Guide général du producteur - Norme nationale de biosécurité pour les fermes avicoles
Section 2 - Gestion de la santé des oiseaux

Cette page fait partie du répertoire des documents d'orientation (RDO).

Vous cherchez des documents connexes?
Recherche de documents connexes dans le répertoire des documents d'orientation.

2.1 Entrées, déplacements et sorties des oiseaux

2.1.1 Objectif - Chaque entrée ou sortie de volailles est consignée et effectuée selon une planification appropriée et selon les mesures d'isolement ou de ségrégation nécessaires pour limiter l'introduction ou la propagation des maladies.

Directives à l'intention des producteurs

  • Planifier le déplacement des oiseaux de façon à minimiser le risque d'exposition à d'autres oiseaux dans l'exploitation.
Idéalement :

Élevage en tout plein/tout vide - Les nouveaux lots d'oiseaux sont placés dans une ZAR vide à l'intérieur de sept jours. Lorsque ce lot quitte la ZAR, le processus recommence dans un délai de sept jours.

Dans le cadre de la planification « en tout plein/en tout vide », l'arrivée et le transport des oiseaux sont effectués dans le délai le plus court possible, d'abord dans chaque poulailler et, idéalement, à l'échelle de l'exploitation.

  • Dans les élevages où la planification « en tout plein/en tout vide » ne s'applique pas, il faut envisager des mesures supplémentaires, comme l'indique l'Objectif 2.1.3. En particulier : introduction, déplacement et retour des oiseaux; élevages d'espèces multiples; élevages d'âges multiples; déplacement entre exploitations et à l'intérieur de l'exploitation; et unités d'isolement.
  • Les oiseaux doivent provenir d'un couvoir visé par un programme de surveillance des maladies ou d'élevages ayant des dossiers de santé à jour et ne présentant aucun signe de maladies infectieuses. Les dossiers de santé, de vaccination et d'inspection vétérinaire doivent accompagner tous les nouveaux oiseaux introduits dans l'exploitation.
  • Les oiseaux introduits ou réintroduits dans un élevage existant doivent être préalablement séparés et mis en quarantaine.
  • Il faut tenir des registres historiques sur les placements, entrées et sorties et décrire les plans futurs. Ces dossiers doivent être tenus sans égard aux pratiques de transport et de déplacement à l'exploitation.
Idéalement :

Il faut conserver les registres pendant au moins un an, sauf si le gouvernement provincial ou le Programme d'assurance de la salubrité des aliments à la ferme (PASAF) exige une période plus longue.

2.1.2 Objectif - Vide sanitaire optimisé dans chaque poulailler.

Directives à l'intention des producteurs

Définition :

Vide sanitaire : Période entre les élevages qui débute lorsque le poulailler est vidé et qui se termine par l'arrivée de nouvelles volailles. Permet la réduction naturelle du nombre de micro-organismes pathogènes dans le poulailler. Cette période peut être raccourcie si l'on effectue un nettoyage en début de celle-ci.

Maximiser la durée du vide sanitaire dans chaque bâtiment ou zone d'élevage :

  • Dans l'encadré ci-dessous, on suggère un vide sanitaire minimal après le départ d'un troupeau. On présume qu'un dépoussiérage sous pression et qu'un nettoyage du fumier (à sec) sont effectués après le départ du troupeau. L'ajout du nettoyage et de la désinfection peut permettre de réduire la durée totale du vide sanitaire.
  • Si la période du vide sanitaire doit être réduite, il faut ajouter le nettoyage et la désinfection au processus dès que possible après le vidage pour permettre un vide sanitaire maximal après le nettoyage et le séchage.
  • Le froid (particulièrement les températures sous le point de congélation) ainsi que les conditions humides ou saisonnières peuvent affecter la faisabilité du nettoyage, de la désinfection et du vide sanitaire. Dans ces cas, il faut envisager de modifier légèrement les procédures de nettoyage et de désinfection ou d'adopter d'autres solutions pour répondre aux besoins de production sans compromettre la biosécurité. (L'Annexe D fournit des renseignements sur le nettoyage des poulaillers dans des conditions non favorables.)
Idéalement :
  • Pour réduire sensiblement les populations d'agents pathogènes, le vide sanitaire entre les élevages doit durer 14 jours.
  • Pour réduire encore davantage les populations d'agents pathogènes, procéder à un nettoyage à sec après le départ des oiseaux.
  • Ajouter des mesures de lavage et de désinfection après le nettoyage à sec pour minimiser les populations d'agents pathogènes et, au besoin, réduire la durée totale du vide sanitaire (c.-à-d. sept à dix jours).
  • Si le fumier n'est pas enlevé, prévoir un vide sanitaire d'au moins 21 jours. On peut également réduire les populations d'agents pathogènes et le risque pour les prochains troupeaux en compostant le fumier à l'intérieur du poulailler ou en le soumettant à un traitement thermique (chauffage du poulailler à 105 °F/40 °C pendant deux jours).
  • Une fois par année, vider le poulailler au complet, incluant un nettoyage en profondeur et un vide sanitaire de 14 jours (et, si possible, faire de même pour l'exploitation au complet).

2.1.3 Objectif - Mesures de biosécurité plus strictes mises en œuvre à l'échelle du poulailler ou de l'exploitation lorsque la planification en « tout plein/tout vide » et le vide sanitaire ne sont pas possibles.

Directives à l'intention des producteurs

Activités qui ne permettent pas l'atteinte des Objectifs 2.1.1 et 2.1.2 et qui posent un risque accru d'introduction d'agents pathogènes :
  • poulaillers abritant des lots d'âges multiples;
  • élevages d'espèces multiples;
  • retours d'oiseaux;
  • entrée/sortie d'oiseaux vivants, par étape, dans un troupeau résident qui comprend :
    • l'expédition d'une partie de l'élevage échelonnée sur plus de sept jours (p. ex., la production de dindes lourdes [plus 13,3 de kg]);
    • l'introduction de mâles supplémentaires dans les élevages de reproduction;
    • le déplacement dans un autre poulailler pour le reste de l'élevage ou la ponte; et
    • la proximité des activités de transport.

      Remarque : Étant donné que les contacts répétés avec les équipes de travail ou l'équipement de transport et/ou les contenants augmentent le risque d'introduction d'agents pathogènes aux autres volailles, il faut prendre des précautions supplémentaires.

Voici quelques-unes des mesures de biosécurité supplémentaires pouvant être adoptées pour le déplacement ou l'introduction de nouveaux oiseaux :
  • l'utilisation de cageots propres pour le transport de toutes les volailles d'un poulailler à un autre ou d'un élevage à un autre;
  • s'assurer que les nouveaux oiseaux ont des antécédents (niveaux) de vaccination correspondant à ceux des troupeaux résidents;
  • planifier toutes les activités au sein des poulaillers ou entre les poulaillers de manière à ce que l'on commence avec les plus jeunes volailles et que l'on termine avec les plus vieilles dans n'importe quel bâtiment qui contient des volailles de plusieurs âges (avec une exception dans les cas des oiseaux mis en quarantaine - ils sont traités en dernier);
  • accroître la surveillance du troupeau après l'application des procédures destinées aux sites qui présentent un risque élevé (p. ex. vaccination, manipulation, retour d'oiseaux); et
  • l'isolation (dans une ZAR séparée) des élevages résidents pendant 30 jours :
    • les nouvelles volailles qui ne sont pas déclarées exemptes de maladie dans le cadre d'un programme de tests ou de certification;
    • les oiseaux d'exposition qui reviennent à la ferme; et
    • les volailles qui ont reçu un vaccin vivant.

Voici quelques-unes des mesures de biosécurité qui exigent une attention particulière pour garantir la biosécurité entre les élevages subséquents :

  • procédures de nettoyage ou de désinfection pour le personnel et l'équipement;
  • déplacement, manipulation, entreposage et épandage du fumier;
  • réparations nécessaires apportées à la structure du poulailler et à l'équipement;
  • nettoyage du plancher dans la zone de transition ou de l'antichambre du poulailler, le cas échéant;
  • élimination de la poussière et des autres débris autour du bâtiment;
  • procédures de lutte antiparasitaire;
  • nettoyage et désinfection du poulailler après l'éclosion d'une maladie et avant la réintroduction d'un élevage; et
  • examen du programme de santé, de vaccination et de traitement avec le vétérinaire.

Remarque : On peut appliquer des mesures de biosécurité à l'ensemble de l'exploitation s'il y a plus d'un poulailler et que chaque poulailler est à une étape de production différente.

Voici quelques-unes des mesures à prendre pour séparer clairement chaque poulailler en unité d'isolement distincte :

  • appliquer des mesures de biosécurité entre les poulaillers pour assurer l'isolement des bâtiments;
  • contrôler les déplacements des personnes et des véhicules (direction et/ou horaire) pour optimiser le déroulement des opérations et réduire le risque de contamination croisée et la proximité avec les volailles vivantes;
  • accorder une attention particulière aux procédures de manipulation du fumier et des oiseaux morts et aux voies empruntées pour leur transport afin d'éviter la contamination croisée d'autres poulaillers en production; et
  • limiter le déplacement de l'équipement entre les poulaillers, et nettoyer et désinfecter l'équipement qui circule entre les poulaillers.

2.2 Surveillance de l'état de santé des oiseaux et mesures d'intervention

2.2.1 Objectif - Surveillance des oiseaux assurée par des personnes qui savent comment faire le suivi de la santé des élevages, reconnaissent les signes de maladie et peuvent intervenir rapidement et efficacement.

Directives à l'intention des producteurs

  • Les travailleurs à l'exploitation doivent avoir la formation et l'expérience nécessaires pour reconnaître les animaux malades et affaiblis.
  • Les travailleurs à l'exploitation doivent avoir suivi une formation et obtenu l'information nécessaires pour prendre les mesures qui s'imposent dans les cas où on soupçonne la présence d'une maladie.
  • L'enseignement des bonnes pratiques de base en gestion des élevages permettra aux travailleurs de reconnaître les conditions qui prédisposent ou contribuent aux maladies avicoles. (Voir l'Annexe D.)
Exemples de solutions permettant d'améliorer les compétences :
  • participation à des séminaires et/ou ateliers organisés par les gouvernements, les vétérinaires ou l'industrie avicole;
  • description et/ou photographies des symptômes courants dans les antichambres, toilettes, salles de repos, etc.; et
  • supervision par du personnel chevronné.

Note : L'Objectif 3.1.1 fournit d'autres directives relatives à la formation.

2.2.2 Objectif - Application des procédures quotidiennes d'observation et de mise à la réforme, au besoin.

Directives à l'intention des producteurs

  • Faire une inspection du poulailler et/ou de la zone d'élevage au moins une fois par jour, prendre des notes sur le comportement et l'attitude de la volaille et sur la présence d'oiseaux de réforme ou malades :
    • Dans les poulaillers, arpenter les deux allées et le centre en s'assurant de bien examiner les coins, les pondoirs et les aires recouvertes.
    • Dans les zones d'élevage, arpenter la zone en suivant un tracé en « S » ou en « X » pour inspecter toute la zone.
      Remarque : Il est fortement recommandé de faire cette inspection au moins deux fois par jour.
  • S'immobiliser à divers endroits dans le poulailler pour permettre aux oiseaux de se calmer, ce qui facilite l'observation des oiseaux malades ou des comportements inhabituels. Cela permet également à l'observateur d'entendre les sons inhabituels provenant des volailles qui éprouvent des difficultés respiratoires.
  • Veiller à ce que l'éclairage du poulailler permette d'observer clairement l'ensemble de l'élevage.
Idéalement :

La surveillance de l'élevage doit tenir compte des situations où le niveau de risque est élevé, notamment :

  • pendant et après l'introduction de nouveaux oiseaux;
  • après des activités à risque élevé (p. ex., visite de l'équipe de vaccination);
  • pendant les périodes de risque lié à la saison ou à l'emplacement; ou
  • durant une éclosion locale, etc.

2.2.3 Objectif - Registre quotidien des mortalités tenu pour chaque élevage.

Directives à l'intention des producteurs

  • Il faut ramasser les oiseaux morts et consigner leur nombre par écrit quotidiennement.
  • À tout le moins, le registre des mortalités doit inclure le nombre total d'oiseaux trouvés morts chaque jour et les oiseaux réformés en raison de symptômes de maladie.
Idéalement :

Il est recommandé de tenir un registre des mortalités dans le cadre du registre global de gestion de la santé des troupeaux, qui comprend entre autres les éléments suivants :

  • observations quotidiennes de la condition du troupeau;
  • dénombrements quotidiens des cas de morbidité et de mortalité;
  • listes de tous les vaccins et médicaments administrés au couvoir et à la ferme;
  • listes des maladies et syndromes diagnostiqués et ayant donné lieu ou non à un traitement médicamenteux;
  • intrants et livraisons, y compris les aliments, les fournisseurs et les poussins;
  • dossiers de production (p. ex., production d'œufs);
  • déplacements des troupeaux;
  • taux de consommation d'aliments et d'eau; et
  • données sur la fin de production des élevages.

2.2.4 Objectif - En cas de morbidité ou de mortalité inhabituelle, obtention d'un diagnostic auprès d'un médecin vétérinaire. Le fait de soupçonner la présence de maladies contagieuses, d'importance économiques importantes ou à déclaration obligatoire déclenche un « plan d'intervention en cas de maladie » qui oriente les individus vers les procédures appropriées à suivre.

Directives à l'intention des producteurs

  • Réformer et retirer du troupeau les oiseaux qui présentent des symptômes de maladie.
  • Examiner la consommation d'aliments et d'eau et, au besoin, recueillir des échantillons des aliments et de l'eau.
  • Consulter un vétérinaire en présence de symptômes de maladie, d'une augmentation soudaine du nombre d'oiseaux morts et/ou malades ou d'une chute inacceptable de la consommation d'aliments et/ou d'eau ou de la ponte.
Idéalement :

Il faut consulter un vétérinaire dès qu'on observe les signes cliniques suivants :

  • perte d'appétit;
  • baisse de la ponte et/ou ponte d'œufs mous ou déformés;
  • manque d'énergie (comportement dépressif);
  • diarrhée;
  • toux ou éternuements (détresse respiratoire);
  • enflure des tissus autour des yeux et du cou;
  • décoloration des caroncules et des crêtes (pourpre);
  • comportement neurologique anormal (tremblements musculaires, dépression, ailes tombantes, torsion de la tête et du cou, manque de coordination, paralysie complète, etc.); ou
  • mortalité élevée.

Recommandations à l'intention de toutes les fermes :

  • Faire appel à un vétérinaire qui a reçu une formation en diagnostic des maladies aviaires;
  • Faire appel à un vétérinaire qui a suivi une formation supérieure adéquate et qui démontre une connaissance et une compréhension des maladies aviaires; ou
  • Avoir accès à des services techniques qui bénéficient des compétences d'un vétérinaire.

Il faut tenir des registres sur les recommandations et les avis fournis par le vétérinaire sur la santé et le bien-être des oiseaux de la ferme.

Par exemple :

  • Le nom et les coordonnées du vétérinaire ou de la clinique vétérinaire sont disponibles.
  • Les visites du vétérinaire sont consignées par écrit dans le registre des visiteurs.
  • Les dossiers sur l'élevage, les aliments et la production indiquent les médicaments prescrits aux oiseaux.
  • Le diagnostic de maladies infectieuses ou liées à la production, les copies des rapports de diagnostic et des ordonnances sont versés au dossier, etc.

Plan d'intervention en cas de maladie

  • Le propriétaire et/ou le gestionnaire doit connaître son rôle dans le plan provincial d'intervention en cas d'urgence. On peut obtenir cette information auprès d'un vétérinaire, de l'office provincial (pour les producteurs soumis à la gestion de l'offre) ou en assistant à une séance d'information sur ce sujet.
  • S'il existe une preuve évidente de maladie très infectieuse, le producteur doit contacter son vétérinaire. Les producteurs soumis à la gestion de l'offre doivent également contacter leur office et suivre les directives fournies.
  • Si on soupçonne la présence d'une maladie infectieuse pouvant avoir des répercussions économiques importantes, il faut mettre en place les protocoles de biosécurité améliorée et entamer les préparatifs de mise en quarantaine volontaire. (Voir l'Annexe C.)
Exemple d'un plan d'action pour le diagnostic des maladies :

Détection de signes cliniques suspects ou d'une hausse inacceptable de mortalités inexpliquées
Flèche - en bas
Isolement ou confinement volontaire du poulailler ou de l'exploitation (Annexe C).
Flèche - en bas
Restriction de l'accès à l'exploitation
Flèche - en bas
Appel au vétérinaire
Flèche - en bas
Présence soupçonnée d'une maladie contagieuse pouvant avoir des répercussions économiques importantes
(En cas de maladie à déclaration obligatoire, le vétérinaire doit informer l'Agence canadienne d'inspection des aliments [ACIA].)
Flèche - en bas
Prélèvement d'échantillons aux fins d'analyse en laboratoire et de confirmation
Flèche - en bas
Autodéclaration et information des représentants concernés
Flèche - en bas
Examen du registre courant des visiteurs aux fins de retraçage

Dès qu'on soupçonne la présence d'une maladie pouvant avoir des répercussions économiques importantes, il faut mettre en place un protocole de mise en quarantaine volontaire ou d'isolement (Annexe C). Ce protocole comprend entre autres les mesures suivantes :

  • mettre en œuvre des mesures de biosécurité améliorée entre les poulaillers et contrôler l'accès à l'exploitation (particulièrement dans la ZAC);
  • limiter les déplacements entre les poulaillers et à l'extérieur de l'exploitation;
  • appeler un vétérinaire et fournir des oiseaux ou des échantillons, au besoin, après consultation du vétérinaire et conformément à ses conseils;
  • discuter de la situation avec les membres de la famille et les employés;
  • reporter le déplacement, la vaccination des oiseaux et autres activités; etc.;
  • examiner les dossiers de santé et de mortalité du troupeau;
  • examiner tous les registres de visiteurs et les bons de livraison; et
  • demander aux visiteurs, notamment aux livreurs d'aliments pour volaille, de prévoir la visite à la ferme touchée à la toute fin de leur tournée.
Date de modification :