ARCHIVÉE - Rapport sur l’éclosion d’influenza aviaire à déclaration obligatoire (H5N2) au Manitoba, Canada

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Novembre 2010

Table des matières

Synopsis

L'influenza aviaire faiblement pathogène à déclaration obligatoire a été diagnostiquée dans une exploitation de dindons de reproduction à Winnipeg (Manitoba) le 23 novembre 2010. Tous les oiseaux présents sur les lieux contaminés (LC) ont été détruits dans les poulaillers sans cruauté. Les carcasses ont subi un traitement thermique biologique dans le poulailler et ont été subséquemment éliminées dans une décharge approuvée par le gouvernement du Manitoba.

L'identification du virus a révélé qu'il s'agissait de la souche H5N2, le même sous-type que celui qui avait été identifié lors des éclosions d'influenza aviaire dans la vallée du Fraser de la Colombie­Britannique en 2005 (H5 chez le dindon, Californie, 2002) et en 2009 (H5 chez les oiseaux sauvages, Californie, 2007). La séquence du virus identifié lors de cette éclosion se rapprochait plus de celle du virus détecté chez les oiseaux sauvages (H5 chez les oiseaux sauvages, Ontario, 2005; également N2 chez les oiseaux sauvages, Minnesota, 2006).

On a lancé une enquête épidémiologique complète sur les sources potentielles d'influenza aviaire et les risques que la maladie se propage davantage. Il n'y avait aucune exploitation commerciale de volaille dans un rayon de trois kilomètres du LC. On a quand même imposé des restrictions de déplacements dans quatre exploitations commerciales qui élevaient ou manipulaient de la volaille pour laquelle un lien épidémiologique avec le LC avait été établi. Une surveillance dynamique valide sur les plans épidémiologique et statistique a été menée dans tous les lieux faisant l'objet de restriction des déplacements. L'influenza aviaire à déclaration obligatoire (IADO) n'a été détectée dans aucun de ces lieux.

On a levé les restrictions frappant le transport de la volaille et de ses produits hors des lieux ayant un lien épidémiologique avec les lieux contaminés (LLE), 21 jours après la dernière date possible de contact avec les LC. Avant de lever les restrictions, on a attendu de recevoir les résultats négatifs aux épreuves de dépistage de l'IADO sur les derniers échantillons de surveillance de l'exploitation. Dans les LC, les restrictions ont été levées 21 jours après l'achèvement du processus de nettoyage et de désinfection approuvé par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA).

On s'est servi de la structure existante du Système canadien de surveillance de l'influenza aviaire à déclaration obligatoire (SCSIADO) pour réaliser la surveillance postéclosion, conformément au Code sanitaire pour les animaux terrestres (2010) de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE). On pense que le virus a été introduit dans le LC par des oiseaux sauvages.

1. Industrie de la volaille du Manitoba

L'industrie de la volaille du Manitoba compte 350 producteurs et exploitations avicoles. La plupart de ces dernières sont des exploitations familiales de 10 000 à 30 000 oiseaux par troupeau. L'industrie commerciale est principalement regroupée dans la moitié méridionale des 647 797 kilomètres carrés (250 116 miles carrés) de la province et est fortement concentrée dans la région de Steinbach (figure 1).

En 2010, plusieurs activités de surveillance de l'influenza aviaire étaient en cours au Manitoba. Le SCSIADO, exploité par l'ACIA, ciblait l'IADO dans les troupeaux commerciaux de volaille, et l'enquête nationale sur l'influenza chez les oiseaux sauvages coordonnée par le Centre canadien coopératif de la santé de la faune (CCCSF) incluait notamment les oiseaux sauvages du Manitoba. Le gouvernement du Manitoba possède une liste des exploitations avicoles et mène également ses propres activités de surveillance des oiseaux sauvages et des troupeaux de volaille en collaboration avec les producteurs, les vétérinaires et les agents de la faune.

Secteur des poulets et des dindons à griller

En tout, quatre couvoirs agréés par l'ACIA servent le secteur des poulets à griller qui se compose de 119 exploitations agréées de volaille à griller et de 24 exploitations agréées d'œufs d'incubation de poulets à griller. Au Manitoba, on produit environ 30 millions de poulets à griller chaque année, ce qui représente 4,6 % de la production canadienne.

Le Manitoba compte 51 exploitations de dindons agréées et huit de dindons de reproduction, ce qui représente 7,2 % de la production canadienne. Un couvoir agréé fournit des dindonneaux d'un jour aux éleveurs de la province. Le couvoir produit environ 6,3 millions d'œufs par année. Approximativement 40 à 50 % de a production est exportée aux États­Unis. Le couvoir se procure également du matériel génétique pour le remplacement des sujets de reproduction, principalement auprès d'un éleveur canadien et occasionnellement des États­Unis.

Secteur des œufs de consommation

Le Manitoba compte 158 producteurs d'œufs de consommation agréés et 10 troupeaux de reproducteurs pour la production d'œufs de consommation. En tout, 12 exploitations autonomes d'élevage de poulettes fournissent des poules pondeuses de remplacement à l'industrie. Un total de deux couvoirs agréés sert l'industrie des œufs de consommation au Manitoba.

Figure 1 : Emplacement des types de production de volaille au Manitoba

Figure 1 : Emplacement des types de production de volaille au Manitoba. Description ci-dessous.
Description de Figure 1 - Emplacement des types de production de volaille au Manitoba

Cette carte illustre la concentration d'exploitations avicoles dans le sud du Manitoba, en fonction des données du Recensement de l'agriculture de 2006.

La plus haute concentration d'exploitations avicoles, avec plus de 40 exploitations, se trouve près de Winnipeg, à Portage La Prairie, et au parc provincial du mont Duck.

Domaines éloignons de ces points ont 0 - 39 fermes.

2. Résumé des conclusions au sujet des lieux contaminés

Le 19 novembre 2010, un vétérinaire du secteur privé a visité le LC pour examiner un troupeau de dindons de reproduction, car le propriétaire avait observé que ses dindons étaient léthargiques et que leur production d'œufs et leur consommation d'aliments avaient baissé depuis deux jours. Des écouvillons pharyngiens et des tissus frais ont été prélevés et envoyés au Laboratoire de services diagnostics vétérinaires (LSDV) du Manitoba. Le propriétaire a également observé des signes cliniques semblables dans un deuxième poulailler sur les LC le 20 novembre 2010.

Le 23 novembre, le LSDV du Manitoba a averti l'ACIA que des échantillons s'étaient révélés positifs aux épreuves PCR avec matrice pour le dépistage du virus de l'influenza A et aux épreuves RT-PCR pour le dépistage du sous-type H5. Une équipe d'enquête de l'ACIA s'est rendue sur les LC le jour même pour mener une enquête épidémiologique et prélever des échantillons qu'elle a envoyés au laboratoire national de référence, le Centre national des maladies animales exotiques (CNMAE) à Winnipeg au Manitoba. Dans ce contexte, on a suivi les protocoles et les procédures qui figurent dans le Plan spécifiquement lié aux risques concernant l'influenza aviaire à déclaration obligatoire et dans la méthode d'enquête en cas de soupçons d'influenza aviaire à déclaration obligatoire.

Les échantillons envoyés au laboratoire provincial ont également été acheminés au CNMAE pour subir des tests de confirmation. Des analyses génétiques auxiliaires ont par la suite montré qu'il s'agissait du sous-type H5N2 de faible pathogénicité.

Description du virus

Les séquences génétiques complètes de deux isolats du virus ont été décodées. Elles étaient essentiellement identiques. Les huit segments génétiques étaient identiques à 99 % aux virus de l'influenza aviaire qui avaient été isolés au cours des 10 dernières années chez des oiseaux aquatiques en liberté au Canada et aux États­Unis. La souche la plus étroitement apparentée en ce qui concerne le segment H5 était la souche A/mallard/Ontario/499/2005 (H5N1), qui est un virus de l'influenza aviaire faiblement pathogène de lignée nord-américaine ayant été isolé durant l'enquête de 2005 sur le virus de l'influenza chez des oiseaux sauvages. La souche la plus étroitement apparentée en ce qui concerne le segment N2 était la souche A/mallard/Minnesota/464334/2006 (H5N2). Ces résultats appuient l'hypothèse selon laquelle le virus responsable de cette éclosion aurait été transmis par des oiseaux sauvages.

Le lieu contaminé 1 (LC1) était l'une des huit exploitations de dindons de reproduction qui fournissait ses œufs d'incubation de dindons à un seul couvoir de dindons dans la province. Le couvoir est situé à environ 26 km au nord des lieux contaminés. Les deux installations ont été mises en quarantaine pour que l'entrée et la sortie des volailles et des produits connexes puissent être limitées.

2.1. Gestion des lieux contaminés

Les lieux contaminés 1 (LC1) étaient une exploitation de dindons de reproduction qui fournissait 30 000 œufs par semaine au couvoir (qui faisait partie d'un système de reproduction de dindons). Les lieux abritaient un bâtiment d'élevage de sujets de remplacement (poulailler 1), qui était vide au moment de l'éclosion; un bâtiment d'élevage de dindons lourds (poulailler 2), où se trouvaient environ 600 dindons lourds (mâles); deux bâtiments d'élevage de dindes (poulaillers 3 et 4) contenant chacun environ 3 800 oiseaux au moment de l'enquête. Le 23 novembre 2010, tous les oiseaux sur les lieux étaient âgés de 44 semaines. La carte du site est présentée à la figure 2.

L'exploitation était un système fermé de production; toutefois, des oiseaux de réforme des poulaillers de production étaient périodiquement envoyés à l'abattage. Le dernier chargement d'oiseaux de réforme avait été expédié dans un établissement d'abattage sous agrément fédéral le 19 octobre 2010.

Les œufs étaient désinfectés sur place et transportés au couvoir.

Une conduite municipale d'eau potable qui faisait l'objet de régimes de traitement et de protocoles réguliers d'analyse établis par le gouvernement du Manitoba alimentait l'exploitation.

Les oiseaux morts étaient éliminés par incinération et par enfouissement sur place.

Figure 2 : IADO-2010-Man.-01 Carte des lieux contaminés

Figure 2. NAI-2010-MB-01 Carte des lieux contaminés. Description ci-dessous.
Description de Figure 2 - Carte des lieux contaminés

La carte du site indique les lieux contaminés, ce qui comprend :

  • Un bâtiment d'élevage vide ayant déjà servi de poulailler pour les sujets de remplacement
  • Un bâtiment d'élevage de dindons lourds, ayant hébergé 600 oiseaux
  • Deux bâtiments d'élevage de dindes, contenant 3 800 oiseaux chacun
  • Cinq contenants d'aliments pour volaille
  • Une remise à machinerie
  • Un hangar à foin
  • Une génératrice
  • Une maison
  • Une conduite d'eau potable et trois conduites d'eau
  • Un puits, qui est hors service depuis les 18 derniers mois
  • Une voie d'accès

Biosécurité

Des douches étaient installées à l'entrée et à la sortie à l'intention de tous les employés, y compris l'équipe d'insémination. Ceux-ci devaient porter des vêtements et des chaussures réservés uniquement au travail dans les poulaillers. En fait, des chaussures étaient réservées pour chacun des poulaillers.

Camion du couvoir

Le ramassage régulier des œufs avait lieu les lundis, mercredis et vendredis. On utilisait un camion du couvoir réservé uniquement à cette fin. Le conducteur appliquait les procédures de biosécurité établies par le couvoir. Le camion était lavé après chaque livraison d'œufs au couvoir. Les treillis utilisés pour le transport au couvoir étaient réservés au transport des œufs de l'exploitation et étaient lavés et désinfectés dans une zone désignée du couvoir avant d'être retournés à l'exploitation.

Équipe d'insémination artificielle

L'équipe d'insémination artificielle se rendait sur les lieux deux jours consécutifs une fois par semaine. Les membres de l'équipe appliquaient le protocole écrit de biosécurité. Du matériel de collecte de semence et d'insémination était réservé à cette exploitation.

2.2. Emplacement des lieux

Le LC1 est situé environ 10 km au nord de Winnipeg. À l'exception du troupeau de dindons, aucun autre troupeau commercial ne se trouvait sur les lieux. L'exploitation commerciale de volaille la plus près, LLEI-2, était à environ 3,4 km. Il n'y avait aucune autre exploitation commerciale d'espèces vulnérables dans un rayon de 10 km du LC1.

2.3. Emplacement géographique et oiseaux sauvages

Le LC est situé sur la voie migratoire du Mississippi (figure 3), près d'un marais qui constitue l'un des principaux arrêts le long de la voie migratoire pour de nombreux canards, oies et oiseaux de rivage. Le propriétaire a observé des bernaches du Canada autour du LC qui se sont nourries de grains jusqu'à l'arrivée de la neige le 10 novembre 2010.

Figure 3. La voie migratoire du Mississippi ( Texas Parks and Wildlife Department  : http://www.tpwd.state.tx.us/huntwild/wild/birding/
migration/flyways/mississippi/. Le point rouge représente l'emplacement de Winnipeg (Manitoba).

Figure 3. La voie migratoire du Mississippi (Texas Parks and Wildlife Department). Description ci-dessous.
Description de Figure 3 - La voie migratoire du Mississippi (Texas Parks and Wildlife Department)

Cette carte montre la voie migratoire du sud au nord du Mississippi en Amérique du Nord. Winnipeg se trouve sur cette route.

La voie migratoire, en général, suit le fleuve Mississippi aux États-Unis et le fleuve Mackenzie au Canada. Les points finaux sont le Centre-Nord du Canada et la région entourant le golfe du Mexique.

3. Enquête épidémiologique

Conformément au Plan spécifiquement lié aux risques concernant l'IADO de l'ACIA et au Code sanitaire pour les animaux terrestres (2010) de l'OIE, on a retracé les déplacements de toute la volaille, de toutes les choses et de tous les produits de volaille exposés à de la volaille ou à des produits de volaille associés au LC pendant la période de 21 jours précédant l'apparition des signes cliniques de l'influenza aviaire.

3.1 Retraçage

Les lieux qui ont des liens épidémiologiques avec le LC en raison de contacts directs ou indirects ont été appelés LLE. Les LLE ont été numérotés en fonction du LC auquel ils étaient liés et de l'ordre chronologique dans lequel le lien a été déterminé. Ainsi, le LLE1-1 désigne le premier lieu pour lequel on a établi un lieu épidémiologique au premier lieu contaminé (dans le cas de cette éclosion, le couvoir). Seul un LC a été détecté pour cette éclosion et tous les LLE ont donc été désignés LLE1-no.

3.1.1. Période décisive

La période décisive est la période écoulée depuis la date estimée de l'introduction du virus ou le début de la période maximale d'incubation (telle que déterminée par l'OIE) jusqu'aux premières manifestations des signes cliniques. On établit normalement les limites de la période décisive sur le terrain en déterminant quand les premiers signes cliniques ont été détectés dans le troupeau et en remontant à la période considérée comme étant la période maximale d'incubation. Il peut être difficile de déterminer le moment où les signes cliniques sont apparus dans le cas des souches d'influenza aviaire faiblement pathogènes. Cette difficulté se présente surtout lorsque le virus est mal adapté à la volaille, car les symptômes respiratoires pourraient être absents. On a analysé les registres de production des œufs afin de déterminer le moment où la baisse de la production a atteint un seuil significatif du point de vue statistique. On a établi qu'il s'agissait du 7 novembre 2010, ce qui signifie que la date la plus lointaine à laquelle le virus a pu être introduit est le 17 octobre 2010.

3.1.2. Contacts directs

Les contacts directs ont été définis comme étant l'entrée (retraçage en amont) de la volaille dans le LC ou sa sortie du LC (retraçage en aval).

Pendant la période décisive déterminée, un seul chargement de volaille est sorti du LC. Il s'agissait d'oiseaux de réforme envoyés à l'abattoir le 19 octobre 2010. On a fait enquête sur ce chargement et établi qu'il ne présentait aucun risque de propagation de l'agent infectieux à d'autres exploitations de volaille. Aucun chargement de volaille n'est entré sur les lieux pendant la période décisive concernée.

3.1.3 Contacts indirects

Les contacts indirects ont été définis comme étant des contacts avec des vecteurs actifs ou passifs capables de porter l'agent infectieux de manière à ce que la transmission à des animaux sensibles puisse se produire.

On a entrepris l'évaluation qualitative des risques de transmission par contact indirect. Tous les lieux considérés comme présentant un risque potentiel ont été mis en quarantaine et ont fait l'objet d'analyses de surveillance.

Couvoir

Les œufs d'incubation ont été retirés de l'exploitation et expédiés au couvoir trois fois par semaine. Les œufs ont été désinfectés avant de quitter l'exploitation et le camionneur a appliqué les mesures de biosécurité établies par le couvoir. Les contacts avec le LC ont été jugés négligeables. On a mis le couvoir en quarantaine le 24 novembre 2010 afin de limiter les déplacements des dindonneaux jusqu'à ce qu'une évaluation plus précise du niveau de risque puisse être menée à bien. Aucun dindonneau n'a quitté le couvoir après la détection de l'infection et tous les dindonneaux en transit ont été rappelés. Le couvoir a été désigné sous le nom de LLE1-1.

Le couvoir était reconnu par l'ACIA comme un établissement HACCP (analyse des risques et maîtrise des points critiques) et son dernier audit par un inspecteur vétérinaire de l'Agence remonte au 20 novembre 2010. L'air n'y circule que dans une seule direction, soit des incubateurs aux couvoirs, puis vers les autres aires des installations. L'eau est traitée par rayons ultraviolets, chloration et osmose inverse. Tout l'équipement était propre et en excellent état.

Le couvoir gardait un registre dans lequel tous les visiteurs devaient déclarer n'avoir eu aucun contact avec des oiseaux sauvages ou domestiques, des porcs ou des installations de transformation dans les 72 heures avant leur entrée dans le couvoir. Les visiteurs devaient passer par les douches avant d'entrer dans le couvoir et porter les vêtements et les chaussures qui leur étaient remis.

Les œufs étaient recueillis dans les troupeaux de reproducteurs et transportés dans des véhicules réservés à cette fin. Ces véhicules étaient lavés et désinfectés à la fin de chaque journée d'utilisation et gardés sur place au couvoir. Le conducteur n'a pas pénétré dans les poulaillers hébergeant le troupeau source.

Tous les œufs étaient lavés et aseptisés à l'exploitation. Le couvoir n'acceptait aucun œuf ramassé sur le sol ou sale. Les œufs étaient placés sur des plateaux propres gardés sur des treillis qui étaient chargés dans les camions transportant les œufs du couvoir. Les treillis de l'exploitation étaient déchargés du camion dans la salle de réception des œufs du couvoir et ils étaient étiquetés à l'aide d'un autocollant indiquant qu'il s'agissait de treillis de l'exploitation. Les plateaux étaient transférés des treillis de l'exploitation à ceux de l'incubateur avant qu'ils soient acheminés dans d'autres zones du couvoir. Les treillis de l'exploitation étaient lavés sous pression et désinfectés avant d'être renvoyés dans les exploitations. Ceux-ci n'ont jamais pénétré du côté des installations du couvoir où se déroulaient des travaux exempts de contamination.

Il était possible de retracer les œufs partout dans le couvoir en utilisant un identificateur unique indiquant le troupeau d'origine et la date de ponte.

Des œufs provenant du LC et des lieux assujettis à des restrictions en raison de leur lien épidémiologique avec le LC étaient présents dans le couvoir. Il a été décidé de détruire tous les œufs dans le couvoir, de nettoyer et de désinfecter le couvoir et de recommencer le processus d'incubation avec des œufs provenant uniquement d'exploitations de reproduction n'ayant aucun lien avec l'éclosion. Les œufs et les poussins fraîchement éclos ont été détruits sur place sous la supervision de l'ACIA à l'aide d'un macérateur, puis ils ont été éliminés le 4 décembre 2010 dans une décharge approuvée par le gouvernement provincial. L'ACIA a approuvé le nettoyage et la désinfection du couvoir et la quarantaine a été levée le 23 décembre 2010.

Vétérinaire du secteur privé

Le 18 novembre 2010, l'exploitant des LC a demandé à un vétérinaire du secteur privé de lui rendre visite après avoir remarqué une baisse de la production d'œufs. Au moment de sa visite, le vétérinaire a examiné certaines carcasses d'oiseaux. Il est revenu à l'exploitation le 19 novembre pour faire des autopsies et prélever des échantillons.

Après avoir visité les LC, le vétérinaire s'est rendu dans une exploitation d'élevage de dindons. Il a appliqué les procédures de biosécurité standard avant d'entrer dans le poulailler et n'a visité aucune autre exploitation avicole dans les trois jours suivant sa visite.

Le contact avec l'exploitation d'élevage de dindons a toutefois été jugé révélateur. Par conséquent, les lieux ont été mis en quarantaine le 24 novembre 2010 et des tests de surveillance ont été effectués. Les lieux ont été désignés sous le nom LLE1-2.

Équipe d'insémination artificielle

Une équipe d'insémination artificielle a eu des contacts à plusieurs reprises avec les LC pendant la période décisive, notamment le 23 novembre 2010. L'équipe a visité en tout trois exploitations d'élevage de reproducteurs et deux dindonnières. Chaque système de production était fermé et chaque troupeau de reproduction utilisait une dindonnière qui lui était expressément réservée. Il n'y a eu aucune utilisation de poulaillers de l'extérieur ni aucune utilisation commune de dindonnières, et aucune autre dindonnière n'a été utilisée. Les trois troupeaux de reproduction ont fourni des œufs d'incubation au même couvoir (LLE1-1).

Le couvoir a établi le calendrier des visites d'insémination et de vaccination. L'équipe a visité le troupeau de reproduction deux jours consécutifs par semaine. Tous les lieux appliquaient un protocole relatif aux douches à l'entrée et à la sortie, et l'accès était contrôlé. Tout l'équipement utilisé pour la collecte de la semence et l'insémination était réservé à chaque installation. C'est le couvoir qui fournissait le véhicule de transport de l'équipe et ce véhicule était lavé avant chaque visite à l'exploitation.

On a jugé que les contacts que l'équipe d'insémination a eus avec les LC et les autres exploitations de reproduction étaient non négligeables. Ces lieux ont été appelés LLE1-3 et LLE1-4. Ils ont été respectivement mis en quarantaine les 25 et 29 novembre et des tests de surveillance ont été effectués.

Sommaire

L'enquête a permis de déterminer que huit lieux distincts avaient eu des contacts indirects avec les LC pendant la période décisive. En tout, quatre de ces lieux ont nécessité des analyses de suivi à la lumière de l'évaluation des risques associés aux contacts.

Figure 4. Lieux ayant un lien épidémiologique

Figure 4. Lieux ayant un lien épidémiologique. Description ci-dessous.
Description de Figure 4 - Lieux ayant un lien épidémiologique

Ce diagramme indique comment les lieux ayant un lien épidémiologique (LLE) ont été liés aux lieux contaminés (un élevage de dindons de reproduction appelé LC1).

LC1 et LLE1-1, LLE1-2, LLE1-3 et LLE1-4 ont été mis en quarantaine.

LLE1-1 est un couvoir qui avait un lien épidémiologique avec LC1 par des œufs infectés.

LLE1-2 est un élevage de dindons qui avait un lien épidémiologique avec LC1 par une visite d'un vétérinaire privé.

LLE1-3 est un élevage de dindons de reproduction qui avait un lien épidémiologique avec LC1 par une visite de l'équipe d'insémination.

LLE1-4 est un élevage de dindons de reproduction qui avait un lien épidémiologique avec LC1 par une visite de l'équipe d'insémination.

LLE1-5 est une dindonnière qui avait un lien épidémiologique avec LC1 par une visite de l'équipe d'insémination et avec LLE 1-4 par des oiseaux infectés.

LLE1-6, LLE1-7 et LLE1-8 sont des élevages de dindons de reproduction qui n'ont pas été mis en quarantaine mais qui avaient un lien épidémiologique avec LC1 par une visite d'un représentant de l'industrie.

Figure 5. Emplacement des lieux ayant un lien épidémiologique avec les lieux contaminés

Figure 5. Emplacement des lieux ayant un lien épidémiologique avec les lieux contaminés. Description ci-dessous.
Description de Figure 5 - Emplacement des lieux ayant un lien épidémiologique avec les lieux contaminés

Ce diagramme montre l'endroit des lieux ayant un lien épidémiologique (LLE) avec les lieux contaminés (LC1).

LLE1-2a, un élevage de dindons lié au LC1 par une visite de vétérinaire, et LLE1-2b, un élevage de pondeuses identifié dans le retraçage en aval se trouve à l'intérieur d'un rayon de 10 kilomètres du LC1.

Les lieux suivants se trouvent à l'extérieur d'un rayon de 25 kilomètres du LC1:

  • LLE1-1, un couvoir lié au LC1 par des œufs infectés
  • LLE1-3, un élevage de dindons de reproduction lié au LC1 par une visite de l'équipe d'insémination
  • LLE1-4, un élevage de dindons de reproduction lié au LC1 par une visite de l'équipe d'insémination

3.2. Surveillance

Il n'y avait aucune autre exploitation avicole commerciale dans un rayon de trois kilomètres des LC. En outre, trois LLE ont été retracés et ont fait l'objet de tests de surveillance. La quatrième exploitation ayant un lien épidémiologique avec les LC, soit le couvoir, n'a pas été visée par les tests de surveillance.

On a fixé la date de la fin des épreuves de surveillance des LLE en ajoutant 21 jours à la dernière date à laquelle un contact aurait pu se solder par la propagation du virus des lieux contaminés aux LLE en question. La période de 21 jours représente la période maximale d'incubation de l'IADO précisée dans le Code sanitaire pour les animaux terrestres (2010) de l'OIE.

Surveillance de base

Lorsqu'ils ont été mis en évidence, les lieux ayant des liens avec les LC ont été assujettis à un échantillonnage statistiquement valide pour la détection d'anticorps et du virus. Le prélèvement des échantillons s'est fait au moment où on a délivré des documents se rapportant aux restrictions des déplacements pour ces lieux. Voici les échantillons qui ont été prélevés :

  1. écouvillons oropharyngiens et cloacaux de 60 oiseaux de chaque poulailler. Ces échantillons ont été analysés par la méthode RT-PCR;
  2. des échantillons de sérum de 20 oiseaux de chaque poulailler. Ces échantillons ont été analysés par la méthode c-ELISA.

Sommaire des résultats

Une surveillance de base a été menée dans les LLE1-2, LLE1-3 et LLE1-4. Les épreuves de dépistage de l'IADO ont donné des résultats négatifs pour tous ces lieux.

3.2.1 Tests préalables aux déplacements

Une surveillance préalable aux déplacements a permis de garantir que la volaille et les produits de volaille autorisés à être transportés à l'extérieur d'exploitations en quarantaine (ex. vers un abattoir) avaient donné des résultats négatifs aux épreuves de dépistage de l'IADO. Les échantillons comprenaient des écouvillons oropharyngiens et cloacaux prélevés chez 60 oiseaux de chaque poulailler qui expédiait de la volaille ou des produits de volaille, et chez 20 oiseaux de chacun des autres poulaillers sur les lieux. Ces échantillons ont été prélevés dans les 72 heures précédant le transport hors des installations et ont été analysés par la méthode RT-PCR.

Sommaire des résultats
Les tests préalables aux déplacements ont été réalisés sur les échantillons prélevés dans les LLE1-2 (échantillonnage le 5 décembre 2010) et LLE1-3 (échantillonnage le 29 novembre, et les 2 et 6 décembre). Toutes les épreuves de dépistage de l'IADO se sont révélées négatives. Aucun test préalable aux déplacements n'a été effectué dans le LLE1-4, car aucune volaille ni aucun produit de volaille n'ont été transportés pendant la période où les lieux étaient en quarantaine

3.2.2. Tests en vue de la levée de la quarantaine

Avant la levée de la quarantaine, on a aussi effectué des tests de surveillance pour s'assurer de l'absence d'IADO sur les lieux. La série d'échantillons était composée d'écouvillons oropharyngiens et cloacaux prélevés chez 60 oiseaux de chaque poulailler et analysés par la méthode RT-PCR.

Sommaire des résultats
Des tests en vue de la levée de la quarantaine ont été effectués dans les LLE1-2 (échantillonnage le 7 décembre), LLE1-3 (échantillonnage le 9 décembre) et LLE1-4 (échantillonnage le 7 décembre). Les épreuves de dépistage de l'IADO se sont toutes révélées négatives.

Tableau 1. Sommaire des tests réalisés dans les LLE
Lieu Type de test Date de l'échantillonnage Résultats
LLE1-2 De base24 novembre 2010Négatifs
LLE1-2 Préalable aux déplacements5 décembre 2010Négatifs
LLE1-2 Levée de la quarantaine7 décembre 2010Négatifs
LLE1-3 De base25 novembre 2010Négatifs
LLE1-3 Préalable aux déplacements29 novembre 2010Négatifs
LLE1-3 Préalable aux déplacements2 décembre 2010Négatifs
LLE1-3 Préalable aux déplacements6 décembre 2010Négatifs
LLE1-3 Levée de la quarantaine9 décembre 2010Négatifs
LLE1-4 De base29 novembre 2010Négatifs
LLE1-4 Levée de la quarantaine7 décembre 2010Négatifs

4. Mesures de lutte contre la maladie

4.1. Restriction des déplacements

Les LC et tous les LLE considérés comme présentant un risque de propagation de la maladie ont fait l'objet de restrictions des déplacements.

Le transport de volailles, de produits et de sous-produits de volaille ou de toutes choses utilisées pour la volaille (matériel agricole, véhicules de transport, aliments, sciure de bois et autres) nécessitait un permis délivré par l'ACIA. Conformément au Plan spécifiquement lié aux risques concernant l'IADO, des tests préalables aux déplacements et un système de délivrance de permis ont été mis en œuvre pour les oiseaux transportés à l'abattoir et pour les œufs d'incubation transportés dans les couvoirs. Les permis n'ont été délivrés qu'après la réception des résultats négatifs aux tests de surveillance officiels. Les restrictions frappant tous les LLE sont demeurées en vigueur jusqu'à ce que l'on ait démontré que la volaille présente sur les lieux était exempte de l'IADO.

Tableau 2 : Sommaire des mises en quarantaine
Lieu Date de la mise en quarantaine DATE DE LA LEVÉE DE LA QUARANTAINE JUSTIFICATION DES MESURES PRISES TYPE DE PRODUCTION
LC1 23 novembre 201022 février 2011Lieux contaminésÉlevage de dindons de reproduction
LLE1-1 24 novembre 201023 décembre 2010Contact indirectDindonnière
LLE1-2 24 novembre 201012 décembre 2010Contact indirectÉlevage de dindons/œufs de consommation
LLE1-3 25 novembre 201012 décembre 2010Contact indirectÉlevage de dindons de reproduction
LLE1-4 29 novembre 20108 décembre 2010Contact indirectÉlevage de dindons de reproduction

4.2. Destruction

Une ordonnance de destruction de tous les dindons présents sur les LC a été délivrée le 24 novembre 2010. Ceux-ci ont été détruits sans cruauté le 28 novembre par injection de dioxyde de carbone (CO2) dans le poulailler. Des représentants d'organismes responsables du bien­être des animaux au Manitoba ont examiné et approuvé les protocoles utilisés.

4.3. Élimination

L'ACIA a procédé au compostage des carcasses de volaille sur place. La première étape du compostage équivalait à un traitement thermique biologique dans le poulailler. Le protocole utilisé par l'ACIA nécessitait le maintien de températures supérieures ou égales à 37 oC pendant six jours consécutifs. Les spécialistes de l'élimination de l'ACIA ont noté quotidiennement les températures à divers endroits dans le tas de compost. Le traitement thermique biologique a pris fin le 14 décembre 2010 et le tas de compost a été alors retiré du poulailler. Ces matières ont alors été transportées à une décharge approuvée par le gouvernement provincial et cette étape a pris fin le 16 décembre 2010.

4.4. Nettoyage et désinfection des installations et de l'équipement

Les opérations de nettoyage et de désinfection doivent respecter les normes établies et approuvées par l'ACIA. Le personnel de l'ACIA réalise une série d'inspections afin de vérifier et d'étayer le respect des méthodes approuvées. Le protocole de nettoyage et de désinfection a été appliqué à toutes les zones et à tout le matériel potentiellement contaminés par le virus de l'IADO.

Le nettoyage et la désinfection des structures matérielles sur les LC ont été amorcés après le retrait des tas de compost du poulailler, le 14 décembre 2010. Les opérations de nettoyage et de désinfection se sont terminées le 1er février 2011. Conformément aux lignes directrices énoncées dans le Code sanitaire pour les animaux terrestres (2010) de l'OIE, la déclaration de l'absence d'IADO par suite d'une éclosion a été faite trois mois après l'approbation du nettoyage et de la désinfection des LC.

5.0. Surveillance postéclosion

À la suite du nettoyage et de la désinfection des LC, la surveillance dans le cadre du SCSIADO (voir la section 7) a été accrue au Manitoba (surveillance postéclosion). Le plan d'échantillonnage du SCSIADO au Manitoba a été modifié de manière à inclure la surveillance de l'IADO dans les troupeaux commerciaux de poulets et de dindons, les troupeaux d'approvisionnement des couvoirs et les troupeaux de pondeuses d'œufs de consommation (avant la réforme). Cette méthode d'échantillonnage a été appliquée durant les trois mois suivant la date d'approbation du nettoyage et de la désinfection des LC par l'ACIA (le 1er février 2011). Cette méthode de surveillance reposait sur les données scientifiques et les modifications des lignes directrices de l'OIE (article 10.4.3) en vue de la reprise du commerce. On a eu recours à une combinaison d'échantillonnages aléatoires et ciblés, de même qu'au SCSIADO. Des vétérinaires du secteur privé et du personnel de l'ACIA ont participé à la collecte d'échantillons sanguins et toutes les analyses diagnostiques ont été réalisées au CNMAE. Conformément au protocole du SCSIADO, tous les échantillons ont subi des épreuves c-ELISA, et une trousse complète d'épreuves d'inhibition de l'hémagglutinine (IHA) a été utilisée pour les épreuves de confirmation. En tout, 87 exploitations avicoles commerciales ont fait l'objet d'épreuves de dépistage de l'IADO pendant cette période dans la province du Manitoba et tous les échantillons se sont révélés négatifs.

6. Hypothèse relative à la source et à la transmission de la maladie

Le virus de l'influenza peut être transmis directement d'un oiseau à un autre par les sécrétions et les fèces et indirectement par le transport sur des humains, des aliments contaminés, des vecteurs passifs, de l'eau ou de l'équipement. Le virus a pu être introduit dans les LC de l'une des deux façons suivantes :

  1. le transport direct ou indirect du virus à partir d'un lieu d'origine de la volaille;
  2. l'exposition au virus dans le milieu naturel par contact direct ou indirect avec des oiseaux sauvages.

L'enquête sur cette éclosion n'a pas révélé de lieux en amont qui auraient pu être la source du virus de l'IADO détecté dans les LC. Tous les lieux désignés durant les enquêtes de retraçage en amont ont fait l'objet d'une surveillance épidémiologique valide pour l'IADO et les résultats se sont révélés négatifs dans tous les cas.

On a évalué la possibilité que des aliments ou de l'eau aient été des sources potentielles du virus de l'IADO. L'établissement de fabrication des aliments du bétail a été inspecté, et ses procédés et méthodes écrites ont été passés en revue. Aucune possibilité de contamination lors du mélange des ingrédients n'a été observée. L'exploitation avicole contaminée utilisait de l'eau provenant du réseau municipal qui fait l'objet d'une chloration et d'une surveillance régulière par le gouvernement du Manitoba. Le traitement au chlore aurait éliminé toute possibilité de contamination de l'eau. La contamination des aliments ou de l'eau ne semblait donc pas être la source du virus de l'IADO détecté sur les LC.

Même si l'on appliquait des mesures de biosécurité adéquates à l'entrée du personnel travaillant dans les poulaillers, il se peut que l'ouverture des grandes portes pendant des périodes de temps plus ou moins longues pour transférer le foin servant de litière dans les poulaillers ait permis l'entrée d'oiseaux sauvages. On a également remarqué que le dessus des balles de foin était couvert de matières fécales provenant d'oiseaux sauvages. Ces deux situations ont pu permettre le contact avec le virus de l'IADO provenant de la population d'oiseaux sauvages.

On sait que les oiseaux sauvages servent de réservoir au virus de l'influenza aviaire et qu'ils peuvent être la source initiale d'infection des oiseaux domestiques par contact direct ou indirect en raison de la contamination des aliments ou de l'eau ou des deux. La proximité du marais Oak Hammock, un arrêt migratoire et une aire de reproduction de la sauvagine et des oiseaux de rivage, a pu accroître le risque d'exposition aux virus de l'influenza A de type sauvage provenant de cette population d'oiseaux sauvages de passage.

Depuis 2005, le Centre canadien coopératif de la santé de la faune a coordonné la surveillance nationale plurilatérale du virus de l'influenza aviaire chez les oiseaux sauvages à l'échelle du Canada. Les résultats préliminaires de l'étude de 2010 montrent qu'un certain nombre d'échantillons prélevés au Manitoba se sont révélés positifs aux épreuves PCR avec matrice pour le dépistage de virus de l'influenza A. Certains de ces échantillons ont eu une réaction positive aux épreuves RT-PCR pour le dépistage des souches H5 ou H7.

Les données de séquençage portent à croire que le virus a été introduit récemment à partir du réservoir d'oiseaux sauvages. En ce qui concerne l'adaptation à volaille, les adaptations précédemment documentées, comme les délétions au niveau de la tige de neuraminidase, n'ont pas été observées. Un certain nombre d'études ont cependant montré que les dindons étaient plus sensibles aux virus de l'influenza aviaire provenant du réservoir d'oiseaux sauvages.

Les échantillons de sérum prélevés dans le poulailler 3 (poules) le 23 novembre ont tous donné des résultats positifs pour H3, mais des résultats négatifs pour H5 et H7. Les échantillons de sérum prélevés dans le poulailler 4 (poules) le 23 novembre ont tous donné des résultats positifs pour H3, et 13 échantillons sur 30 ont donné des résultats positifs pour H5. Tous les échantillons du poulailler 4 étaient négatifs pour H7. Des échantillons représentatifs prélevés le 28 novembre (avant l'abattage) dans les deux poulaillers de poules ont donné une réaction positive au dépistage des anticorps dirigés contre H5, alors que les deux cinquièmes des échantillons prélevés dans le poulailler des dindons lourds ont donné une réaction positive. Ces données donnent à penser que le virus s'est propagé rapidement du poulailler 4 au poulailler 3 et au poulailler 2, la séroconversion s'étant faite dans les cinq jours écoulés entre l'échantillonnage initial par l'ACIA le 23 novembre et l'échantillonnage précédant l'abattage le 28 novembre.

7. Structure de l'intervention

7.1. Rôle de l'ACIA

L'ACIA est l'organisme principalement responsable des interventions lors d'introductions de maladies animales déclarables comme l'IADO. D'autres organismes fédéraux offrent un soutien au besoin.

7.1.1 Plans spécifiquement liés aux risques

L'ACIA a élaboré des stratégies d'intervention en cas de présence potentielle de maladies exotiques à déclaration obligatoire. Le Plan spécifiquement lié aux risques concernant l'IADO fait partie du plan global d'intervention en cas d'introduction de l'IADO. Il comporte des renseignements généraux sur la maladie elle-même et énonce les principes applicables à la lutte contre la maladie et à son éradication, à la désinfection des LC et à la surveillance.

7.1.2. Plan fonctionnel pour la santé animale

L'organisation de l'intervention d'urgence et les procédures d'application détaillées des plans d'urgence sont énoncées dans le Manuel de l'ACIA sur les urgences et le Plan fonctionnel pour la santé animale de l'ACIA. L'ACIA utilise le Système de commandement des interventions (SCI) pour gérer les interventions lors d'une éclosion. Dans le cas présent, les activités d'un centre des opérations d'urgence ont été déclenchées à Winnipeg, le bureau du Centre opérationnel de l'Ouest à Calgary et l'Administration centrale nationale à Ottawa offrant un soutien logistique et stratégique.

7.1.3. Système canadien de surveillance de l'influenza aviaire à déclaration obligatoire (SCSIADO)

Le SCSIADO est une initiative conjointe du gouvernement, de l'industrie et des agriculteurs canadiens visant à prévenir l'introduction de l'influenza aviaire hautement pathogène et des sous-types faiblement pathogènes H5 et H7 de l'IADO dans les troupeaux canadiens de volaille domestique ainsi qu'à détecter ces virus et/ou à démontrer leur absence. Le SCSIADO a été conçu de manière à ce qu'il soit conforme aux lignes directrices de l'OIE sur l'IADO.

Le SCSIADO offre une surveillance continue de l'IADO dans la population commerciale de volaille au Canada. Durant une éclosion, le SCSIADO offre une surveillance des zones et des lieux non touchés par l'éclosion. Le SCSIADO a été appliqué sans interruption au Manitoba et dans le reste du Canada pendant l'éclosion et aucun IADO n'a été détecté.

7.2. Rôle des administrations provinciales et municipales

Les gouvernements provinciaux du Canada ont tous conclu une entente avec l'ACIA selon laquelle ils appuient les activités entreprises pour lutter contre l'introduction d'une maladie animale exotique. Les dispositions propres à chacune de ces ententes sont consignées dans le plan de soutien des urgences en cas de maladie animale exotique de chaque gouvernement. Les provinces jouent un rôle clé dans l'établissement et le maintien des bonnes relations de travail avec les administrations municipales et les associations sectorielles.

Pendant l'éclosion, en plus d'offrir une infrastructure matérielle, les employés du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Initiatives rurales du Manitoba (MAAIRM) ont été intégrés au centre des opérations d'urgence. Ce groupe a offert un soutien pour la cartographie du Système d'information géographique et pour l'épidémiologie vétérinaire dans le cadre de l'intervention de l'ACIA. Nous remercions très sincèrement le MAAIRM du soutien et de la collaboration qu'il nous a offerts lors de cette intervention d'urgence.

Annexe I : Liste des abréviations

ACIA
Agence canadienne d'inspection des aliments
CCCSF
Centre canadien coopératif de la santé de la faune
c-ELISA
épreuves de dosage immuno-enzymatique par compétition
CNMAE
Centre national des maladies animales exotiques
CO2
Dioxyde de carbone
HACCP
Analyse des risques et maîtrise des points critiques (HACCP)
IADO
Influenza aviaire à déclaration obligatoire
IHA
Inhibition de l'hémagglutinine
LC
Lieux contaminés
LLE
Lieux ayant un lien épidémiologique
LSDV
Laboratoire des services diagnostiques vétérinaires du Manitoba
MAAIRM
Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Initiatives rurales du Manitoba
Man.
Manitoba
N
Neuraminidase
OIE
Organisation mondiale de la santé animale
PCR
Réaction en chaîne de la polymérase
RT
Transcriptase inverse
SCI
Système de commandement des interventions
SCSIADO
Système canadien de surveillance de l'influenza aviaire à déclaration obligatoire
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