Guide du producteur inspecteur des bourdons - Norme nationale de biosécurité à la ferme pour l'industrie apicole
Section 1 : Gestion de la santé des bourdons

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1.1 Sources d'abeilles

Objectifs

Le producteur s'efforce de réduire le plus possible l'exposition de ses bourdons à des organismes nuisibles en introduisant seulement des stocks de bourdons don't il connait le statut sanitaire. Il documente également ses sources d'approvisionnement afin d'en faciliter la traçabilité.

Description

Chaque forme et source de bourdons comporte un niveau de risque variable d'introduction d'organismes nuisibles.

Même s'il est possible d'établir des colonies de bourdons à partir d'une reine recueillie en milieu naturel, on suppose aux fins du présent document que le producteur utilise des colonies obtenues d'un fournisseur commercial.

Le producteur maintient un stock adéquat de bourdons dans ses serres en achetant un nombre approprié de boîtes de ruche. La plupart des bourdons utilisés à des fins de pollinisation au Canada proviennent de fournisseurs ou distributeurs commerciaux de bourdons. En général, le producteur assume toutes les fonctions d'un apiculteur et gère lui-même ses ruches et se charge d'éliminer les vieilles ruches. Toutefois, il peut arriver dans certains cas que le fournisseur ou l'un de ses distributeurs s'acquitte d'un certain nombre de ces responsabilités, en particulier la surveillance et, à l'occasion, l'élimination des ruches.

Les colonies commerciales de bourdons sont habituellement logées dans deux contenants en plastique insérés dans des boîtes en carton ondulé pratiques et faciles à entreposer et à transporter. Un de ces contenants est la ruche proprement dite, tandis que l'autre contient les réserves de nourriture (habituellement de l'eau sucrée) assurant la survie des bourdons durant le transport et, dans certains cas, durant les périodes où les activités de butinage et de pollinisation n'assurent pas un approvisionnement suffisant en glucides. Le producteur déploie ces boîtes durant plusieurs semaines (6 à 8 semaines) pour assurer la pollinisation de ses cultures. Les colonies sont généralement utilisées en serre, mais parfois dans des cultures de petits fruits. Une fois leur durée de vie utile épuisée, elles sont habituellement détruites ou éliminées.

Pratiques recommandées

Les pratiques suivantes ont trait à l'achat de bourdons d'une source commerciale et à leur introduction dans l'exploitation.

1. Sélection d'un fournisseur

  1. Acheter des bourdons uniquement de fournisseurs commerciaux reconnus par l'apiculteur provincial ou une association de l'industrie.
  2. Examiner le dossier du fournisseur et veiller à ce que ce dernier soit certifié régulièrement par les autorités gouvernementales appropriées.

2. Conformité à la réglementation (voir l'annexe B)

  1. Les producteurs connaissent bien et respectent les règlements et protocoles fédéraux existants administrés par l'ACIA , Direction des produits végétaux, Division de la protection des végétaux, Section des exportations/importations, en vertu de la Loi sur la santé des animaux, qui régit également l'importation de pollinisateurs (voir l'annexe B).
  2. Les producteurs connaissent bien et respectent les lois provinciales et leur règlement d'application régissant l'importation et/ou le transport des bourdons (p. ex. Animal Health Act, Bee Act, Loi sur l'inspection des ruchers, Apiaries Act, etc.).

3. Réception et introduction et déploiement des colonies de bourdons

  1. Déployer les colonies de manière à prévenir le plus possible les perturbations et les pénuries de nourriture (voir la section 1.2).
  2. Orienter l'entrée des ruches vers l'est ou le sud-est, de manière à ce que les ruches soient exposées au soleil du matin.
  3. Au besoin, respecter les charges en colonies recommandées.
  4. Fournir aux bourdons des repères visuels comme des bannières ou des bandes de tissu ou, si les colonies sont déployées au champ, placer les boîtes de nidification près d'éléments du paysage afin d'aider les bourdons à s'orienter.
  5. Si les colonies sont déployées au champ :
    1. surélever les boîtes de nidification au-dessus du sol en utilisant des palettes ou des supports pour accroître la circulation d'air et prévenir l'accumulation d'humidité;
    2. prévenir l'exposition des colonies à des températures extrêmes en évitant de placer les ruches dans des sites très ombragés comme des fourrés ou des bosquets d'arbres (en région fraîche) ou en installant les ruches sous une tente ou une bâche (en région chaude).

4. Inspection et évaluation

  1. Le fournisseur doit inspecter ses bourdons avant de les expédier.
  2. À la réception et avant leur introduction et leur déploiement, chaque lot de bourdons doit faire l'objet d'une inspection visant à :
    1. déceler la présence éventuelle de bourdons morts;
    2. évaluer l'activité des bourdons;
    3. détecter la présence éventuelle de signes d'infection ou d'infestation par des pathogènes ou des parasites.
  3. Si un risque pour la biosécurité est détecté, le fournisseur, l'apiculteur provincial, les organisations de l'industrie et tous les intervenants au fait des nouveaux développements, des alertes sanitaires et des protocoles d'urgence doivent être avisés immédiatement.
  4. Si un risque pour la biosécurité est soupçonné, le producteur doit aviser son fournisseur de bourdons. Ce dernier, ou son distributeur, doit effectuer des analyses et mettre en place des mesures de détection et/ou prélever et soumettre pour analyses des échantillons à un laboratoire provincial. Les bourdons sont maintenus en isolement (ruches fermées en entreposage ou maintenues dans un endroit isolé) jusqu'à ce que le diagnostic soit confirmé.

5. Assainissement

  1. Au besoin, introduire les bourdons seulement dans des ruches nouvelles ou désinfectées (voir également la section 2.3.).
  2. Prendre les précautions qui s'imposent pour réduire le plus possible le risque de propagation d'organismes nuisibles introduits occasionné par la manipulation (p. ex. gants) ou à l'utilisation d'outils contaminés.
  3. Éviter de réutiliser le matériel d'emballage et détruire ce matériel en l'entreposant dans une installation prévue à cet effet jusqu'à son transfert au site d'élimination où il pourra être détruit de la même façon que les ruches épuisées (incinération ou enfouissement).
  4. Désinfecter avant de les réutiliser les véhicules et l'équipement utilisés pour contenir, loger ou manipuler des bourdons reconnus comme infectés ou infestés ou soupçonnés de l'être.
  5. Une fois la période de pollinisation terminée, éliminer selon une méthode appropriée ou retourner au fournisseur les boîtes de ruche et leur contenu (bourdons vivants ou morts) (voir la section 2.4).

Tenue de registres

Identifier clairement les achats à la réception par un numéro de lot et consigner les informations suivantes pour chaque boîte de ruche :

  • date de réception;
  • nom, adresse et numéro de téléphone du fournisseur;
  • nombre de bourdons;
  • identificateurs de la ruche (si disponible);
  • date de l'inspection effectuée par l'autorité d'origine;
  • numéro de permis de vente, le cas échéant;
  • statut sanitaire des bourdons, selon le certificat d'inspection sanitaire ou la déclaration du fournisseur (si disponible);
  • nature et dates des traitements effectués avant l'envoi, si connues.

Le producteur doit conserver les registres suffisamment longtemps pour pouvoir retracer efficacement l'origine des problèmes décelés, le cas échéant.

1.2 Prévention : reduire la susceptibilite des abeilles aux organismes nuisible

Objectifs

Le producteur gère les facteurs qui représentent une menace pour la santé de ses bourdons de manière à réduire la sensibilité aux organismes nuisibles et met en œuvre les mesures qui s'imposent dès que les seuils d'intervention sont atteints.

Description

La santé des bourdons peut être compromise par un certain nombre de facteurs qui peuvent être gérés efficacement au sein de l'exploitation apicole. Si une colonie est affaiblie, elle devient plus vulnérable aux infections et aux infestations, et son efficacité pollinisatrice diminue.

Les facteurs suivants peuvent contribuer à accroître la vulnérabilité des bourdons aux organismes nuisibles :

Conditions météorologiques et environnementales : Le producteur doit protéger ses bourdons des impacts des températures extrêmes, de l'humidité excessive et de l'accumulation d'humidité, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des ruches. Si les colonies sont déployées au champ, le vent peut également être un problème. À cette fin, il peut modifier l'orientation des ruches et la hauteur à laquelle elles sont déployées; utiliser des écrans protecteurs ou des abris; installer les ruches dans un endroit ombragé ou semi-ombragé; éliminer les mauvaises herbes et les débris retenant l'humidité autour des ruches; modifier la conception de la boîte de ruche.

Nutrition : Les bourdons doivent avoir accès à des sources adéquates de glucides, de protéines, de lipides, de vitamines, de minéraux et d'eau. Les sources de nourriture incluent le nectar et les suppléments nutritifs. Dans certaines conditions, un apport additionnel de nourriture peut s'imposer pour protéger la santé des bourdons, en particulier si des conditions météorologiques défavorables empêchent ou limitent le butinage au champ. Le producteur doit veiller à ce que les ruches contiennent suffisamment de nourriture au moment de leur réception.

Perturbations : Les bourdons sont perturbés par les déplacements (relocalisation des ruches ou transport vers les champs ou en provenance des champs), les manipulations durant les inspections ou l'introduction de nourriture. Leur vulnérabilité aux organismes nuisibles peut s'intensifier s'ils sont confinés durant de longues périodes ou lorsqu'ils sont exposés à des températures élevées, à une humidité excessive ou à de fortes concentrations de CO2 . À proximité des colonies, les activités récurrentes bruyantes ou produisant des vibrations, comme l'utilisation d'équipement motorisé, peuvent également perturber les bourdons et accroître leur vulnérabilité aux organismes nuisibles. Les ravageurs occasionnant une nuisance comme les guêpes prédatrices, certains papillons nocturnes, les souris, les mouffettes, les ours et le bétail peuvent être des sources de perturbations non anthropiques (en particulier lorsque les colonies déployées au champ).

Exposition aux pesticides : Les bourdons peuvent être incommodés par une exposition directe à des pesticides, en particulier des insecticides ou des dérives de pesticides. Les pesticides sont absorbés par la cuticule ou l'appareil respiratoire ou encore par ingestion. Certains herbicides, agents dessicants et régulateurs de croissance des végétaux sont reconnus comme toxiques pour les bourdons, tandis que les fongicides sont généralement considérés comme sans danger. Les bourdons peuvent être affectés par l'accumulation de résidus de pesticides dans les réserves de nourriture en consommant du nectar et du pollen contaminé. Le degré de toxicité pour les bourdons dépend de divers facteurs comme le groupe de produits chimiques, la formulation, la dose d'application et la température. Les bourdons exposés peuvent mourir immédiatement suivant leur exposition ou présenter des symptômes d'intoxication qui affaiblissent subséquemment la colonie et accentuent sa vulnérabilité aux pathogènes et aux parasites.

Pratiques recommandées

1. Facteurs de vulnérabilité aux conditions environnementales

  1. Pour atténuer les effets négatifs du vent, de la température et de l'humidité, le producteur doit accorder une attention particulière à la disposition (abris) des ruches, à leur conception et à leur gestion et à la régulation des conditions de température et d'humidité. Il doit notamment :
    1. éviter le surpeuplement, en fournissant plus d'espace à ses bourdons au besoin;
    2. orienter les entrées des ruches vers l'est ou le sud-ouest, de manière à ce que les ruches soient exposées au soleil du matin;
    3. veiller à ce que la température à l'intérieur des ruches n'atteigne pas 32 °C afin de réduire le plus possible les impacts d'une chaleur excessive sur les bourdons;
    4. placer les boîtes de ruche dans un endroit ombragé ou semi-ombragé plutôt qu'en plein soleil;
    5. si nécessaire, fournir une ombre additionnelle en couvrant les ruches du soleil d'une pièce de mousse de polystyrène ou d'un autre matériau n'irradiant pas la chaleur;
    6. en serre :
      1. installer les ruches du côté sud des allées de serre afin de tirer pleinement profit de l'ombre fournie par les plantes en été;
      2. le cas échéant, éviter de placer les ruches dans des zones enrichies en dioxyde de carbone, car l'exposition à de fortes concentrations de dioxyde de carbone peut être nocive pour les bourdons;
      3. choisir un matériau de recouvrement de serre ne compromettant pas le niveau d'activité des bourdons. La lumière naturelle et le niveau de rayonnement ultraviolet (UV) influent sur l'intensité de l'activité de butinage des bourdons. Un recouvrement de serre qui laisse passer une forte quantité de rayons UV devrait donc être utilisé de préférence.
    7. au champ :
      1. surélever les ruches au-dessus du sol au moyen d'une palette ou d'un support afin d'améliorer la circulation de l'air et de prévenir l'accumulation d'humidité;
      2. prévenir l'exposition des colonies à des températures extrêmes en évitant de placer les ruches dans des sites très ombragés comme des fourrés ou des bosquets d'arbres (en région fraîche) ou en installant les ruches sous une tente ou une bâche (en région chaude).

2. Facteurs de vulnérabilité nutritionnelle

  1. Pour préserver la santé de ses bourdons, le producteur doit veiller à ce que ces derniers aient accès à une source de glucides de qualité (en général de l'eau sucrée ou un autre succédané de nectar).
  2. En général, les ruches obtenues d'un fournisseur commercial contiennent suffisamment de nourriture pour toute la période de pollinisation. En pareil cas, le producteur doit suivre les instructions fournies avec les ruches, tout en exerçant une surveillance et en fournissant un apport de nourriture additionnel au besoin :
    1. fournir une source de nourriture aux bourdons durant le transport et au moment de leur introduction;
    2. veiller à ce que les bourdons aient accès à une source de nectar additionnelle dans la ruche, même durant la période de butinage, et en particulier lorsque l'activité de butinage est réduite par des conditions météorologiques défavorables et de faibles niveaux de rayonnement UV ;
    3. envisager de fournir un supplément glucidique additionnel.
  3. Placer les boîtes de ruche sur une plateforme horizontale afin de prévenir les fuites d'eau sucrée et, le cas échéant, utiliser les attaches ou supports fournis par le fabricant.
  4. Utiliser uniquement du sucre blanc ou du sirop de maïs à haute teneur en fructose dissous dans l'eau comme succédané de nectar. L'utilisation à cette fin de miel ou d'un autre produit de la ruche comporte un risque de transmission de maladie.
  5. Placer les produits de nourrissement à l'intérieur des ruches, hors d'atteinte des autres insectes. Le risque de transmission de maladie s'en trouvera réduit d'autant.

3. Perturbations

  1. Il est impossible d'éliminer complètement les effets des perturbations, mais on peut les atténuer en faisant preuve de jugement lors de la manipulation et de la gestion des colonies.
  2. Manipulation et transport :
    1. toujours manipuler les abeilles et le matériel apicole avec douceur et délicatesse, en évitant les gestes brusques;
    2. laisser les boîtes de ruche ouvertes ou déballées le moins longtemps possible durant les inspections, les traitements ou le nourrissement;
    3. gérer les conditions de température et d'humidité et la circulation d'air de manière à éviter les accumulations de dioxyde de carbone durant le transport;
    4. déplacer les colonies durant la nuit, si possible;
    5. veiller à ce que les ruches soient bien fermées afin d'empêcher les bourdons de s'en échapper en installant à cette fin un grillage autour des boîtes de ruche;
    6. si possible, transporter les bourdons dans un véhicule fermé;
    7. stabiliser les ruches durant les déplacements et le transport (p. ex. sélection d'un modèle de ruche stable à l'empilage, utilisation de sangles dans le camion);
    8. éviter de déplacer les ruches une fois qu'elles ont été déployées, même en serre, à moins que des circonstances particulières ne le justifient;
    9. attendre une heure ou deux après l'installation des ruches (au champ ou en serre) avant d'ouvrir celles-ci pour laisser les bourdons butiner.
  3. Réduire le plus possible les perturbations causées par le bruit, les vibrations et les secousses en choisissant soigneusement le site du rucher avant d'y installer les ruches et, une fois celles-ci déployées, éviter toute perturbation mécanique causé par un contact accidentel de personnes ou d'animaux avec les ruches.

4. Facteurs de vulnérabilité à l'exposition aux pesticides

  1. En cas de déploiement des ruches en serre, les mesures suivantes sont recommandées pour prévenir l'exposition directe des colonies aux pesticides :
    1. munir les ruches d'un deuxième tube d'entrée pourvu d'une valve anti-reflux pour laisser les bourdons y pénétrer mais les empêcher d'en ressortir. En fermant le tube d'entrée bidirectionnel, le producteur peut garder ses bourdons à l'intérieur des ruches après les heures de butinage;
    2. fermer les ruches la nuit précédant les applications de pesticide, puis les rouvrir une ou deux journées suivant ces mêmes applications, conformément aux instructions figurant sur l'étiquette. Comme ces instructions peuvent ne pas mentionner spécifiquement les précautions à prendre pour protéger les bourdons, le producteur doit s'informer auprès d'un vendeur de pesticides des délais d'attente prescrits, car certains pesticides ont une activité résiduelle et les ruches doivent dans ce cas demeurer fermée pendant plusieurs jours après les applications. Les fournisseurs de bourdons peuvent également fournir des informations utiles sur les effets secondaires des pesticides sur les bourdons.
  2. Si une exposition est soupçonnée, marquer les ruches et surveiller les colonies afin de déceler, le cas échéant, les signes suivants :
    1. nombre élevé de bourdons morts devant l'entrée des ruches;
    2. diminution des effectifs adultes;
    3. bourdons paralysés, hébétés, incapables de marcher ou de voler correctement;
    4. bourdons souillés de nectar régurgité ou paraissant mouillés;
    5. bourdons à l'abdomen gonflé;
    6. bourdons confus ou agressifs.

5. Mesures additionnelles recommandées en cas de déploiement des ruches au champ

En cas de déploiement au champ, les mesures additionnelles suivantes sont recommandées :

  1. Réduire l'impact des conditions météorologiques et des facteurs environnementaux sur les colonies en prenant les précautions suivantes :
    1. installer les ruches dans des sites qui ne sont pas susceptibles d'être inondés;
    2. surélever les ruches au-dessus du sol afin d'améliorer la circulation de l'air et de prévenir l'accumulation d'humidité;
    3. abriter les colonies contre le vent;
    4. orienter les ruches de manière à ce que leurs entrées ne soient pas exposées aux vents dominants;
    5. isoler les ruches installées au champ;
    6. éliminer la végétation susceptible d'obstruer l'entrée des ruches;
    7. prendre les mesures correctrices qui s'imposent si un surplus d'humidité, de la glace ou des moisissures sont décelés sur les parois intérieures ou à l'entrée des ruches.
  2. Prendre les précautions qui s'imposent pour prévenir l'exposition directe des bourdons à des résidus de pesticides sur les plantes ou dans l'eau :
    1. installer les ruches à bonne distance des zones faisant l'objet de traitements intensifs;
    2. éviter d'appliquer des insecticides autour des ruches ou, si cette mesure s'avère nécessaire, procéder avec la plus grande prudence;
    3. connaître les recommandations provinciales annuelles relatives aux applications d'insecticides et d'herbicides contre les principaux organismes nuisibles présents dans la région où les ruches sont installées, ainsi que les produits et formulations toxiques pour les bourdons et leur durée d'action après l'application;
    4. maintenir des liens de communication étroits avec les agriculteurs et propriétaires fonciers de la région;
    5. se renseigner au sujet des campagnes de pulvérisation qui doivent être effectuées dans la région où les ruches sont déployées;
    6. afficher bien en vue, à chaque endroit où des colonies sont déployées, son nom, son adresse et son numéro de téléphone afin de permettre aux agriculteurs locaux ou aux opérateurs antiparasitaires de le contacter;
    7. surveiller les conditions météorologiques au moment des applications de pesticides et prendre au besoin des précautions additionnelles pour protéger les bourdons (le risque de dérive des pesticides augmente par temps venteux, et les résidus demeurent plus longtemps toxiques pour les abeilles par temps frais).
  3. Discuter des aspects critiques des applications de pesticides avec le producteur et l'agriculteur et/ou l'opérateur antiparasitaire :
    1. effectuer les pulvérisations la nuit, en fin de soirée ou (moins souhaitable) en début de matinée;
    2. délimiter les zones tampons à ne pas traiter autour des ruches;
    3. établir une liste des produits, des formulations ou des méthodes culturales moins nocifs pour les bourdons qui pourraient être utilisés si les conditions s'y prêtaient;
    4. éviter de traiter durant leur période de floraison les cultures ou les mauvaises herbes susceptibles d'être butinées par les bourdons (pratique réglementée dans le cas de certaines cultures);
    5. appliquer les pesticides de préférence à partir du sol plutôt que par voie aérienne;
    6. avant d'appliquer un insecticide, faucher les cultures-abris en fleur (p. ex. trèfle ou mauvaises herbes) susceptibles d'être butinées par les bourdons;
    7. transférer les colonies dans un endroit protégé avant les applications de pesticides et les y garder jusqu'à ce qu'elles puissent être réintroduites sans danger dans les cultures. Pour prévenir leur exposition au pesticide, il est également recommandé de munir les boîtes de ruche d'une entrée à sens unique afin d'y confiner les bourdons pendant au moins une journée suivant le traitement. Il faut alors veiller à ce que la température à l'intérieur des ruches ne s'élève pas de façon excessive.
  4. Si une intoxication par un pesticide est soupçonnée, le producteur doit prélever et congeler des échantillons de bourdons, consigner toute observation pertinente, signaler l'incident aux autorités provinciales et s'informer des recours légaux dont il dispose pour être indemnisé des pertes subies. En cas de mortalité résultant vraisemblablement d'une utilisation incorrecte d'un pesticide (p. ex. application effectuée durant la journée plutôt que de nuit, tel que recommandé sur l'étiquette; utilisation non homologuée; application effectuée sans permis), le producteur doit consigner les informations suivantes :
    1. date et heure de l'application;
    2. conditions météorologiques au moment de l'application et au cours des deux journées précédant et suivant l'application;
    3. organisme nuisible ciblé;
    4. culture traitée;
    5. pesticide et formulation utilisés, et dose d'application (si connue);
    6. distance des ruches par rapport à la zone traitée;
    7. nom et coordonnées de l'opérateur antiparasitaire (si connus).

Tenue de registres

Les registres servent principalement à consigner les informations susceptibles de révéler la présence d'effets nocifs pour les bourdons et à orienter la mise en place des mesures correctrices qui s'imposent, le cas échéant. Ces informations peuvent également permettre d'éliminer certaines causes qui, si elles étaient retenues, entraîneraient la mise en place de mesures à la fois inefficaces et coûteuses. Les registres doivent être conservés suffisamment longtemps pour permettre de retracer efficacement l'origine des problèmes décelés, le cas échéant.

Les registres doivent inclure une évaluation de l'activité pollinisatrice des bourdons comme indicateur de la santé des colonies, de même que les renseignements suivants :

Apports additionnels de nourriture :

  • type et source;
  • date d'introduction et de retrait (le cas échéant).

Déploiement des ruches :

  • date;
  • emplacement;
  • culture;
  • autres sources de nectar observées;
  • charge en colonies;
  • distance par rapport aux ruches les plus proches et coordonnées des producteurs exploitant ces ruches;
  • conditions météorologiques et conditions extrêmes enregistrées.

Perturbations :

  • date, cause et effets observés des perturbations.

1.3 Prévention : reduire l'exposition

Objectifs

Le producteur s'efforce de prévenir le plus possible les contacts directs et indirects avec des bourdons infectées ou infestées.

Description

L'expression contact direct désigne tout contact au cours duquel un bourdon infecté ou infesté transmet un pathogène ou un parasite directement à un bourdon sain ou au couvain de sa colonie.

Un contact indirect peut se produire lorsqu'un bourdon infecté ou infesté laisse sur une surface ou dans une matière (p. ex. nourriture ou déjections) un pathogène ou un parasite capable de survivre suffisamment longtemps pour contaminer un autre bourdon.

La première ligne de défense contre l'infection ou l'infestation des bourdons sains consiste à réduire le plus possible l'exposition aux organismes nuisibles. L'exposition peut résulter de contacts directs entre bourdons occasionnés par l'introduction délibérée de bourdons dans des colonies saines ou des mélanges non intentionnels de bourdons, ou encore de contacts indirects avec de l'équipement, de la nourriture ou des boîtes de ruches contaminés. La transmission de certains pathogènes peut se produire en l'absence de contacts directs avec un individu infecté.

Les serriculteurs utilisent généralement des bourdons élevés commercialement pour assurer la pollinisation de leurs cultures (tomates ou autres cultures). Pour maximiser l'efficacité de pollinisation, ils ont tout intérêt à garder leurs bourdons à l'intérieur des serres.

Les risques d'exposition et les pratiques recommandées pour réduire le plus possible l'exposition résultant de contacts indirects sont examinés à la section 2 : Gestion des opérations.

Pratiques recommandées

1. Choix de l'emplacement des boîtes de ruche

  1. Une gestion plus intense s'impose dans les régions où de nombreux producteurs ont recours à des services de pollinisation à forfait et où des bourdons de plusieurs exploitations différentes peuvent fréquenter les mêmes aires de butinage. Les précautions suivantes sont alors recommandées :
    1. se renseigner auprès des producteurs voisins utilisant des bourdons, des abeilles domestiques ou des découpeuses de la luzerne du statut sanitaire de leurs colonies et de leurs pratiques de lutte contre les maladies et les organismes nuisibles;
    2. si possible, installer les ruches à bonne distance des entrées des serres;
    3. respecter les charges en colonies recommandées pour la pollinisation;
    4. maintenir la plus grande distance possible entre les ruches lorsque plusieurs ruches sont déployées dans une même section de la serre.

2. Prévenir le plus possible les évasions de bourdons durant le transport et l'exposition à d'autres bourdons

  1. Les fournisseurs et les distributeurs doivent transporter les bourdons dans des camions fermés.
  2. Les fournisseurs doivent emballer leurs ruches dans des boîtes à l'épreuve des évasions munies d'ouvertures d'aération grillagées.
  3. Des grilles à reine doivent être utilisées si les bourdons doivent être expédiés dans une région du Canada où le Bombus impatiens n'est pas indigène.
  4. Il faut éviter de transporter ensemble des ruches provenant de plusieurs sources.

3. Restreindre les déplacements

  1. Les mesures suivantes sont recommandées pour prévenir les contacts directs et indirects avec des bourdons provenant d'autres ruches ou des bourdons sauvages provenant de l'extérieur des serres :
    1. attendre une à deux heures après avoir installé les ruches en serre avant de laisser les bourdons butiner. Le trou d'envol devrait être ouvert le jour de l'introduction des ruches, préférablement durant les heures les plus claires de la journée;
    2. si possible, veiller à ce que les portes et autres entrées de la serre soient conçues de manière à prévenir le risque d'évasion de bourdons et le risque d'introduction de bourdons sauvages dans la serre.
  2. Les précautions spéciales suivantes sont recommandées dans les régions se trouvant à l'extérieur de l'aire de répartition indigène du Bombus impatiens :
    1. appliquer des mesures de gestion spéciales afin de réduire le risque d'exposition à des organismes nuisibles introduits;
    2. installer les ruches au champ;
    3. munir de grilles à reine toutes les boîtes de ruche en prévision du transport et laisser ces grilles en place durant tout le cycle de production.

4. Mesures additionnelles recommandées en cas de déploiement des ruches au champ

  1. Les mesures additionnelles suivantes sont recommandées si les ruches sont déployées au champ :
    1. en cas de doute concernant le statut sanitaire des colonies des producteurs voisins ou en présence de conditions pouvant favoriser le mélange de bourdons de sources diverses :
      • ne pas déployer les ruches au champ ou les retirer si elles y ont déjà été installées;
      • accroître la distance entre les ruches;
      • établir un calendrier de surveillance et d'échantillonnage.
    2. installer les ruches à proximité immédiate d'un objet de grande taille comme un arbre afin d'aider les bourdons à retrouver leur ruche et d'éviter qu'ils se mêlent à des bourdons issus de colonies sauvages ou domestiquées;
    3. si les ruches sont déployées dans une région où le Bombus impatiens n'est pas indigène, il est particulièrement important de munir leur entrée d'une grille à reine.

Tenue de registres

En ce qui a trait à la prévention de l'exposition des bourdons aux organismes nuisibles, la tenue de registres vise à faciliter le retraçage de la source de l'exposition, à déterminer comment les expositions subséquentes peuvent s'être produites et, le cas échéant, à intervenir rapidement pour prévenir toute propagation additionnelle des organismes nuisibles.

À cette fin, le producteur doit :

  • marquer chaque ruche et pièce d'équipement avec un identificateur unique;
  • noter l'emplacement de toutes les colonies, en serre comme au champ;
  • indiquer sur une carte l'emplacement de toutes les colonies déployées au champ;
  • si des ruches appartenant à plusieurs producteurs sont transportées ensemble ou installées à proximité les unes des autres, noter le nom et l'adresse du ou des producteurs en cause;
  • tenir un registre des organismes nuisibles décelés dans chaque colonie et ruche et à l'échelle de l'exploitation;
  • noter les mesures de gestion susceptibles d'avoir favorisé l'exposition des bourdons à des organismes nuisibles et les dates auxquelles ces mesures ont été prises :
    • ajout de nourriture;
    • introduction d'équipement et de fournitures apicoles usagés;
    • source des bourdons achetés et date de l'installation des colonies.
  • noter par ruche tous les cas soupçonnés ou confirmés d'infestation ou d'infection ou les alertes officielles concernant des organismes nuisibles qui ne sont pas communs dans la région. Ces informations pourraient justifier le déclenchement d'une surveillance plus intensive dans les secteurs à risque élevé.

1.4 Diagnostic et surveillance

Objectifs

Le producteur veille à ce que les organismes nuisibles et leurs signes soient identifiés correctement et exerce une surveillance constante afin d'évaluer les risques d'infection ou d'infestation.

Description

Les organismes nuisibles suivants infligent des pertes ou occasionnent des problèmes importants aux éleveurs commerciaux et distributeurs de bourdons, aux fournisseurs de services d'entretien, aux serriculteurs et aux chercheurs travaillant avec des bourdons. De plus amples renseignements sur chacun de ces pathogènes sont fournis à l'annexe C.

  • nosema (Nosema bombi)
  • crithidia (Crithidia bombi)
  • acarien des trachées (Locustacarus buchneri)
  • parasitoïdes du couvain (guêpes du genre Mellitobia)
  • petit coléoptère des ruches
  • teigne de la cire
  • pathogènes de l'abeille domestique (couvain plâtré et virus)

Dans la majorité des cas, la surveillance des ruches repose sur une évaluation hebdomadaire de l'activité pollinisatrice et de l'état de santé des colonies par un observateur. Dans bien des cas, le producteur serricole confie à son fournisseur ou distributeur de bourdons la responsabilité d'exercer cette surveillance, de préserver la santé de ses colonies et d'éliminer les colonies malades ou infestées.

En général, les producteurs de fruits et de légumes n'ouvrent pas les boîtes de ruche après les avoir installées, et la surveillance repose donc sur l'observation des bourdons à l'extérieur des ruches. Dans la plupart des cas, les observateurs recherchent des marques indicatrices de butinage et d'activité pollinisatrice sur les plantes. Ces marques témoignent de l'état de santé des colonies. Ils sont également à l'affût de signes d'infestation par des guêpes du genre Mellitobia et d'autres organismes nuisibles.

La surveillance est une composante-clé de la lutte intégrée (avec une application directe à la biosécurité). La surveillance comporte les trois grands objectifs suivants :

  1. Surveiller les colonies afin de déterminer l'origine des éventuelles conditions anormales observées et d'éliminer les causes autres que l'infestation ou l'infection avant d'entreprendre un traitement.
    1. Déclin inexpliqué du butinage et de l'activité pollinisatrice, signe possible d'une détérioration de l'état de santé des bourdons.
    2. Présence de bourdons morts :
      1. larves mortes;
      2. adultes morts dans la ruche;
      3. adultes morts à l'extérieur de la ruche.
    3. Bourdons présentant un comportement anormal :
      1. comportement alimentaire;
      2. bourdons léthargiques, désorientés, rampants, incapables de voler, pris de convulsions et et/ou de tremblements.
  2. Si un problème est décelé, surveiller les colonies pour identifier l'organisme en cause et confirmer sa présence, effectuer des dénombrements, prendre les mesures correctrices qui s'imposent et, au besoin, aviser les autorités compétentes dans les cas suivants :
    1. Bourdons adultes présentant un aspect anormal ou des signes de maladie :
      1. bourdons paraissant graisseux ou mouillés, sans poils, de couleur pâle ou opaque, aux yeux rougeâtres;
      2. signes de dysenterie ou présence de déjections;
      3. odeur anormale.
    2. Signes visuels d'une maladie du couvain (p. ex. larves présentant un aspect anormal ou mortes);
    3. Signes visuels attestant la présence d'organismes nuisibles confirmés par des dénombrements, le cas échéant :
      1. couvain et adultes;
      2. bourdons aux ailes déformées.
    4. Signes visuels de perturbations causées par un ravageur (p. ex.. fourmi, petit coléoptère des ruches, fausse-teigne de la cire);
    5. Confirmation de l'infection ou de l'infestation par un laboratoire de diagnostic.
  3. Surveiller les colonies pour évaluer l'efficacité des traitements et justifier l'administration d'un nouveau traitement au besoin :
    1. Évaluer l'efficacité des traitements effectués;
    2. Effectuer des tests diagnostiques pour vérifier la présence d'une résistance au traitement.

Pratiques recommandées

L'efficacité de la surveillance repose sur l'application des principes de gestion suivants :

  1. Être à l'affût des nouveaux cas d'infection ou d'infestation et se tenir au courant des alertes sanitaires dans sa région.
  2. Exercer durant toute la période de gestion des ruches une surveillance régulière adaptée au cycle vital (stades les plus vulnérables) des bourdons et des organismes nuisibles et établir un plan de surveillance continue afin d'évaluer le statut des ruches et des colonies à l'égard des organismes nuisibles :
    1. à chaque visite des ruches;
    2. après chaque traitement (évaluation de l'efficacité des traitements);
    3. avant de déplacer les ruches, le cas échéant.
  3. Être en mesure de reconnaître les signes visuels précoces d'un éventuel problème, de manière à pouvoir entreprendre rapidement une enquête sur les causes du problème et éviter la mise en place de mesures correctrices inappropriées ou superflues.
  4. Surveiller les facteurs environnementaux et autres facteurs évoquant des signes d'infection ou d'infestation.
  5. Utiliser des méthodes d'échantillonnage applicables à l'ensemble de l'exploitation.
  6. Prendre les précautions qui s'imposent durant la manipulation des échantillons pour éviter la propagation d'organismes nuisibles.
  7. Confirmer la cause du problème décelé en effectuant des tests sous microscope ou en confiant des échantillons à des laboratoires de diagnostic.
  8. Identifier les échantillons à l'aide du numéro d'identification des boîtes de ruche.
  9. En plus d'inspecter régulièrement les colonies, se renseigner sur les programmes d'inspection volontaire disponibles localement et participer à ces programmes s'ils sont offerts.
  10. Consigner dans un registre les observations et les dates auxquelles elles ont été réalisées, les dénombrements effectués, etc.
  11. Offrir aux producteurs et à leurs employés une formation et des séances de mise à jour des connaissances sur l'identification des organismes nuisibles communs et exotiques et leurs symptômes.

Tenue de registres

La tenue de registres est un élément essentiel de la surveillance des organismes nuisibles et des maladies. Les registres devraient être conservés suffisamment longtemps pour permettre de retracer efficacement l'origine des problèmes décelés, le cas échéant. Les informations suivantes (fournisseur) devraient y être consignées :

  • identificateur des boîtes de ruche;
  • date de l'inspection;
  • nom de la personne chargée d'effectuer l'inspection;
  • indicateurs de l'intensité de pollinisation et de butinage (en général, pourcentage estimé de plantes visitées);
  • observations visuelles de l'état de santé et du comportement des bourdons;
  • observations visuelles de signes attestant la présence d'organismes nuisibles;
  • observations visuelles de signes de perturbation ou de dommages infligés aux boîtes de ruche;
  • résultats de la numération des spores ou du dénombrement des parasites (le cas échéant).

1.5 Plan d'intervention standard

Objectifs

Le producteur établit un plan d'intervention standard comportant de seuils de traitement, des options et des plans de rotation, des procédures de notification, la tenue de registres et des mesures de suivi.

Description

Une intervention désigne toute initiative (p. ex. élimination des colonies contaminées, application de méthodes de lutte culturale, traitements) visant à contenir, à éliminer ou à réduire les risques d'infection ou d'infestation des colonies.

Une intervention courante désigne une initiative ciblant un organisme nuisible communément rencontré dans l'exploitation ou la région. Les risques pour la biosécurité posés par ces organismes peuvent être assortis d'exigences provinciales ou faire l'objet d'avis ou d'alertes.

Une intervention d'urgence est déclenchée par la présence soupçonnée ou confirmée d'un organisme nuisible exotique ou peu familier présentant un risque élevé. Les risques pour la biosécurité posés par ces organismes sont normalement assujettis à des exigences provinciales de notification (voir le chapitre suivant).

Un plan d'intervention prévoyant l'application de mesures d'isolement ou d'élimination des ruches contaminées, l'administration de traitements ou le recours à des procédures de communication et de notification est établi.

Aux fins de la mise en place d'un plan d'intervention standard, le producteur doit se tenir au courant des mesures recommandées, comprendre l'incidence des facteurs environnementaux sur l'efficacité des éventuelles interventions, comprendre et respecter les bonnes pratiques de gestion sous-tendant les pratiques de lutte antiparasitaire et les procédures d'assainissement et de désinfection requises pour prévenir les nouvelles expositions, et tenir un registre des mesures prises et des résultats obtenus.

Pour être en mesure d'appliquer efficacement le plan d'intervention standard, les producteurs et leurs employés doivent avoir suivi une formation sur les pratiques recommandées et savoir quand et comment contacter l'apiculteur provincial ou un inspecteur apicole (voir la section 2.7.)

Pratiques recommandées

Il n'entre pas dans la portée du présent guide du producteur de décrire en détail les méthodes de traitement recommandées applicables aux bourdons. Lorsqu'un observateur ou le producteur détecte un pathogène ou un parasite important dans une ruche, il est généralement recommandé de détruire et de remplacer cette ruche. En pareil cas, le protocole prévu pour l'élimination des ruches doit être appliqué immédiatement, comme cela se ferait à la fin du cycle de production.

Si l'option privilégiée est le traitement de la ruche, la première mesure recommandée consiste à s'informer des méthodes de traitement prescrites par les autorités provinciales et à s'y conformer. En d'autres mots, le producteur doit se tenir au courant des nouvelles homologations de produits, des modifications proposées au mode d'emploi des produits homologués ou aux seuils de traitement saisonniers et des nouvelles pratiques de lutte culturale. À l'heure actuelle, les autorités provinciales ne publient aucune recommandation de cette nature applicable aux bourdons. À moins qu'il parvienne à obtenir des recommandations précises d'une autre source, le producteur qui souhaite traiter ses ruches devra se résoudre à appliquer une méthode de traitement recommandée pour l'abeille domestique.

Tenue de registres

Les renseignements consignés sur l'élimination des ruches doivent être conservés suffisamment longtemps pour permettre un retraçage efficace et efficient, si nécessaire. Les informations suivantes devraient être consignées dans un registre :

  • date et endroit où la ruche a été éliminée;
  • raisons justifiant la décision de détruire la ruche (p. ex. précisions sur les symptômes décelés si cette décision est motivée par des impératifs antiparasitaires);
  • notes faisant état de bourdons vivants non détruits, le cas échéant;
  • méthode utilisée pour détruire la boîte de ruche et son contenu (p. ex. durée de l'exposition au gel, fumigation au dioxyde de carbone ou immersion dans l'eau);
  • emplacement exact de l'élimination définitive par enfouissement (p. ex. dans une décharge) ou par incinération;
  • mesures prises pour désinfecter le site où la boîte de ruche était installée;
  • notes sur les conditions environnementales et autres observations pertinentes.

1.6 Plan d'intervention d'urgence

Objectifs

Le producteur établit un plan d'intervention d'urgence et comprend bien les modalités de sa mise en œuvre.

Description

Un plan d'intervention d'urgence est mis en œuvre lorsque la présence d'un organisme nuisible exotique ou peu familier présentant un risque élevé est soupçonnée ou confirmée. De tels risques pour la biosécurité sont vraisemblablement assujettis à des exigences provinciales en matière de notification.

La mise en œuvre d'un plan d'intervention d'urgence est déclenchée dans les situations suivantes :

  • des alertes avisant les producteurs de l'introduction au pays ou de la découverte dans une province ou une région d'un organisme nuisible exotique sont émises par les autorités fédérales ou provinciales ou des associations de producteurs;
  • des rapports informels font état de taux d'infection ou d'infestation inhabituels ou anormalement élevés dans la région;
  • la présence d'un organisme nuisible à haut risque dans une exploitation est confirmée par l'apiculteur provincial, l'inspecteur apicole, un observateur ou un autre spécialiste;
  • le producteur observe chez ses bourdons un changement d'effectif ou de comportement ou une baisse de l'intensité du butinage ou de l'activité pollinisatrice qu'il ne peut expliquer ou n'a jamais vu auparavant;
  • le producteur observe des signes de maladie ou des parasites ou insectes nuisibles qu'il n'a jamais vus auparavant.
  • un traitement dirigé contre un organisme nuisible n'a pas donné les résultats escomptés.

Menace : Introduction d'un risque sous la forme d'un organisme nuisible qui peut se propager rapidement, infliger de lourdes pertes économiques et/ou ne peut être tenu en échec ni éradiqué à l'aide des méthodes de lutte existantes ou approuvées.

Quarantaine : Ordonnance particulière visant une exploitation, un stock d'abeilles ou des équipements précis émise par un inspecteur dans le but de prévenir toute propagation additionnelle d'un risque pour la biosécurité ou de détecter un tel risque.

Zone de quarantaine : Zone désignée par une autorité gouvernementale compétente à l'intérieur de laquelle l'industrie et/ou le gouvernement appliquent des mesures additionnelles dans le but de prévenir toute propagation additionnelle d'un risque pour la biosécurité ou de détecter un tel risque.

L'ordonnance de quarantaine précise les limites de la zone de quarantaine établie, les raisons justifiant l'établissement d'une telle zone, les mesures qui doivent être prises et les activités permises et interdites à l'intérieur de cette zone. L'ordonnance de quarantaine demeure en vigueur jusqu'à sa levée par l'autorité réglementaire compétente.

Pratiques recommandées

1. Communication et notification

  1. Le plan prévoit le maintien de liens de communication avec les groupes suivants :
    1. le personnel de l'exploitation;
    2. l'inspecteur apicole, l'apiculteur provincial ou l'autorité réglementaire compétente;
    3. les associations intéressées;
    4. les fournisseurs de bourdons susceptibles d'assurer involontairement la propagation d'organismes nuisibles;
    5. les autres producteurs et apiculteurs (bourdons et abeilles domestiques) susceptibles de favoriser involontairement le mélange de bourdons;
    6. les producteurs agricoles qui utilisent des bourdons d'autres producteurs à l'intérieur ou à proximité de leurs champs.
  2. Aux fins des communications, le plan comprend un annuaire des personnes-ressources, de leurs numéros de téléphone et de leurs adresses de courriel; cet annuaire est tenu à jour et accessible à tous les employés.
  3. Le principal élément déclencheur qui incite le producteur à communiquer avec les services gouvernementaux est l'obligation réglementaire de signaler les risques pour la biosécurité à déclaration ou notification obligatoire. Les raisons qui incitent le producteur à communiquer avec des intervenants de l'extérieur peuvent varier selon que le risque pour la biosécurité est soupçonné ou confirmé, qu'il peut se propager rapidement ou non, qu'il est présent ailleurs ou non et que son origine est connue ou non.

2. Protocole de gestion des bourdons

  1. Lorsqu'un risque pour la biosécurité est soupçonné mais n'a pas encore été confirmé, les mesures suivantes doivent être prises :
    1. suspendre tous les déplacements planifiés de colonies ou de ruches;
    2. fermer et marquer les colonies soupçonnées d'être infestées ou infectées et en restreindre l'accès;
    3. isoler les colonies soupçonnées d'être infestées ou infectées ou les colonies mortes dans une installation à l'épreuve des bourdons, si la chose est possible, ou entreposer ces colonies dans une chambre froide sous une faible humidité relative;
    4. suspendre les ventes de bourdons et de fournitures, le cas échéant;
    5. interrompre l'introduction dans l'exploitation de bourdons provenant de la source présumée du risque pour la biosécurité;
    6. intensifier la surveillance et accroître la fréquence des inspections et des échantillonnages;
    7. installer des pièges, si une telle mesure est pertinente (p. ex. ciblant la pyrale indienne de la farine ou les guêpes du genre Mellitobia);
    8. exiger des visiteurs qu'ils enfilent des vêtements de protection lorsqu'ils entrent dans un secteur où un risque pour la biosécurité a été contenu et qu'ils les inspectent et les retirent et nettoient leurs chaussures lorsqu'ils en ressortent;
    9. prendre des précautions additionnelles pour désinfecter les véhicules, les filets, les installations, l'équipement apicole, les outils et l'équipement de protection individuelle après chaque manipulation de colonies infestées ou infectées ou de ruches contaminées (voir la section 2.5.);
    10. veiller à ce que les protocoles établis pour l'élimination des ruches infestées et de leur contenu soient appliqués à la lettre (voir la section 2.4.).
  2. Lorsqu'un risque pour la biosécurité est confirmé, les procédures additionnelles suivantes doivent être suivies :
    1. appliquer le plus rapidement les mesures recommandées, y compris les mesures de destruction, d'élimination ou de traitement du matériel contaminé;
    2. étendre les traitements à toutes les colonies de l'exploitation, selon la nature et la gravité du risque de biosécurité décelé;
    3. intensifier la lutte culturale en fournissant un apport additionnel de nourriture aux bourdons et en gérant les facteurs susceptibles d'accroître la vulnérabilité des colonies aux organismes nuisibles.

3. Protocoles de quarantaine

  1. Respecter toutes les exigences de l'ordonnance de quarantaine ou se rattachant à la zone de quarantaine établie concernant, notamment, les restrictions de déplacement, l'obligation d'obtenir une autorisation officielle avant de déplacer des colonies et de l'équipement, les protocoles de destruction et d'élimination ou la tenue de registres.

4. Protocole régissant les déplacements des visiteurs

  1. Tenir à jour un registre des visiteurs indiquant le nom de chaque visiteur, l'organisation à laquelle il appartient, ses coordonnées, sa provenance et sa destination, le but de la visite et la date et l'heure de sa visite.
  2. Exiger des visiteurs qu'ils enfilent des vêtements de protection lorsqu'ils entrent dans l'exploitation et qu'ils les inspectent et les retirent et nettoient leurs chaussures lorsqu'ils en ressortent.

5. Signalisation

  1. Respecter les exigences en matière de signalisation relatives à l'identification des limites de la zone de quarantaine.
  2. Installer des panneaux indicateurs rappelant aux membres du personnel et aux visiteurs les précautions additionnelles à prendre aux points d'entrée et de sortie.
  3. Marquer comme telles les ruches infectées ou infestées ou soupçonnées de l'être.

Tenue de registres

Les registres doivent être conservés suffisamment longtemps pour permettre de retracer efficacement l'origine des problèmes décelés, le cas échéant. Les exigences se rattachant à la tenue de registres sont les mêmes que pour le plan d'intervention standard, sauf que les registres doivent inclure la date et la source des notifications, des rapports et des ordonnances de quarantaine (et des informations sur les personnes-ressources) et toute autre communications entre :

  • les membres du personnel;
  • l'apiculteur ou les inspecteurs provinciaux;
  • les associations intéressées;
  • les fournisseurs concernés ou les clients;
  • les autres producteurs et apiculteurs;
  • les agriculteurs et entrepreneurs offrant des services de pollinisation à forfait.

Tenir à jour un registre des visiteurs

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