
E.-U.-New York 14 635 489 7 855
E.-U.-New Jersey5 35912 05334 715
E.-U.-Géorgie90 68200
E.-U.-Tennessee 65 191 4 534 90 872
E.-U.-Pennsylvania 0 14 632 55 086
E.-U.-Maryland 441 572 3 158
E.-U.-Massachusetts 1 947 2 582 4 672
E.-U.-Connecticut 0 4 848 1 167
E.-U.-Kentucky 454 1 814 0
E.-U.-Caroline du Nord 4 170 113 0
E.-U.-Virginie11400
E.-U.-Indena3700
Chine, P. Rép.213 063409 492540 074
Inde226 297271 519145 113
Japon1 062822 486
Total partiel :623 452722 730885 198
Produit 3 : S.H. 1206 - Graines de tournesol (cassées ou non)
Pays exportateur 2006 2007 2008
E.-U.-Tennessee527 512472
E.-U.-Géorgie368 1400
E.-U.-Indena24 2730
E.-U.-New York13 925
E.-U.-Maryland0 00
E.-U.-New Jersey1 433
E.-U.-Virginie occidentale0 00
E.-U.-Caroline du Nord0 010
E.-U.-Pennsylvania1 01
E.-U.-Kentucky0 00
E.-U.-Connecticut0 10
E.-U.-Massachusetts0 10
E.-U.-Virginie0 00
Chine, P. Rép.1 335933928
Japon806
Inde03755
Total partiel : 2 277 1 7031 530
Produit 4 : S.H. 1207 - Oléagineux et fruits oléagineux NMA, (cassés ou non)
Pays exportateur 2006 2007 2008
E.-U.-New York2 2501 9201 307
E.-U.-Maryland1017391
E.-U.-Tennessee03271 627
E.-U.-New Jersey1033551
E.-U.-Géorgie1021640
E.-U.-Caroline du Nord47324963
E.-U.-Virginie1453722
E.-U.-Indena024
E.-U.-Kentucky221
E.-U.-Pennsylvania063
E.-U.-Connecticut500
E.-U.-Massachusetts010
E.-U.-Virginie occidentale000
Inde7 0946 5387 282
Chine P. Rép.1 1791 5781 255
Japon133636
Total partiel :11 46710 96811 742
Totals des produits 1 à 4
Pays exportateur 2006 2007 2008
Total : 637 218735 459898 551

Source : Statistique Canada 2009.

Nota : Les pays dont la valeur des exportations est de moins de 1000 $ par année sont groupés ensemble et une valeur sommative pour tous les pays regroupés est inscrite.

Annexe 8D : Données sur les importations du foin et de la paille

Données d'importation pour le foin et la paille en provenance de pays où Microstegium vimineum est présent (2006 à 2008)

Données sur les importations du foin et de la paille Valeur ($CAN)

Produit 1 : S.H. 121300 – Paille et enveloppe céréalières, non préparées
Pays exportateur 2006 2007 2008
E.-U.-Caroline du Nord 272 458 316 202 212 617
E.-U.-New York 8 98410 26016 288
E.-U.-Maryland 3 1517 5968 908
E.-U.-Massachusetts 00483
E.-U.-New Jersey 1 917266106
E.-U.-Virginiie 006
E.-U.-Géorgie 060 0000
E.-U.-Pennsulvania 530 3 141 0
E.-U.-Connecticut 571 249 0
E.-U.-Indiana 5 682 0 0
Inde284 039258 851302 025
Chine26305 744
Total partiel :577 595656 565546 177
Produit 2 : HS 121490S.H. 121490 - Rutabaga, betterave fourragère, racines fourragères, foin, trèfle, sainfoin, chou fourrager, etc., granulés
Pays exportateur 2006 2007 2008
E.-U.- Pennsylvania22 69920 272101 167
E.-U.-New Jersey44 16237 89148 900
E.-U.-Kentucky6193015 743
E.-U.-New York24 9651 808228
E.-U.-Maryland277190220
E.-U.-Virginie672020
E.-U.-Indena1 546 8 1
E.-U.-Massachusetts-- 10 --
E.-U.-Géorgie-- 10 --
Chine P. Rép.13 00712 36332 527
Japon4 2231 0511 076
Inde2 93328 29776
Total partiel :114 498101 950199 958
Totals des produits 1 et 2
Pays exportateur 2006 2007 2008
Total :692 093758 515746 135

Source : Statistique Canada 2009.

Nota : Les pays dont la valeur des exportations est de moins de 1000 $ par année sont groupés ensemble et une valeur sommative pour tous les pays regroupés est inscrite.

Annexe 9A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Nassella trichotoma (stipe à feuilles dentées)

Identité de l'organisme

Nom : Nassella trichotoma (famille des Graminées, sous-famille des Pooidées, tribu des Stipes) (USDA-ARS 2009).

Synonyme(s) : Stipa trichotoma Nees (1829), Urachne trichotoma (1834), Agrostis trichotoma (1841), Urachne macrathera (1853), Piptochaetium trichotomum (1879), Piptatherum macrantherum (1894), Stipa macrathera Speg. (1901), nom. illeg., non Stipa macrathera (1896), Oryzopsis trichotoma (1910).

Noms communs français : Stipe à feuilles dentées

Noms communs anglais : Serrated tussock, serrated tussock grass, nassella tussock, Yass tussock, Yass River tussock, tumbleweed.

Description : Nassella trichotoma est une grande graminée vivace à touffes (au moins 60 cm), de la tribu des Stipes (famille des Graminées), native de la Pampa en Amérique du Sud et introduite dans des régions au climat sec tiède tempéré dans d'autres régions du monde, principalement dans l'hémisphère sud. En Australie et en Nouvelle-Zélande, il s'agit d'une plante adventice sérieusement envahissante dans les pâturages et elle est considérée comme l'un des problèmes les plus sérieux en matière de mauvaises herbes dans les pays en question. Dans les pâturages, elle réduit la capacité biotique en raison de sa faible valeur nutritive et de sa médiocre sapidité pour le bétail.

Statut de l'organisme

Nassella trichotoma n'est pas signalée au Canada et on n'a trouvé aucune preuve qu'elle est cultivée ici (ACIA 2008; Scoggan 1979). Sur la foi de ce renseignement, elle est considérée comme absente de la zone de l'ARP.

Nassella trichotoma n'est pas encore établie en Amérique du Nord :

Statut réglementaire actuel

Canada : Elle est répertoriée comme « graine de mauvaise herbe nuisible interdite » de classe 1, en vertu de l'Arrêté sur les graines des mauvaises herbes (Loi sur les semences). Toutes les semences importées et intérieures doivent être exemptes de graines de mauvaises herbes nuisibles interdites.

Étas-Unis : Elle est répertoriée dans la Liste des mauvaises herbes de ressort fédéral USDA-APHIS Note de bas de page 1 en vertu de la Noxious Weed Regulation (Federal Noxious Weed Act). Nul ne peut introduire une mauvaise herbe de ressort fédéral aux États-Unis ou par l'intermédiaire des États-Unis, ni en déplacer d'un État à un autre, à moins que cette personne n'obtienne un permis pour un tel déplacement ou une telle introduction (Noxious Weed Regulation.)

Organisation européenne pour la protection des plantes (OEPP) : Nassella trichotoma n'est pas réglementée en Europe. Toutefois, elle a été ajoutée à la liste d'alerte de l'OEPP parce qu'elle présente un risque pour la région de l'OEPP. L'objectif de la liste d'alerte de l'OEPP est de fournir un avertissement précoce et éventuellement de proposer des plantes candidates susceptibles d'être assujetties à une analyse du risque phytosanitaire (OEPP 2009).

Probabilité d'introduction

La principale voie par laquelle Nassella trichotoma pourrait probablement être introduite au Canada réside dans les lots de semences des graminées fourragères destinées à la plantation. Toutefois, l'espèce ne semble pas être une mauvaise herbe courante dans les champs de production de semences, ni dans son parcours naturel, ni où elle est introduite et on ne l'a que rarement interceptée dans les lots importés. Nassella trichotoma a été répertoriée en tant que graine de mauvaise herbe interdite dans l'Arrêté sur les graines des mauvaises herbes du Canada; cette inscription devrait réduire grandement la probabilité de son introduction au Canada comme contaminant des semences. Une deuxième voie d'introduction consiste dans la vente de végétaux et de semences destinés à la plantation dans les jardins privés. Voir le tableau 1, Résumé des voies d'entrées pour Nassella trichotoma (stipe à feuilles dentées).

Tableau 1 : Résumé des voies d'entrées pour Nassella trichotoma (stipe à feuilles dentées)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelle

Semence : le vent distribue les semences sur de longues distances.

Introduction intentionnelle
  • Semences des graminées ornementales
  • Plantes ornementales destinées à la plantation
Introduction non intentionnelle
  • Contaminant des lots de semences de graminées fourragères
  • Contaminant du foin et de la paille
  • Contaminant de la laine brute
  • Dissémination par le bétail

Probabilité d'établissement

Le parcours naturel potentiel de Nassella trichotoma au Canada serait très limité. Son parcours naturel en Amérique du Sud et en Australie permet de supposer qu'elle serait confinée à la zone canadienne de rusticité des plantes numéro 8, et s'étendrait peut-être jusqu'à la zone 7. Même si la zone 7 est incluse, le parcours naturel potentiel serait limité aux côtes de la Colombie-Britannique où il existe une quantité limitée d'habitats convenables (Figure 1).

La modélisation climatique, fondée sur le parcours actuel de Nassella trichotoma dans le monde, limite la distribution potentielle encore davantage jusqu'à l'extrême sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Figure 1 : Parcours potentiel de Nassella trichotoma au Canada

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette carte montre la répartition potentielle de Nassella trichotoma (stipe à feuilles dentées) au Canada, notamment en Colombie-Britannique. Le rouge représente les régions où Nassella trichotoma pourrait survivre selon la carte des zones de rusticité des plantes au Canada; dans ce cas, la zone de rusticité 8 du système NAPPFAST, et possiblement la zone 7. Au Canada, la répartition potentielle de Nassella trichotoma est limitée à la zone côtière de la Colombie Britannique seulement. On a restreint cette image pour y inclure les zones côtières inférieures de la Colombie-Britannique de même que le Washington et l'Oregon, où l'on constate très peu de rouge.

Zones NAPPFAST 7-9

Probabilité de propagation

La possibilité de dissémination naturelle est élevée. Nassella trichotoma se dissémine par les semences, qui peuvent être produites en grande quantité. Les grandes panicules se brisent et éclatent au vent, comme l'herbe-à-cochon, distribuant des semences sur de longues distances dans les habitats ouverts. Dans des conditions convenables, la plante peut se disséminer fort rapidement. Les semences peuvent persister pendant de nombreuses années dans le sol. Étant donné que Nassella trichotoma ne pousse habituellement pas dans les champs cultivés, il en résulte une baisse de la probabilité que les semences soient déplacées pour aboutir sur les machines.

Conséquences économiques potentielles

Les répercussions économiques potentielles ne sont pas importantes. La principale incidence économique de Nassella trichotoma est de réduire la capacité biotique du parcours naturel et des pâturages. Étant donné que la plupart des zones herbagères au Canada se situent en dehors du parcours naturel potentiel, cette incidence serait limitée. Dans les régions sérieusement infestées en Australie, le sol peut devenir inutilisable pour le pâturage, ce qui réduit grandement la valeur des terres, mais ce degré d'incidence est peu susceptible de se réaliser au Canada.

Conséquences environnementales et sociales potentielles

L'impact environnemental potentiel est élevé. Nassella trichotoma a fait la preuve de sa capacité à rivaliser fructueusement contre les graminées introduites et indigènes sur les terres pâturées où elle a été introduite en Australie, en Nouvelle-Zélande et en Afrique du Sud. Elle a le potentiel pour s'établir dans les pâturages indigènes et les terrains légèrement boisés, y compris les prés de chênes de Garry dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. Bien que cette région soit très limitée (voir Figure 2), les prés en question constituent un écosystème grandement menacé d'extinction au Canada, écosystème qui fournit un habitat à quelque 54 espèces de plantes vasculaires et à trois taxons de papillons répertoriés comme menacés ou en voie de disparition au Canada.

Il n'existe pas de rapport de toxicité pour le bétail ou l'humain, mais des animaux domestiques sont morts d'avoir trop mangé de Nassella trichotoma en raison du fait que le matériel végétal de la plante forme de grandes balles dans l'estomac. Les infestations massives des terres protégées avec Nassella trichotoma diminuent la diversité biologique et la valeur esthétique des terres en question.

Figure 2 : Distribution des écosystèmes de chênes de Garry en Colombie-Britannique

Figure 2. Description ci-dessous.
Description de la figure 2 :

Cette carte montre, en rouge, la distribution des écosystèmes du chêne de Garry en Colombie Britannique. On constate sa présence principalement dans la zone côtière du sud de l'île de Vancouver autour des régions de Victoria et de Nanaimo et au-delà, un peu vers le haut. La distribution des écosystèmes du chêne de Garry comprend aussi la Colombie-Britannique continentale, indiquée par les deux cercles rouges près de Hope. Une flèche noire et blanche qui figure sur la partie continentale de la province est orientée vers le haut pour indiquer la direction nord.

Source : GOERT 2009

Incertitude

Cette évaluation est fondée sur la compréhension que l'on a actuellement du parcours naturel et des tolérances climatiques de l'espèce. On n'a pas enregistré que la plante s'établit au-delà de l'équivalent d'une zone canadienne de rusticité des plantes numéro 8. Toute preuve montrant qu'elle pourrait survivre dans une zone 6 ou supérieure modifierait cette évaluation de façon spectaculaire. Le potentiel d'établissement et les répercussions économiques, en particulier, devraient alors être réévalués. Si on déterminait que l'espèce ne constitue pas une menace pour les espèces en voie de disparition des prés de chênes de Garry dans l'île de Vancouver, l'impact environnemental pourrait être révisé à la baisse.

Conclusion

Le risque global associé à Nassella trichotoma est modéré. Cette modération indique néanmoins qu'il faut prendre des mesures phytosanitaires précises. En 2005, l'espèce a été répertoriée comme graine de mauvaise herbe interdite. Ce fait devrait grandement réduire la probabilité que Nassella trichotoma soit introduite au Canada. L'importation et la vente de végétaux au public devrait aussi être réglementées. La combinaison des deux mesures qu'on vient de mentionner fournirait une protection phytosanitaire adéquate au Canada contre cette espèce. On recommande que la Nassella trichtoma soit considéré aux fins d'une inclusion à la Liste des parasites règlementés par le Canada.

Considérations d'ordre technique

Aucune

Annexe 9B : Considérations sur la gestion des risques pour Nassella trichotoma (stipe à feuilles dentées)

Valeurs menacées

Industrie des semences

En 2007, 162 200 tonnes de semences canadiennes ont été exportées aux États-Unis, pour une valeur approximative de 197,6 millions de dollars. Si l'espèce Nassella trichotoma s'établit au Canada, cet établissement pourrait compliquer le commerce des semences entre les États-Unis et le Canada (Statistique Canada dans Agriculture Canada, 2008). À plusieurs occasions, des lots de semences de graminées fourragères d'origine sud-américaine ont été jugés contaminés avec les semences de cette mauvaise herbe. Cette contamination a causé des problèmes pour le commerce canadien des semences lorsque des lots de semences contenant des semences en touffes serrées ont été réexportées aux États-Unis. C'était en grande partie pour régler les préoccupations commerciales en question que l'espèce a été ajoutée à l'Arrêté sur les graines des mauvaises herbes comme graine de mauvaise herbe nuisible interdite en juillet 2005.

Le parcours naturel potentiel de Nassella trichotoma au Canada est limité à la côte ouest de la Colombie-Britannique où il n'y a presque pas de production de semences fourragères (Statistique Canada, 2007). L'incidence directe de cette espèce sur le commerce des semences est par conséquent relativement faible et limitée à la réexportation aux États-Unis (Tableau 2).

Écosystème du chêne de Garry

L'écosystème du chêne de Garry est rare et irremplaçable en raison de son importance historique et écologique. Ce paysage contribue à la fois au sentiment d'appartenance et à l'identité régionale des habitants de l'île de Vancouver.

Le ministère de l'Environnement, des Terres et des Parcs de la Colombie-Britannique possède deux réserves écologiques principalement axées sur les écosystèmes du chêne de Garry. La Société de préservation des près de chênes de Garry, le Centre de données de conservation de la Colombie-Britannique et le Service canadien des forêts ont lancé des programmes pour promouvoir la préservation des écosystèmes du chêne de Garry au Canada.

Tableau 2 : Valeur en dollars canadiens des réexportations canadiennes de semences fourragères à destination des États-Unis
Cultures fourragères 2004 2005 2006 2007
Luzerne8 63569 81869 6918 699
Trèfle9 28616 35828 45841 981
Fétuque0000
Ivraie47 92637 04600
Phléole des prés0000
Autres plantes fourragères10 497180 97488 191253 822
Total :78 348306 201188 346306 509

Source : Statistique Canada dans Industrie Canada, 2009

Coût de contrôle

Si l'espèce Nassella trichotoma s'établit dans des écosystèmes naturels, y compris celui du chêne de Garry, elle pourrait être ardue et coûteuse à éradiquer.

La méthode de contrôle la plus efficace en Nouvelle-Zélande, soit le déchiquetage suivi de l'application d'un herbicide, est coûteuse tant en main-d'œuvre qu'en produits chimiques. Les coûts de contrôle varient avec le degré d'infestation et d'utilisation des sols (arable par rapport à non arable) (Vere et Campbell, 1984). Les coûts de contrôle dans les terres modérément à massivement infestées ont été évalués entre 98,50 $ et 107,35 $Note de bas de page 1 par hectare (Vere et Campbell, 1984). Les mêmes auteurs expliquent que le traitement des terres massivement infestées doit se poursuivre jusqu'à 22 années durant avant qu'on puisse en attendre un avantage économique.

Le glyphosate semble être le seul pesticide homologué au Canada et ayant réussi à lutter contre Nassella trichotoma. Le glyphosate, soit un herbicide non sélectif, tue un large éventail de végétaux. Son usage aurait pour effet de nuire aux espèces indigènes qui se trouvent au sein de la région traitée, y compris les espèces en voie de disparition (Allison, 2006).

Mesures d'atténuation possibles applicables aux moyens naturels de dispersion

Aucune mesure n'est nécessaire. L'espèce Nassella trichotoma est absente le long de la frontière canadienne. Elle n'est pas susceptible d'entrer au Canada par les voies naturelles.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée intentionnelles

Végétaux destinés à la plantation (sauf les semences)

Historique des importations

L'ACIA considère l'espèce Nassella trichotoma comme non cultivée au Canada.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Mesures non réglementaires

Mesures réglementaires

Répercussions commerciales

Rentabilité et faisabilité

Semences de Nassella trichotoma

Historique des importations

Inconnues. Aucun chiffre n'est disponible précisément pour Nassella trichotoma.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Répercussions commerciales :

On prévoit que la perte de marché sera très faible (voir section V, c. Répercussions commerciales).

Rentabilité et faisabilité

Le Programme des semences de l'ACIA est déjà en place pour empêcher l'entrée de mauvaises herbes nuisibles interdites. La vérification de la conformité est effectuée dans le cadre du Programme de surveillance des marchés de semencesNote de bas de page 7.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée non intentionnelles

Semences des graminées fourragères

Historique des importations

Mesures possibles d'atténuation des risques

1. Maintenir la réglementation de Nassella trichotoma comme mauvaise herbe nuisible interdite de classe 1 conformément à l'Arrêté sur les graines des mauvaises herbesde la Loi sur les semences.

2. Réglementer Nassella trichotoma en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009).

Figure 3 : Importations de semences fourragères au Canada à partir de pays où Nassella trichotoma (stipe à feuilles dentées) est présente

Figure 3. Description ci-dessous.
Description of Figure 3 :

Cette figure représente les importations de semences fourragères au Canada à partir de pays où Nassella trichotoma (stipe à feuilles dentées) est présente de 1999 à 2008. Il s'agit notamment du Chili, Uruguay, Argentine, Nouvelle-Zélande, l'Australie, l'Italie, le Brésil et l'Afrique du Sud. En 1999, le Canada a reçu les la plupart des importations en provenance d'Argentine (environ 2 400 00 $ CAN) et en 2008 le Canada a reçu les la plupart des importations en provenance du Chili (environ 1 250 000 $ CAN).

Source : Statistique Canada dans Industrie Canada 2009

Répercussions commerciales :
Rentabilité et faisabilité

Foin et paille

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Aucune mesure n'est nécessaire. Le degré de risque associé aux importations de foin et de paille au Canada est relativement faible en raison du fait que (1) les produits proviennent principalement de régions où Nassella trichotoma est absente et que (2) Nassella trichotoma se trouve rarement dans les cultures, comme les pâturages cultivés.

Animaux vivants

Historique des importations

Entre 1999 et 2008, aucun nombre important de moutons ou de chèvres vivants pour la reproduction n'a été importé au Canada à partir de pays où Nassella trichotoma est présente (données internes de l'ACIA).

Mesures possibles d'atténuation des risques

Aucune mesure n'est nécessaire.

Laine brute

Historique des importations

La valeur totale des importations de laine brute tournait autour de 3,1 millions de dollars en 2008; 70% de cette valeur provenait d'Australie, de Nouvelle-Zélande et d'Argentine, pays où Nassella trichotoma est présente (Industrie Canada, 2009).

Mesures possibles d'atténuation des risques

Aucune mesure n'est nécessaire.

Annexe 9C : Données sur les importations pour les semences fourragères destinées à l'ensemencement

Données d'importation pour les semences fourragères destinées à l'ensemencement et provenant de pays où Nassella trichotoma est présente (2006-2008)

Valeur ($CAN)

Produit 1 : Luzerne Code SH 1209.21.00
Pays exportateur 2006 2007 2008
Australie199 963136 582358 370
Italie19 96916 96369 519
Argentine 71.8723 1220
Uruguay1 0491 4750
Sous-total :292 853158 142427 889
Produit 2 : Trèfle Code SH 1209.21.00
Pays exportateur 2006 2007 2008
Chili405 808521 3451 287 309
Uruguay 0 0 307 293
Nouvelle-Zélande 285 837 507 900 215 955
Argentine0 43 769 175 996
Italie 0 56 0
Australie 254 698 404 798 0
Sous-total : 946 3431 4778681 986 553
Produit 3 : Fétuque Code SH 1209.21.00
Pays exportateur 2006 2007 2008
Italie1 843042 100
Sous-total :1 843042 100
Produit 4 : Autres plantes fourragères Code SH 1209.21.00
Pays exportateur 2006 2007 2008
Argentine36 015 175 826 196 704
Uruguay 223 473 1 081 875172 939
Nouvelle-Zélande 183 0 2 605
Italie1 839 0 1 432
Chili 961 17 1 134
Australie1 463 1 0
Sous-total :263 9341 257 719374 814
Totaux des produits 1 à 4
Pays exportateur 2006 2007 2008
Totaux1 504 9732 893 7292 831 356

Quantité (tm)

Produit 1 : Luzerne Code SH 1209.21.00
Pays exportateur 2006 2007 2008
Australiie58 40548 41660 025
Italie4 9903 01921 428
Argentine20 2865130
Uruguay1501750
Sous-total :83 83152 12381 453
Produit 2 : Trèfle Code SH 1209.21.00
Pays exportateur 2006 2007 2008
Chili 152 528191 132488 676
Uruguay 0087 500
Nouvelle-Zélande 61 951157 84062 952
Argentine 017 90054 600
Italie 0230
Australie 60 474116 8310
Sous-total :274 953484 526693 728
Produit 3 : Fétuque Code SH 1209.21.00
Pays exportateur 2006 2007 2008
Italie1 550024 465
Sous-total : 1 550024 465
Produit 4 : Autres plantes fourragères Code SH 1209.21.00
Pays exportateur 2006 2007 2008
Argentine8 05739 58560 348
Uruguay 60 000219 76845 000
Nouvelle-Zélande330615
Italie3730125
Chili 4 4968103
Australiie27200
Sous-total :73 231259 361106 191
Totaux des produits 1 à 4
Pays exportateur 2006 2007 2008
Totaux :433 565796 010905 837

Annexe 10A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Paspalum dilatatum (Herbe de Dallis)

Identité de l'organisme

Nom : Paspalum dilatatum (famillle des Poacées, sous-famille des Panicoїdées, tribu des Panicées)

Synonyme(s) : Digitaria dilatata, Panicum platense, Paspalum eriophorum, Paspalum lanatum Spreng., Paspalum ovatum, Paspalum pedunculare, Paspalum platense, Paspalum selloi, Paspalum velutinum (Tropicos 2009)

Noms communs français : Herbe de Dallis (CAB International 2007; Hitchcock and Chase, 1950; USDA-ARS 2009)

Noms communs anglais : Dallis grass, Dallisgrass, water grass, paspalum (CAB International 2007; Hitchcock and Chase 1950; USDA-ARS2009)

Description : L'herbe de Dallis est une graminée vivace cespiteuse de type C4. Les plantes de l'espèce comportent des rhizomes, mais ils sont si courts (moins d'un centimètre) que les tiges forment des touffes. Les tiges ont de 50 à 175 cm de hauteur et sont dressées. Les limbes des feuilles peuvent atteindre une longueur de 35 cm et une largeur de 2 à 16,5 mm; ils sont également plats, principalement glabres avec quelques poils près de la base sur la surface supérieure. Les panicules sont terminales, avec de 2 à 7 branches divergentes à inflorescences en cyme. Les épillets ont de 2 à 3,4 mm de long et de 1,7 à 2,5 mm de large. Ils se présentent en paires apprimées aux axes des branches. Les glumes inférieures sont inexistantes; les glumes supérieures et les glumelles inférieures présentent de 5 à 7 veines, avec des marges pileuses. Les caryopses ont de 2 à 2,3 mm et sont d'une couleur variant du blanc au brun (Barkworth 2006).

La digitaire à feuilles larges est considérée comme une mauvaise herbe dans 14 cultures et dans 28 pays (Holm et al., 1977)

Statut de l'organisme

L'herbe de Dallis n'est pas signalée comme présente au Canada (ACIA 2008), et rien n'est venu prouver qu'elle y est cultivée (CNLA 2009). Selon ce renseignement, elle est considérée comme absente de la zone d'analyse du risque phytosanitaire.

Statut réglementaire actuel

Canada :
Paspalum dilatatum n'est pas réglementée actuellement au Canada.
États-Uni :
L'espèce n'est pas réglementée comme mauvaise herbe nuisible de ressort fédéral ou étatique.
Autres pays :
Dans 28 pays, elle est répertoriée comme mauvaise herbe importante ou principale.

Probabilité d'introduction.

Papalum dilatatum a été introduit délibérément aux États-Unis comme graminée fourragère vers le milieu du 18 em siècle (Hitchcock and Chase 1950). Il semble que ce soit principalement grâce à son introduction délibérée que Papalum dilatatum se soit disséminé sur de grandes distances tout autour du globe.

Dans certaines régions du sud des États-Unis, l'herbe de Dallis est une mauvaise herbe vivace des pelouses, des parcours de golf et d'autres sites enherbés. Son contrôle dans le gazon est très difficile (Breeden and Brosnan 2009). Cela suggère que ses semences aient été introduites en contaminant des semences à gazon, tout au moins dans cette région. C'est le plus probablement par cette voie que Papalum dilatatum pourrait être introduit au Canada, pour autant que des semences à gazon importées des États-Unis soient vendues au Canada (Tableau 1). On a rapporté que Papalum dilatatum ait été utilisé comme graminée de pelouse (Barkworth 2006).

Tableau 1 : Résumé des voies d'entrées pour Paspalum dilatatum (Herbe de Dallis)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelle

Paspalum dilatatum se propage par les semences.

Il est improbable que la dispersion naturelle permettre à cette espèce d'entrer au Canada, puisque ses populations établies se situent dans les États du sud des États-Unis.

Introduction intentionnelle

L'introduction intentionnelle comme plante fourragère semble avoir été la principale voie d'introduction pour la dissémination à longue distance, partout dans le monde.

Il ne s'agit pas d'une voie probable pour l'introduction de Paspalum dilatatum au Canada, étant donné que l'espèce est cultivée intentionnellement seulement dans les climats chauds.

Introduction non intentionnelle

Les semences peuvent être transportées comme contaminants dans les lots de semences, en particulier les graminées à gazon. Toutefois, aucune semence de quelque espèce du genre Paspalum n'a été signalée dans les échantillons analysés par le Laboratoire des semences de l'ACIA au cours des neuf dernières années. Cette situation pourrait changer si on se mettait à importer davantage semences de graminées à gazon à partir des régions infestées.

Les semences pourraient être transportées comme contaminants des lots de grains. Paspalum dilatatum est une mauvaise herbe du riz, et pourrait donc être introduite au Canada comme contaminant des lots de grains de riz.

Il s'agit d'une voie d'introduction probable, mais il est improbable qu'elle permette l'entrée de semences dans les habitats propices.

Les semences pourraient être transportées comme contaminants des marchandises. Paspalum dilatatum est une mauvaise herbe des cultures de fruits tropicaux, y compris les ananas. Des ananas importés ont été signalés comme contaminés avec des graines de mauvaises herbes comme le vérâtre vert, si bien qu'il serait possible pour Paspalum dilatatum d'entrer au pays par cette voie.

Il s'agit là d'une voie d'introduction probable, quoique moins susceptible d'introduire des semences dans les habitats propices.

Figure 1 : Zone de distribution de Paspalum dilatatum en Amérique du Nord

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette image comprend une carte de l'Amérique du Nord qui montre la répartition de Paspalum dilatatum (herbe de Dallis) à l'aide de couleurs correspondant à une méthode particulière. Les points rouges représentent un échantillon UTC; les points verts correspondent aux autres herbiers; les points bleus représentent les données manuelles; le bleu foncé indique les comtés UTC; le magenta indique les autres comtés d'herbiers; le rose pâle, la couleur dominante de la carte, représente les participants; le vert pâle indique l'atlas de la flore des États; le vert foncé représente l'atlas de la flore régionale; le bleu pâle indique les déclarations fiables; le turquoise indique les autres publications sur Paspalum dilatatum; tandis que le gris représente les déclarations non vérifiées; le vert foncé représente une base de données; le jaune moutarde indique un échantillon de MEB; et le violet foncé représente une base de données des herbiers. Les nombreux points rose pâle se concentrent dans le sud-est des États, de la Virginie-Occidentale au Texas. On trouve le vert pâle et d'autres couleurs comme le jaune et le rouge, dans les États côtiers de la Caroline du Nord et la Caroline du Sud ainsi que la Virginie. On constate des points magenta, bleus, violets et turquoise le long des États de la côte Ouest, en Californie et dans des régions de l'Arizona de même qu'au Nouveau-Mexique, quoiqu'ils soient essentiellement plus dispersés par rapport à la représentation de l'Est.

Source : Barkworth 2006

Figure 2 : Zone de distribution potentielle de Paspalum dilatatum au Canada

Figure 2. Description ci-dessous.
Description de la figure 2 :

Cette image montre, à l'aide d'une carte, la répartition potentielle de Paspalum dilatatum au Canada et en Amérique du Nord. Le rouge représente les régions où Paspalum dilatatum pourrait survivre selon la carte des zones de rusticité des plantes au Canada; dans ce cas, les zones de rusticité 6 à 9 du système NAPPFAST. Au Canada, la répartition potentielle de Paspalum dilatatum est limitée à la zone côtière et au sud-ouest de la Colombie-Britannique, et possiblement au sud de l'Ontario et à certaines régions des Provinces maritimes, s'il est introduit dans ces régions. On constate que le rouge couvre principalement les États-Unis, y compris les principales régions côtières de l'Est et de l'Ouest de même que des régions situées près des Grands Lacs et qui s 'étendent vers le bas au-delà de l 'image.

Zones NAPPFAST nos 6 à 9

Probabilité d'établissement

Paspalum dilatatum est réputée indigène en Bolivie, au Brésil, au Chili, au Paraguay, en Uruguay et en Argentine (USDA-ARS 2009). La zone de distribution indigène exacte de l'espèce est obscure en raison de sa distribution pantropicale (Weber 2003). L'espèce est maintenant bien établie dans le sud des États-Unis, y compris à Hawaii, comme mauvaise herbe des terrains vagues (Barkworth, 2006). Paspalum dilatatum est aussi naturalisée dans le sud de l'Europe et en Afrique du Sud, en Asie, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Macaronésie, dans les Mascareignes, en Mélanésie et en Polynésie (USDA-ARS, 2009).

Selon sa zone de distribution actuelle aux États-Unis, Paspalum dilatatum survivra dans la zone NAPPFAST numéro 6, ce qui évoque une zone de distribution potentielle au Canada qui comprendrait le sud et les côtes de la Colombie-Britannique, l'extrême sud-ouest de l'Ontario et certaines régions côtières de Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve (voir figure 2).

Dans sa zone de distribution indigène, Paspalum dilatatum s'observe dans les sols sableux ou boueux, près du bord des mers ou dans les sols salins et les marécages. Dans sa zone de distribution non indigène, elle envahit les landes, les forêts d'arbustes, les habitats riverains et les marécages d'eau douce (Weber, 2003). Dans l'ouest de l'Australie, l'espèce est une mauvaise herbe importante dans les horizons argileux compacts perturbés ou naturels, de même que dans les marécages, dans les gazons, en bordure des routes et dans les pâturages (Hussey et al. 2007).

Il ne manquerait pas d'habitats propices dans la zone de distribution potentielle limitée au Canada.

Probabilité de propagation

Localement, les fragments des plantes de Paspalum dilatatum peuvent être transportés avec l'équipement agricole, mais les semences constituent le principal mode de propagation. L'espèce produit de grandes quantités de semences, souvent par apomixie (Holm et al. 1977). Les semences se disséminent en s'accrochant aux animaux et aux personnes (Holding et Bowcher 2007).

Conséquences économiques potentielles

Paspalum dilatatum est répertoriée comme mauvaise herbe significative ou principale en Australie, dans les Philippines, au Brésil, en Colombie, dans l'ancienne Union soviétique et à Taїwan (Holm et al. 1991). Elle peut devenir problématique lorsqu'elle envahit les fossés d'irrigation (Holm et al. 1977). Elle est particulièrement problématique comme mauvaise herbe pour les cultures de bananes, de papaye, d'ananas et de riz dans les Philippines; dans les cultures de sucre de canne et de bananes et dans les vergers et les vignobles en Australie; dans les cultures de bananes, d'ananas et de sucre de canne à Hawaii; dans les cultures de thé et d'agrumes dans l'ancienne Union soviétique; dans les cultures de riz au Brésil et en Inde et dans les cultures de pommes de terre et de légumes et dans les pâturages, en Nouvelle-Zélande. Aux États-Unis, l'espèce est une mauvaise herbe des pâturages (Holm et al. 1977) Au Tennessee, Paspalum dilatatum est maintenant problématique comme mauvaise herbe partout dans l'État, pour les gazons, les terrains de golf et les autres étendues gazonnées, où elle est très difficile à maîtriser (Breeden et Brosnan, 2009). Elle est répertoriée comme mauvaise herbe importante du gazon dans les sites Web de nombreux États du sud des États-Unis, et les chercheurs sont en quête de mesures rentables pour lutter contre cette espèce (Henry et Yelverton, 2005).

Conséquences environnementales et sociales potentielles

La croissance dense habituelle de l'espèce étouffe les autres plantes de faible taille et empêche le recrutement des autres espèces ligneuses indigènes dans l'ouest de l'Australie (Hussey et al. 2007).

Incertitude

Il est assez incertain que Paspalum dilatatum survive réellement dans la zone NAPPFAST numéro 6. L'espèce est certainement répandue dans la zone 7 aux États-Unis, mais si elle ne pouvait survivre que dans la zone 7, sa zone de distribution potentielle au Canada serait limitée au sud-ouest et aux côtes de la Colombie-Britannique

Conclusion

Sur la foi du résultat de la présente évaluation du risque phytosanitaire, on peut affirmer que Paspalum dilatatum est susceptible de s'établir et de devenir envahissante dans certaines parties du Canada, y compris le sud et les côtes de la Colombie-Britannique et, peut-être, dans le sud de l'Ontario et dans certaines parties des provinces maritimes, si l'espèce est introduite dans les régions en question. Cette plante devrait être considérée pour réglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et de la Loi sur les semences. On recommande de poursuivre le processus d'analyse des risques phytosanitaires et de compléter un Document de gestion des risques.

Considérations d'ordre technique

Il existe 320 espèces du genre Paspalum dans les régions chaudes du monde (Watson et Dallwitz 1992 et suivantes), si bien qu'il y aura toujours des problèmes d'identification. Toutefois, l'herbe de Dallis peut être identifiée par un personnel formé à cette fin.

Annexe 10B : Considérations sur la gestion des risques pour Paspalum dilatatum (Herbe de Dallis)

Mesures d'atténuation possibles applicables aux moyens naturels de dispersion

Selon Allison (2009), il est improbable que la dispersion naturelle permette à l'espèce d'entrer au Canada, étant donné que les populations établies se situent dans les États du sud des États-Unis.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée intentionnelles

Végétaux destinés à la plantation à l'exclusion des semences

Paspalum dilatatum n'est pas signalée comme présente au Canada, et rien n'est venu prouver qu'elle y est cultivée. Paspalum dilatatum, comme plante ornementale, n'est pas offerte en vente au Canada (ACPP, 2009).

Historique des importations

L'ACIA exige un permis d'importation, avec les noms scientifiques et communs, pour toutes les plantes et les matériels de propagation qui proviennent de l'extérieur des États-Unis continental. (ACIA 1997; ACIA 2009). Certaines plantes en provenance des États-Unis continental aussi exigent un permis d'importation (voir ACIA 2009). L'ACIA n'a pas délivré de permis d'importation pour les plantes de Paspalum dilatatum au cours des trois dernières années (Données internes de l'ACIA).

Mesures possibles d'atténuation des risques

Mesures non réglementaires

Actuellement, aucune mesure non réglementaire précise n'est nécessaire.

Mesures réglementaires

Réglementer Paspalum dilatatum en vertu de la Loi sur la protection des végétaux en tant qu'organisme de quarantaine et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés au Canada.

Répercussions commerciales :

Étant donné que Paspalum dilatatum est principalement utilisée pour les pâturages et la rétention des sols dans les régions tropicales et subtropicales, et qu'elle n'est pas cultivée ou importée au Canada, ni comme plante, ni comme semence, on ne prévoit pas que la réglementation de Paspalum dilatatum puisse avoir des conséquences importantes pour le commerce.

Rentabilité et faisabilité

Les programmes de l'ACIA relatifs à la santé des végétaux sont déjà en place pour empêcher l'introduction du matériel végétal interdit. Les mesures prises en vertu de la Loi sur la protection des végétaux sont déjà en place pour les autres parasites réglementés par le Canada (ACIA, 2009).

Semences

Historique des importations

Les semences des nouvelles espèces cultivées, comme celles des plantes de grande culture, peuvent être importées sans permis d'importation ni certificat phytosanitaire. Il n'existe pas de politique réglementaire ni de processus d'application en place pour réglementer adéquatement les importations en question.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer le Paspalum dilatatum en tant que Mauvaise herbe nuisible interdite (Catégorie 1) en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbesde la Loi sur les semences Note de bas de page 2.

Réglementer en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux, et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) dans l'objectif de :

Les mesures réglementaires exigées en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peuvent comprendre :

Les importateurs de matériel végétal en provenance de l'extérieur de la zone continentale des États-Unis devront soumettre une demande pour obtenir un permis d'importation en spécifiant les noms scientifiques.

Il n'existe pas suffisamment d'information sur la culture potentielle du Paspalum dilatatum. Si un demandeur situé au Canada a besoin d'obtenir davantage d'information sur la plante (par exemple pour générer des données qui détermineront son innocuité pour l'environnement), le Bureau de la biosécurité végétale pourrait autoriser des essais de recherche en conditions confinées en vertu de la Partie V du Règlement sur les semences.

Répercussions commerciales

Rentabilité et faisabilité

Le Programme des semences de l'ACIA est déjà en place pour empêcher l'entrée de mauvaises herbes nuisibles interdites.

Grandes cultures non destinées à la multiplication

Historique des importations

Selon les renseignements disponibles dans le Système des licences d'importation de l'ACIA, deux permis d'importation ont été délivrés, en 2003 et en 2007, pour divers spécimens de plantes séchées du genre Paspalum. Les permis d'importation ont été délivrés conformément au paragraphe 43 et seulement à des fins de recherche.

Mesures d'atténuation des risques

Réglementer en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. Ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) dans l'objectif de :

Les mesures réglementaires exigées en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peuvent comprendre:

Répercussions commerciales :

Comme il n'existe pas d'usage répertorié de Paspalum dilatatum comme produit non destiné à la propagation (usage alimentaire, ornemental, décoratif), il n'y aura pas de conséquence pour le commerce.

Rentabilité et faisabilité

Les programmes de l'ACIA relatifs à la santé des végétaux sont déjà en place pour empêcher l'introduction du matériel végétal interdit. Les mesures prises en vertu de la Loi sur la protection des végétaux sont déjà en place pour les autres parasites réglementés par le Canada (ACIA, 2009).

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée non intentionnelles

Grandes cultures non destinées à la multiplication

Historique des importations

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Paspalum dilatatum en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. Ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) afin de :

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peuvent inclure un ou plusieurs des points suivants :

Répercussions commerciales

Rentabilité et faisabilité

Semences

Historique des importations

En 2008, la valeur totale des semences de plantes fourragères importées des États-Unis s'établissait à 6,68 millions de dollars. Soixante-trois pour cent des importations en question (4,23 millions de dollars) provenaient d'États où Paspalum dilatatum est présente (Industrie Canada, 2009). Voir l'annexe 10C. La probabilité que les semences de cette mauvaise herbe contaminent les lots de semences est inconnue. Les semences n'ont pas été signalées comme contaminant dans le marché des lots de semences importés au Canada. Il y a un risque associé à Paspalum dilatatum en raison du fait que l'espèce est couramment utilisée comme plante fourragère, destinée aux pâturages dans les régions subtropicales cultivées et considérée comme mauvaise herbe importante dans les terrains de golf et les autres étendues gazonnées dans les États du sud des États-Unis.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Paspalum dilatatum en tant que mauvaise herbe nuisible interdite (Catégorie 1) en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes de la Loi sur les semences Note de bas de page 10.

Réglementer Paspalum dilatatum en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. Ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) afin de :

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peuvent inclure un ou plusieurs des points suivants :

Répercussions commerciales

Les exportateurs étrangers allouent présentement des ressources pour l'inspection des lots de semences et l'émission de certificats phytosanitaires. Les laboratoires des pays étrangers devront être en mesure d'identifier les semences de Paspalum dilatatum au sein d'un échantillon de semences. Les exportateurs devront attester que les lots de semences sont exempts de Paspalum dilatatum, en défaut de quoi l'ACIA peut refuser leur entrée au Canada.

Rentabilité et faisabilité

Foin et paille

Historique des importations
Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Paspalum dilatatum en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada afin de :

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peuvent inclure un ou plusieurs des points suivants :

Répercussions commerciales

Rentabilité et faisabilité

Cette mesure est déjà en place pour d'autres parasites réglementés par le Canada. La formation des inspecteurs sur l'identification encourra des coûts mineurs.

Annexe 10C : Données sur les importations de graines fourragères

Tableau 10C : Données sur l'importation de graines fourragères (excepté les graines de betteraves) (SH 120929) en provenance d'États où Paspalum dilatatum est présent (2004 à 2008)
Année États où Paspalum dilatatum est présent ($) Total É.U.($) Pourcentage d'importance
en provenance où Paspalum dilatatum est présent
20044 079 0935 520 52073,9%
20053 990 0105 453 03873,2%
20063 590 9875 514 53365,1%
20073 358 0935 340 24162,9%
20084 233 8606 678 00263,4%

Source : Statistique Canada, 2009

Annexe 11A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Persicaria perfoliata (renouée perfoliée)

Identité de l'organisme

Nom : Persicaria perfoliata

Synonyme(s) : Ampelygonum perfoliatum, Chylocalyx perfoliatus, Echinocaulon perfoliatum, Fagopyrum perfoliatum, Polygonum perfoliatum, Tracaulon perfoliatum, Truellum perfoliatum (Park 1986).

Noms communs anglais : Devil's-tail tearthumb, giant climbing tearthumb, mile-a-minute weed, mile-a-minute-vine, minuteweed, tearthumb, Asiatic tearthumb (Hinds and Freeman 1993; USDA-ARS 2008; USDA-NRCS 2008).

Noms communs français : Aucun n'a été répertorié.

La persicaire perfoliée (mile-a-minute weed) était anciennement incluse dans le grand genre Polygonum, comme P. perfoliatum L. Récemment toutefois, la plupart des botanistes d'Amérique du Nord se sont entendus pour dire qu'elle doit être placée dans le genre Persicaria (Hinds et Freeman, 2005).

Persicaria perfoliata est une vigne herbacée annuelle à croissance rapide de la famille du sarrasin (Polygonacées). Il s'agit d'une plante distinctive aux feuilles triangulaires, aux barbes recourbées vers l'arrière sur les tiges, aux limbes des feuilles inférieurs et aux fruits aux allures de baies d'une couleur bleu métallique. Autre caractéristique de cette plante, elle présente des structures foliées en forme de coupe appelées ochréas qui encerclent les nœuds caulinaires (Okay et al., 1997).

Persicaria perfoliata est indigène dans les climats tempérés et tropicaux d'Asie. Aux États-Unis, elle est introduite et envahissante dans les sites perturbés, les haies et les régions riveraines dans treize États, y compris l'État de New York (Hinds et Freeman, 1993). Cette plante agressive forme des tapis enchevêtrés qui étouffent les herbes, les arbrisseaux et les arbres de sous-étage indigènes (Weber, 2003).

Statut de l'organisme

Persicaria perfoliata n'est pas signalée comme présente au Canada (ACIA 2008a). Selon le renseignement qu'on vient de mentionner, pour la zone d'analyse du risque phytosanitaire, Persicaria perfoliata est considérée comme absente, n'ayant fait l'objet d'aucun signalement d'organisme nuisible.

Statut réglementaire actuel

Avant le présent DGR, Persicaria perfoliata n'était pas réglementée au Canada. Persicaria perfoliata n'est pas non plus réglementée actuellement à l'échelon fédéral aux États-Unis, au Mexique, au Pérou, au Brésil et en Chine. Elle est actuellement réglementée à l'échelon étatique en Alabama, au Connecticut, au Massachusetts, en Caroline du Nord, en Ohio, en Pennsylvanie et en Caroline du Sud (USDA-NRCS, 2009).

Probabilité d'introduction

Les principales voies d'introduction de Persicaria perfoliata au Canada sont les voies non intentionnelles, la dispersion favorisée par l'homme et la dispersion naturelle (Tableau 1). Selon l'expérience antérieure des États-Unis, la voie de dispersion favorisée par l'homme la plus probable est le déplacement non intentionnel de semences ou de plantes associées au matériel de pépinière. Parmi les autres voies de dispersion potentielles favorisées par l'homme, on compte les véhicules, les autres machines, le foin, le paillis, la terre, les chaussures, les vêtements, les bagages et les semences de plantes ornementales contaminés. L'introduction intentionnelle est aussi possible, mais la plante a peu de valeur ornementale. En raison de la présence de Persicaria perfoliata dans les États voisins, comme l'État de New York et la Pennsylvanie, l'expansion de l'aire de distribution naturelle constitue aussi une autre voie d'introduction potentielle pour cette espèce.

Probabilité d'établissement

Persicaria perfoliata est indigène dans les régions au climat frais tempéré de l'Asie orientale, où elle est largement distribuée (Johnson Jr., 1996; Steward, 1930).). Elle est présente au Japon, en Corée et dans certaines parties de la Chine (Johnson Jr., 1996). Elle s'étend au sud jusqu'aux Philippines et à l'ouest jusqu'en Inde, où on la trouve généralement dans les régions fraîches ou montagneuses (Johnson Jr., 1996).

En plus de son aire de distribution indigène, Persicaria perfoliata est introduite et établie aux États-Unis. La distribution actuelle de P. perfoliata en Amérique du Nord est illustrée à la Figure 1 et à la Figure 2. L'espèce a aussi été décelée en Turquie (Güner, 1984) et dans les Caraїbes (Weber, 2003), mais sa situation (occasionnelle, naturalisée ou envahissante) est inconnue. Elle a été introduite en Nouvelle-Zélande, mais a été éradiquée depuis (OEPP, 2008). Au Canada, P. perfoliata a été recueillie une fois le long du bord d'une route, près de Pitt Meadows, en Colombie-Britannique, en 1954, mais n'y a pas persisté (Douglas et al., 1990; Hinds et Freeman, 1993).

Persicaria perfoliata est considérée comme rustique dans la zone de rusticité des plantes numéro 6 de l'USDA. Au Canada, il existe des régions qui correspondent aux zones de rusticité des plantes numéros 6 à 8, le long de la côte de la Colombie-Britannique et de l'île de Vancouver, dans l'extrême sud de l'Ontario et dans des régions limitées dans les provinces maritimes (Figure 3). Parmi les habitats propices au développement de P. perfoliata, on compte toutes sortes de régions perturbées ainsi que les régions riveraines. L'espèce préfère les endroits ensoleillés et humides, mais peut tolérer les endroits ombragés et secs. Dans les zones de tolérance climatique, la non-disponibilité des habitats propices ne constituerait pas un facteur limitant pour l'établissement de P. perfoliata au Canada.

Tableau 1 : Résumé des voies d'entrée de Persicaria perfoliata renouée perfoliée
Type de voix d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelle

La dispersion naturelle se fait par l'eau, les oiseaux, les mammifères et les fourmis, selon ce qui a été signalé (Okay et al., 1997).

Parmi les voies naturelles de dispersion, les oiseaux constituent probablement le propagateur le plus important, suivis par l'eau, étant donné que les fruits de la plante peuvent y flotter pendant au moins une semaine (Okay et al., 1997).

La vitesse de dissémination aux États-Unis s'est élevée à environ 500 km dans plusieurs directions pendant 55 ans. (OEPP, 2008), ou environ 9 km par année.

Persicaria perfoliata est présente dans plusieurs États adjacents au Canada, y compris l'Ohio, la Pennsylvanie et l'État de New York.

Si la tendance actuelle se maintient et comprend une expansion vers le nord, l'aire de distribution de Persicaria perfoliata pourrait s'étendre au Canada sur plusieurs décennies.

La probabilité d'introduction de Persicaria perfoliata au Canada par les voies naturelles de dispersion semble être élevée.

Introduction intentionnelle L'introduction intentionnelle est possible, mais la plante a une faible valeur ornementale.
Introduction non intentionnelle

Parmi les voies d'introduction non intentionnelles pour Persicaria perfoliata, on compte les véhicules, les autres machines, le foin, le paillis, la terre, les chaussures, les vêtements et les bagages contaminés, les semences (principalement de plantes ornementales) et les grains contaminés, et le déplacement de semences ou de plantes associées au matériel de pépinière.

La probabilité d'introduction de Persicaria perfoliata au Canada par des voies non intentionnelles semble être élevée, en particulier en association avec des semences ou du matériel de pépinière contaminés, qui constituaient les voies d'introduction de cette espèce aux États-Unis.

Figure 1 : Aire de distribution actuelle de Persicaria perfoliata (renouée perfoliée) en Amérique du Nord

Nota : Les états avec au moins un point où Persicaria perfoliata est présente sont ombrés en vert.

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette carte illustre la répartition de Persicaria perfoliata en Amérique du Nord et indique la présence de celle-ci au moyen de la couleur verte. Les zones vert pâle mettent en évidence les États où cette plante est présente, au moins par endroits, lesquels États sont : l'Oregon, New York, la Pennsylvanie, l'Ohio, la Virginie-Occidentale, la Virginie, le Maryland, le New Jersey et le Delaware.

Source : USDA-NRCS 2009

Figure 2 : Distribution à l'échelon du comté de Persicaria perfoliata (renouée perfoliée) dans l'est des États-Unis

Figure 2 : Description ci-dessous
Description de la figure 2 :

Cette carte illustre la région nord-est de l'Amérique du Nord et démontre une répartition de Persicaria perfoliata (renouée perfoliée) au niveau du comté. Des cercles jaunes sont utilisés pour distinguer les régions dans lesquelles la répartition est prédominante, soit, principalement, le Connecticut, le New Jersey, la Pennsylvanie, le Maryland et les régions du Delaware. On peut noter une présence minime et dispersée dans les états de New York, du Massachusetts ainsi que de la Virginie et de la Virginie-Occidentale.

Source : Adapté de Hough-Goldstein et al., 2008.

Figure 3 : Zones 6 de rusticité des plantes de l'USDA

Nota : La renouée perfoliée est considérée comme une mauvaise herbe rustique, pouvant résister jusqu'à l'échelle 6 des zones de rusticité des plantes de l'USDA. Au Canada, elle pourrait s'établir dans les zones ombragées le long du littoral de la Colombie­Britannique et l'Île de Vancouver, dans le sud de l'Ontario et dans des régions des provinces maritimes.

Figure 3. Description ci-dessous
Description de la figure 3 :

Cette image est une carte de l'Amérique du Nord montrant les zones de rusticité 1 à 11 dans des couleurs différentes.

Probabilité de propagation

Persicaria perfoliata se reproduit par ses semences. Les plantes individuelles peuvent produire de 50 à 100 semences chacune. La croissance végétative est remarquablement rapide et peut atteindre 15 centimètres par jour. En plus d'une gamme de moyens de dispersion favorisés par l'homme, P. perfoliata se propage naturellement par l'eau, les oiseaux, les fourmis et les autres petits animaux ainsi que par les cerfs. Aux États-Unis, l'espèce s'est disséminée rapidement au cours des sept dernières décennies, et est maintenant présente dans onze États. La possibilité que l'espèce se dissémine d'un océan à l'autre a été soulevée. Bien que certains conjecturent que l'espèce pourrait assumer une croissance pérenne en Floride, d'autres auteurs laissent entendre que l'exigence d'un traitement de stratification froid pour la germination pourrait limiter la dissémination de l'espèce vers le sud. Dans l'ensemble, Persicaria perfoliata a un potentiel reproducteur modéré et une mobilité semencière allant de modérée à élever.

Conséquences économiques potentielles

Persicaria perfoliata est connue pour avoir des répercussions économiques défavorables sur les industries fondées sur la production des arbres et des arbrisseaux, comme les vergers, les pépinières, les plantations de sapins de Noël et les sites de régénération. Les plantes germent précocement et ne tardent pas à former un tapis dense et épineux de végétation par-dessus les semis et les arbrisseaux, causant une défoliation, un endommagement physique et la mortalité. Parmi les répercussions économiques potentielles indirectes de l'espèce, on compte le coût accru de la lutte contre l'espèce dans toutes sortes de secteurs (p. ex., l'industrie du transport, les parcs, les loisirs récréatifs et les jardins domestiques), la contamination des semences ou des grains, la diminution de la qualité du foin et les pertes pour l'industrie de la chasse et celle du tourisme.

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Persicaria perfoliata peut amoindrir la diversité végétale en supplantant et en tuant les plantes du sous-étage indigènes, y compris les plantes sauvages, les graminées, les arbrisseaux et les gaulis. Même si P. perfoliata s'observe souvent dans les zones perturbées, elle peut aussi entraîner une réduction des espèces dans les régions riveraines sensibles. Qui plus est, Persicaria perfoliata peut appauvrir les aliments et les habitats pour la faune indigène, en restreindre les déplacements et amoindrir la valeur esthétique des biens et des espaces publics. Les vignes épineuses de l'espèce, qui peuvent former des fourrés denses, constituent une nuisance pour les êtres humains, les animaux domestiques et la faune en général.

Incertitude

Domaines d'incertitude qui ont été relevés dans l'évaluation du risque relative à la possibilité que P. perfoliata s'établisse et se dissémine dans les climats plutôt froids par comparaison à ceux où elle s'établissait précédemment et rareté des données quantitatives sur les répercussions économiques de cette espèce.

Conclusion d'une évaluation des risques phytosanitaires

Persicaria perfoliata est une plante envahissante agressive qui peut causer un tort important à l'économie et à l'environnement. Des mesures d'atténuation potentielles doivent être envisagées pour cette plante, mais dans le contexte du fait qu'elle peut, avec le temps, se disséminer par les voies naturelles depuis les États du nord-est des États-Unis jusqu'au Canada.

Annexe 11B : Considérations sur la gestion des risques pour Persicaria perfoliata (renouée perfoliée)

Gestion des organismes nuisibles

Persicaria perfoliata peut être contrôlée efficacement avec des herbicides en pré-émergence ou en post-émergence (McCormick et Hartwig, 1995). L'arrachage à la main, la culture et les herbicides peuvent aider à lutter contre Persicaria perfoliata à petite échelle. Toutefois, ces méthodes ne sont pas réalisables pour les grandes infestations ou les infestations dans des régions écologiquement sensibles (Mountain 1989; Hough-Goldstein et Lake 2008; Price et al. 2003). La lutte par des moyens mécaniques n'est pas efficace (Lehtonen 1994). Les semences restent viables dans le sol jusqu'à six années durant, si bien que réussir à gérer P. perfoliata dépend de traitements annuels (Hough-Goldstein et al. 2008). Un programme de lutte biologique classique pour P. perfoliata a commencé aux États-Unis, en 1996 (Hough-Goldstein et al., 2008) à l'aide du charançon de l'espèce Rhinoncomimus latipes, ennemi naturel introduit à partir de la Chine et qui s'attaque spécifiquement à la vigne; ce programme a commencé à donner des résultats en 2004 (Hough-Goldstein et Lake, 2008; Hough-Goldstein, 2008; Colpetzer et al., 2004).

Évaluations du risque phytosanitaire d'autres pays

Une évaluation du risque phytosanitaire pour Persicaria perfoliata a été effectuée par l'USDA-APHIS (Lehtonen, 1994). La cote globale de risque phytosanitaire potentiel dans l'évaluation de l'USDA-APHIS était « élevée », cote résultant des cotes « élevées » pour la probabilité de dispersion et la possibilité d'impact environnemental et d'une cote « moyenne » pour les conséquences économiques de l'établissement de l'espèce. Il a été déterminé que l'espèce ne répond plus à la définition de mauvaise herbe nuisible, définition nécessaire pour la répertorier dans la législation américaine sur les mauvaises herbes nuisibles de ressort fédéral. Parmi les recommandations proposées dans l'évaluation, on compte une enquête sur la lutte biologique contre l'espèce et la collaboration dans la gestion intégrée de l'espèce avec les autres organismes du gouvernement désireux de se partager les coûts de la lutte contre l'espèce.

On peut se procurer un rapport sur une évaluation du risque phytosanitaire pour Polygonum perfoliatum auprès de l'OEPP (OEPP, 2007). La conclusion globale de la portion évaluation du risque phytosanitaire de l'analyse était que le risque était inacceptable et qu'il fallait envisager des mesures pour l'atténuer; on a aussi signalé que la plante peut causer des dommages importants aux écosystèmes d'eau douce et aux zones forestières commerciales et à la régénération forestière. Le rapport a permis d'identifier comme principales voies d'introduction les végétaux comportant du milieu de culture, la terre vendue en marchandise et les importations de semences de Meliosma.

L'État de New York (É-U.) a rempli un formulaire relatif au classement du pouvoir envahissant des végétaux non indigènes pour P. perfoliata, et a conclu par un classement du pouvoir envahissant « très élevé ».

Programmes nationaux et provinciaux et autres programmes existants

Il n'existe pas de programmes au Canada relatifs à la gestion de P. perfoliata ou à la lutte contre l'espèce. Un plan de gestion de la lutte contre Persicaria perfoliata (mile-a-minute weed) a été élaboré par le ministère de l'Agriculture de la Pennsylvanie où la plante est une mauvaise herbe nuisible de ressort étatique. Il s'agit d'un programme de lutte conjoint entre l'USDA-APHIS PPQ et le ministère de l'Agriculture de la Pennsylvanie (Bravo, 2008). Persicaria perfoliata est considérée comme largement distribuée aux États-Unis et, à ce titre, ne répond pas à la définition de mauvaise herbe nuisible, nécessaire pour la répertorier dans le Federal Noxious Weed Act; l'éradication de l'espèce n'est plus faisable (Lehtonen, 1994). Au niveau étatique aux États-Unis, elle est répertoriée comme mauvaise herbe nuisible de classe A en Caroline du Nord, comme mauvaise herbe nuisible interdite en Ohio et comme mauvaise herbe nuisible en Pennsylvanie et en Alabama.(Kumar et Ditommaso 2005).

Persicaria perfoliata peut contaminer le foin par voie non intentionnelle (Castro, 2008). Les programmes de fourrage sans mauvaise herbe peuvent aider à prévenir la dissémination de plantes envahissantes. Le gouvernement de l'Alberta, Développement agricole et rural, administre le Programme albertain de foin certifié exempt de mauvaises herbes (disponible en anglais seulement). Les objectifs du programme en question consistent à fournir un produit de première qualité reconnu comme commercialisable et transportable afin d'empêcher la dissémination des mauvaises herbes restreintes et nuisibles et de protéger les terres publiques et privées d'espèces végétales envahissantes non indigènes. Persicaria perfoliata n'est pas désignée actuellement comme plante indésirable sur cette liste.

Industrie canadienne des sapins de Noël

Persicaria perfoliata est connue pour avoir des conséquences économiques délétères sur la production de sapins de Noël (Castro, 2008). Elle pousse rapidement et peut supplanter les semis de sapins de Noël. En 2007, le Canada a exporté 2,5 millions de sapins de Noël pour une valeur de 29,8 millions de dollars (Tableau 1). Les régions des provinces maritimes qui exportent des sapins de Noël et dont les conditions climatiques sont propices au développement de Persicaria perfoliata (voir annexe 11A, Figure 3), seraient exposées à un risque certain si Persicaria perfoliata s'établissait au Canada.

Mesures d'atténuation potentielles pour les voies de dispersion naturelles

L'expansion de l'aire de distribution naturelle constitue une voie d'introduction potentielle. Persicaria perfoliata produit de nombreux fruits et comporte un taux élevé de grenaison qui contribue à la dispersion naturelle (Oliver, 1996). Une fois établie, l'espèce peut être disséminée dans les habitats environnants et les bassins hydrologiques par les oiseaux, les autres animaux et l'eau (Lehtonen, 1994). Les oiseaux et les rongeurs dispersent les semences comme les rivières et les ruisseaux, en particulier après les inondations (Mountain, 1989; Gerlach Okay et al., 2007). Les oiseaux sont reconnus comme agents de propagation à longue distance et les fourmis comme des agents de transport à courte distance (Kumar et Ditommaso, 2005; Gerlach Okay et al., 2007). Les semences peuvent passer dans les voies digestives des oiseaux sans perdre leur viabilité (Okay, 1997 dans Kumar et Ditommaso, 2005). La dispersion et la germination des semences de Persicaria perfoliata peuvent aussi être facilitées par le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) (Hough-Goldstein et al. 2008).Une fois établies dans un nouvel endroit, les nouvelles populations de Persicaria perfoliata peuvent se reproduire sans pollinisation croisée (Kumar et Ditommaso, 2005).

La gestion du risque de dispersion naturelle est difficile. Toutefois, la réglementation exigerait des enquêtes qui décèleraient toute nouvelle incursion établie par les voies de dispersion naturelles. Les programmes d'éducation et de sensibilisation, de même que la formation des inspecteurs à l'identification des parasites soutiendraient aussi la détection précoce des nouvelles incursions qui peuvent résulter de la dispersion naturelle et la réponse rapide aux incursions en question.

Tableau 2 : Résumé des arbres de Noël exportés par province canadienne et année

Valeur en millions de dollars
Province 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
Nouvelle -Écosse9,49,09,611,011,19,910,810,910,68,5
Nouveau-Brunswick5,24,65,76,36,45,75,34,84,84,8
Québec19,620,622,625,725,521,919,418,118,715,7
Autres provinces2,00,80,70,80,90,60,71,00,80,8
Canada36,235,038,643,843,938,036,234,834,929,8

Source : AAC 2008

Mesures d'atténuation recommandées pour les voies d'introduction intentionnelles et non intentionnelles

Mesures d'atténuation du risque recommandées

Mesures réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux

Il est recommandé que le Canada réglemente P. perfoliata comme organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux (1990, c.22) Note de bas de page 1, et ajoute cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009). Ces mesures empêcheraient l'importation, le déplacement ou la culture intentionnelles de l'espèce au Canada. L'ACIA n'approuverait pas les demandes de permis d'importation pour P. perfoliata.

L'ACIA aurait à annuler tous les permis d'importation délivrés pour Persicaria perfoliata. Toute plante de Persicaria perfoliata établie soit à l'extérieur, soit à l'intérieur des cultures devrait être assujettie à une lutte officielle.

Pour soutenir la réglementation, une exigence générale ferait en sorte que les importateurs seraient tenus d'inscrire les noms scientifiques complets des espèces sur toutes les demandes de permis d'importation, étant donné qu'il y a beaucoup d'espèces du genre Persicaria.

Les exemptions réglementaires pour l'importation de parties végétales vivantes ou séchées de Persicaria perfoliata à des fins spéciales comme la recherche, l'alimentation ou la médecine seraient étudiées au cas par cas par l'ACIA.

Mesures réglementaires en vertu de la Loi sur les semences

Il est recommandé que le Canada réglemente P. perfoliata comme mauvaise herbe nuisible interdite de classe 1 en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes (DORS/2005-220) de la Loi sur les semences (R.S., 1985, c. S-8) Note de bas de page 2. Cette espèce satisfait la définition d'une espèce de Catégorie 1 Note de bas de page 3 en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes. Toutes les semences canadiennes ou importées doivent être exemptes de graines de mauvaises herbes nuisibles interdites. Avant qu'ils ne soient importés, les lots de semence doivent être accompagnés d'un certificat d'analyse certifiant que P. perfoliata en est absent.

L'objet de la Loi sur la protection des végétaux est de protéger la vie des végétaux et les secteurs agricole et forestier de l'économie canadienne, en empêchant l'importation, l'exportation et la dissémination des parasites et en recourant à des mesures de lutte ou d'éradication au Canada.

Mesures non réglementaires

Les programmes d'éducation et de sensibilisation visant à renseigner la population sur Persicaria perfoliata sont recommandés. Ils soutiendraient les mesures réglementaires, de même que les activités de prévention et de détection précoce. L'industrie pourrait aussi mettre en œuvre des mesures volontaires pour mettre fin à la vente et à la distribution de plantes envahissantes connues au moyen de catalogues de commande par la poste ou par Internet.

Répercussions commerciales

Loi sur la protection des végétaux

La réglementation de P. perfoliata en vertu de la Loi sur la protection des végétaux aura des répercussions sur le commerce étant donné que les marchandises devront être certifiées exemptes de l'espèce et assujetties à de nouvelles exigences sur l'importation de végétaux au Canada. Le commerce international de l'espèce comme végétal destiné à la plantation est toutefois limité, étant donné qu'elle n'est pas réputée avoir une valeur économique au Canada et que la plupart des pays considèrent Persicaria perfoliata comme une plante envahissante (Oliver, 1996).

Loi sur les semences

La réglementation de P. perfoliata en vertu de la Loi sur les semences aura des répercussions sur le commerce, étant donné que les pays exportateurs devront consacrer des ressources à l'inspection des lots de semences et à la délivrance de certificats phytosanitaires étrangers en vertu de la Loi sur la protection des végétaux. Les laboratoires des pays étrangers devront être en mesure d'identifier les semences de P. perfoliata au sein d'un échantillon de semences. Les exportateurs devront attester que les lots de semences sont exempts de P. perfoliata, en défaut de quoi l'ACIA peut refuser leur entrée au Canada.

Rentabilité et faisabilité

Il faudrait des ressources supplémentaires pour que l'ACIA puisse « rappeler » tous les permis existants délivrés pour les espèces de Persicaria, afin de déterminer si l'espècePersicaria perfoliata a été importée d'une manière intentionnelle Le cas échéant, un programme de lutte officielle serait requis.

Il faudrait des ressources pour étendre les efforts d'enquête de l'ACIA. Des dépenses mineures pourraient être engagées pour la formation des inspecteurs et du personnel enquêteur à l'identification des parasites.

Il faudrait des ressources pour un programme d'éducation et de sensibilisation visant à renseigner le grand public, les jardiniers et l'industrie horticole sur P. perfoliata comme plante envahissante et organisme de quarantaine éventuel.

L'ACIA exige actuellement des déclarations d'importation et des certificats d'analyse pour les semences importées au Canada Note de bas de page 4. Les ressources supplémentaires requises pour réglementer P. perfoliata par la voie semencière seraient minimales.

Il faudrait des ressources pour étendre les efforts de l'ACIA en matière d'échantillonnage des semences et des dépenses mineures seraient engagées pour la formation des inspecteurs à l'identification des semences. Les semences de l'espèce ont la forme d'akènes sphériques de couleur noir vif et couverts d'un périanthe blanc ou rose, qui tourne au bleu et devient charnu lorsqu'il est mûr. Ces akènes forment des « fruits » aux allures de bleuet, chacun ayant 5 mm de diamètre, arrangés en grappes (Wu et al., 2002). Les inspecteurs doivent être capables de déceler les semences de l'espèce dans toute marchandise importée.

L'industrie horticole devra être formée à reconnaître les semences et les plantes de P. perfoliata, dans le cadre d'une approche préventive. Le Programme des semences de l'ACIA est déjà en place pour empêcher l'entrée de mauvaises herbes nuisibles interdites. L'ACIA surveille la conformité aux normes canadiennes au moyen du Programme de surveillance du marché Note de bas de page 5.

Les pays exportateurs auraient à consacrer des ressources à l'inspection des marchandises que constituent le foin et la paille et à la délivrance de certificats phytosanitaires. Les inspecteurs des pays étrangers doivent pouvoir identifier les semences et les plantes de P. perfoliata qui pourraient s'accrocher au foin et à la paille et s'y enchevêtrer avec des semences viables de l'espèce. Les pays exportateurs devraient s'assurer que le foin et la paille sont exempts de P. perfoliata, sinon l'ACIA refuserait l'importation.

Le personnel d'inspection de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) devrait être formé à la manière d'identifier les semences de P. perfoliata accrochées aux véhicules ou à d'autres machines entrant au Canada. Les inspections devraient porter sur tous les véhicules et les autres machines entrant au Canada à partir d'États infestés du nord-est des États-Unis (voir annexe 11A, Figure 2).

Voies d'introduction incriminées

Voies d'introduction intentionnelles
Végétaux destinés à la plantation
Les végétaux destinés à la plantation sont reconnus comme voie d'introduction potentielle pour P. perfoliata au Canada.Toutefois, la plante présente peu de valeur ornementale (Castro, 2008). Des espèces du genre Persicaria ont été importées intentionnellement au Canada. En effet, entre 2006 et 2009, l'ACIA a délivré 25 permis d'importation pour des espèces du genre Persicaria, et onze autre permis d'importation entre 2004 et 2005. Toutefois, on ignore si P. perfoliata a été expressément importée au Canada étant donné que les données à l'échelon de l'espèce n'étaient pas mentionnées sur les permis d'importation. Les permis d'importer les espèces du genre Persicaria ont été délivrés à des importateurs au Québec (importations des Pays-Bas, de France, du Japon et du Royaume-Uni), en Ontario (importations des Pays-Bas, du Royaume-Uni et des États-Unis), au Manitoba (importations des Pays-Bas), en Alberta (importations des Pays-Bas) et en Colombie-Britannique (importations des Pays-Bas).
Semences
Il est improbable que les importateurs importent des lots purs de semences de P. perfoliata. Toutefois, les personnes désireuses d'importer l'espèce intentionnellement pourraient choisir la voie semencière.Persicaria perfoliata pourrait aussi entrer au Canada sans être décelée, dans des paquets de semences de plantes ornementales, comme les mélanges de semences de plantes sauvages (Castro, 2008).
Voies d'introduction non intentionnelles
Déplacement de semences ou de plantes associées au matériel de pépinière
Parmi les voies d'introduction non intentionnelles possibles, on compte l'importation de matériel de pépinière ou de plantes contaminés avec les semences ou le matériel végétal de P. perfoliata. La plante est bien adaptée à la dispersion de pépinière en pépinière ou de pépinière en plates-bandes (Hill et al., 1981). Les semences sont susceptibles de survivre pendant tout le transport du matériel de pépinière (Castro, 2008). Les semences ou les plantes de Persicaria perfoliata associées à du matériel de pépinière enraciné dans de la terre constituent une voie d'introduction potentielle seulement à partir des États-Unis (Castro, 2008). L'introduction de l'espèce au Canada par la voie de marchandises semencières contaminées est une possibilité (Castro, 2008). Persicaria perfoliata a été signalée comme introduite intentionnellement par des semences associées à des semences du genre Meliosma importées de Chine aux États-Unis, et à des semences du genre Ilex importées du Japon (Lehtonen, 1994). Elle a aussi été signalée comme contaminant du matériel de pépinière du genre rhododendron importé d'Asie orientale (Hill et al. 1981). Les semences peuvent rester viables jusqu'à sept années durant et supporter un éventail assez grand de températures (Castro, 2008).
On ignore si du matériel de pépinière contaminé avec des semences ou des plantes de Persicaria perfoliata a été importé au Canada. La section Sciences et technologies des semences du laboratoire de l'ACIA à Saskatoon tient un registre des contaminants constatés dans les semences nationales et importées. Persicaria perfoliata n'a pas été décelée précédemment comme contaminant des semences.
Les semences de Persicaria perfoliata peuvent contaminer du matériel de pépinière importé présent soit dans de la terre ou adhérant à des plantes (p. ex., Persicaria perfoliata peut s'enrouler autour du matériel de pépinière et les fruits de l'espèce sont connus pour rester sur les plantes longtemps après que la plante a vieilli) (Kumar et Di Tommaso, 2005). L'importation de plantes avec de la terre ou des matières connexes est interdite, à l'exception des envois provenant des États de la partie continentale des États-Unis qui exigent un certificat phytosanitaire (voir la Directive de l'ACIA numéro D-02-02 : Exigences phytosanitaires régissant l'importation de végétaux avec ou sans racines, de parties de végétaux et de végétaux en culturein vitrodestinés à la plantation). Les envois de plantes enracinées dans de la terre ou des matières connexes avec ou sans terre seraient tenus d'être exempts de P. perfoliata.
Foin et paille
Le foin constitue une voie réalisable pour le déplacement de P. perfoliata, même si on dispose de peu d'information à ce sujet dans la littérature (Castro, 2008). L'industrie du fourrage est importante au Canada du point de vue économique (Tableau 24). On ignore si P. perfoliata a été importée non intentionnellement au Canada comme contaminant du foin ou de la paille (p. ex., cultures fourragères).

Résumé des importations et exportations de fourrage, vers le ou hors du Canada, entre 2003 et 2007

Tableau 2a : Importations
Année Quantité
(en milliers de tonnes)
Valeur
(en milliers de dollars canadiens)
20070,2535 710
20060,2685 723
20050,4027 814
20040,4578 349
20031,1689 836
Tableau 2b : Exportations
Année Quantité
(en milliers de tonnes)
Valeur
(en milliers de dollars canadiens)
2007746198 381
2006677172 826
2005616162 790
2004679171 515
2003450136 272

Source : Statistique Canada 2008

Véhicule et autres machines - Persicaria perfoliata peut être introduite au Canada par voie non intentionnelle comme contaminant des voitures des chemins de fer, des véhicules et des machines similaires (p. ex., faucheuse) entrant au Canada à partir de régions infestées. Par exemple, Persicaria perfoliata peut avoir été introduite en Virginie (É.-U.) comme contaminant des voitures de chemins de fer ou dans la boue adhérant à de l'équipement destiné au forage de puits de gaz (Lehtonen, 1994). L'espèce peut aussi être dispersée par l'équipement d'exploitation forestière (McCormick and Hartwig 1995) et par les faucheuses d'accotement (Oliver 1996).

En 2003, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a endossé la responsabilité d'effectuer l'inspection initiale des importations aux postes frontaliers canadiens applicables, suivant les lois et règlements administrés par l'ACIA. L'inspection des biens pouvant être contaminés par la terre est parmi les responsabilités qui ont été transférées à l'ASFC en 2003. L'Unité de programme sur les aliments, les plantes et les animaux de l'ASFC finalise présentement la procédure opérationnelle normalisée (PON) qui concerne l' « Inspection des produits importés potentiellement contaminés par la terre ». Les agents des services frontaliers y trouvent les procédures officielles à suivre lors de l'inspection et de la disposition des biens pouvant être contaminés par la terre, incluant les véhicules et la machinerie agricole usagés.

Les mesures réglementaires comprendraient l'application de la directive en matière de politiques de l'ACIA numéro D-95-26 (ACIA, 2008), qui énonce les exigences phytosanitaires régissant l'importation et le transport au pays de terre et de matières connexes. Elle comprend des exigences pour la terre et les matières connexes prises isolément ou en association avec des végétaux, du matériel végétal ou d'autres choses, comme les véhicules, les autres machines, les semences, le foin et les conteneurs. Cette directive précise aussi les normes en vertu desquelles l'Agence canadienne d'inspection des aliments ou l'Agence des services frontaliers du Canada peut inspecter, certifier ou libérer les articles en question. Si l'espèce était ajoutée à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA, 2009), les objets comme les véhicules, les autres machines et les conteneurs pourraient se voir refuser l'entrée au Canada s'ils étaient contaminés avec Persicaria perfoliata.

Annexe 12A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Senecio inaequidens (séneçon du cap)

Identité de l'organisme

Nom : Senecio inaequidens (Asteraceae)(USDA-ARS 2009)

Synonyme(s) : Senecio burchellii (CAB International 2007)

Noms communs français : Séneçon du Cap (CAB International 2007)

Noms communs anglais : South African ragwort, narrow-leaved ragwort (CAB International 2007), fireweed, variable groundsel (Mondragón Pichardo and Vibrans 2005)

Note sur la taxonomie : Senecio inaequidens a été entouré d'une confusion taxonomique considérable, laquelle a été causée par la variation morphologique au sein de l'espèce et par une similarité superficielle entre deux groupes d'espèces (groupes de Senecio madagascariensis Poiret et de Senecio lautus) (CAB International 2007). Traditionnellement, une distinction avait été établie entre Senecio inaequidens et Senecio madagascariensis, même si le résultat de recherches récentes laissent supposer qu'ils sont de la même espèce et qu'ils ne se différencient que par le nombre de chromosomes (CAB International 2007; Lafuma et al. 2003). On a constaté qu'une forme tétraploїde a été introduite en Europe et une forme diploїde en Australie, en Argentine, au Mexique et peut-être aux États-Unis (Hawaii), même si les deux formes provenaient d'Afrique du Sud (Lafuma et al. 2003). La forme tétraploїde est appelée Senecio inaequidens et la forme diploїde peut être en réalité celle qu'on a appelée Senecio madagascariensis.

Dans l'ensemble, la distinction entre Senecio inaequidens et Senecio madagascariensis est toujours « controversée » (CAB International 2007). Pour les fins de la présente évaluation du risque, ils sont considérés comme deux taxons distincts conformément au « Germplasm Resources Information Network» (GRIN) du USDA - Ministère de l'agriculture des États-Unis - (USDA-ARS 2009), même si certaines références consultées les traitaient comme une seule et même espèce. Il convient de mentionner que la distinction entre les taxons pourrait disparaître dans l'avenir, ce qui nécessiterait une mise à jour de la taxonomie présentée dans la présente évaluation du risque. Pour l'instant, parce que Senecio madagascariensis et Senecio inaequidens ont en commun beaucoup des caractéristiques envahissantes (Lafuma et al. 2003), les risques phytosanitaires qu'ils présentent doivent probablement être traités simultanément. Senecio inaequidens et Senecio madagascariensis figurent tous les deux sur la Liste des mauvaises herbes nuisibles réglementées par le palier fédéral des États-Unis (USDA-APHIS 2006).

Description : Senecio inaequidens est un arbrisseau herbacé vivace de courte vie ayant des feuilles larges et pouvant atteindre une hauteur de 100 cm (CAB International 2007). La plante comporte des tiges dressées qui sont souvent issues de la base, des feuilles alternes de couleur vert vif qui engainent habituellement la tige et des fleurs jaunes composées de 7 à 13 fleurs ligulées femelles et de nombreuses fleurs tubulées parfaites (avec pistils et étamines) (CAB International 2007). Les fruits sont des akènes de 2 à 2,5 mm de long et comportent un pappus blanc deux à trois fois cette longueur (OEPP 2006a). L'épithète inaequidens signifie dents inégales et fait vraisemblablement référence à la variation dans la division et la largeur des lobes des feuilles (CAB International 2007).

Statut de l'organisme

Senecio inaequidens n'est pas signalé au Canada (CAB International 2007; ACIA 2008; Scoggan 1979) sauf par Heger et Böhmer (2006) lesquels font référence à Garcia-Serrano et al. (2004), toutefois, rien n'y indique que Senecio inaequidens est présente au Canada. Cette référence semble donc avoir été utilisée par erreur (peut-être parce qu'elle a été publiée dans le Journal canadien de botanique). Rien ne prouve non plus que l'espèce est cultivée au Canada (CNLA 2008; Isaacson et Allen 2007). Selon cette information, Senecio inaequidens est considéré absent de la région d'analyse des risques phytosanitaires.

Statut réglementaire actuel

outefois réglementé comme mauvaise herbe nuisible par le palier fédéral des États-Unis. Il n'est réglementé dans aucun des États américains. Senecio inaequidens n'est réglementé actuellement par aucun pays européen (OEPP, 2006), mais il figure sur la Liste des plantes exotiques envahissantes de l'OEPP (en anglais seulement)) de par la menace importante qu'il présente pour la santé des végétaux, l'environnement et la biodiversité de la région de l'OEPP. Senecio madagascariensis, taxon étroitement apparenté, est répertorié comme étant une mauvaise herbe nuisible à Hawaii (HEAR 2003), et en Australie, en Nouvelle-Galles du Sud, dans l'ouest de l'Australie, dans Queensland et dans le territoire de la capitale australienne (Australian Weeds Committee 2008; OEPP 2006) et au Mexique.

Probabilité d'introduction

Bien que la dispersion naturelle de Senecio inaequidens soit importante dans sa zone de distribution actuelle, il n'est pas susceptible de s'introduire dans le Canada (Tableau 1). Toutefois, il existe bon nombre de filières d'entrée par lesquelles Senecio inaequidens pourrait s'introduire dans le Canada, tel que par les importations de laine, de foin, de grains contaminés ou, comme contaminant général, par les voyageurs et sur les surfaces.

Tableau 1 : Résumé des voies d'entrée de Senecio inaequidens (séneçon du cap)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelle
  • Le vent est un vecteur de dispersion important et peut transporter les semences sur de longues distances
  • Le transport par l'eau est aussi considéré comme une voie possible de dispersion

Le risque de dispersion naturelle dans le Canada est improbable en raison du fait qu'il n'existe pas de population de la plante près des frontières canadiennes.

Introduction intentionnelleAucune n'a été relevée.
Introduction non intentionnelle
  • Sous forme de contaminant des semences par le biais des importations de laine
  • Il pourrait aussi s'introduit en contaminant le foin, les grains, les plantes ornementales, la terre ou en adhérant à la surface des conteneurs
  • sous forme de contaminant des semences par le biais des vêtements et des chaussures, de l'élevage, du matériel de construction, ou des pneus.

Ces voies d'entrée accidentelles présentent peu de risques.

Probabilité d'établissement

Senecio inaequidens est indigène dans le sud de l'Afrique (Lesotho, Afrique du Sud, Swaziland, Mozambique, Botswana et Namibie) et il est naturalisé ailleurs (CAB International 2007) (Figure 1). Sa zone de distribution varie selon les sources en raison de la confusion taxonomique expliquée plus haut. On le trouve actuellement dans beaucoup de pays européens, de l'Espagne à la Pologne et dans les pays nordiques que sont la Norvège et la Suède (CAB International 2007; Heger et Böhmer 2006). Bien qu'on l'ait signalé en Finlande, il ne semble pas s'y être établi (Heger et Böhmer 2006). L'espèce a aussi été découverte récemment à Taїwan (Jung et al. 2005). Des mentions de la présence de Senecio inaequidens au Mexique, en Argentine (Figure 1) et peut-être en Colombie, pouvaient faire référence à Senecio madagascariensis (Lafuma et al. 2003).

Figure 1 : Carte de la distribution de Senecio inaequidens (séneçon du Cap)

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la Figure 1 :

Cette image illustre la carte de répartition de Senecio inaequidens (séneçon du Cap). On peut observer une carte du monde sous laquelle se trouve une légende sous-divisée en deux sections : les registres nationaux et les registres infranationaux. Sous la section des registres nationaux figure un carré jaune comportant en son intérieur un cercle plein rouge symbolisant la présence des registres. Cette section comprend également un carré jaune dans lequel s'inscrit un cercle de contour rouge, ce qui signifie que les registres ne sont présents que dans certaines régions. Les registres infranationaux sont désignés par deux symboles : un carré jaune avec un cercle plein vert qui dénote la présence de registres au niveau infranational et un carré jaune comportant un cercle dont le contour est vert attestant qu'ils ne sont présents que dans certaines régions. Le sud de l'Afrique est recouvert de jaune comportant des cercles pleins rouges dans les régions suivantes : le Lesotho, l'Afrique du Sud, le Swaziland, le Mozambique, le Botswana et la Namibie. En outre, bon nombre des pays de l'Europe, de l'Espagne à la Pologne, et jusqu'à la Norvège et la Suède, sont recouverts de jaune, alors que la majorité d'entre eux présentent des cercles pleins rouges. L'Irlande et le Royaume-Uni ont des cercles pleins verts. L'Argentine et le Mexique contiennent également des cercles pleins rouges.

Source : EPPO 2008

Dans le sud de l'Afrique, Senecio inaequidens pousse dans les pâturages de grande élévation (de 1400 à 2800 m), sur les marges de cours d'eau régulièrement inondés et dans les habitats rudéraux (CAB International 2007). En Europe, cette espèce s'établit dans une grande diversité d'habitats et de sols, bien qu'elle préfère les endroits chauds, secs et perturbés avec sols bien drainés (CAB International 2007). Parmi ces habitats, on compte les lignes de chemin de fer, les bordures des routes, les bandes de séparation des autoroutes, les ports fluviaux, les toits plats, les bacs à fleurs, les sites d'exploitation forestière, les forêts endommagées par les tempêtes, les terres incendiées, les zones industriels, les carrières abandonnées, les sites rocheux, les dunes côtières, les cultures et les pâturages, et ce, depuis le niveau de la mer jusqu'environ 600 m (OEPP 2006; Heger et Böhmer 2006).

Il est possible que Senecio inaequidens s'établisse dans la zone d'ARP en raison de sa nature opportuniste et de sa capacité à s'établir dans les climats tempérés. Une fiche de renseignement de l'OEPP sur Senecio inaequidens la décrit comme rustique et bien adaptée à la zone 7 (OEPP 2006) (faisant probablement référence à la zone de rusticité des plantes 7 du USDA - Ministère de l'agriculture des États-Unis). Selon la carte NAPPFAST, l'espèce semble capable de s'établir aussi dans la zone 6, si on en croit les signalements en Norvège, en Suède (GBIF 2008) et en Suisse (Heger et Böhmer 2006). Dans la zone d'ARP, les zones 6 et plus comprennent les côtes de la Colombie-Britannique et l'île de Vancouver, une petite région de l'extrême sud de l'Ontario et certaines des régions côtières de Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve (Figure 2).

Figure 2 : Aire potentielle de distribution au Canada de Senecio inaequidens (séneçon du Cap)

Nota : Selon les prévisions du système NAPPFAST. Les régions ombrées en rouge sont les régions à risque, représentant globalement une rusticité aux échelles 6 en montant des zones de rusticité des plantes.

Figure 2. Description ci-dessous.
Description de la figure 2 :

Cette image illustre la répartition potentielle de Senecio inaequidens (séneçon du Cap) au Canada et en Amérique du Nord par l'entremise d'une carte. La couleur rouge est utilisée pour indiquer les régions dans lesquelles Senecio inaequidens pourrait survivre selon la carte des zones de rusticité des plantes au Canada, dans ce cas-ci la zone de rusticité 6 du système NAPPFAST. Au Canada, la répartition potentielle de Senecio inaequidens comprend la Colombie-Britannique côtière et l'île de Vancouver, une petite région dans l'extrême sud de l'Ontario et quelques régions côtières de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve. La majorité des zones rouges se trouvent aux É.-U., ce qui comprend les plus grandes parties des côtes Est et Ouest ainsi que celles situées près des Grands Lacs qui s'étendent vers le bas, au-delà de l'image.

Probabilité de propagation

Senecio inaequidens est un prolifique producteur de semences, lesquelles sont dispersées naturellement par le vent et accidentellement par les humains en association avec les vêtements, les chaussures, le mouvement de la terre, les véhicules routiers et ferroviaires, les matériaux de construction, le foin, les grains, les plantes ornementales, le bétail et la laine (CAB International 2007; OEPP 2006; Heger et Böhmer 2006). En Europe, Senecio inaequidens s'est introduit initialement avec des importations de laine de mouton. Il s'est dispersé rapidement le long des constructions humaines de transport, en particulier les lignes de chemin de fer et les autoroutes (Heger et Böhmer 2006). Il pousse vigoureusement et s'adapte facilement à une grande diversité d'environnements (OEPP 2006).

Conséquences économiques potentielles

À partir de divers foyers d'introduction en Europe, Senecio inaequidens a commencé à se propager et, dès 1970, il était considéré envahissant dans beaucoup de pays européens (OEPP 2006). Aujourd'hui, il continue d'élargir sa zone de distribution et les taux d'infestation tendent à être très élevés (OEPP 2006). Senecio inaequidens colonise les vignobles et réduit la valeur des pâturages (OEPP 2006). Les plantes contiennent des alcaloїdes du type pyrrolizidine, toxiques pour les animaux d'élevage et les êtres humains (OEPP 2006) et peut nuire à la demande des consommateurs pour le lait et le miel (OEPP 2006).

La lutte et l'éradication en Europe sont ardues et coûteuses (OEPP 2006). Les chemins de fer allemands ont signalé des conséquences économiques négatives liées à la résistance aux herbicides se chiffrant à 100 000 Euros par année (Heger et Böhmer 2006; Reinhardt et al. 2003). L'analyse des risques phytosanitaires qu'a effectuée l'OEPP sur cette espèce indique qu'elle présente des risques économiques qui vont de moyens à élevés (OEPP 2006). [Il est à noter qu'il existe une disparité entre cette source et CAB International (2007), qui a évalué que les répercussions économiques seraient minimales]. L'introduction de Senecio inaequidens dans la zone d'ARP nuirait aussi à la capacité du Canada d'exporter des marchandises aux États-Unis (où la plante est désignée comme une mauvaise herbe nuisible de ressort fédéral) et peut-être ailleurs. Les akènes de l'espèce ont une taille semblable à ceux de Senecio vulgaris L. (sénéçon vulgaire), contaminant connu des fourrages et des graminées au Canada.

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Senecio inaequidens envahit les habitats naturels (dunes, falaises, mares temporaires) et peut menacer la biodiversité (OEPP 2006). On considère qu'il est capable de modifier les paysages et qu'il est un « colonisateur inesthétique des terrains rudéraux » (OEPP 2006). L'analyse des risques phytosanitaires de l'OEPP indique que les risques environnementaux vont de moyens à élevés et que les risques sociaux varient entre faibles et moyens (OEPP 2006). Il est à noter encore une fois qu'il y a une disparité entre cette source et CAB International (2007), qui a évalué que les impacts environnementaux seraient minimaux.

Incertitude

Senecio inaequidens ne peut qu'être marginalement rustique dans la zone NAPPFAST numéro 6. Il est certainement répandu dans la zone 7 en Europe, mais s'il ne pouvait survivre que dans la zone 7, sa zone de distribution potentielle au Canada serait limitée aux côtes et au sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Bien que Senecio inaequidens ait la réputation d'avoir des répercussions négatives sur les cultures et les pâturages, on trouve peu de renseignements sur leur gravité ou même sur les cultures que Senecio inaequidens envahit (autres que les vignobles).

Conclusion

Selon le résultat de l'évaluation des risques phytosanitaires, on peut affirmer que Senecio inaequidens deviendrait probablement envahissant ou adventice dans certaines parties du Canada si elle y était introduite, y compris le sud et les côtes de la Colombie-Britannique, l'extrême sud de l'Ontario et certaines régions des Maritimes.

Considérations d'ordre technique

Senecio madagascariensis est distingué par ses petits akènes (de 1,5 mm à 2,0 mm) et par les poils confinés aux sillons des akènes. En comparaison, les akènes de Senecio inaequidens sont longs (2,5 mm) et entièrement recouverts de poils. Ces différences doivent être traitées avec précaution étant donné qu'elles se fondent sur un échantillon limité (CAB International 2007; Radford et al. 2000)

Annexe 12B : Considérations sur la gestion du risque pour Senecio inaequidens (séneçon du cap)

Valeurs menacées

Industrie canadienne de l'élevage :
Senecio inaequidens contient quatre alcaloїdes de type pyrrolizidine, dont deux sont des hépatotoxines connues (Dimande et al. 2007). Ces produits chimiques sont toxiques pour les animaux au pâturage, y compris les bovins et les ovins, et ont entraîné la mort (Scherber 2007, Dimande et al. 2007). La valeur totale des exportations de produits issus de l'élevage de bovins, d'ovins et de chevaux provenant de provinces canadiennes que Senecio inaequidens est susceptible d'envahir était d'environ 450 millions de dollars en 2008 (Industrie Canada 2009). En plus de frapper directement le bétail, le rendement des pâturages libres pourrait diminuer si la mauvaise herbe était introduite au Canada.
Industrie vinicole canadienne :
Cette espèce est susceptible de coloniser les vignobles, influant sur les régions viticoles ontariennes de la rive nord du lac Érié et l'Île Pelée. En 2007, on a produit une valeur d'environ cinq millions de dollars Note de bas de page 1 de raisins dans les comtés d'Ontario où Senecio inaequidens pourrait s'établir (OMAFRA 2009). La région vinicole côtière de la Colombie-Britannique pourrait aussi être touchée par l'établissement de Senecio inaequidens influant négativement sur des revenus de 1,6 million de dollars.
Diversité biologique :
Il est établi que S. inaequidens menace la diversité biologique.
Santé animale :
Les plantes contiennent des alcaloїdes du type pyrrolizidine, toxiques pour les animaux d'élevage et les êtres humains et peut nuire à la demande des consommateurs pour le lait et le miel.

Vecteurs de distribution

Dispersion naturelle

Les principaux vecteurs de dispersion naturelle de Senecio inaequidens sont le vent, les animaux et l'eau. Le risque que soit introduit Senecio inaequidens au Canada par ces vecteurs est faible parce qu'il n'existe pas de populations près de la frontière canadienne.

Voies d'entrée intentionnelles

On n'a trouvé aucune voie d'introduction intentionnelle pour expliquer l'entrée.

Voies d'entrée non-intentionnelle

  1. Grandes cultures non destinées à la multiplication. Le degré de risque associé à l'importation des semences de céréales est très faible puisque la plupart des semences de céréales importées proviennent de régions où Senecio inaequidens est absent.
  2. Foin et paille. Le degré de risque associé aux importations de foin et de paille au Canada est relativement faible étant donné qu'elles proviennent principalement de régions où Senecio inaequidens est absent.
  3. Élevage. Le degré de risque associé à l'importation de bétail est faible en raison du petit nombre d'animaux destinés à la reproduction qui entrent au Canada en provenance de pays où Senecio inaequidens est présent.
  4. Véhicules et équipement agricoles usagés. On ne dispose pas d'information sur le volume des importations de machinerie agricole usagée. Il est peu probable que Senecio inaequidens s'introduise dans le Canada grâce à des semences qui auraient adhéré aux pneus des véhicules.
  5. Matériel de pépinière avec terre. N'étant pas présente aux É.U., il est donc peu probable qu'elle entre au Canada par le biais de matériel végétal initial de pépinières avec de la terre.
  6. Voyageurs et leurs effets personnels. Les voyageurs ne sont pas susceptibles de ramener Senecio inaequidens au Canada de façon non intentionnelle.
  7. Matériel d'emballage. Senecio inaequidens pourrait peut-être s'introduire attaché à la surface des conteneurs. Les akènes sont plus susceptibles de s'accrocher à des surfaces rugueuses (p. ex., le bois) qu'à des surfaces lisses, en raison de la nature de la semence. On considère que cette voie d'introduction présente peu de risques.

Annexe 12C : Évaluation des mesures relatives à Senecio inaequidens (séneçon du cap)

Grandes cultures non destinées à la multiplication

Historique des importations

Données d'importation pour les grains céréaliers provenant de pays où Senecio inaequidens (séneçon du cap) est présent

Valeur ($CAN)
Produit 1 : S.H. 1001 – Blé
Pays exportateur 2006 2007 2008
Argentine 00250 050
Pays-Bas 001 765
Royaume-Uni (R.-U.) 457 27 372212
Allemagne483 4 38390
Danemark, Italie, Afrique du Sud, France 46 330231
Sous-total :98632 085252 348
Produit 2 : S.H. 100200 – Seigle
Pays exportateur 2006 2007 2008
Allemagne092 050 723
Pologne183640
Sous-total :183732 050 723
Produit 3 : S.H. 100300 – Orge
Pays exportateur 2006 2007 2008
Suisse001 118
Royaume-Uni (R.-U.)1 3761439
Finlande, Pays-Bas, Suède, Pologne, Allemagne, Italie7041 095928
Sous-total :2 0801 2382 055
Produit 4 : S.H. 1004 – Avoine
Pays exportateur 2006 2007 2008
Suisse, Pologne, Suède, Afrique du Sud161412332
Royaume-Uni (R.-U.)9,84224149
Sous-total :10 003436481
Produit 5 : S.H. 1005 - Maїs (sauf le maїs sucré)
Pays exportateur 2006 2007 2008
Argentine2 98296 5192 562
Pays-Bas, U.K., Pologne, Finlande, Afrique du Sud41912234
Espagne022 1560
France 46 00000
Sous-total :49 401118 6872 796
Produit 6 : S.H. 1008 - Sarrasin, millet, graines à canari et autres céréales non moulues
Pays exportateur 2006 2007 2008
Suisse18 739289 206291 267
Pays-Bas40 728320 144227 418
Pologne11 37020 13349 375
South Africa0024 311
France 64 27931 24223 686
Italie7 11615 7606 877
Royaume-Uni (R.-U.)7815 5025 253
Allemagne2 85819 22052
Espagne, Argentine, Hongrie4751 2270
Autriche47 22100
Finlande3 70600
Sous-total :197 273702 434628 239
Totals of Products 1 to 6
Tous les ays exportateur 2006 2007 2008
Total: 259 761855 2532 936 642
Quantité (tonnes métriques)
Produit 1 : S.H. 1001 – Blé
Pays exportateur 2006 2007 2008
Argentine 00320
Pays-Bas 004
Royaume-Uni (R.-U.) 0170
Allemagne030
Danemark, Italie, Afrique du Sud, France 0 00
Sous-total :020324
Produit 2 : S.H. 100200 – Seigle
Pays exportateur 2006 2007 2008
Allemagne004 015
Pologne030
Sous-total :034 015
Produit 3 : S.H. 100300 – Orge
Pays exportateur 2006 2007 2008
Suisse001
Royaume-Uni (R.-U.)700
Finlande, Pays-Bas, Suède, Pologne, Allemagne, Italie103
Sous-total :804
Produit 4 : S.H. 1004 – Avoine
Pays exportateur 2006 2007 2008
Suisse, Pologne, Suède, Afrique du Sud122
Royaume-Uni (R.-U.)2010
Sous-total :2132
Produit 5 : S.H. 1005 - Maїs (sauf le maїs sucré)
Pays exportateur 2006 2007 2008
Argentine42329119
Pays-Bas, R.U., Pologne, Finlande, Afrique du Sud20144
Espagne01190
France 3 87889365
Sous-total :3 922537628
Produit 6 : S.H. 1008 - Sarrasin, millet, graines à canari et autres céréales non moulues
Pays exportateur 2006 2007 2008
Suisse3 78869 33057 456
Pays-Bas21 248221 320141 553
Pologne6 0668 17615 984
South Africa0021 500
France 17 3518 6046 460
Italie2 3294 5953 149
Royaume-Uni (R.-U.)4875584 668
Allemagne1 07025 53731
Espagne, Argentine, Hongrie364870
Autriche63 17000
Finlande2200
Sous-total :115 895338 207250 801
Totals of Products 1 to 6
Tous les ays exportateur 2006 2007 2008
Total : 119 846338 770255 774

Nota : Les pays dont la valeur des exportations est de moins de 1 000 $ par année sont groupés ensemble et une valeur sommative pour tous les pays regroupés est inscrite.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Senecio inaequidens en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétauxet ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) afin de :

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peuvent inclure un ou plusieurs des points suivants :

Nota : L'utilisation finale influence les risques et, par conséquence, influence aussi les mesures qui sont requises pour atténuer ces risques. Les mesures réglementaires peuvent être levées pour les marchandises qui ont été traitées ou transformées de façon à ce que les risques d'introduire Senecio inaequidens aient été diminués jusqu'à un degré acceptable.

Toutes les mesures d'atténuation des risques pour les marchandises de grandes culture contenant Senecio inaequidens doivent prendre en considération les exigences/mesures concernant les organismes nuisibles qui ne sont pas des plantes (pathogènes et insectes, par exemple).

Répercussions commerciales 

Rentabilité et faisabilité

Foin et paille

Historique des importations

Données sur les importations du foin et de la paille en provenance de pays où Senecio inaequidens est présente

Valeur ($CAN)
Produit 1 : S.H. 121300 – Paille céréalière et balles, non préparées
Pays exportateur 2006 2007 2008
Allemagne3 0792 4533 013
Royaume-Uni2 5188 773408
Sous-total : 5 59711 2263 421
Produit 2 : S.H. 121490 – Rutabagas, betteraves fourragères, racines fourragères, foin, trèfle, sainfoin, chou fourrager, etc.
Pays exportateur 2006 2007 2008
Allemagne603 0000
France 1920140
Sous-total :795 0140
Totaux des deux produits
Pays exportateur 2006 2007 2008
Total :5 676 $16 240 $3 421 $

Source : Industrie Canada 2009

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Senecio inaequidens en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétauxet ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) afin de :

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux pourraient inclure un ou plusieurs des points suivants:

Répercussions commerciales

Rentabilité et faisabilité

Bétail

Historique des importations

Mesures possibles d'atténuation des risques

Aucune mesure d'atténuation n'est requise, car seul un faible nombre d'animaux entrant au Canada pourraient introduire Senecio inaequidens.

Historique des importations

Mesures possibles d'atténuation des risques

Des mesures ne sont pas requises :

Véhicules et équipement agricoles usagés

Historique des importations

Mesures possibles d'atténuation des risques

Mise en application de la Directive 95-26 « Exigences phytosanitaires s'appliquant à la terre et aux matières connexes, prises isolément ou associées à des végétaux » (ACIA 2008).

Matériel de pépinière avec terre

Les végétaux importés d'ailleurs que du continent doivent être exempts de terre, comme il l'est mentionné dans la directive D-02-02 : Exigences phytosanitaires régissant l'importation de végétaux avec ou sans racines, de parties de végétaux et de végétaux en culture de tissus aux fins de multiplication (ACIA 2006). De la terre peut être importée avec les végétaux en provenance de la zone continentale des É.U., mais comme Senecio inaequidens n'est pas présente dans ce pays, il est donc peu probable qu'elle entre au Canada par le biais de matériel végétal initial de pépinières avec de la terre, par conséquent aucune mesure d'atténuation n'est requise.

Voyageurs et leurs effets personnels

Historique des importations

Mesures d'atténuation des risques

Sensibiliser le public à la réglementation de Senecio inaequidens et au risque que cette espèce présente, et distribuer du matériel de sensibilisation au public aux postes frontaliers. Il est difficile de cibler les voyageurs pour une espèce en particulier qui pourrait être importée de manière non intentionnelle. Par conséquent, une campagne d'information générale et de sensibilisation au sujet des risques associés à plusieurs espèces pourrait être la meilleure option. Bien qu'elle ne soit pas considérée comme efficace en elle-même si le risque est élevé, la sensibilisation accrue du public constitue une mesure viable si le degré de risque est faible.

Répercussions commerciales

Aucune conséquence n'est prévue.

Rentabilité et faisabilité

Matériel d'emballage

Historique des importations

Mesures d'atténuation des risques

Répercussions commerciales

Aucune implication sur le commerce n'est prévue étant donné que les pays qui ne se conforment pas aux exigences énoncées dans la directive D-98-08 peuvent se voir refuser leurs marchandises à la frontière canadienne.

Rentabilité et faisabilité

Annexe 13A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Senecio madagascariensis (Séneçon de Madagascar)

Identité de l'organisme

Nom : Senecio madagascariensis Poir. (Asteraceae) (USDA-ARS 2009)

Synonyme(s) : Senecio incognitus Cabrera (USDA-ARS 2009)

Noms communs français : Séneçon de Madagascar

Noms communs anglais : Fireweed, Madagascar ragwort (USDA-ARS 2009), variable groundsel (Starr et al. 1999)

Note sur la taxonomie : Comme il est noté dans l'ARP 2009-20 sein (Senecio inaequidens DC), la distinction entre Senecio inaequidens (2n = 40) et Senecio madagascariensis (2n = 20) est controversée (CAB International 2007; Lafuma et al.; López et al. 2008). Pour les fins de la présente évaluation du risque, ils seront traités comme des taxons distincts conformément au « Germplasm Resources Information Network » (USDA-ARS 2009). Des recherches détaillées sur les populations provenant des aires de distribution exotiques des espèces en question de même que sur plusieurs autres espèces du genre Senecio étroitement apparentées provenant du sud de l'Afrique sont nécessaires pour comprendre la génétique, la systématique et la variation morphologique de Senecio madagascariensis (CAB International 2007).

Description : Est une herbacée à feuilles larges vivace. C'est une plante ramifiée de courte vie produisant des fleurs d'un jaune doré (CAB International 2007; Starr et al. 1999). Les tiges de la plante sont dressées et atteignent 60 cm (CAB International 2007). Ses feuilles sont vert vif, alternes, parfois pétiolées et variables et peuvent atteindre 12 cm de long sur 2,5 cm de large (CAB International 2007). Les plantes produisent de 2 à 200 petites fleurs par plante. Les fleurs de type marguerite apparaissent aux extrémités des branches (Starr et al. 1999). La semence est dans un akène, le fruit, mesurant environ un à trois millimètres de long (Starr et al. 1999). Chacun des akènes a un pappus (ombelle) blanc constitué de poils de deux à trois fois plus longs que les akènes (CAB International 2007; Starr et al. 1999).

Statut de l'organisme

Senecio madagascariensis n'est pas signalé au Canada, et rien n'est venu prouver qu'il y est cultivé (CAB International 2007; ACIA 2008; CNLA 2008; Isaacson et Allen 2007; Scoggan 1979). Selon ce renseignement, on considère que Senecio madagascariensis n'est pas présente au Canada.

Statut réglementaire actuel

Senecio madagascariensis n'est pas réglementé actuellement au Canada. Senecio madagascariensis est réglementé comme mauvaise herbe nuisible de ressort fédéral aux États-Unis (USDA-APHIS 2006) et par l'État d'Hawaii (HEAR 2003). Il est aussi réglementé comme mauvaise herbe nuisible en Australie, en Nouvelle-Galles du Sud, dans l'ouest de l'Australie, à Queensland et dans le territoire de la capitale australienne (Australian Weeds Committee 2008) et au Japon (Gouvernement du Japon 2006).

Probabilité d'introduction

Senecio madagascariensis pourrait principalement s'introduire dans la zone d'ARP par des voies d'introduction non intentionnelles (Tableau 1). Le risque est modéré que l'espèce entre dans la zone d'ARP portées par les voyageurs, sur leurs vêtements, leurs chaussures ou leurs effets personnels. Parmi d'autres voies mineures, on compte les importations de semences de graminées ou de semences fourragères destinées à la plantation et le bétail importé en provenance de régions où la plante est présente. De l'année 2000 jusqu'à présent, Senecio madagascariensis n'a pas été décelé dans les échantillons analysés par le Laboratoire sur les semences de l'ACIA.

Tableau 1 : Résumé des voies d'introduction de Senecio madagascariensis (Séneçon de Madagascar)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelle

Le vent est considéré comme le principal vecteur de dispersion des semences dans de grandes régions et sur de longues distances (c.-à-d. que les semences sont légères et facilement disséminées par le vent)

Le risque de dispersion naturelle au Canada est faible parce qu'il n'existe pas de populations de la plante près des frontières canadiennes.

Introduction intentionnelleAucune n'a été relevée.
Introduction non intentionnelle
  • Ballasts des bateaux
  • Sous forme de semences contaminantes dans les paillis humides (hydromulch)
  • Sous forme de semences contaminantes dans les produits de foin ou de céréales
  • Sous forme de semences contaminantes sur les équipements et les véhicules agricoles
  • Bétail contaminé par les semences
  • Chaussures et Vêtements contaminés des voyageurs

Les chaussures, les vêtements et les effets personnels contaminés des voyageurs peuvent constituer les voies d'introduction les plus probables étant donné la haute fréquence des déplacements humains entre le Canada et Hawaii, l'Australie, le Japon, la Colombie, l'Argentine et le Sud de l'Afrique. Les autres voies d'introduction présentent un faible risque.

Probabilité d'établissement

Senecio madagascariensis est indigène en Afrique du Sud (Province du Cap, Natal, Transvaal), Swaziland (USDA-ARS 2009), au Mozambique et à Madagascar (CAB International 2007) (Figure 1). Il est introduit au Kenya, à Maurice, aux États-Unis (Hawaii), en Argentine (Buenos Aires, Santa Fe, Entre Rios, Corrientes et Mendoza), en Colombie, en Australie (Nouvelle-Galles du Sud, Queensland et Victoria) (CAB International 2007) et au Japon (Koike et al. 2006).

Figure 1 : Carte de la distribution de Senecio madagascariensis (Séneçon de Madagascar)

Nota : Rouge = répandu; jaune = présent, mais présence non détaillée; blanc = présent mais localisé; vert = présent avec renseignements régionaux supplémentaires (CAB International 2007).

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette image représente une carte de répartition de Senecio madagascariensis (séneçon de Madagascar) dans le monde. On peut ainsi observer une carte du monde qui contient des points rouges indiquant l'étendue de Senecio madagascariensis, des points jaunes indiquant sa présence, mais sans aucun autre détail, des points blancs dénotant une présence qui est localisée et des points verts signifiant sa présence ainsi que des renseignements régionaux supplémentaires disponibles. L'Amérique du Sud comporte deux points blancs situés en Colombie et en Argentine. Au centre de l'Australie figure un point vert. L'Asie comporte un point jaune à proximité du Japon, alors qu'un autre point jaune se trouve dans les îles hawaïennes de l'Amérique du Nord. Enfin, de façon plus omniprésente, des points jaunes, blancs et rouges sont éparpillés le long de la moitié inférieure du continent africain, plus particulièrement au Kenya, qui comporte un point jaune, ainsi qu'au Swaziland et à Maurice, qui en comportent plus d'un. Madagascar a un point rouge et le Mozambique en a un blanc.

Source : CAB International 2007.

En général, cette espèce est opportuniste et capable de coloniser un grand éventail d'habitats, « [TRADUCTION] depuis les pâturages arides et les plaines côtières de faible élévation jusqu'aux pâturages humides, aux cours privées, aux champs et aux bords des routes de haute élévation » (Starr et al. 1999). Il est souvent présent dans les pâturages surpâturés ou négligés de même que dans les terres cultivées ou perturbées (Starr et al. 1999). Bien qu'on ait constaté son existence dans des sites à la fois ombrageux et ensoleillés, il ne prospère pas bien dans les pâturages dont les herbes dépassent un mètre (CAB International 2007). Tant les sols à faible et à grande fertilité, de même qu'une grande diversité de textures de sols sont propices à sa croissance. L'espèce tolère la sécheresse (Plant et Robertson 2007), mais ne survit pas dans les sols médiocrement drainés ou saturés d'eau (Starr et al. 1999; Watson et al. 1997). Senecio madagascariensis semble prospérer le mieux sous les climats subtropicaux maritimes humides et tend à se limiter aux climats où l'incidence du gel est faible (CAB International 2007; Sindel et Michael 1992). Le gel peut détruire les semis et amoindrir la vigueur de la plante (Sindel et Michael 1992; Starr et al. 1999).

Selon sa distribution actuelle, Senecio madagascariensis est adapté aux zones de rusticité des plantes 8 et plus selon la carte NAPPFAST (anglais seulement) Au Canada, les zones 8 et plus se limitent aux côtes de la Colombie-Britannique et à l'île de Vancouver (figure 2). Au sein de la région à risque, la zone biogéoclimatique dominante est la zone côtière de la pruche de l'Ouest et aussi d'autres petites régions côtières où pousse le douglas de Menzies (Ministère des Forêts de la C.-B. 1999). Bien qu'il soit improbable qu'elle s'établisse dans les forêts matures, Senecio madagascariensis est capable de s'établir dans les régions chaudes, humides et perturbées des zones biogéoclimatiques en question.

Figure 2 : Distribution potentielle de Senecio madagascariensis (Séneçon de Madagascar) en Colombie-Britannique (Canada)

Figure 2. Description ci-dessous.
Description de la figure 2 :

Cette image illustre la répartition potentielle de Senecio madagascariensis (séneçon de Madagascar) au Canada, plus précisément en Colombie-Britannique. La couleur rouge est utilisée pour indiquer les régions dans lesquelles pourrait survivre Senecio madagascariensis selon la carte des zones de rusticité des plantes au Canada, dans ce cas-ci la zone de rusticité 8 du système NAPPFAST. Au Canada, la répartition potentielle de Senecio madagascariensis est très limitée et ne comprend que la Colombie-Britannique côtière où sa présence est dispersée. Cette image a été recadrée pour inclure des régions des É.-U., plus particulièrement les États de Washington et de l'Oregon où la couleur rouge a une présence dominante et est grandement condensée.

Probabilité de propagation

Senecio madagascariensis est une espèce hautement adaptable ayant la capacité de pousser vigoureusement et de se disséminer rapidement après son introduction. Les semences sont petites et légères (Plant et Robertson 2007). La production semencière, qui s'étend sur des semaines, est prolifique (de 100 à 150 semences par fleur, de 25 000 à 30 000 par plante) et les taux de germination sont élevés (Starr et al. 1999). Les infestations légères peuvent entraîner la production d’un million de semences par hectare (Gouvernement de Queensland 2007). Les semences sont capables de germer immédiatement après avoir été libérées et ne tardent pas à couvrir les zones récemment perturbées par le feu ou les cultures avant que les espèces désirables aient la chance d'émerger (Plant et Robertson 2007). Une fois présente dans une région, l'espèce se propage facilement par le vent et par d'autres moyens naturels et aussi non intentionnels sans intervention humaine délibérée (voir Probabilité d'introduction). En Australie, on a relevé que le fourrage contaminé disséminait Senecio madagascariensis (Bega Valley Fireweed Association aucune date).

Conséquences économiques potentielles

Senecio madagascariensis est un organisme végétal nuisible sérieux en Australie et à Hawaii (Starr et al. 1999). Son introduction au Japon est assez récente, mais l'espèce se dissémine rapidement là aussi (Koike et al. 2006). En Colombie et en Argentine, sa distribution est actuellement considérée comme localisée (CAB International 2007). La principale incidence économique de cette espèce réside dans la réduction de la productivité des pâturages (CAB International 2007). L'espèce rivalise fortement avec les espèces désirables destinées au pâturage, et elle est aussi toxique pour le bétail (CAB International 2007). Les animaux d'élevage qui consomment Senecio madagascariensis en grandes quantités souffrent d'une intoxication aiguë à un alcaloїde de type pyrrolizidine contenu dans la plante pouvant même causer la mort. La consommation de petites quantités sur de longues périodes entraîne un empoisonnement du foie sublétal. La volaille, les porcs, les bovins et les chevaux sont tous sensibles aux alcaloїdes du type pyrrolizidine. Les moutons et les chèvres y sont assez résistants, mais l'exposition continue à ce poison doit être évitée (CAB International 2007). En Australie, il y a plus de dix ans, les coûts attribuables à l'usage d'herbicides et aux effets toxiques de la plante chez les bovins ont été évalués à 11 millions de dollars (devise non mentionnée) dans les années sans sécheresse (DRDC 1996, cité dans Starr et al. 1999).

L'introduction de Senecio madagascariensis dans le Canada pourrait aussi nuire à la capacité du Canada d'exporter des marchandises aux États-Unis, où l'espèce est désignée comme une mauvaise herbe nuisible de ressort fédéral, ainsi qu'en Australie et au Japan.

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Senecio madagascariensis peut avoir un effet négatif sur la biodiversité en rivalisant avec la végétation indigène, comme les graminées et les plantes à croissance basse (CAB International 2007; Sindel et al. 1998). Les modifications de la composition végétale d'une région attribuables à cette espèce peuvent aussi favoriser l'érosion des sols (CAB International 2007).

Incertitude

Aucun domaine d'incertitude important n'a été relevé.

Conclusion

Senecio madagascariensis pourrait devenir envahissant dans certaines parties du Canada (côtes de la Colombie-Britannique et île de Vancouver) si elle y était introduite.

Considérations d'ordre technique

Senecio madagascariensis est distingué par ses petits akènes (de 1,5 mm à 2,0 mm) et par les poils confinés aux sillons des akènes. En comparaison, les akènes de Senecio inaequidens sont longs (2,5 mm) et entièrement recouverts de poils. Ces différences doivent être traitées avec précaution étant donné qu'elles se fondent sur un échantillon limité (CAB International 2007; Radford et al. 2000).

Annexe 13B : Considérations sur la gestion du risque pour Senecio madagascariensis (Séneçon de Madagascar)

Valeurs menacées

Industrie canadienne du bétail
Senecio madagascariensis contient des alcaloïdes de type pyrrolizidine toxiques pour les animaux d'élevage (c.-à-d., les bovins, les ovins, les caprins et les chevaux) et cause des dommages irréversibles au foie. La superficie totale allouée aux pâturages libres naturels en Colombie-Britannique s'élevait à environ 3,4 millions d'acres en 1996 (Statistique Canada 1996), mais la plupart des exploitations agricoles produisant des bovins en Colombie-Britannique se situent en dehors de la zone de distribution potentielle de la mauvaise herbe (c.-à-d., le littoral de la Colombie-Britannique et l'Île de Vancouver).
Santé animale
Senecio madagascariensis contient des alcaloïdes de type pyrrolizidine toxiques pour les animaux d'élevage (c.-à-d., les bovins, les ovins, les caprins et les chevaux) et cause des dommages irréversibles au foie.
Diversité biologique
Senecio madagascariensis peut avoir un effet négatif sur la biodiversité en rivalisant avec la végétation indigène, comme les graminées et les plantes à croissance basse.

Voies d'introduction

Dispersion naturelle

La dispersion naturelle constitue une voie d'introduction improbable pour cette espèce, étant donné qu'il n'en existe pas de populations près des frontières canadiennes.

Introduction intentionnelle

Aucune voie d'introduction intentionnelle n'a été répertoriée.

Introduction non-intentionnelle
  1. Grandes cultures non destinées à la multiplication : Le degré de risque associé à l'importation de grains céréaliers au Canada est très faible étant donné que les importations proviennent principalement de régions où Senecio madagascariensis est absent.
  2. Foin et paille : Le degré de risque associé aux importations de semences fourragères et de semences de graminées au Canada est faible étant donné qu'elles proviennent principalement de régions où Senecio madagascariensis est absent.
  3. Les voyageurs et leurs effets personnels : Un nombre considérable de personnes traversent la frontière canadienne chaque année. Environ 5,4 millions de Canadiens se sont rendus à l'étranger durant le quatrième trimestre de 2008 seulement (Statistique Canada 2009). Les déplacements sont très fréquents entre le Canada et les régions où Senecio madagascariensis est présent (Hawaii, Australie, Japon, Colombie, Argentine et Afrique du Sud). Senecio madagascariensis pourrait le plus probablement s'introduire par cette voie au Canada, mais le degré de risque exact en est inconnu.

Annexe 13C : Évaluation des mesures prises à l'égard de Senecio madagascariensis (Séneçon de Madagascar)

Grandes cultures non destinées à la multiplication

Historique des importations

Données d'importation pour les grains céréaliers provenant de pays où Senecio madagascariensis est présent
Tableau 2a : Valeur ($CAN)
Produit Pays exportateur Note de tableau** 2006 2007 2008
S.H. 1001 – BlétArgentine00250 050
S.H. 1001 – BléE.U.- Hawaii001 151
S.H. 100590 - Maїs (sauf maїs sucré)Colombie8 5205 1073 036
S.H. 100590 - Maїs (sauf maїs sucré)Argentine2 98296 5192 562
S.H. 1008 - Sarrasin, millet, graines à canari et autres céréales non usinées Note de tableau*Colombie8 18113 87538 927
Total :19 683115 501295 726
Tableau 2b : Quantité (tonne métrique)
Produit Pays exportateur Note de tableau** 2006 2007 2008
S.H. 1001 – BléArgentine00320
S.H. 1001 – BléE.U.- Hawaii004
HS.H. 100590 - Maїs (sauf maїs sucré)Colombie391312
S.H. 100590 - Maїs (sauf maїs sucré)Argentine42329119
S.H. 1008 - Sarrasin, millet, graines à canari et autres céréales non usinées Note de tableau*Colombie2 1915 88315 354
Total :2 2726 22515 809

Source: Statistique Canada 2009

Notes de tableau

Note de tableau star 1

Quantité inscrite comme sans objet

Retour à la première référence de la note du tableau *

Note de tableau star 2

Les pays dont la valeur des importations est inférieure à 1 000 $ ne sont pas inclus.

Retour à la référence de la note du tableau **

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Senecio madagascariensis en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada(ACIA2009) afin de :

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux pourraient inclure un ou plusieurs des points suivants :

Nota : L'utilisation finale influence les risques et, par conséquence, influence aussi les mesures qui sont requises pour atténuer ces risques. Les mesures réglementaires peuvent être levées pour les marchandises qui ont été traitées ou transformées de façon à ce que les risques d'introduire Senecio madagascariensis aient été diminués jusqu'à un degré acceptable.

Répercussions commerciales

Faisabilité

L'ACIA aura besoin de ressources pour la surveillance des marchés et l'échantillonnage, pour la formation des inspecteurs et pour l'élaboration de matériel de communication.

Semences

Historique des importations

Importations de semences fourragères et de semences de graminées destinées à l'ensemencement provenant de pays où Senecio madagascariensis est présent

Tableau 3a - 3d : Valeur ($CAN)

Tableau 3a : Valeur ($CAN)
Produit Pays exportateur 2006 2007 2008
S.H. 120921 – LuzerneAustralie208 607234 443198 929
S.H. 120921 – LuzerneArgentine563 1220
Total partiel :208 663237 565198 929
Tableau 3b : Valeur ($CAN)
Produit Pays exportateur 2006 2007 2008
S.H. 120922 – TrèfleAustralie119 673364 3650
S.H. 120922 – TrèfleArgentine43 76991 082146 970
Total partiel :163 442455 447146 970
Tableau 3c : Valeur ($CAN)
Produit Pays exportateur 2006 2007 2008
S.H. 120923 – Fétuque Japon002 505
S.H. 120925 – IvraieArgentine017 2420
S.H. 120929 - Semences de plantes fourragères Argentine28 760445 141142 798
S.H. 120929 - Semences de plantes fourragères Japon09702 475
Total partiel :28 760446 111145 273
Tableau 3d : Valeur ($CAN)
Pays exportateur 2006 2007 2008
Total :400 8651 156 365493 677

Tableau 3a - 3d : Quantité (kilogramme)

Tableau 3a : Quantité (kilogramme)
Produit Pays exportateur 2006 2007 2008
S.H. 120921 – LuzerneAustralie69 57141 71831 372
S.H. 120921 – LuzerneArgentine115130
Total partiel :69 58242 23131 372
Tableau 3b : Quantité (kilogramme)
Produit Pays exportateur 2006 2007 2008
S.H. 120922 – TrèfleAustralie31 500105 3310
S.H. 120922 – TrèfleArgentine17 90033 30041 300
Total partiel :49 400138 63141 300
Tableau 3c : Quantité (kilogramme)
Produit Pays exportateur 2006 2007 2008
S.H. 120923 – Fétuque Japon001 474
S.H. 120925 – IvraieArgentine024 9900
S.H. 120929 - Semences de plantes fourragères Argentine6 10098 03632 204
S.H. 120929 - Semences de plantes fourragères Japon0154903
Total partiel :6 10098 19033 107
Tableau 3d : Quantité (kilogramme)
Pays exportateur 2006 2007 2008
Total :125 082304 042107 253

Source : Statistics Canada 2009

Mesures possibles d'atténuation des risques

Répercussions commerciales

Rentabilité et faisabilité

Voyageurs et leurs effets personnels

Historique des importations

Mesures d'atténuation des risques

Sensibiliser le public à la réglementation de Senecio madagascariensis et au risque que cette espèce présente, et distribuer du matériel de sensibilisation au public aux postes frontaliers. Il est difficile de cibler les voyageurs pour une espèce en particulier qui pourrait être importée de manière non intentionnelle. Par conséquent, une campagne d'information générale et de sensibilisation au sujet des risques associés à plusieurs espèces pourrait être la meilleure option. Bien qu'elle ne soit pas considérée comme efficace en elle-même si le risque est élevé, la sensibilisation accrue du public constitue une mesure viable si le degré de risque est faible.

Répercussions commerciales

Aucune conséquence n'est prévue.

Rentabilité et faisabilité

Annexe 14A : Résumé de l'évaluation du risque phytosanitaire pour Solanum elaeagnifolium (morelle jaune)

Identité de l'organisme

Nom : Solanum elaeagnifolium Cav. (Solanaceae; USDA-ARS, 2009)

Synonyme(s) : Aucun n'a été répertorié (p. ex. CAB International 2007; USDA-ARS 2009; USDA-NRCS 2009)

Noms communs français : Morelle jaune (EPPO, 2007)

Noms communs anglais : Bitter apple, bitterleaf nightshade, bull nettle, prairie-berry, silverleaf bitter-apple, silverleaf nightshade, silverleaf-nettle, tomato weed, white horse-nettle (EPPO 2007; USDA-ARS 2009).

Description: Solanum elaeagnifolium est une plante vivace dressée aux racines profondes et aux allures d'arbrisseau. Les plants de l'espèce comportent plusieurs tiges hautement ramifiées, atteignant une hauteur de 80 cm. Ses feuilles sont alternes, pédonculées et en forme de lance, avec des bords ondulés et festonnés. Les tiges et les feuilles sont densément couvertes de poils courts, fins et en forme d'étoile qui donnent à la plante une apparence blanche argentée. Les tiges et les principales nervures des feuilles comportent aussi de nombreux aiguillons élancés d'une couleur allant du jaune au rouge. Les fleurs sont en forme d'étoile et d'une couleur allant du bleu vif au violet et au pourpre, à l'occasion blanches, avec cinq pétales fusionnés et cinq anthères jaunes proéminentes. Les fleurs donnent naissance à des grappes de baies lisses et globulaires qui changent de couleur à mesure que la plante mûrit, passant du vert avec des rayures au jaune et à l'orange marbré ou au brunâtre lorsqu'elles sont mûres. Chaque baie contient 60 à 120 graines plates et légères qui ressemblent beaucoup à celles des tomates (Parsons et Cuthbertson 2001; CAB International 2007; EPPO 2007; Mekki 2007).

Solanum elaeagnifolium est une mauvaise herbe des cultures, des pâturages et des zones perturbées dans ses parcours naturels indigènes ou introduits partout dans le monde. Toutes les parties de la plante, en particulier les baies, sont vénéneuses pour le bétail. Historiquement, les baies et les semences étaient utilisées par les peuples autochtones du sud-ouest des États-Unis pour la préparation d'aliments et de vêtements (Boyd et al., 1984). Récemment, le fruit a été identifié comme source riche d'alcaloïdes stéroïdiens (p. ex., la solasodine), utilisés dans la synthèse de médicaments contraceptifs et corticostéroïdiens. Les produits en question ont fait l'objet d'une extraction destinée au commerce en Inde et en Argentine (Maiti et Mathew 1967; Parsons et Cuthbertson 2001; CAB International 2007).

Statut de l'organisme

Solanum elaeagnifolium n'est pas signalée comme présente dans la flore canadienne (Scoggan, 1979; Kartesz, 1999; ACIA, 2008), et rien n'est venu prouver qu'elle est cultivée au Canada. Sur la foi du renseignement qu'on vient de mentionner, Solanum elaeagnifolium est considérée comme absente du Canada vu l'absence de signalement de l'espèce comme organisme nuisible dans la zone de l'analyse du risque phytosanitaire.

Statut réglementaire actuel

Solanum elaeagnifolium n'est pas réglementée actuellement comme organisme nuisible au Canada, ni sur le plan fédéral, ni sur le plan provincial (bien que les autres espèces du genre Solanum soient réglementées au Manitoba). Elle ne constitue pas une mauvaise herbe nuisible de ressort fédéral aux États-Unis, mais elle est réglementée comme mauvaise herbe nuisible ou graine de mauvaise herbe nuisible dans dix-neuf États américains (Alabama, Arkansas, Arizona, Californie, Colorado, Floride, Géorgie, Hawaii, Idaho, Kansas, Louisiane, Michigan, Nouveau-Mexique, Nevada, Oklahoma, Oregon, Caroline du Sud, Texas et Washington) (Rice, 1997-2008; USDA-ARS, 2009; USDA-NRCS, 2009). À l'échelle mondiale, l'espèce est considérée comme un organisme de quarantaine au Bélarus, en Russie et en Ukraine, et elle est contrôlée en vertu de la législation sur les mauvaises herbes nuisibles en Australie et en Afrique du Sud (OEPP, 2007). En Europe, elle figure sur la liste de l'Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP), liste qui répertorie les espèces recommandées pour réglementation comme organisme de quarantaine par les pays membres (OEPP, 2009).

Probabilité d'introduction

La voie d'entrée la plus probable de Solanum elaeagnifolium dans la zone de l'analyse du risque phytosanitaire est l'introduction non intentionnelle comme contaminant dans les denrées ou les transports. L'espèce a été distribuée dans le monde dans les cultures fourragères et dans les semences des cultures, et peut aussi être disséminée par le bétail et le fumier, par la machinerie agricole, les véhicules, les bulldozers et les autres engins de terrassement (Boyd et al. 1984; Parsons et Cuthbertson 2001; CAB International 2007; OEPP 2007; Mekki 2007). La terre, le sable ou les plantes ornementales peuvent aussi être contaminés par les fragments de racines ou de semences (OEPP, 2007).

Tableau 1 : Résumé des voies d'entrées de Solanum elaeagnifolium (morelle jaune)
Type de voie d'entrée Voies d'entrée spécifiques
Dispersion naturelle

La dispersion naturelle de Solanum elaeagnifolium se fait par les semences et végétativement par les sections de racines coupées. Les semences constituent des baies charnues adaptées à la dispersion par les oiseaux et les autres animaux. Des études ont montré que les semences restent viables après être passées dans les voies digestives des animaux (Parsons et Cuthbertson, 2001). Le fruit peut aussi flotter et être dispersé le long des rivières et des autres cours d'eau (Boyd et Murray, 1982; OEPP, 2007) et les baies sèches peuvent être dispersées par les vents forts en hiver (Parsons et Cuthbertson, 2001).

Il existe une voie d'introduction possible pour l'espèce au Canada, étant donné qu'il en existe des populations dans les États américains proches de la frontière canadienne (p. ex., Washington). La dispersion naturelle par les fragments végétatifs serait locale, mais la dissémination des semences par les oiseaux, les autres animaux, le vent ou l'eau pourrait couvrir de longues distances.

Introduction intentionnelle

Solanum elaeagnifolium n'est généralement pas cultivée comme plante ornementale (Bailey et Bailey 1976; Isaacson et Allen 2007). Solanum elaeagnifolium fait l'objet d'un usage limité comme fourrage en Afrique du Sud (CAB International 2007), et l'alcaloïde stéroïdien que constitue la solasodine a été extrait à des fins commerciales en Inde et en Argentine (OEPP 2007). Toutefois, la question n'est pas claire de savoir dans quelle mesure, s'il en est, cette plante est cultivée à cette fin.

Cette voie d'introduction est considérée comme improbable pour l'instant.

Introduction non intentionnelle

Solanum elaeagnifolium est une mauvaise herbe des cultures et des pâturages, et a été distribuée partout dans le monde par les semences fourragères et les autres semences contaminées. (Parsons et Cuthbertson 2001). Elle peut aussi être disséminée par le bétail et le fumier, par la machinerie agricole, les véhicules, les bulldozers et les autres engins de terrassement, de même que par la terre, le sable et le matériel végétal ornemental (OEPP 2007; Boyd et al. 1984).

Il s'agit là de la voie d'introduction la plus probable au Canada.

Probabilité d'établissement

Solanum elaeagnifolium est indigène dans le Sud-Ouest des États-Unis et dans le Nord-Est du Mexique. Elle est parfois considérée comme indigène en Argentine, même si la nature de la faune entomologique herbivore donne à penser qu'il s'agit là d'une distribution secondaire (Boyd et al. 1984; CAB International 2007; OEPP 2007). L'espèce a été introduite ailleurs en Amérique du Nord et du Sud, et est maintenant répandue aux États-Unis dans toutes les régions sauf celle des Grands Lacs et de la Nouvelle-Angleterre (Figure 1; Kartesz 1999; CAB International 2007; USDA-NRCS 2009). Elle est aussi introduite dans d'autres parties du monde, y compris en Australie, en Inde, en Afrique du Sud et autour du bassin méditerranéen (Parsons et Cuthbertson 2001; CAB International 2007; OEPP 2007; GBIF 2008). La plus grande partie du parcours naturel de l'espèce se trouve dans les zones NAPPFAST numéros 8 et 9 et au-dessus (www.nappfast.org), mais la présence de l'espèce aux États-Unis donne à penser qu'elle peut survivre dans la zone 6 et probablement aussi dans la zone 5 (Figure 2).

Figure 1 : Aire de distribution potentielle de Centaurea solstitialis (Centaurée du solstice) en Amérique du Nord selon les prévisions du système NAPPFAST (les régions à risque ou l'ensemble des zones de rusticité des plantes, allant de 5 à 9, sont ombrées en rouge)

Figure 1. Description ci-dessous.
Description de la figure 1 :

Cette carte illustre la répartition actuelle de Solanum elaeagnifolium  en Amérique du Nord et indique la présence de celle-ci au moyen de la couleur verte. Les deux tiers des États-Unis sont recouverts de vert, dont principalement la moitié inférieure ouest. Aucun des États du long de la côte nord-est ne contient de vert, sauf le Maryland.

Source: USDA-NRCS, 2009.

Solanum elaeagnifolium est adaptée à un grand éventail d'habitats, mais semble surtout apparaître dans les régions au climat chaud tempéré où la pluviosité annuelle est relativement faible (250 m à 600 m). Elle prospère sur les terres perturbées et n'est pas confinée à un type de sol particulier. Les infestations sont plus sérieuses qu'autrement dans les endroits où le sol est sec, mais les cultures irriguées sont aussi enclines aux invasions de l'espèce (Parsons et Cuthbertson 2001; CAB International 2007). En plus des terres cultivées et des terres agricoles, la plante pousse le long du bord des routes, des chemins de fer, des rives, des chenaux et dans les prairies, les corrals pour le bétail, les chantiers de construction et les terres incultes (CAB International 2007; OEPP, 2007; Mekki 2007).

Selon sa distribution indigène et les documents disponibles, il semble que Solanum elaeagnifolium puisse trouver les conditions climatiques et écologiques convenables pour son établissement et sa dissémination dans la zone d'analyse du risque phytosanitaire, dans les parties de la Colombie-Britannique, du Sud ontarien et des Maritimes qui comprennent les zones numéros 6 à 9 et peut-être la zone 5.

Figure 2-1 : Distribution potentielle de Solanum elaeagnifolium (morelle jaune) au Canada

Zones NAPPFAST 6 à 9. Description ci-dessous.
Description de la figure 2-1 :

Cette image illustre la répartition potentielle de Solanum elaeagnifolium (morelle jaune) au Canada et en Amérique du Nord par l'entremise d'une carte. La couleur rouge est utilisée pour indiquer les régions dans lesquelles Solanum elaeagnifolium  pourrait survivre selon la carte des zones canadiennes de rusticité, dans ce cas-ci la Carte des zones de rusticité NAPPFAST 6-9. Au Canada,Solanum elaeagnifolium est susceptible de devenir une mauvaise herbe ou une plante envahissante dans certaines régions du pays, incluant le sud et la région côtière de la Colombie-Britannique, le sud de l'Ontario et les Maritimes. La majorité des zones rouges se trouvent aux É.-U., ce qui comprend les régions des côtes Est et Ouest ainsi que celles situées près des Grands Lacs qui s'étendent vers le bas, au-delà de l'image.

Zones NAPPFAST 6 à 9.

Figure 2-2 : Distribution potentielle de Solanum elaeagnifolium (morelle jaune) au Canada

Zones NAPPFAST 5 à 9. Description ci-dessous.
Description de la figure 2-2 :

Cette image démontre la répartition potentielle de Solanum elaeagnifolium au Canada et en Amérique du Nord par l'entremise d'une carte. La couleur rouge est utilisée pour indiquer les régions dans lesquelles Solanum elaeagnifolium  pourrait survivre selon la carte des zones canadiennes de rusticité, dans ce cas-ci la Carte des zones de rusticité NAPPFAST 5-9. Au Canada, la répartition potentielle de Solanum elaeagnifolium comprend des régions du Canada atlantique, du sud de l'Ontario ainsi que du sud et de la région côtière de la Colombie-Britannique. La majorité des zones rouges se trouvent aux É.-U., ce qui comprend les régions des côtes Est et Ouest qui s'étendent vers l'intérieur du pays en atteignant la plupart des États centraux, ainsi que les régions situées à proximité des Grands Lacs qui s'étendent vers le bas, au-delà de l'image.

Zones NAPPFAST 5 à 9.

Probabilité de propagation

La dissémination naturelle de Solanum elaeagnifolium se fait par les semences et, végétativement, par les sections de racines coupées. Les fleurs font l'objet d'une pollinisation croisée par les insectes, principalement les abeilles (Hardin et al., 1972; OEPP, 2007), et produisent des grappes de baies charnues qui peuvent être dispersées par les oiseaux, les autres animaux, le vent et l'eau. Une seule plante de l'espèce produit généralement de 40 à 60 fruits par saison de croissance (jusqu'à 200), chacune contenant de 60 à 120 semences (CAB International 2007; OEPP 2007). Les populations denses sont capables de produire 250 millions de semences par hectare (Boyd et Murray 1982). Les semences sont hautement viables et peuvent aussi le rester jusqu'à dix ans dans le sol (OEPP 2007; Mekki 2007). Les plants sont aussi capables de se régénérer végétativement dès que dix jours se sont écoulés après la germination (OEPP 2007). Les plants établis comportent un système radiculaire étendu, et les nouvelles pousses sont produites à partir des racines latérales chaque printemps à une profondeur allant jusqu'à 50 cm. Toutes les parties de la racine sont capables de former des œils poussants (Parsons et Cuthbertson 2001); les fragments de racine de seulement un centimètre de long conservent la capacité de germer et restent viables jusqu'à 15 mois durant (Boyd et al. 1984; Parsons et Cuthbertson 2001; OEPP 2007). Malgré la diversité des mécanismes naturels de dispersion, la dissémination sur de longues distances a été attribuée à l'activité humaine dans la plupart des cas.

Conséquences économiques potentielles

Solanum elaeagnifolium est une mauvaise herbe agricole qui rivalise pour l'humidité et les nutriments avec toutes sortes de cultures, tant dans les terres sèches que dans les terres irriguées. Plusieurs cultures sont touchées dans le monde, les plus importantes étant celle des céréales (blé, sorgho, maïs), celle de la luzerne et celle du coton (Parsons et Cuthbertson 2001; CAB International 2007). Les pertes les plus sérieuses ont été enregistrées pour la luzerne (en Australie, en Afrique du Sud et aux États-Unis) le coton, le sorgho, le maïs et l'arachide (au Maroc et aux États-Unis), pour le blé (en Australie et aux États-Unis) et pour les pâturages cultivés (en Australie, en Grèce, au Maroc et aux États-Unis) (CAB International, 2007). Parmi les autres cultures touchées, on compte celle de nombreux légumes (p. ex., pommes de terre, asperges, tomates), celle des raisins et celle de certains arbres fruitiers (p. ex., pêches). En plus de réduire le rendement des cultures, la présence de cette mauvaise herbe dans les produits récoltés en diminue la qualité et la valeur marchande (CAB International, 2007).

Conséquences environnementales et sociales potentielles

Solanum elaeagnifolium est principalement une mauvaise herbe agricole qui envahit les terres cultivées, les pâturages et les zones perturbées et marginales, comme le bord des routes. Aucun signalement d'impacts environnementaux ou d'effets sur les régions naturelles n'a été constaté, même si l'espèce peut remplacer la végétation naturelle dans les parcours naturels surpâturés (OEPP, 2007; Mekki, 2007). Les répercussions sociales peuvent résulter de la perte de valeur des terres agricoles infestées par la mauvaise herbe. Au Maroc, on dit que la valeur des champs infestés a diminué de 25%, alors qu'aux États-Unis, des fermes entières ont été abandonnées à cause de cette mauvaise herbe (Gmira et al., 1998; OEPP, 2007).

Incertitude

Une enquête approfondie sur la distribution de Solanum elaeagnifolium aux États-Unis et en Europe pourrait aider à affiner l'évaluation de l'aire de distribution potentielle de l'espèce au Canada. Aucune autre zone d'incertitude n'a été déterminée.

Conclusion

Selon le résultat de l'évaluation du risque, Solanum elaeagnifolium a la capacité de devenir envahissante et invasive dans les régions où elle peut s'établir. Certaines parties de la Colombie-Britannique, du Sud ontarien et des provinces atlantiques sont considérées comme les régions les plus vulnérables. Cette plante devrait être considérée pour réglementation en vertu des lois canadiennes que sont la Loi sur la protection des végétaux et la Loi sur les semences .

Considérations d'ordre technique

Diverses autres espèces du genre auraient fait l'objet d'une confusion avec Solanum elaeagnifolium dans les champs en Australie, en Afrique du Sud et aux États-Unis. Toutefois, il n'est généralement pas considéré comme difficile de distinguer l'espèce ou de la déceler comme contaminant des denrées (CAB International, 2007).

Annexe 14B : Considérations sur la gestion du risque associé à Solanum elaeagnifolium (Morelle jaune)

Valeurs menacées

Plusieurs cultures sont touchées par Solanum elaeagnifolium dans le monde, les plus importantes étant celle des céréales (blé, sorgho et maïs), celle de la luzerne et celle du coton. En Australie et aux États-Unis, les pertes de production de blé ont atteint jusqu'à 50%. Un sondage réalisé en 2007 auprès des agriculteurs d'Australie montre que Solanum elaeagnifolium s'est disséminée dans la zone fromentière de Victoria, de la Nouvelle-Galles-du-Sud et du Sud australien. En moyenne, le coût agricole total de la mauvaise herbe était de 1 730 $ (AUD) par année pour l'éradication et de 7 786 $ (AUD) par année pour les pertes de production (Kidston et al., 2006). Les pertes pour le sorgho ont varié entre 4% et 10% dans des conditions d'humidité optimales (CAB International, 2007; Sforza et Jones, 2007).

La quantité des terres de chaque province situées dans les zones de rusticité numéros 5 à 9 où sont plantées les espèces les plus touchées par Solanum elaeagnifolium. La province d'Ontario est celle qui comporte la plus grande quantité de zones cultivées susceptibles d'être touchées. En 2008, les comtés de l'Ontario situés dans les zones de rusticité numéros 5 et 6 ont produit environ 12 millions de boisseaux de blé (OMAFRA 2009). La production de maïs était d'environ 48 millions de boisseaux en 2008 dans les comtés ontariens (OMAFRA 2009). La production de sorgho dans les provinces respectives est considérée comme marginale. Le sorgho biologique a été produit au total sur 22 hectares au Canada en 2005, dont 15 hectares situés dans des provinces où Solanum elaeagnifolium pourrait s'établir (Macey, 2006).

Tableau 2 : Voies d'entrées de Solanum elaeagnifolium
Type de marchandise(voies d'entrée) Introduction Historique des
Mesures possibles d'atténuation des risques Répercussions commerciales Rentabilité et faisabilité
SemencesIntentionelleAucune donnée disponible
  • Réglementation en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbes
  • Réglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétaux
Pertes de marché minimes pour les pays exportateursProgramme sur les semences déjà en place
Semences Accidentelle (sous forme de contaminant)

Solanum elaeagnifolium n'a pas été enregistrée antérieurement dans les échantillons de semences canadiennes et importées. Degré de risque élevé, car les semences de maïs et de plantes fourragères proviennent principalement de régions où Solanum elaeagnifolium est présente

  • Réglementation en vertu de l'arrêté sur les graines de mauvaises herbes
  • Réglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétaux
  • Facilitera le commerce des semences avec les 19 états où l'espèce est réglementée
  • Réduction ou perte éventuelles de certains marchés d'importation pour le canada
  • Programme sur les semences déjà en place
  • Facilement identifiables par des analystes formés
Grandes cultures non destinées à la multiplicationAccidentelleEn 2008, 300 000 tonnes de blé, de sorgho, de maïs et de fèves de soya importés de pays où Solanum elaeagnifolium est présenteRéglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétauxRéduction ou perte potentielle de certains marchés d'importation pour le Canada si les exigences phytosanitaires ne sont pas respectéesDes ressources seront nécessaires pour la surveillance des marchés
Foin et pailleAccidentelleLe chiffre des importations de foin et de paille était d'environ 13 millions $ en 2008 (la récolte se produit fréquemment et avant que les mauvaises herbes ne donnent des fruits)Réglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétauxLa mise en œuvre de la réglementation de Solanum elaeagnifolium permettra de sauvegarder le commerce de foin et de paille avec les États-Unis; Réduction potentielle de marchés d'importation pour le CanadaDes ressources seront nécessaires pour la surveillance des marchés
Véhicules et équipement agricoles usagésAccidentelleNombre considérable de véhicules traversent la frontière canado-américaine.
Aucune information n'est disponible concernant le volume des importations de machinerie agricole usagée.
Mise en application de la Directive 95-26 : Exigences phytosanitaires s'appliquant à la terre et aux matières connexes, prises isolément ou associées à des végétaux
Matériel de pépinière avec terre AccidentelleEn 2008, 73% de la valeur totale des importations de matériel de pépinière provenaient de pays où Solanum elaeagnifolium est présente. Réglementation en vertu de la Loi sur la protection des végétauxRéduction ou perte éventuelles de certains marchés d'importation pour le canada si les pays exportateurs ne sont pas en mesure de satisfaire aux exigencesActuellement, les pays exportateurs délivrent des certificats phytosanitaires pour le matériel de pépinière.
FumierAccidentelle Données non disponiblesFumier ensaché et fumier de compost réglementés par le Règlement sur la santé des animaux. Il n'y a actuellement pas de normes applicables au fumier frais. Aucune conséquence pour le commerceCette mesure peut être rentable Si le processus de traitement thermique rend les graines de mauvaises herbes non viables.
BétailAccidentelleLe risque associé à une voie d'introduction par le bétail est relativement faible.Il n'est pas réalisable pour l'instant d'implanter des mesures d'atténuation pour cette voie d'introduction.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux moyens naturels de dispersion

La dispersion naturelle des semences de Solanum elaeagnifolium par les oiseaux, par les autres animaux ou par l'eau peut couvrir de grandes distances, et elle constitue une voie d'introduction possible pour l'espèce au Canada. Actuellement, les populations de cette plante sont situées dans l'État de Washington dans les comtés qui se trouvent dans les marges sud de l'État (USDA-NRCS, 2009). L'État de Washington procède à une éradication des mauvaises herbes de classe A conformément à la loi (NWCB, 2009). L'Oregon et l'Idaho ont aussi des programmes visant à éradiquer les mauvaises herbes nuisibles (ODA, 2009; ISDA, 2005). Si les programmes en question sont efficaces, le risque de dispersion naturelle comme voie d'introduction au Canada va diminuer.

Comme Solanum elaeagnifolium se situe actuellement dans les marges sud des états frontaliers, un programme de détection précoce et de réponse rapide (DPRR) devrait être mis en œuvre tel que le cadre établi en Colombie-Britannique. Le Conseil des plantes envahissantes de la Colombie-Britannique procède actuellement à l'approbation d'un cadre DPRR qui décrit le processus, les étapes et les intervenants engagés dans la mise en place d'un système DPRR dans la province (IPCBC, 2007). La détection précoce peut être rendue possible par l'utilisation d'atlas déjà disponibles, comme l'ouvrage intitulé : E-flora BC (Klinkenberg 2008), qui inventorient les espèces indigènes, non indigènes et envahissantes.

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée intentionnelles

Même si certaines sources indiquent que Solanum elaeagnifolium n'est pas vendue actuellement au Canada comme plante ornementale (CNLA, 2009), une recherche approfondie a permis de trouver deux sites Internet où l'on vendait des semences de Solanum elaeagnifolium. Bien que les entreprises en question indiquent qu'elles livrent au Canada, on ne connaît pas la fréquence à laquelle, s'il en est, des semences ont été apportées au Canada par cette voie. La possibilité d'introduction intentionnelle de Solanum elaeagnifolium au Canada est faible.

Semences

Historique des importations

Aucune n'est connue. Il n'existe pas de données propres aux importations de Solanum elaeagnifolium.

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Solanum elaeagnifolium en tant que Mauvaise herbe nuisible interdite (Catégorie 1) en vertu de l'Arrêté sur les graines de mauvaises herbesde laLoi sur les semences Note de bas de page 1.

Réglementer en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada (ACIA 2009) dans l'objectif de :

Les mesures réglementaires exigées en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peuvent comprendre :

Il n'existe pas suffisamment d'information sur la culture potentielle de Solanum elaeagnifolium. Si un demandeur situé au Canada a besoin d'obtenir davantage d'information sur la plante (par exemple pour générer des données qui détermineront son innocuité pour l'environnement), le Bureau de la biosécurité végétale pourrait autoriser des essais de recherche en conditions confinées en vertu de la Partie V du Règlement sur les semences.

Répercussions commerciales
Rentabilité et faisabilité

Mesures d'atténuation possibles applicables aux voies d'entrée non intentionnelles

Grandes cultures non destinées à la multiplication

Historique des importations

La valeur totale du blé, du sorgho, du maïs et des fèves de soya Note de bas de page 6 importés en 2008 de pays où Solanum elaeagnifolium est présente était d'environ 300 000  kilogrammes (Annexe 14C; Statistique Canada 2009). La plus grande partie des importations en question (99,5%) provenait d'États américains infestés (Statistique Canada 2009).

Mesures possibles d'atténuation des risques

Réglementer Solanum elaeagnifolium en tant qu'organisme de quarantaine en vertu de la Loi sur la protection des végétaux et ajouter cette espèce à la Liste des parasites réglementés par le Canada afin de :

Les actions réglementaires en vertu de la Loi sur la protection des végétaux peuvent inclure un ou plusieurs des points suivants :

L'utilisation finale affecte le risque et influence donc les mesures d'atténuation des risques nécessaires. Lever les mesures phytosanitaires pour les marchandises qui ont été traitées ou transformées de façon à ce que le risque d'introduire Solanum elaeagnifolium ait été réduit à u