Guide du producteur inspecteur des bourdons - Norme nationale de biosécurité à la ferme pour l'industrie apicole
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Pourquoi une norme nationale?

La Norme nationale de biosécurité à la ferme pour l'industrie apicole constitue le fondement d'un programme volontaire complet qui vise à fournir des directives et des conseils pratiques aux propriétaires ou aux exploitants des trois principaux secteurs apicoles au Canada : abeille domestique, découpeuse de la luzerne et bourdons. Ce document a été élaboré en partenariat avec des représentants de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et du Conseil canadien du miel (CCM) (pour le compte des associations provinciales d'apiculteurs et de producteurs de miel), des apiculteurs provinciaux et l'Association canadienne des professionnels de l'apiculture (ACPA). Les fonds nécessaires à son élaboration proviennent de l'initiative Cultivons l'avenir d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.

L'industrie apicole canadienne applique des pratiques de biosécurité à la ferme depuis de nombreuses années. L'objectif d'une norme nationale est de fournir une approche nationale uniforme pour la mise en place de pratiques de biosécurité dans les petites et grandes exploitations. L'élaboration de normes de biosécurité à la ferme est une initiative nationale qui touche tous les secteurs de l'industrie agricole (élevages et cultures). L'apiculture a été désignée secteur prioritaire pour l'élaboration d'une norme de biosécurité volontaire à la ferme.

Valeur de l'industrie apicole canadienne

De nombreuses cultures dépendent de la pollinisation assurée par les espèces d'abeilles domestiquées. Les cultures dépendant de la pollinisation, comme celles des fruits et des légumes, ont connu un essor rapide au Canada. La contribution à titre d'agents pollinisateurs des abeilles et en particulier des bourdons à la valeur des récoltes est plus difficile à estimer, mais elle s'élève assurément à plusieurs centaines de millions de dollars.

Les bourdons sont utilisés pour la pollinisation de 25 cultures différentes, y compris les cultures fruitières (incluant les petits fruits) et légumières et certaines cultures semencières. Au Canada, on estime que 95 % des bourdons sont utilisés pour la pollinisation des cultures de tomates et de poivrons de serre, dont la valeur est estimée à 800 millions de dollars annuellement.Note de bas de page1 Selon CANPOLIN , la contribution des bourdons à la pollinisation des tomates de serre s'élève à environ 12 % de la valeur de cette culture en Ontario.Note de bas de page2

À qui ce document s'adresse-t-il?

Cette norme nationale de biosécurité a été élaborée en tant qu'outil à l'intention des personnes et des entreprises qui manipulent et élèvent des abeilles, en particulier des abeilles domestiques, des découpeuses de la luzerne et des bourdons.

Le présent guide du producteur est destiné à tous les fournisseurs et producteurs agricoles qui utilisent des bourdons à titre d'agents pollinisateurs. Une bonne partie de ce document décrit des pratiques qui peuvent être intégrées facilement aux activités serricoles. Ce document a également pour but de proposer des mesures pouvant être utilisées par tous les secteurs de l'industrie du bourdon (fournisseurs, producteurs agricoles [cultures en serre ou au champ]). Il fournit des conseils pratiques sur la façon d'atteindre la série d'objectifs énoncés dans la norme nationale et des renseignements sur les divers sujets qui y sont abordés.

Importance de la biosécurité

Appliquée à l'industrie apicole, l'expression biosécurité à la ferme désigne l'ensemble des pratiques de gestion requises pour prévenir le plus possible l'introduction et la propagation d'agents pathogènes, de parasites, d'insectes nuisibles et de prédateurs (collectivement qualifiés d'organismes nuisibles) dans les exploitations apicoles et au-delà.

L'efficacité d'un programme de biosécurité repose sur la compréhension et l'application rigoureuse de toutes les mesures requises pour prévenir le plus possible la transmission d'organismes nuisibles parmi les populations animales élevées ou les populations végétales cultivées, y compris leur introduction (bioexclusion), leur propagation parmi les populations (gestion biologique) et leur libération dans l'environnement (bioconfinement). Lorsqu'une composante du programme comporte des lacunes ou lorsque les mesures de biosécurité ne sont pas appliquées de façon exhaustive, des organismes nuisibles peuvent s'introduire dans les colonies de bourdons ou s'y maintenir.

Chaque fois que des bourdons, du matériel apicole ou de la nourriture infectés ou infestés sont introduits dans une exploitation, les colonies saines risquent d'être exposées à des organismes nuisibles. Une telle situation peut résulter d'introductions intentionnelles ou du mélange involontaire de bourdons provenant d'autres exploitations. À l'intérieur d'une exploitation, la manipulation et le partage d'eau ou de sources de nourriture entre colonies peuvent favoriser la propagation d'organismes nuisibles. La formation, la surveillance, l'application de mesures de gestion préventive (incluant la conception du matériel et l'aménagement des installations) et la mise en place de mesures de traitement en temps opportun sont nécessaires pour atténuer ces risques.

Avantages liés à l'application de bons principes de biosécurité

L'application de mesures de biosécurité rigoureuses comporte de nombreux avantages pour l'industrie et les exploitants apicoles. En général, les producteurs peuvent ainsi réduire les risques associés à divers problèmes avant que ceux-ci deviennent d'importants risques pour la biosécurité susceptibles de compromettre le fonctionnement de toute l'exploitation.

L'application de bonnes pratiques de biosécurité permet également de réduire les pertes économiques et élimine ou réduit le besoin de consacrer du temps et des fonds substantiels à la mise en place de mesures agressives ou à grande échelle de surveillance, de traitement et même de quarantaine. Les producteurs peuvent ainsi préserver leur réputation ou la restaurer plus rapidement s'il prennent les mesures correctrices qui s'imposent en temps opportun. Ils peuvent ajuster les traitements et les méthodes d'application de manière à en accroître l'efficacité dans l'avenir parce qu'ils comprennent la cause du problème.

Le respect des pratiques de biosécurité recommandées permet également d'accroître la productivité des bourdons, d'abaisser les coûts de fonctionnement et de réduire les risques et procure aux producteurs une tranquillité d'esprit. Les nombreux avantages associés à l'application de bonnes pratiques de biosécurité sont énumérés ci-dessous :

Productivité accrue

  • La gestion des facteurs environnementaux et le confinement des bourdons à l'intérieur des serres permettent d'accroître l'activité de pollinisation.
  • Des bourdons en santé se reproduisent mieux.
  • La maîtrise des ravageurs occasionnant une nuisance facilite la gestion des colonies.

Réduction des coûts

  • La mise en place d'un système de surveillance antiparasitaire approprié permet de réduire le temps et les montants consacrés à la mise en place de mesures de gestion non justifiées.
  • Réduction du temps consacré à l'élimination, à la désinfection et au remplacement des ruches.
  • Réduction du temps et des montants consacrés à l'élimination des pièces d'équipement et des fournitures.

Réduction des risques

  • Réduction des risques d'exposition, d'introduction et de propagation d'organismes nuisibles.
  • Réduction du risque de dévastation occasionné par l'introduction d'un nouveau risque pour la biosécurité.
  • Détection précoce des risques pour la biosécurité.

Tranquillité d'esprit

  • L'application de procédures normalisées d'exploitation accroît le niveau de confort de toutes les personnes mises en présence de bourdons.
  • Le fait d'avoir des bourdons en santé contribue à accroître la réputation du producteur.
  • Capacité accrue de retracer l'origine des organismes nuisibles décelés et d'appliquer les pratiques de gestion recommandées pour les autres bourdons à risque.
  • Maintien des relations commerciales interprovinciales et internationales en casd'épidémie grave dans une autre région.

Élaboration du présent document

Le présent document fournit des conseils pratiques sur la façon d'atteindre la série d'objectifs énoncés dans la Norme nationale de biosécurité à la ferme pour l'industrie apicole. Durant l'élaboration de cette norme nationale et du présent guide du producteur, la priorité a été accordée aux mesures de biosécurité les plus susceptibles de réduire les risques et de prévenir la propagation d'organismes nuisibles contagieux. Ce programme repose sur des principes clairs et scientifiquement justifiés. Il expose une série de mesures visant à empêcher des organismes nuisibles de pénétrer dans une installation où des bourdons sont gardés ou d'en sortir.

La série de conseils généraux qui y sont énoncés a été élaborée en collaboration étroite avec des représentants des divers secteurs de l'industrie apicole, notamment le comité consultatif sur la biosécurité des abeilles (CCBA), dont les membres représentent tous les utilisateurs potentiels du présent document. Ce comité a déterminé les domaines qui se prêtent à des interventions pratiques efficaces fondées sur une approche objective et impartiale tirant profit des résultats de recherches publiées, de la réglementation existante, des manuels de pratiques de gestion reconnus et de diverses recommandations en matière de traitement.

Les intervenants suivants ont participé à l'élaboration ou à la révision du présent guide ou ont été consultés dans le cadre de ce processus :

  • tous les apiculteurs provinciaux;
  • les associations de producteurs d'abeilles domestiques et de découpeuses de la luzerne;
  • le Conseil canadien du miel (CCM);
  • les associations de l'industrie de la découpeuse de la luzerne (Alberta, Saskatchewan, Manitoba);
  • des spécialistes, des fournisseurs et des chercheurs de l'industrie du bourdon;
  • le Bureau de la biosécurité animale de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

Pour obtenir une rétroaction directe des producteurs, on a :

  • réalisé une série d'études de cas à la ferme;
  • réalisé des entrevues auprès de fournisseurs et d'utilisateurs de bourdons à des fins de pollinisation de cultures en serre et au champ;
  • favorisé la participation d'intervenants choisis aux travaux de l'équipe chargée de la révision du présent document.

Utilisation du présent document

L'industrie apicole canadienne forme une vaste clientèle cible qui englobe des apiculteurs amateurs, des producteurs commerciaux de miel, des fournisseurs de services de pollinisation à forfait utilisant des abeilles domestiques ou des découpeuses de la luzerne, des producteurs agricoles (cultures en serre et au champ) et des fournisseurs. Selon les situations, seule une fraction des principes énoncés dans la norme nationale ou le présent guide pourront s'appliquer. Pour en favoriser l'application, la Norme nationale de biosécurité à la ferme pour l'industrie apicole est structurée en deux sections, à savoir :

  • Gestion de la santé des abeilles
  • Gestion des opérations

Chacune de ces sections est sous-divisée en sous-sections comportant chacune un objectif bien précis.

Chaque objectif correspond à une cible de bonnes pratiques que tous les éleveurs d'abeilles doivent s'efforcer de mettre en œuvre pour prévenir l'introduction et la propagation d'organismes nuisibles dans leurs colonies. Chaque énoncé d'objectif est suivi d'une description détaillée des enjeux de biosécurité accompagnée d'une définition des termes clés. Des pratiques destinées à réduire l'exposition ou à atténuer l'impact de ces risques sont également recommandées.

Le présent document n'énumère pas toutes les méthodes permettant de réduire les risques pour la biosécurité, mais il présente certaines pratiques bénéfiques adaptées au contexte changeant et complexe de l'industrie du bourdon qui devraient aider les producteurs à atteindre la série d'objectifs énoncés dans la norme nationale. Selon les situations, seule une fraction des principes énoncés dans le présent guide pourront s'appliquer.

Tous les producteurs doivent s'efforcer d'appliquer les principes de biosécurité à chaque composante de leur exploitation. Pour les personnes qui sont peu familières avec le concept de biosécurité ou qui disposent de ressources limitées, ou lorsqu'il n'est ni pratique ni utile d'atteindre complètement chacun des objectifs, le présent guide proposent une série de pratiques facilitant l'atteinte des objectifs ciblés.

L'industrie du bourdon est dynamique. De nouveaux produits et de nouvelles stratégies et techniques de lutte contre les maladies, les parasites et autres organismes nuisibles feront leur apparition au gré des progrès scientifiques réalisés dans le domaine de la gestion des bourdons. De nouvelles menaces à la biosécurité émergeront, et de nouvelles mesures visant à réglementer l'industrie du bourdon pourraient être proposées. Certaines sections (p. ex. sur la réglementation et les traitements) ont d'ailleurs été incluses en prévision des changements qui pourraient survenir.

Le présent guide peut donc être considéré comme un document évolutif. Les principes de base qui sont énoncés dans la norme nationale et ce document continueront de s'appliquer dans le futur. Il appartient à chaque producteur de maintenir continuellement ses connaissances à jour et de tenir compte de la réglementation en vigueur et des présentes recommandations pour intégrer les pratiques de biosécurité à ses opérations.

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