Trichinose - Fiche de renseignements

Qu'est-ce que la trichinellose?

La trichinellose est une maladie qui s'attaque aux animaux et aux humains. Elle est causée par la présence de petits nématodes (vers ronds) du genre Trichinella. Les larves infectieuses sont transmises d'un hôte à l'autre à la suite de la consommation de viande infectée crue ou insuffisamment cuite.

Dans de nombreux pays, la trichinellose humaine est associée à la consommation de viande de porc crue ou insuffisamment cuite provenant de porcs infectés. Depuis plus d'un siècle, de nombreux pays ont adopté des règlements visant à détecter et à enrayer cette maladie chez les porcs.

Il est habituellement rare d'observer une éclosion de trichinellose humaine due à la consommation de porc provenant d'abattoirs assujettis à des régimes d'inspection modernes. Cependant, on continue de signaler des cas associés à la consommation de viande insuffisamment cuite de sangliers, de chevaux et d'espèces sauvages, comme les morses et les ours, ainsi que de viande de porcs élevés en plein air et abattus à la ferme.

La trichinellose pose-t-elle un risque pour la santé humaine?

Le risque pour la santé humaine est jugé plutôt faible. L'évaluation du risque repose sur plusieurs facteurs, dont les suivants :

  • les résultats des activités de surveillance;
  • les techniques modernes de gestion des exploitations agricoles;
  • l'absence d'éclosions.

Les abattoirs provinciaux doivent déclarer tous les cas présumés à l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) aux fins de suivi.

Au Canada, consommer de la viande crue ou insuffisamment cuite d'espèces sauvages, comme de la viande d'ours et de morse, constitue le principal risque de contracter la trichinellose.

Le risque d'infection peut être éliminé en faisant bien cuire la viande. Toute la viande de gibier, de porc et de cheval devrait être cuite jusqu'à ce que sa température interne ait atteint au moins 71°C. La salaison, le séchage, le fumage ou la cuisson au four à micro-ondes de n'exterminent pas toujours les larves infectieuses.

Quels sont les signes cliniques de la trichinellose?

Les signes cliniques de cette maladie ne sont pas toujours faciles à déceler chez les animaux.

La gravité de la trichinellose humaine dépend du nombre de larves infectées ingérées, de l'espèce de Trichinella et de l'état du système immunitaire de l'hôte humain. Parmi les signes courants, qui apparaissent de cinq à quinze jours après l'ingestion, on peut remarquer :

  • une peur anormale de la lumière
  • une enflure du visage
  • de la fièvre
  • des troubles gastro-intestinaux
  • des maux de tête
  • des douleurs musculaires
  • des éruptions cutanées

L'inflammation du muscle cardiaque et du cerveau, le cas échéant, est grave, voire mortelle.

Où trouve-t-on des cas de trichinellose?

Trichinella est répandu partout dans le monde et fréquent au sein des populations d'animaux sauvages.

Tous les mammifères peuvent être infectés, mais le nombre de larves requis pour causer une infection varie selon le génotype du parasite et les espèces hôtes. Peu d'espèces de Trichinella s'attaquent aux oiseaux et aux crocodiles.

Le cas le plus récent de trichinose au Canada remonte à janvier 2013 et a été détecté chez un porc élevé sur une ferme non commerciale. L'animal a été abattu et consommé à la ferme et aucun produit n'est entré dans la chaîne alimentaire.

Quels sont les modes de transmission et de propagation de la trichinellose?

On contracte la trichinellose en ingérant de la viande crue ou insuffisamment cuite qui contient des larves de Trichinella. Les animaux domestiques peuvent être infectés en consommant des tissus crus infectés. Dans les exploitations agricoles mal gérées, des cycles de transmission peuvent facilement s'établir. Les animaux sauvages contractent la maladie en se nourrissant des restes d'animaux domestiques ou sauvages infectés.

Comment diagnostique-t-on la trichinellose?

La plupart des infections passent inaperçues chez les animaux tant domestiques que sauvages. Au Canada, les épreuves de dépistage menées sur les carcasses individuelles d'animaux après l'abattage servent à vérifier la salubrité de la viande et à délivrer des certificats à l'exportation. Pour ce faire, on procède à une analyse scientifique dans le cadre d'un système d'assurance-qualité reconnu à l'échelle internationale.

Comment traite-t-on la trichinellose?

Chez les humains et les animaux, l'objectif consiste à prévenir l'ingestion de kystes de Trichinella viables.

Il n'est pas commode de traiter les animaux atteints de trichinellose. Chez l'humain, le traitement est imprévisible et consiste à administrer des anthelminthiques (un groupe de médicaments ciblant le ver adulte), ainsi que des corticostéroïdes (anti-inflammatoires stéroïdiens). Le traitement doit être administré peu de temps après l'ingestion de la viande infectée pour cibler le ver adulte, sans quoi, les larves s'établiront dans le système musculaire du malade pendant des années.

Que fait-on pour protéger le cheptel canadien d'une éclosion de trichinellose?

L'ACIA régit un programme de lutte contre Trichinella, qui comprend trois volets : la surveillance, la réglementation et les épreuves de dépistage.

L'Agence mène à bien deux programmes de surveillance continue auprès d'une population statistiquement représentative du cheptel porcin du Canada. Près de 18 000 porcs abattus sont soumis à des épreuves chaque année et, tous les 3 à 5 ans, 16 000 truies sont soumises à une épreuve de dépistage. L'Agence s'assure ainsi qu'il n'y a pas d'introduction du parasite au sein de la population porcine canadienne et démontre aux pays importateurs que le cheptel commercial de porcs canadiens est exempt de Trichinella.

Les inspecteurs de l'Agence aux abattoirs relevant de son administration appliquent la réglementation sur la transformation de la viande en ce qui a trait à la cuisson, à la salaison et à la congélation du porc, afin de s'assurer que ces procédés détruisent bel et bien les larves de Trichinella. Tous les chevaux destinés à la consommation humaine et abattus dans des abattoirs relevant de l'Agence sont soumis à des épreuves de dépistage de la trichinellose à l'abattoir, afin que la viande satisfasse aux exigences à l'exportation. Il faut noter que la plupart des espèces de Trichinella qui ont été trouvées dans la nature résistent à la congélation. Elles ne sont donc pas éliminées si on suit simplement les directives de congélation pour le porc. Il faut donc bien faire cuire cette viande.

L'Agence interdit en outre de nourrir les porcs avec de la viande et des produits dérivés en vertu du Règlement sur la santé des animaux.

Comment l'ACIA interviendrait-elle en cas d'éclosion de trichinellose au Canada?

La trichinellose est une « maladie à déclaration obligatoire » en vertu de la Loi sur la santé des animaux. Cela signifie que tous les cas présumés doivent être signalés à l'Agence pour que ses inspecteurs puissent amorcer immédiatement une enquête.

La stratégie canadienne d'intervention d'urgence en cas d'éclosion de trichinellose consisterait à :

  • enquêter sur la source de l'infection et à enrayer la maladie;
  • rétablir le plus rapidement possible le statut du Canada comme pays indemne de la maladie.

Pour enrayer la trichinellose, l'Agence peut recourir à l'une ou l'autre des mesures suivantes ou à toutes :

  • la destruction sans cruauté de tous les animaux infectés ou exposés;
  • la surveillance et le retraçage des animaux potentiellement infectés ou exposés;
  • l'imposition de mesures de quarantaine rigoureuses pour contrôler l'abattage et la distribution de la viande des animaux potentiellement infectés;
  • la décontamination en bonne et due forme des lieux infectés.

Les propriétaires d'animaux dont on a ordonné la destruction peuvent être indemnisés.

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