Une stratégie sur la santé des végétaux et des animaux pour le Canada
1. Introduction

La protection de la santé des végétaux et des animaux aide à sauvegarder l'approvisionnement alimentaire, la santé des Canadiennes et des Canadiens et l'environnement, et contribue à la croissance et à la prospérité économique. L'approche actuelle du Canada en matière de protection de la santé des végétaux et des animaux s'appuie sur les efforts des partenaires de tous les paliers de gouvernement, de l'industrie, des milieux universitaires et d'autres, qui entreprennent individuellement et collectivement des activités. L'approche comprend un ensemble diversifié d'activités, comme l'évaluation et la gestion des risques pour la santé des végétaux et des animaux; l'élaboration, la mise en œuvre et le contrôle de normes et de règlements; le contrôle des importations; la détection et la surveillance des ravageurs émergents et endémiques, des maladies et des autres risques pour la santé; la préparation en cas d'urgence; et la prise de mesures pour minimiser les répercussions et promouvoir la résilience lorsque des situations d'urgence surviennent.

Bien que l'approche actuelle du Canada repose sur une fondation solide, elle est confrontée à des faiblesses, des défis croissants et des opportunités d'amélioration.

L'expérience récente démontre que bien que le Canada puisse intervenir en cas d'urgences reliées à la santé des végétaux et des animaux, et s'en rétablir, ces mesures s'accompagnent de coûts importants et entraînent des pertes considérables de productivité, de revenus et d'accès aux marchés. Ces expériences appuient fortement la nécessité d'accroitre l'accent mis sur la prévention de risques ciblés lorsque c'est réalisable, comme approche plus souhaitable et durable, tout en maintenant une forte capacité d'intervention en cas d'urgences.

Les urgences en matière de santé végétale et de santé animale peuvent entrainer des coûts substantiels : deux exemples

Selon une étude menée en 2002Note de bas de page 1 pour la Coalition canadienne pour la santé des animaux, les répercussions sur l'économie canadienne d'une éclosion de fièvre aphteuse s'élèveraient à 46 milliards de dollars, selon le lieu et la sévérité de l'éclosion. Ce montant de 46 milliards de dollars comprend les coûts associés au contrôle de la maladie, les répercussions sur les secteurs primaires et de la transformation, les répercussions associées aux secteurs touristiques et non agricoles, et les répercussions liées à la perte d'occasions d'échanges commerciaux. En montant ajusté pour 2017, ces coûts estimés s'élèveraient à plus de 60 milliards de dollars.

Un rapport dressé en 2009Note de bas de page 2 pour le Conseil canadien des ministres des forêts a émis une estimation prudente de coûts potentiels évités s'élevant à 165 millions de dollars par année liés à la prévention de l'introduction et de l'établissement au Canada de quatre maladies et insectes forestiers envahissants, selon des études de cas concernant le longicorne asiatique, l'agrile du frêne, la guêpe perce-bois et l'encre des chênes rouges. Selon le rapport, on estime que chaque dollar dépensé sur des activités de prévention menées par plusieurs autorités coordonnées pour un ravageur particulier pouvait prévenir une dépense de trois dollars en coûts d'atténuation, de réglementation et d'appauvrissement.

De plus, bien que l'approche actuelle fournisse effectivement un niveau de protection contre les risques, des changements au niveau du contexte externe sont devenus plus fréquents et variés de telle sorte que les activités des partenaires doivent constamment évoluer pour garder le rythme. S'il s'agit d'assurer la protection de la santé des végétaux et des animaux dans l'ensemble des régions du pays, la confiance continue du public et le soutien constant pour la croissance économique et le commerce international, l'approche du Canada devra mieux intégrer les efforts des partenaires et être plus proactive en s'ajustant à une gamme de défis de plus en plus complexes et évolutifs, par exemple :

  • volumes accrus et changements dans les réseaux de déplacement des personnes et des biens traversant les frontières;
  • consolidation de l'industrie, changements technologiques et mondialisation des chaînes d'approvisionnement; et
  • répercussions des changements climatiques sur la santé des végétaux et des animaux.

Il y a également des défis inhérents par rapport à l'approche actuelle du Canada, par exemple :

  • le grand nombre de partenaires et la diversité des activités, sans structures de coordination d'ensemble, ce qui rend difficiles l'intégration et la coordination des efforts entre les partenaires;
  • la pression pour réagir rapidement afin de répondre aux besoins – ce qui prédispose les partenaires à agir de manière indépendante et à ne pas profiter des avantages potentiels de la collaboration; et
  • un accès inégal aux renseignements, aux connaissances et aux pratiques efficaces pour l'ensemble des partenaires.

Afin de résoudre ces problèmes actuels et ceux à venir, l'approche du Canada devra devenir plus agile et tournée vers l'avenir, et mieux structurée et coordonnée.

1.1 Contexte et but de l'élaboration d'une Stratégie sur la santé des végétaux et des animaux

Les ministres de l'agriculture fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) ont appelé les partenaires à élaborer conjointement une stratégie intégré pour la prévention et l'atténuation des risques aux ressources végétales et animales, tâche identifiée comme produit livrable clé sous le Cadre de gestion des urgences en agriculture au Canada établi en juillet 2016.Note de bas de page 3

En mettant au point cette stratégie (la Stratégie sur la santé des végétaux et des animaux pour le Canada), les partenaires proposent une vision collective, des principes directeurs et des objectifs visant à améliorer la capacité du Canada à répondre à des besoins, des défis et des opportunités qui ne cessent d'évoluer. Cette vision pour la santé des végétaux et des animaux est conforme au concept de « Une seule santé », dans le sens qu'elle reconnaît que la protection de la santé des végétaux et des animaux contribue à protéger la santé des humains et l'environnement. La Stratégie présente par ailleurs une orientation et des mesures prospectives à court terme qui ouvrent la voie à des activités prospectives à plus long terme. Elle offre également aux partenaires un mécanisme leur permettant de discuter régulièrement des ajustements à apporter, au besoin, aux activités dans le cadre de la Stratégie, de sorte à les adapter aux risques, aux besoins et aux capacités. Au moment d'élaborer des activités et un plan de mise en œuvre de la Stratégie, les partenaires ont tenu compte des activités en cours et en ont recensé de nouvelles qui pourraient contribuer aux trois résultats visés du Cadre de gestion des urgences en agriculture au Canada, notamment :

  • Renforcement de la prévention et de l'atténuation — Les risques sont évités ou atténués grâce à une culture proactive, à des mesures, à des politiques et à des programmes mûrement réfléchis.
  • Mesures de collaboration — Les partenaires responsables de la gestion des urgences placent la collaboration au premier plan et optimisent les forces, les capacités et l'expertise de chacun, afin de réaliser des activités prévisibles, intégrées, coordonnées et durables de gestion des urgences.
  • Renforcement de la résilience du secteur — Un secteur qui est prêt à gérer les risques, s'adapte aux conditions changeantes et est en mesure d'affronter des urgences et de relancer ses activités.

Le but de l'élaboration de la Stratégie sur la santé des végétaux et des animaux pour le Canada est de :

  • Mobiliser les partenaires autour d'une vision et des objectifs communs afin de prendre une approche intégrée envers la protection de la santé des végétaux et des animaux au Canada;
  • Définir l'orientation des améliorations essentielles durables à apporter à l'approche du Canada par l'intermédiaire de structures, de processus et d'activités;
  • S'appuyer sur les efforts de tous les partenaires et les coordonner afin d'obtenir une cohésion, maximiser les synergies et minimiser le dédoublement, les chevauchements et les lacunes;
  • Déterminer les priorités et les mesures concrètes à court terme ainsi que les orientations à plus long terme;
  • Positionner les efforts des partenaires pour permettre une amélioration et une évolution continuelles en fonction de leurs risques, de leurs capacités et de leurs besoins changeants.

Pour une description de la façon dont la Stratégie a été élaborée ainsi que sur d'autres cadres et stratégies FPT à examiner au cours de la mise en œuvre de la Stratégie, consulter l'annexe 2.

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