Norme nationale de biosécurité à la ferme pour le secteur de l'élevage du vison - Guide du producteur
Section 1 : Gestion de l'accès à la ferme

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La littérature portant sur les maladies précise que le déplacement de personnes, d'espèces sauvages, d'animaux domestiques ainsi que d'autres vecteurs de maladies, en plus de l'équipement et des véhicules, est un important facteur d'introduction d'agents pathogènes microbiens sur les lieux d'un établissement ou dans un hangar. De nombreuses maladies, notamment la maladie aléoutienne, l'entérite virale du vison, la maladie de Carré (« distemper »), la dermatomycose, et d'autres maladies sont introduites dans les fermes par des vecteurs de maladies. Le contrôle de l'accès au site et aux zones où les visons se trouvent est un important principe de biosécurité.

1.1 Zones de biosécurité – protection contre l'introduction de maladies

1.1.1 Résultat visé

Des zones de biosécurité et des points d'accès contrôlé sont mis en place pour contrôler l'accès à l'établissement, aux hangars et aux autres zones critiques d'élevage.

Les zones de biosécurité permettent de séparer les zones de la ferme et de les protéger des personnes, du matériel, des animaux, des produits et de l'équipement susceptibles de poser des risques pour la santé des visons par la contamination ou l'infection due à des agents pathogènes.

L'établissement et la mise en œuvre de mesures de biosécurité s'appliquant précisément aux zones extérieures et intérieures fait en sorte que de multiples barrières protectrices doivent être franchies avant que des agents pathogènes microbiens aient accès aux zones les plus critiques de l'établissement (là où se trouvent les visons). Ces mesures atténuent aussi les risques de propagation des agents pathogènes à partir des hangars et des zones d'entreposage des animaux morts et du fumier dans le reste de l'établissement et hors de la ferme.

Division de la ferme en trois zones :

1. Établissement des limites du site – l'établissement

Le terme établissement fait référence à l'ensemble de la propriété dans laquelle les visons sont élevés et est interchangeable avec le terme ferme.

2. Établissement d'une zone d'accès contrôlé

La zone d'accès contrôlé (ZAC) englobe le terrain et les bâtiments constituant la zone d'élevage de visons d'un établissement donné, qui sont entourés d'une clôture de sécurité et accessibles uniquement par un PAC (point d'accès contrôlé ) sécurisé. Une ZAC limite l'accès des visiteurs, des véhicules, de l'équipement et des animaux (y compris des animaux sauvages) dans le périmètre de la zone d'élevage des visons. La zone peut comprendre les hangars, l'installation de production d'aliments pour visons, les entrepôts d'aliments et de fournitures et les entrepôts de déchets (fumier, compost et carcasses). La ZAC devrait exclure les résidences personnelles pour limiter l'accès inutile de la famille et des visiteurs. Les portes, les clôtures et les barrières doivent être adéquatement conçues et entretenues. Les hangars clos qui ne sont pas entourés d'une clôture de sécurité peuvent laisser passer des animaux porteurs de maladies susceptibles de s'approcher très près des hangars où se trouvent les visons et de transmettre des maladies par l'air.

3. Installation d'une clôture autour de la zone d'accès contrôlé

L'installation d'une clôture de sécurité entourant la ZAC permet un meilleur contrôle de tout ce qui peut affecter la santé des visons; on préférera donc cette mesure à la pose d'une clôture autour de la zone d'accès restreint (ZAR). S'il n'y a qu'une seule clôture sur les lieux, il est préférable qu'elle soit située autour de la ZAC.

4. Établissement de points d'accès contrôlé

Les points d'accès contrôlé (PAC) régissent l'accès à la ZAC et à la ZAR. Il s'agit de l'entrée unique ou désignée d'une zone précise, qui permet de contrôler les allées et venues et de veiller à ce que l'équipement et les procédures soient en place pour la mise en œuvre des mesures de biosécurité. Le point d'accès à la ZAR peut consister en une seule porte, barrière ou cloison pouvant être barrée ou bloquée pour empêcher l'accès.

5. Établissement d'une zone d'accès restreint

Une ZAR permet de contrôler l'accès aux hangars ou aux zones où se trouvent les visons et devrait inclure l'installation de production d'aliments pour visons. Pour des raisons pratiques, elle peut aussi englober la zone d'écorchage. Le fait d'inclure l'installation de production des aliments pour visons dans la ZAR limite l'accès aux aliments et la contamination éventuelle de ces derniers et de leurs ingrédients. Cette mesure est pratique, en ce sens qu'elle permet de se déplacer librement dans la zone lorsqu'on nourrit les visons. Si l'installation de production d'aliments pour visons se trouve hors de la ZAR, il faut mettre en place des mesures de biosécurité supplémentaires pour se déplacer entre les visons et l'installation de production d'aliments.

Il faut considérer cette zone comme une forteresse où seul le personnel essentiel peut entrer, vêtu de vêtements de biosécurité propres. Une clôture entourant la zone où se trouvent les hangars empêche les visons de s'échapper et les animaux sauvages, les animaux d'élevage ou les personnes d'entrer en contact avec les visons.

Une seule ZAR peut suffire dans les établissements où l'état de santé est le même pour tous les visons. Si possible, utiliser une clôture de sécurité pour isoler la ZAR afin de protéger davantage la santé des visons et d'assurer leur sécurité. Une clôture distincte entourant la ZAR peut être utile, car dans de nombreuses fermes, un nombre considérable d'activités ont lieu dans la ZAC (p. ex., la livraison des aliments, des ingrédients servant à la production d'aliments et des carcasses de visons en vue de l'écorchage).

Les clôtures contribuent à atténuer les risques que les visons s'échappent de la ferme et que des maladies et de nouveaux caractères génétiques soient introduits dans la population sauvage. Les clôtures limitent aussi les risques d'introduction de maladies chez les visons d'élevage par la vermine et les contaminants. L'utilisation de clôtures à mailles de 1,25 po est maintenant commune, et est efficace pour maîtriser les déplacements des visons, mais non pour empêcher l'accès des rongeurs. Il est préférable d'utiliser des clôtures solides, car celles-ci bloquent l'accès aux rongeurs et ne permettent pas à la vermine (notamment aux ratons laveurs) de grimper. Le ratio coûts-avantages des clôtures solides devrait être examiné; pour les éleveurs qui désirent garder leur troupeau exempt de la maladie aléoutienne, il pourrait s'agir d'une option raisonnable.

Il pourrait être nécessaire d'établir de multiples ZAR si les visons sont gardés dans différentes zones de l'établissement, par exemple pour maintenir l'état de santé des femelles et des mâles reproducteurs de valeur une fois que les visonneaux sont sevrés ou pour établir un troupeau exempt de maladie.

Comme les zones d'écorchage peuvent aussi se trouver dans la ZAR, il est important de se souvenir que l'écorchage peut entraîner la contamination du personnel, de l'équipement et de l'environnement par des agents pathogènes infectieux. La mise en place de mesures de biosécurité appropriées contribue à empêcher que des maladies soient transportées vers les animaux reproducteurs et les hangars. L'écorchage est une activité qui comporte de hauts risques, en particulier l'écorchage à façon. L'écorchage doit donc être réalisé loin des installations de production d'aliments pour visons et de l'endroit où sont conservés les ingrédients destinés à la production d'aliments.

Les visons provenant d'autres fermes qui sont introduits dans une ferme aux fins d'écorchage dans la ZAR posent de hauts risques de propagation de maladie. Des mesures de biosécurité rigoureuses à l'intention du personnel doivent être en place concernant les véhicules qui entrent sur le site de la ferme et qui en sortent ainsi que la manutention de ces visons. On doit également s'assurer que les protocoles concernant les déplacements sur les lieux de la ferme et l'assainissement sont respectés pour éviter l'introduction d'agents pathogènes microbiens dans la population de visons de la ferme.

Pour empêcher la transmission d'agents pathogènes microbiens, il faut aussi prendre des précautions et respecter rigoureusement les mesures de biosécurité visant le transport des visons lorsque l'on transporte des visons hors de l'établissement vers des usines aux fins d'écorchage à façon ou de transformation, qui sont également considérées comme des ZAR.

Les installations de production d'aliments pour visons sont aussi considérées comme faisant partie de la ZAR, car de nombreux ingrédients posent des risques biologiques ou chimiques pour la population de visons. Il faut respecter rigoureusement les protocoles relatifs aux ZAR à l'entrée et à la sortie de ces zones.

On doit exclure les visiteurs lorsque c'est approprié. Seuls les visiteurs avec une permission spéciale peuvent entrer. On doit les escorter, leur fournir des vêtements propres de biosécurité, et s'assurer qu'ils désinfectent leurs mains.

La plupart des programmes de biosécurité recommandent qu'il n'y ait qu'une seule entrée vers le hangar principal, munie d'une porte à verrou et d'une sonnette, pour prévenir les risques associés à la venue de visiteurs inattendus.

La figure 1 illustre un exemple qui met en évidence le concept de mise en place de zones de biosécurité (établissement, ZAC et ZAR). D'autres exemples de plans d'établissement et d'approches possibles pour mettre en place des zones de biosécurité concernant les exploitations plus complexes se trouvent à l'annexe C.

Figure 1 Zones de biosécurité (établissement, ZAC et ZAR)
Tableau - Zones de biosécurité. Description ci-dessous.
Description du graphique illustrant les zones de biosécurité pour les locaux de vison, ZAC et à la ZAR

légende :

Marron clair = Zone de transition

Orange clair = Barrière du point d'accès contrôlé

Jaune = Zone d'accès contrôlé (ZAC)

Violet = Porte du point d'accès contrôlé

Panneau d'arrêt rouge = Pas de signalisation d'entrée

Orange foncé = Zone d'accès restreint (ZAR)

Brun foncé = Porte

Les locaux montrent une zone jaune ZAC avec des portes de points d'accès contrôlés à chaque extrémité. La zone ZAC contient une zone orange foncé ZAR avec deux hangars de vison à l'intérieur avec des portes à chaque extrémité et une clôture de sécurité le long de la côte. Un bureau est situé au large tant dans la zone du ZAR et la zone ZAC de stationnement désigné, une ruelle à une extrémité et une allée secondaire à l'autre extrémité.

Le plan donné en exemple (figure 1) comprend trois zones de biosécurité, soit les lieux de l'établissement (hors de la ZAC), la ZAC et la ZAR. Les deux hangars de visons (rectangles gris) au centre de l'image se trouvent dans une ZAR (rectangle rouge à points noirs). Une ZAC (rectangle jaune à hachures noires) entoure la ZAR. Une zone de transition (carré brun) située dans la ZAC est adjacente à la ZAR. Une allée principale mène de la route (du côté gauche de l'image) aux lieux de l'établissement, puis à un stationnement et à un bureau, tous deux situés sur les lieux de l'établissement. Une allée secondaire (du côté droit de l'image) donne sur la sortie de la ZAC. Les principales caractéristiques de ce plan sont les suivantes :

  1. Des points d'accès primaire et secondaire, le point d'accès/allée secondaire étant utilisé pour l'élimination des déchets et la livraison des visons, et le point d'accès principal, pour toutes les autres opérations.
  2. Un stationnement réservé au personnel et aux visiteurs, situé en dehors de la ZAC.
  3. Un bureau où les visiteurs doivent signer pour entrer dans la zone de transition et dans la ZAC.
  4. Une clôture de sécurité entre la ZAC et la ZAR.
  5. Des PAC et des zones de transition respectant les protocoles de biosécurité pour pénétrer dans la ZAC et dans la ZAR.
  6. Des portes munies d'affiches de biosécurité (octogones rouges), utilisées comme barrières pour entrer dans la ZAC et dans la ZAR, et visant à gérer l'accès du personnel et des visiteurs aux PAC.

1.1.2 Résultat visé

Les zones de biosécurité et les PAC sont facilement repérables.

La conformité aux mesures de biosécurité est améliorée lorsque le personnel et les visiteurs peuvent repérer facilement les zones de l'établissement auxquelles ils ont accès ou non et connaissent les mesures nécessaires pour entrer dans les zones de biosécurité.

Pratiques exemplaires suggérées :

  1. Indiquer les zones de biosécurité et les PAC à l'aide d'affiches de signalisation, de clôtures, de bornes, de portes, de barrières.
  2. Rendre clairement visibles les affiches de signalisation pour avertir les visiteurs de demeurer à l'écart et diriger les visiteurs essentiels vers l'entrée appropriée.
  3. Utiliser des obstacles physiques (chaînes, barrières, clôtures) en plus de la signalisation pour délimiter les zones. La signalisation utilisée seule est souvent insuffisante pour décourager les visiteurs, qui ne la remarquent pas, où qui n'y prêtent pas attention. La signalisation est souvent plus efficace lorsqu'elle comporte un message informatif (p. ex., protocole de biosécurité) ou des questions relatives à la conformité des visiteurs.
  4. S'assurer que les véhicules et l'équipement qui entrent et sortent de la ZAC et de la ZAR sont conformes aux exigences en matière d'assainissement afin de prévenir l'introduction et la propagation d'agents pathogènes. Le fait de restreindre l'accès à un seul point d'entrée réduira le nombre de problèmes éventuels.
  5. Vérifier l'état des barrières en place pour empêcher que des visons s'introduisent, soient relâchés et/ou s'échappent en prenant en considération les portes en plus des clôtures (plus précisément, combien de portes un vison doit-il franchir pour entrer dans l'établissement ou en sortir?).
  6. Être conscient que, sans PAC, il n'est pas possible d'empêcher l'introduction d'agents pathogènes microbiens.
  7. Fournir un espace de stationnement désigné pour les visiteurs et le personnel. Cet espace de stationnement doit se trouver en dehors de la ZAC. Seuls les véhicules dont l'utilisation est réservée à la ferme peuvent entrer dans la ZAC. Inspecter les véhicules avant qu'ils n'entrent dans la ZAC afin de s'assurer qu'ils sont visuellement propres.
  8. Délimiter une aire destinée aux procédures d'assainissement à l'entrée de la ZAC. Élaborer des protocoles de nettoyage et de désinfection indiqués à la station d'assainissement.
  9. Nettoyer et désinfecter en profondeur l'équipement qui entre et qui sort de la ZAR. Le processus minimal de nettoyage et de désinfection consiste à nettoyer et à désinfecter le dessous des véhicules (p. ex., pneus, roues, puits de roue et soubassement de carrosserie). Nettoyer et désinfecter le véhicule en entier lorsque celui-ci transporte de la matière organique. En cas de présence de maladie, il faut nettoyer et désinfecter l'équipement et les véhicules qui entrent et qui sortent de l'établissement et, par temps froid, une aire de lavage est parfois nécessaire.

1.2 Protocoles d'entrée, de déplacement et de sortie – mesures de contrôle

1.2.1 Résultat visé

Le personnel et les visiteurs connaissent et respectent les zones de biosécurité du site et se conforment aux procédures relatives aux déplacements.

Les zones de biosécurité sont utilisées pour créer des zones où la propagation des agents pathogènes microbiens peut être atténuée grâce à des mesures de biosécurité. Ces zones ne sont efficaces pour limiter la transmission des agents pathogènes infectieux que si des mesures sont appliquées à cette fin lors des déplacements d'une zone à l'autre.

Pratiques exemplaires suggérées :

Pour le personnel :

  1. Renseigner le personnel sur l'importance et la raison d'être de la ZAC et de la ZAR; l'utilisation d'un PAC unique vers la ZAC et la ZAR atténuera les risques de maladie.
  2. Former le personnel en matière de protocoles d'entrée dans l'établissement, dans la ZAC et dans la ZAR (zones où se trouvent les visons); inclure les procédures en matière de déplacements à l'intérieur et entre ces zones et les protocoles de sortie.
  3. Délimiter une zone de stationnement située hors de la ZAC pour le personnel, et indiquer l'emplacement de la zone à l'aide de marques au sol ou de panneaux de signalisation. Les véhicules du personnel ne doivent jamais entrer dans la ZAC ou dans la ZAR. Seuls les véhicules dont l'utilisation est réservée à la ferme peuvent entrer dans la ZAC.

Pour les visiteurs :

  1. Idéalement, ne pas permettre la présence de visiteurs sur les lieux et, lorsque la présence de visiteurs est nécessaire, ne leur permettre l'accès que sur rendez-vous.
  2. Exiger que tous les visiteurs passent par un PAC unique pour entrer dans la ZAC et dans la ZAR et en sortir.
  3. Former le personnel et les visiteurs essentiels (comme les vétérinaires et les classeurs de fourrures) en matière de protocoles d'entrée dans l'établissement, dans la ZAC et dans la ZAR; inclure les procédures en matière de déplacements à l'intérieur et entre ces zones et les protocoles de sortie. Un membre du personnel doit escorter les visiteurs non essentiels.
  4. Empêcher que les visiteurs non essentiels (en particulier ceux préalablement exposés à des visons, comme les autres éleveurs de visons) accèdent à la ZAC et à la ZAR.
  5. Connaître l'historique des visiteurs. Les visiteurs doivent signer le registre des visiteurs avant de pénétrer dans la ZAC, de manière à ce que soit conservé un registre de tous les visiteurs de la ferme. Les renseignements recueillis sur les visiteurs comprennent leur nom et le nom de leur entreprise ainsi que la date, l'endroit et la raison de leur dernier contact avec des visons.
  6. Outre le personnel, seuls les vétérinaires et les classeurs de fourrures peuvent manipuler les visons.
  7. Délimiter une zone de stationnement hors de la ZAC pour les visiteurs, et indiquer l'emplacement de la zone à l'aide de marques au sol ou de panneaux de signalisation. Les véhicules des visiteurs ne doivent jamais entrer dans la ZAC ou dans la ZAR. Les véhicules de livraison doivent suivre les protocoles de nettoyage et de désinfection s'ils entrent dans la ZAC.

1.2.2 Résultat visé

Des procédures de biosécurité sont nécessaires et doivent être respectées par le personnel et les visiteurs qui entrent dans la ZAC et la ZAR et qui en sortent.

Des procédures doivent être mises en place pour atténuer les risques de transmission d'agents pathogènes microbiens par le personnel et les visiteurs à l'intérieur et à l'extérieur des hangars par l'intermédiaire des vêtements, des chaussures et des personnes.

Pratiques exemplaires suggérées :

Pour le personnel :

  1. Les employés doivent arriver au travail dans des vêtements propres, ce qui permet de freiner la transmission d'agents pathogènes microbiens.
  2. Les employés de la ferme doivent porter des vêtements de dessus et des chaussures (bottes) réservés à la ferme. Il est important que les chaussures (idéalement des bottes en caoutchouc) soient adéquatement nettoyées et désinfectées. La plupart des chaussures faites dans un autre matériel ne permettent pas un nettoyage et une désinfection adéquate.
  3. Le personnel doit porter des vêtements de protection (combinaison) et des bottes dédiés à la ferme, et doit désinfecter ses mains lorsqu'il entre dans la ZAC ou dans la ZAR. Les vêtements doivent demeurer dans ces zones pendant qu'ils sont utilisés. Les vêtements de protection réservés à certaines zones doivent être enlevés avant de sortir (même temporairement) de la ZAC ou de la ZAR, puis remis avant d'y entrer de nouveau.
  4. L'introduction et la propagation potentielles d'agents pathogènes microbiens peuvent être atténuées si l'on dispose d'une quantité suffisante de vêtements propres réservés à la ferme pour le personnel (fournis par les employés ou par la propriétaire), qui demeurent sur les lieux.
  5. Les vêtements de biosécurité doivent être conservés dans un endroit propre et sec (salle d'entreposage ou contenant propre) afin de s'assurer qu'ils demeurent propres. On doit utiliser des casiers ou des bacs distincts pour y mettre les vêtements propres et les vêtements sales. Il est important de garder les vêtements séparés pour freiner la transmission des maladies. Si les vêtements sortent de la ZAC ou de la ZAR pour être lavés ou jetés, il faut s'assurer qu'ils sont manipulés ou jetés de façon biosécuritaire.

Pour les visiteurs :

  1. S'assurer que les visiteurs suivent les protocoles de biosécurité et qu'ils enfilent des vêtements de dessus jetables (fournis par le visiteur ou par la ferme) ou une combinaison dédiée à la ferme, lavée régulièrement à une température suffisamment chaude pour tuer les agents pathogènes microbiens.
  2. Les visiteurs doivent porter des couvre-chaussures ou des couvre-bottes jetables plutôt que des couvre-bottes en plastique. Les premiers sont beaucoup plus durables et peuvent être réutilisés, alors que les autres se déchirent et peuvent être glissants dans la neige et dans des conditions humides, et poser des risques de chute. Les chaussures doivent être nettoyées avant d'entrer dans la ZAR (changement de bottes ou lavage au moyen d'un lave-bottes).
  3. Ranger les vêtements et les chaussures (bottes) souillés dans un contenant scellé jusqu'à ce que les vêtements soient blanchis, et que les chaussures soient nettoyées et désinfectées.
  4. S'assurer que les visiteurs désinfectent ou lavent leurs mains avant d'entrer dans la ZAC ou la ZAR, ou d'en sortir. Les protocoles de biosécurité affichés aux PAC et dans les ZT doivent être visibles pour les visiteurs.

1.2.3 Résultat visé

Le personnel et les visiteurs portent les vêtements/l'équipement de protection individuel appropriés et se conforment à des mesures rigoureuses de biosécurité lorsqu'ils exécutent des tâches qui demandent de se déplacer dans différentes zones de biosécurité et/ou qui entraînent une importante exposition à des agents pathogènes microbiens.

L'élaboration et la mise en œuvre de procédures opérationnelles normalisées (PON) relatives à la biosécurité sont essentielles à la réalisation de tâches qui exigent un contact direct avec du materiel présentant des risques élevés d'exposition à des agents microbiens, notamment :

  • le fumier;
  • les visons trouvés morts;
  • les carcasses de visons et le gras résultant de l'écorchage.

Les protocoles à suivre et l'équipement protecteur à utiliser doivent prévenir la contamination des individus et de la zone d'élevage, de même que la transmission directe ou indirecte d'agents pathogènes microbiens aux animaux vivants.

Pratiques exemplaires suggérées :

  1. Porter une attention rigoureuse à la biosécurité pour toutes les tâches qui comprennent la manipulation d'animaux, comme l'écorchage, la vaccination et l'élimination des carcasses, du gras et du fumier, en raison de leur important potentiel de propagation d'agents pathogènes microbiens.
  2. Demander au personnel et aux visiteurs essentiels d'utiliser l'équipement destiné à la manipulation et au traitement des visons (p. ex., équipement d'attrapage et de vaccination, cages de transport) pour réaliser les différentes tâches afin de limiter la propagation d'agents pathogènes microbiens.
  3. Nettoyer et désinfecter les vêtements et l'équipement de protection individuel entre les utilisations.

1.2.4 Résultat visé

Les PAC sont pourvus de l'équipement et du matériel nécessaires pour mettre en œuvre les procédures de biosécurité.

Les exigences établies pour entrer dans chaque zone et en sortir dictent l'équipement et le matériel qui doivent être fournis au personnel et aux visiteurs, notamment des bottes et des combinaisons propres, du matériel de nettoyage et de désinfection des bottes, du désinfectant pour les mains et des serviettes en papier.

On encourage les éleveurs à demander à leurs fournisseurs et aux visiteurs essentiels d'apporter leurs propres vêtements de biosécurité. Les éleveurs doivent toutefois disposer d'une réserve de vêtements de biosécurité au cas où les fournisseurs ou les visiteurs oublieraient ou omettraient de se conformer à cette exigence.

Pratiques exemplaires suggérées :

  1. Fournir des vêtements propres dédiés à la ferme (combinaisons et bottes) aux membres du personnel, et des vêtements jetables (neufs) ou des vêtements propres et des bottes dédiés à la ferme aux visiteurs. Conserver les vêtements de biosécurité dans un contenant propre et sec afin de s'assurer qu'ils demeurent propres. Envisager l'utilisation de casiers ou de bacs distincts pour les vêtements propres et les vêtements sales. Il est important de garder les vêtements propres et les vêtements sales séparés pour freiner la transmission de maladies.
  2. Fournir des installations dédiées au lavage des mains ou du désinfectant pour les mains aux PAC. Les installations de lavage des mains doivent se trouver dans les ZT. Du désinfectant pour les mains doit être fourni, et on doit s'en servir avant d'entrer dans une ZAR.
  3. Fournir et entretenir adéquatement une station permettant le changement de bottes ou le nettoyage des bottes à l'entrée de la ZAC et de la ZAR. S'assurer que la désinfection des bottes est réalisée à l'entrée et à la sortie de la ZAC ou de la ZAR et :
    1. Les bottes propres peuvent être désinfectées plus efficacement que celles qui sont sales. Des recherches ont montré que, pour éliminer les bactéries, il est aussi efficace de frotter le fumier visible sur les bottes avec de l'eau qu'avec un désinfectant. On recommande que des installations soient fournies pour le lavage préliminaire des chaussures.
    2. Être conscient que la surface (des chaussures) est propre avant de procéder à la désinfection. Pour être efficace, le désinfectant doit entrer en contact avec la surface propre. L'action du désinfectant est réduite en présence de matières organiques. Par conséquent, les lave-bottes sont préférables aux bains de bottes.
    3. Il faut savoir que le simple fait de marcher dans un bain de bottes ne désinfectera pas les bottes. Tous les désinfectants exigent une durée d'exposition différente. Il faut lire attentivement l'étiquette pour savoir combien de temps les bottes hautes doivent demeurer en contact avec le désinfectant pour garantir une utilisation efficace.
    4. Utiliser des bains de bottes qui sont longs, larges et d'une profondeur d'au moins 10 cm (4 po).
    5. S'assurer que le bain de bottes est conçu de manière à ce qu'on puisse le vider facilement, et qu'il est à l'abri des intempéries.
    6. Changer le désinfectant régulièrement en suivant les instructions du fabricant. Les bains de bottes sales ne sont pas efficaces et peuvent constituer un milieu favorable à la croissance d'agents pathogènes.
    7. Dans les fermes à vocations multiples, il faut garder à l'esprit que les bottes peuvent être portées dans différentes zones autour de la ferme et pendant le transport, mais que celles-ci peuvent agir comme vecteurs d'organismes responsables de maladies. Les bottes portées à la ferme ne devraient pas être portées en dehors de la ferme.
    8. Plutôt que d'utiliser un bain de bottes, envisager l'utilisation de différentes bottes pour les différentes zones de l'unité de production. Les systèmes de changement de bottes vont de la simple limitation de l'utilisation des bottes dans les hangars à l'utilisation de différentes bottes dans chaque pièce et dans chaque couloir. Prévoir un endroit pour laver les bottes.
  4. Fournir un endroit propre et sec (c.-à-d., zone de transition) pour entreposer les vêtements et le matériel nécessaires, et appliquer les mesures de biosécurité requises.

Éléments clés de la gestion de l'accès Zones de biosécurité et protocoles de déplacements

Pour protéger les visons des étrangers, des visiteurs et des animaux sauvages, il faut contrôler l'accès aux hangars et à la ferme, délimiter des zones de protection et mettre en œuvre des protocoles de déplacements. Pour ce faire, il faut :

  1. contrôler l'entrée dans les hangars et les autres zones de production de l'établissement;
  2. utiliser des barrières et de la signalisation ou d'autres indicateurs visibles pour signifier aux visiteurs qu'ils ont besoin de la permission de l'éleveur pour entrer;
  3. porter des vêtements réservés à la ferme (c.-à-d. qui ne sont pas portés à l'extérieur de la ferme) pour améliorer la biosécurité;
  4. fournir des vêtements de protection aux visiteurs (au minimum, des couvre-chaussures et des survêtements propres qu'ils doivent enfiler avant d'entrer dans la ZAR et qu'ils doivent enlever en sortant);
  5. fournir l'équipement et le matériel de lavage et de désinfection des mains à l'entrée des hangars et exiger qu'ils soient utilisés;
  6. délimiter et entretenir une zone à l'entrée de la ZAC et de la ZAR pourvue de l'équipement et du matériel nécessaires pour nettoyer et désinfecter les bottes (c.-à-d. une zone de transition avec des bains de pieds);
  7. s'assurer que l'entrée de l'établissement et/ou de la ZAC peut être fermée au besoin (si la ferme doit procéder à un confinement);
  8. réserver un espace de stationnement situé en dehors de la ZAC pour le personnel et les visiteurs;
  9. installer et entretenir une clôture de sécurité bien construite et conçue pour empêcher les visons de s'échapper et les animaux sauvages ainsi que les visons d'élevage échappés d'entrer.
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