ARCHIVÉE - Utilisation de plans de certification du secteur privé pour orienter les activités de surveillance réglementaire fondée sur les risques : Document de travail

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Table des matières

Introduction

Les plans de certification du secteur privé consistent en des systèmes de salubrité des aliments officiels et documentés qui sont élaborés et administrés par le secteur privé. Ensemble, les intérêts publics et privés ont créé une mouvance au sein des organismes de réglementation afin que ces derniers examinent comment ils peuvent tenir compte de l'utilisation de plans de certification du secteur privé par l'industrie afin d'appuyer les objectifs des politiques publiques sur la salubrité des aliments. Pour cette raison, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) se penche sur les façons d'améliorer son approche de surveillance fondée sur les risques en évaluant l'utilisation par l'industrie de plans de certification du secteur privé. Cette démarche est conforme au document de travail sur le Modèle amélioré d'inspection des aliments de l'ACIA, qui explique l'intention de l'Agence d'adopter une approche plus structurée afin d'améliorer la surveillance.

L'adoption générale des plans de certification du secteur privé par l'industrie donne à l'Agence l'occasion de déterminer comment elle peut prendre en compte pour supporter des renseignements issus du processus de certification du secteur privé afin d'optimiser l'affectation des ressources de l'Agence. Même si des renseignements nouveaux, pertinents et fiables permettront d'améliorer la prise de décisions, l'ACIA reconnaît que les plans de certification du secteur privé ne sont pas tous égaux. Par conséquent, elle évaluera les plans individuellement du point de vue des exigences réglementaires de l'ACIA. En plus des évaluations individuelles, l'ACIA déterminera quelles autres mesures pourraient être nécessaires pour établir la confiance quand à la fiabilité des renseignements issus du processus de certification du secteur privé.

Durant l'évaluation de l'utilisation par l'industrie de plans de certification du secteur privé, il est important de souligner que l'Agence conservera ses responsabilités en matière de réglementation et continuera de vérifier la conformité avec les normes réglementaires en fonction des risques établis. L'ACIA n'a pas l'intention de recommander un plan de certification en particulier; par conséquent, il reviendra à chaque entreprise de déterminer le plan de certification du secteur privé répondant le mieux à ses besoins sur le plan commercial. Toutefois, la salubrité des aliments est une responsabilité assumée conjointement par les secteurs public et privé. L'ACIA reconnaît que les plans de certification volontaires du secteur privé peuvent être un outil important pour aider l'industrie à atteindre ses objectifs en matière de salubrité des aliments, et encouragent l'utilisation d'approches scientifiques modernes pour gérer les risques liés à la salubrité des aliments.

Le document de travail constitue la première étape du processus de rétroaction concernant l'approche officielle que propose l'ACIA pour tirer profit de l'utilisation par l'industrie des plans de certification du secteur privé. Ce processus pourrait aussi mener à la mise en place d'un cadre récompensant les entreprises qui réussissent à obtenir une certification.

On s'attend à ce que ce document lance les discussions sur les plans de certification du secteur privé afin d'orienter l'Agence dans le cadre de ses programmes de modernisation et de transformation.

Contexte

Plans de certification du secteur privé et normes réglementaires

Plans de certification du secteur privé

Les plans de certification du secteur privé consistent en des systèmes officiels et documentés qui sont élaborés et administrés par le secteur privé. Les plans de certification du secteur privé énoncent les méthodes à appliquer pour atteindre des objectifs et obtenir des résultats précis, et prévoient normalement des vérifications et une certification, et, dans les plans destinés au secteur de la vente au détail, l'utilisation autorisée de logos qui revêtent une signification particulière sur le marché. Leur valeur réside dans le fait que les acheteurs en ont besoin pour mieux gérer les fournisseurs et les produits, et ainsi obtenir certains résultats prescrits. Les plans de certification du secteur privé sont souvent incorporés aux contrats conclus aux différentes étapes de la chaîne d'approvisionnement; ils deviennent alors un engagement contractuelNote de bas de page 1.

Normes réglementaires

Les normes réglementaires sont des exigences prévues dans les lois ou règlements.

En envisageant le recours à la certification selon un plan du secteur privé pour orienter les activités de surveillance réglementaire fondée sur les risques, l'ACIA n'a pas l'intention d'influer sur les normes réglementaires ni de modifier celles-ci, ou d'utiliser les plans du secteur privé pour remplacer les activités de surveillance réglementaire ou impartir les travaux d'inspection menés par l'Agence.

Propriétaires et utilisateurs des plans de certification du secteur privé

Propriétaires de plans de certification du secteur privé

Certaines organisations, notamment les grandes chaînes de magasins, peuvent mettre au point des plans de certification pour s'assurer de la salubrité et de la qualité des produits de leurs fournisseurs de façon continue. 

Des plans privés peuvent également être élaborés collectivement par des organisations de l'industrie. Cette approche permet de partager les coûts et de minimiser le nombre de plans de certification particuliers auxquels un secteur doit souscrire. 

Il existe un vaste éventail de plans de certification dans le secteur privé, comme les normes Safe Quality Food (SQF) 1000 et 2000, la Norme mondiale pour la salubrité des aliments du British Retail Consortium, CanadaGAP et la norme International Food Standard (IFS). En raison de l'abondance et de la diversité des plans de certification, les détaillants, entre autres, ont participé à des analyses comparatives de plans de certification du secteur privé à l'échelle internationale pour favoriser une harmonisation, permettre à l'industrie d'optimiser les investissements et minimiser les chevauchementsNote de bas de page 2.

Utilisateurs de plans de certification du secteur privé

Les acheteurs, surtout les détaillants, incitent l'industrie à adopter des plans de certification du secteur privé. Les entreprises dont les acheteurs exigent une certification selon un plan du secteur privé s'efforceront d'obtenir la certification pour conserver leur part de marché. Lorsque les acheteurs n'exigent aucune certification, certaines entreprises peuvent décider d'obtenir une certification pour consolider leur position sur le marché.

L'expansion des plans de certification du secteur privé

Facteurs favorisant l'adoption de plans de certification du secteur privé : entreprises et consommateurs

Les forces du marché constituent d'importants incitatifs qui devraient continuer de dicter l'utilisation des plans de certification du secteur privéNote de bas de page 3. Il est important de reconnaître que diverses raisons poussent les entreprises à utiliser ou à mettre en œuvre des plans de certification du secteur privé, notamment :

  • gérer les risques liés à la salubrité des aliments;
  • améliorer la gestion de la chaîne d'approvisionnement;
  • diminuer les coûts;
  • répondre aux demandes des acheteurs et des consommateurs;
  • renforcer les marques privées;
  • assurer une différenciation des produits;
  • gérer les risques liés à l'entreprise (p. ex., réputation);
  • satisfaire aux exigences de la réglementation;
  • accroître la fidélité des consommateurs, l'offre et l'information;
  • réduire les obligations.

Par leur comportement, leurs aspirations ou leurs attentes, les consommateurs peuvent aussi inciter une entreprise à adhérer à un plan de certification du secteur privé en recherchant ce qui suit :

  • des aliments sans danger pour la santé;
  • des aliments nutritifs;
  • des attributs de qualité particuliers, comme des produits du commerce équitable ou des aliments produits dans le respect de l'environnementNote de bas de page 1.

Certification – un outil permettant l'amélioration des activités de surveillance fondée sur les risques

Les plans de certification du secteur privé, s'ils sont efficaces, crédibles et conformes aux objectifs des politiques publiques, permettent d'atteindre des objectifs réglementairesNote de bas de page 3, Note de bas de page 4. Même si l'intention n'est pas de remplacer les activités de surveillance réglementaire et que l'ACIA continuera d'assumer ses responsabilités en matière de réglementation, on reconnaît de plus en plus que les plans de certification du secteur privé pourraient être un facteur pris en compte dans le cadre du modèle d'attribution des ressources réglementaires en fonction des risques.

Un tel cadre permettrait également de « récompenser » les entreprises qui réussissent à obtenir une certification. 

Voici les principaux éléments du processus d'évaluation :

  1. Évaluation des plans : Il faut évaluer le plan de certification du secteur privé pour déterminer dans quelle mesure les exigences des lois fédérales en matière de salubrité des aliments (dans ce cas-ci, la Loi sur la salubrité des aliments au Canada ou LSAC) et les exigences de la réglementation connexe sont respectées.
  2. Compétence de l'organisme de certification : L'organisme de certification doit être accrédité selon les normes d'accréditation internationales et respecter d'autres critères de compétence établis par l'ACIA.
  3. Certification de l'entreprise : L'entreprise doit avoir obtenu en bonne et due forme une certification en vertu d'un plan du secteur privé et maintenir cette certification.

Lors de l'élaboration d'un cadre d'évaluation permettant d'établir la fiabilité des éléments susmentionnés, l'Agence pourrait envisager d'intégrer cette information à son modèle de surveillance fondée sur les risques. L'ACIA élaborera un processus qui sera :

  1. transparent – le processus et les critères d'évaluation seront publiés sur le site Web de l'ACIA;
  2. non binaire – le processus d'évaluation tiendra compte du fait que les plans de certification peuvent, en tout ou en partie, répondre à quelques-uns des critères de l'ACIA, voire tous. Autrement dit, les résultats de l'évaluation devraient révéler différents niveaux de conformité avec les exigences réglementaires de l'ACIA. L'Agence pourra ainsi utiliser autant de données supplémentaires pertinentes que possible pour prendre des décisions éclairées;
  3. continu – il est entendu que les organismes de certification et l'ACIA devront s'échanger des renseignements de façon continue afin que les données de certification soient mises à jour au besoin.

Cette initiative, qui tient compte des exigences réglementaires ainsi que des exigences du marché (p. ex., plans de certification du secteur privé) auxquelles les fournisseurs doivent se conformer, jette aussi les bases d'un futur processus de réflexion stratégique concernant le chevauchement des exigences des secteurs public et privé. On pourra aussi déterminer s'il existe d'autres moyens de minimiser les redondances et de réduire le fardeau des entreprises, tout en maintenant les résultats en matière de salubrité des aliments.

Points à considérer concernant la mise en œuvre

Soumission d'un plan

Deux approches ont été proposées pour déterminer les plans de certification du secteur privé qui seront soumis à une évaluation.

  1. Soumission volontaire par les propriétaires des plans. Les propriétaires d'un plan de certification du secteur privé peuvent volontairement soumettre leur plan à une évaluation par l'organisme de réglementation, puisqu'une telle démarche pourrait accroître la valeur de la certification pour leurs clients grâce à une réduction du fardeau d'inspection, par exemple. Il faudrait que les plans répondent aux critères établis pour qu'ils puissent être soumis à une évaluation. Les évaluations seraient menées selon le principe du premier arrivé, premier servi.
  2. Sélection des plans par l'ACIA. En fonction des critères établis, l'ACIA pourrait choisir des plans de certification du secteur privé aux fins d'évaluation.

Les deux approches ne sont pas incompatibles. Les examens des plans de certification, qu'ils soient soumis volontairement ou choisis, seraient menés en fonction des ressources disponibles de l'Agence.

Conformément à la politique et au cadre sur les frais d'utilisation de l'ACIA, on envisagera la possibilité de recouvrer les coûts liés à l'évaluation des plans de certification du secteur privé; cependant, le présent document de travail n'aborde pas cette question.

Approches internationales

Sur la scène internationale, plusieurs organismes de réglementation (p. ex., la Food and Drug Administration des États-Unis, la Food and Consumer Product Safety Authority des Pays-Bas et la Food Safety Authority du Royaume-Uni) s'affairent à incorporer les plans de certification du secteur privé utilisés par l'industrie à leur cadre de surveillance réglementaire afin d'atteindre les objectifs des politiques publiques en matière de salubrité des aliments. Cette situation soulève d'importantes questions quant à la possibilité d'harmoniser les approches avec celles d'organismes de réglementation d'autres pays.

Les approches internationales concernant l'utilisation de plans de certification du secteur privé par les organismes de réglementation ont toutes comme objectif global de faciliter la planification et l'utilisation des ressources d'inspection, mais il existe d'importantes distinctions. Notamment, l'ACIA ne propose pas ce qui suit :

  • reconnaître ou endosser des plans de certification du secteur privé; 
  • assumer des responsabilités en matière d'accréditation ou de certification;
  • exiger la soumission de rapports de vérification de plans de certification du secteur privé;
  • exiger la certification selon un plan du secteur privé comme condition à l'importation au Canada ou comme condition d'admission à un programme de l'ACIA.

Reconnaissance mutuelle

À l'heure actuelle, l'ACIA est d'avis que si un mécanisme de reconnaissance des systèmes entre deux pays (c.-à-d. reconnaissance officielle et acceptation du système de réglementation de la salubrité des aliments d'un pays par un autre) et un protocole d'entente concernant les évaluations des plans de certification du secteur privé étaient mis en place, le Canada (l'ACIA) pourrait accepter les résultats des évaluations effectuées par d'autres organismes de réglementation; de la même manière, l'ACIA pourrait transmettre les résultats de ses évaluations à d'autres pays ou organismes de réglementation ayant conclu une entente de reconnaissance des systèmes.

Food Safety Modernization Act (Loi sur la modernisation de la salubrité des aliments) : accréditation de vérificateurs indépendants

Compte tenu du mandat de la Food Safety Modernization Act (FSMA) des États-Unis, qui consiste à établir un programme d'accréditation de vérificateurs indépendants, et du fait que les États-Unis représentent un important marché d'exportation pour les fabricants et producteurs canadiens, l'ACIA a entrepris une étude de comparaison de haut niveau des approches proposéesNote de bas de page *.

Les deux propositions veilleront à assurer la compétence et l'indépendance des organismes d'accréditation et de certification dont le travail pourrait servir aux organismes de réglementation concernés; il sera important que les organismes de réglementation, les consommateurs et les autres intervenants aient confiance dans les approches prises.

La proposition relative à la FSMA décrit des moyens d'établir la crédibilité et la fiabilité des organismes de certification et des normes d'accréditation. L'ACIA est donc d'avis qu'il serait logique de collaborer avec la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour échanger des idées et de l'information à ce sujet.

La proposition liée à la FSMA prévoit aussi des exigences visant les organismes d'accréditation souhaitant obtenir une reconnaissance par la FPA ainsi que des exigences visant les vérificateurs indépendants souhaitant obtenir une accréditation. L'ACIA n'a pas l'intention de reconnaître les organismes d'accréditation, ni d'en devenir un. 

Conformément à la FSMA, le projet de règle de ladite loi exige notamment que les établissements de transformation des aliments étrangers soient vérifiés et certifiés, tout comme les aliments au titre du programme, et que la FPA soit informée des conditions constatées dans un établissement assujetti à une vérification qui pourraient poser un risque important pour la santé publique ou y contribuer. Le concept décrit dans le présent document de travail de l'ACIA n'est lié à aucune exigence réglementaire. Par conséquent, nul n'est tenu d'informer l'ACIA au sujet des cas de non-conformité constatés dans le cadre d'une vérification. L'ACIA vise à évaluer le plan de certification du secteur privé en fonction de ses exigences réglementaires – et non l'entreprise. 

Dans le cadre de la proposition liée à la FSMA, les importateurs n'auront généralement pas à obtenir une certification, mais la FPA pourrait se servir de la certification attestant la conformité à ses exigences réglementaires (p. ex., ;normes publiques) dans deux situations précisées dans la loi. Tout d'abord, la FPA pourrait se servir de la certification obtenue auprès de vérificateurs accrédités pour autoriser l'importation de certains aliments aux États-Unis qui, à son avis, respectent des critères de risque précis relativement à la salubrité des aliments. Deuxièmement, la FPA pourrait se servir de la certification obtenue auprès de vérificateurs accrédités pour déterminer l'admissibilité d'un importateur à un programme à participation volontaire en cours d'élaboration qui viserait à accélérer l'examen et l'entrée de certains aliments. L'ACIA n'a pas l'intention d'exiger une certification selon un plan de certification du secteur privé comme condition d'importation au Canada, ni comme critère d'admissibilité à tout autre programme de l'ACIA.

Même si la FSMA définit les paramètres de la proposition actuelle, la FPA a exprimé sa vision à long terme quant au rôle que la collaboration entre le secteur public et le secteur privé – plus particulièrement celui de la certification par une tierce partie accréditée – pourrait jouer pour compléter les travaux menés par elle-même, ce qui permettrait d'offrir aux consommateurs des garanties supplémentaires concernant la salubrité des produits.

Défis et possibilités

Multiplicité des plans de certification du secteur privé

Il existe dans le secteur privé un vaste éventail de plans de certification dont les objectifs et exigences peuvent varier considérablement (p. ex., salubrité des aliments, environnement, protection des animaux, attributs religieux, prévention de la fraude alimentaire, commerce équitable). 

L'Agence devra tenir compte de la nature des plans de certification du secteur privé, lesquels sont dictés par le marché, de la quantité et de la diversité des plans et des exigences de certification et d'accréditation, ainsi que du niveau général de maturité de l'industrie des plans de certification du secteur privé (p. ex., disponibilité des ressources de vérification et questions relatives à la compétence) lors de l'élaboration de politiques et de processus sur le recours à des plans de certification du secteur privé pour orienter les activités de surveillance fondée sur les risques.

Il est entendu que le fournisseur doit habituellement assumer les coûts engagés par les entreprises du secteur privé pour obtenir une accréditation selon plus d'un plan de certification du secteur privé, ce qui implique le respect d'exigences redondantes.

Tant l'industrie, au moyen d'analyses comparatives entre les pays, que les organismes de réglementation, au moyen d'initiatives d'évaluation des plans, peuvent contribuer à une harmonisation, contribuant ainsi à optimiser les investissements, à minimiser les redondances, à cibler les secteurs à risques élevés et à améliorer les résultats en matière de salubrité des alimentsNote de bas de page 2.

Compétence des organismes de certification

L'uniformité du point de vue de la surveillance, de la qualité des fournisseurs de services, des compétences des vérificateurs et des approches de vérification soulève des questions concernant l'efficacité de certains organismes de réglementation du secteur privé. En outre, puisque les entreprises doivent payer les organismes de certification pour les vérifications par un tiers, il est important de veiller à ce que de rigoureuses politiques sur les conflits d'intérêts soient en place à l'intention des organismes de certification afin d'assurer l'intégrité et l'indépendance des résultats.

Dans le cadre de l'élaboration d'une stratégie et d'un processus qui permettront d'assurer la fiabilité et la crédibilité des organismes de certification comme autorités compétentes, il faut tenir compte de plusieurs facteurs. Il faut à tout prix veiller à ce que l'organisme de certification soit accrédité par un organisme d'accréditation ou selon une norme reconnue è l'échelle internationale et démontre qu'il possède la compétence nécessaire pour octroyer une certification dans certains secteurs de l'industrie alimentaire. Dans de nombreux pays se trouvent des organismes d'accréditation dont le principal objectif est de veiller à ce que les organismes de certification fassent l'objet d'une surveillance par une autorité compétente.

Par exemple, au Canada, le Conseil canadien des normes (CCN) offre des programmes d'accréditation reconnus à l'échelle internationale à l'intention des organismes de certification de systèmes de gestion. L'accréditation par le CCN atteste qu'un organisme a répondu aux normes internationales visant les organismes de certification de systèmes de gestion et qu'il possède les compétences pour évaluer et certifier des systèmes de gestion, conformément à l'Organisation internationale de normalisation (ISO) et à la Commission électrotechnique internationale (CEI).

Il est important de noter que l'ACIA n'a aucunement l'intention d'assumer des responsabilités en matière de certification ou d'accréditation; par conséquent, une stratégie ainsi qu'un processus seront mis au point afin que l'ACIA puisse tirer profit des structures et organisations actuelles, comme le CCN, pour assurer la crédibilité et la fiabilité des données recueillies pour l'aider à prendre des décisions en fonction des risques concernant l'affectation des ressources réglementaires.

Initiatives existantes

Le présent document tente d'amorcer un dialogue qui contribuera à promouvoir l'approche de l'Agence visant à tirer parti de la certification du secteur privé comme élément des processus d'évaluation des risques réglementaires et d'allocation des ressources et à apprendre de l'expertise et des modèles existants.

Il existe à l'ACIA plusieurs initiatives internes qui pourraient transmettre des pratiques exemplaires ou des leçons retenues que l'ACIA pourrait examiner dans le cadre de perfectionnement continu de la présente initiative, en particulier le Programme de reconnaissance des systèmes de salubrité des aliments (PRSSA). Le PRSSA est mené par l'ACIA avec la participation et le soutien des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (voir l'annexe A pour plus de détails). Il s'agit d'un processus comprenant l'évaluation de la validité technique et de l'efficacité administrative des systèmes de salubrité des aliments à la ferme élaborés et mis en œuvre par les associations nationales (ou l'équivalent) de l'industrie canadienne. Grâce à l'expérience qu'il a permis d'accumuler depuis 15 ans, le PRSSA pourrait servir de base pour l'élaboration des processus et des critères d'évaluation par le gouvernement des plans de certification du secteur privé et de certification de la compétence des organismes, puisque les exigences qu'il impose sont complètes et fondées sur des normes et des principes reconnus à l'échelle internationale.

En outre, l'Agence s'appuie, et continuera de s'appuyer, sur plusieurs sources d'information externes pour éclairer ce travail.

Par exemple, Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) a rédigé un document de travail qui examine les plans de certification du secteur privé. Dans le document, on relève les tendances émergentes concernant l'élaboration de systèmes publics et privés d'assurance agroalimentaire et on analyse les répercussions possibles sur les marchés alimentaires nationaux et mondiaux, si les tendances actuelles se maintiennent. L'ACIA continuera de discuter avec AAC sur les plans de certification du secteur privé, afin de tirer parti des connaissances et d'uniformiser les approches, au besoin.

Le Conference Board du Canada a publié un document de recherche intitulé « The Pathway to Partnership » (La voie vers le partenariat) dans lequel on évalue les défis et les possibilités que représentent les plans du secteur privé pour le système alimentaire canadienNote de bas de page 4. Le rapport répond aux questions suivantes : Quelles sont les principales caractéristiques des plans du secteur privé? Quelles sont les forces économiques qui les façonnent? Comment ces plans sont-ils appliqués au Canada? Comment peut-on optimiser les plans du secteur privé pour servir l'intérêt public? Ce faisant, le rapport jette des bases conceptuelles et empiriques pouvant servir aux discussions futures sur les plans du secteur privé au Canada.

Analyses comparatives internationales

Des initiatives internationales d'analyse comparative proposent une plateforme de collaboration entre certains des experts mondiaux les plus réputés en salubrité des aliments provenant de l'industrie, des organisations internationales, des universités et des gouvernements en ce qui a trait aux plans de certification du secteur privé. Des efforts sont en cours pour faire l'analyse comparative des plans du secteur privé, comme ceux de l'Initiative mondiale pour la sécurité alimentaire (IMSA).

L'IMSA a été mise sur pied parce qu'on reconnaissait que de nombreux fournisseurs devaient faire l'objet de multiples vérifications et certifications. Les analyses comparatives couramment acceptées permettent aux fournisseurs de bénéficier dorénavant du principe « une fois certifié, accepté partout », et de réduire les coûts et de faciliter le commerceNote de bas de page 5. De nombreux plans du secteur privé du Canada et d'ailleurs se rallient à l'IMSA. L'ACIA pourrait poursuivre la discussion par le truchement de ces plateformes afin d'éclairer son processus décisionnel sur l'utilisation des plans de certification du secteur privé.

Possibilités à long terme : approche participative

Une approche participative, bien que différente du concept énoncé dans le présent document, tablerait sur celui-ci afin d'influencer l'attribution des ressources en mettant davantage l'accent sur la réduction des pertes d'efficience et en éliminant les doubles emplois entre les travaux du secteur public et ceux du secteur privé.

Le Conference Board du Canada a mis au point une feuille de route participative en vue de permettre aux secteurs privé et public d'accroître progressivement leur collaboration avec le tempsNote de bas de page 4. Selon le Conference Board du Canada, un système participatif national représente la meilleure stratégie possible pour optimiser la collaboration des secteurs public et privé en matière de gouvernance alimentaire. Un système participatif national vise à faire en sorte que les efforts des secteurs public et privé soient harmonisés et coordonnés afin que les risques comme ceux qui sont liés à la salubrité des aliments soient cernés et gérés. Une approche prônant un système participatif pourrait permettre aux secteurs public et privé de travailler de manière plus collaborative dans le but d'atteindre l'objectif énoncé d'intérêt public de la salubrité des aliments, tout en permettant l'élaboration et l'évolution continue des plans de certification du secteur privé et la collaboration relativement à la vérification des pratiques de l'industrie en matière de salubrité des aliments. Idéalement, une telle approche pourrait stimuler la conformité et l'innovation dans l'application de normes publiques de salubrité des aliments sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement tout en réduisant les chevauchements et les dédoublements de coûts et en permettant aux ressources réglementaires de se concentrer plus efficacement sur les secteurs à risque plus élevéNote de bas de page 4.

Points à considérer

Des assertions circulent voulant que les plans de certification du secteur privé pourraient quelquefois inclure des normes plus rigoureuses que les normes réglementaires. Ces assertions, jumelées au fait que les détaillants encouragent largement l'adoption des plans de certification du secteur privé, ont engendré des préoccupations à l'égard de la déréglementation et de l'endossement des exigences des  plans du secteur privé. Dans le cadre de forums internationaux, des pays en voie de développement ont fait part de préoccupations concernant les répercussions de la certification du secteur privé sur leur capacité à faire du commerce de façon concurrentielle.

Le concept proposé a été mis au point de façon à éviter les conséquences sur le commerce. Il est envisagé et conçu précisément pour faciliter une meilleure attribution des ressources et une meilleure planification. De plus, il fournit un cadre qui permet aux entreprises de mener à bien la certification. Aussi, le concept proposé ne prévoit aucune exigence réglementaire et ne vise pas à remplacer la surveillance réglementaire ou à confier les travaux d'inspection de l'Agence à un tiers.

Conclusion

Les plans de certification du secteur privé peuvent jouer un rôle contribuant à l'atteinte des objectifs réglementaires, à condition qu'ils soient efficaces, crédibles et en phase avec les objectifs stratégiques d'intérêt publicNote de bas de page 3, Note de bas de page 4. Les plans de certification du secteur privé sont utilisés comme facteur dans un modèle axé sur les risques afin de s'assurer que les ressources destinées à la surveillance réglementaire sont accordées selon le risque, contribuant ainsi à réduire les inefficacités, les chevauchements et le dédoublement des coûts liés à la surveillance réglementaire.

La capacité du gouvernement d'optimiser les plans de certification du secteur privé jouerait un rôle utile dans le contexte d'information des programmes réglementaires. Bien que le leadership dans ce domaine soit principalement assuré par les entreprises multinationales de vente au détail et de transformation des aliments, la reconnaissance et l'acceptation accrues des plans de certification du secteur privé offrent véritablement à l'Agence l'occasion de répondre et d'envisager les possibilités d'optimiser la certification du secteur privé afin d'influencer l'évaluation réglementaire des risques et de répartir les ressources réglementaires. L'Agence travaillera de concert avec les membres de la communauté internationale de réglementation, pour veiller à ce que les approches adoptées par le Canada pour optimiser les plans de certification du secteur privé correspondent aux approches internationales.

Bien que l'Agence envisage la possibilité de recourir à des plans de certification du secteur privé pour obtenir des données fiables et efficaces qui permettraient d'atteindre les objectifs d'intérêt public concernant la salubrité des aliments, il est important de souligner que l'Agence continuera d'assumer ses responsabilités en matière de réglementation et de vérifier si les normes réglementaires sont respectées. De la même manière, chaque entreprise continuera d'avoir la responsabilité de choisir les plans de certification du secteur privé répondant à ses besoins sur le plan commercial.

Le présent document de travail constitue la première étape du processus de rétroaction concernant l'approche officielle que propose l'ACIA pour tirer profit de l'utilisation par l'industrie des plans de certification du secteur privé.

Questions à examiner

On sollicite une rétroaction au sujet du document en tant que tel et des questions à examiner, mais aussi tout autre commentaire important dont l'ACIA devrait tenir compte concernant l'utilisation de plans de certification du secteur privé pour orienter les activités de surveillance réglementaire. S'il vous plaît envoyer toutes les informations à : CFIA-Modernisation-ACIA@inspection.gc.ca.

  1. L'ACIA devrait-elle envisager l'utilisation par l'industrie de plans de certification du secteur privé pour :
    • aider à atteindre les objectifs stratégiques d'intérêt public liés à la protection des consommateurs, en particulier la composition et l'étiquetage des produits? Le cas échéant, dans quelle mesure devrait-elle le faire?
    • orienter les plans de contrôle préventif qui seront exigés par la Loi sur la salubrité des aliments au Canada et son règlement d'application? Le cas échéant, dans quelle mesure devrait-elle le faire?
    • orienter d'autres secteurs de travail au-delà du concept proposé dans le document de travail?
  2. L'ACIA devrait-elle envisager d'utiliser le processus d'analyse comparative de l'Initiative mondiale de sécurité alimentaire pour l'évaluation des plans de certification du secteur privé? Le cas échéant, dans quelle mesure devrait-elle le faire?

Annexe A : Programme de reconnaissance des systèmes de salubrité des aliments

Le Programme de reconnaissance des systèmes de salubrité des aliments est dirigé par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) avec la participation des gouvernements provinciaux et territoriaux. Il s'agit d'un processus qui comprend l'évaluation de la validité technique et de l'efficacité administrative des systèmes de salubrité des aliments à la ferme élaborés et mis en œuvre par les associations nationales (ou l'équivalent) de l'industrie canadienne.

Le processus de reconnaissance vise à fournir un cadre qui assure une surveillance gouvernementale adéquate de la pertinence au fil du temps des systèmes d'assurance de la salubrité des aliments dirigés par l'industrie dans le but :

  • d'améliorer la salubrité des aliments;
  • de maintenir la confiance des consommateurs canadiens et des partenaires commerciaux du Canada;
  • de faciliter la liberté d'accès au marché.

Le Programme de reconnaissance des systèmes de salubrité des aliments comporte les trois éléments suivants :

  • Examen technique – Examen gouvernemental de la composante technique écrite et de la composante de gestion du système de salubrité des aliments d'une association de l'industrie dans le but d'évaluer sa fiabilité technique et son efficacité administrative.
  • Évaluation de la mise en œuvre – Mise en œuvre par l'association de l'industrie de son système d'assurance de la salubrité des aliments, vérification de la mise en œuvre et examen par le gouvernement du rapport de vérification de la mise en œuvre et des documents connexes afin de déterminer si le système d'assurance de la salubrité des aliments est exécuté à l'échelle nationale conformément aux procédures écrites et d'une manière cohérente.
  • Maintien du statut de reconnaissance – Évaluation continue visant à faire en sorte que le système reconnu d'assurance de la salubrité des aliments de l'industrie demeure valide sur le plan technique et soit mis en œuvre, administré et géré d'une manière qui favorise l'amélioration continue des pratiques de salubrité des aliments.

Le fait de fournir un cadre de reconnaissance favorisant les programmes nationaux vérifiables de salubrité des aliments fondés sur les principes HACCP et dirigés par l'industrie peut aider l'ACIA à réaliser son objectif de protéger l'approvisionnement alimentaire du Canada tout au long de la chaîne alimentaire.

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