Biosécurité pour les fermes laitières canadiennes - Guide de planification pour les producteurs
Index 2. Domaine de contrôle 2 : Introductions et déplacements d'animaux

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Des bovins peuvent être ajoutés au troupeau afin d'accroître la taille du troupeau, de respecter les exigences en matière de quotas, de remplacer les bovins perdus en raison de maladies ou de blessures, de tenir compte du faible rendement de reproduction ou de composer avec un troupeau vieillissant. Peu importe la raison, l'introduction de nouveaux animaux à la ferme constitue l'un des plus grands risques d'introduction de maladies infectieuses. Il est essentiel de mettre en application des pratiques de biosécurité en vue d'atténuer ce risque.

Élever un troupeau fermé est une bonne façon de protéger les bovins et, dans la mesure du possible, l'élevage d'un troupeau fermé est une bonne pratique.

Avant d'ajouter un animal à votre troupeau, il est préférable de déterminer les raisons sous-jacentes qui entraînent la nécessité d'acquérir d'autres animaux. Dans la mesure du possible, tentez de trouver des solutions de rechange qui pourraient éliminer la nécessité d'introduire de nouveaux animaux.

Cependant, lorsqu'il est nécessaire d'ajouter des bovins au troupeau, il est important de planifier ces introductions et d'utiliser les bonnes pratiques qui sont formulées ci-dessous.

Stratégie 1 : Limiter la fréquence des achats et le nombre de sources

Comme mentionné précédemment, l'achat et l'introduction de bovins dans votre troupeau sont un facteur de risque important d'introduction d'organismes causant des maladies dans votre ferme. Vous pouvez réduire ce risque en limitant le nombre de bovins que vous achetez, la fréquence d'introduction et le nombre de sources.

Bonne pratique 1 : Élever ses propres bovins

En théorie : Élever un troupeau fermé

Dans un « troupeau fermé », le troupeau est repeuplé uniquement avec des animaux élevés à la ferme et, par conséquent, dans des conditions communes de biosécurité et de gestion de la santé. Des vaches, des taureaux, des veaux ou des génisses ne sont pas introduits à la ferme pour quelque raison que ce soit et ne sont pas réintroduits à la ferme après en avoir été retirés pour quelque raison que ce soit (p. ex. exposition).

L'élevage d'un troupeau fermé nécessite la mise en application de pratiques de production qui éliminent la nécessité d'introduire de nouveaux animaux de production dans le troupeau, tout en faisant en sorte qu'il soit possible de respecter les quotas dans le cadre du programme de gestion du troupeau en place. Le programme de gestion du troupeau peut comprendre l'achat de sperme et d'embryons, dans des conditions de biosécurité convenables, ce qui permet d'ajouter des animaux et de procéder à la planification génétique du troupeau.

Vous pouvez obtenir des renseignements sur la planification et la gestion d'un troupeau fermé en communiquant avec votre association provinciale de producteurs laitiers ou en vous adressant à votre médecin vétérinaire. Bien que l'élevage d'un troupeau fermé comporte de nombreux avantages en matière de biosécurité, cette pratique en tant que telle ne doit pas être la seule mesure de prévention prise à la ferme contre les maladies.

Il est clair que dans de nombreuses situations, l'élevage d'un troupeau fermé en tout temps est difficilement réalisable. Si des bovins vivants doivent être introduits, les bonnes pratiques suivantes devraient être prises en considération.

Bonne pratique 2 : Établir une liste de fournisseurs conformes dans le cas d'une situation pressante d'agrandissement

  • Évaluez chaque fournisseur en posant les questions suivantes :
    • Quel est l'état de santé actuel et antérieur de son troupeau? La réponse peut-elle être appuyée de preuves telles que des registres sur les maladies, des registres sur les traitements, des visites du médecin vétérinaire et des registres d'analyse en laboratoire?
    • Quelles pratiques de biosécurité applique-t-il?
    • Fournit-il de la documentation avec les bovins?
    • Mélange-t-il des animaux provenant de différentes sources à la ferme ou pendant le transport?
    • Comment transporte-t-il les bovins?
    • En quoi l'état de santé du troupeau source est-il comparable à celui de votre propre troupeau?
  • Dans la mesure du possible, choisissez uniquement des fournisseurs de bonne réputation qui ont des troupeaux dont l'état de santé est équivalent ou supérieur à celui de votre troupeau et qui suivent des programmes de surveillance et de prévention des maladies.
  • Entretenez des relations avec des fournisseurs fiables qui vous ont déjà vendu des bovins dont le risque de maladie était faible.
  • Évitez d'acheter des animaux provenant de sources inconnues ou de sources mélangées, comme les enchères de bestiaux.
  • Limitez le nombre de sources.

Bonne pratique 3 : Planifier d'avance les introductions d'animaux

  • Examinez vos registres afin de déterminer vos exigences en matière d'ajouts au cours des mois ultérieurs.
  • Consolidez vos intrants en un cycle plus long, ce qui réduira le nombre de fois que des animaux sont introduits.
  • Communiquez à l'avance avec votre fournisseur pour vous assurer qu'il peut répondre à vos besoins.

Bonne pratique 4 : Transporter les bovins dans des véhicules sanitaires qui ne transportent pas d'autres animaux

  • Achetez et transportez les bovins directement de la ferme d'origine.
  • Dans la mesure du possible, transportez les bovins achetés ou les animaux de foires dans vos propres véhicules ou remorques.
  • Si vous utilisez un véhicule commercial ou partagé, assurez-vous qu'un nettoyage et une désinfection en profondeur sont effectués avant de l'utiliser.
  • Évitez de mélanger les animaux pendant le transport.
  • Assurez-vous que tous les véhicules sont nettoyés et désinfectés après chaque utilisation.

Stratégie 2 : Connaître l'état de santé des animaux achetés

La clé d'un achat sécuritaire de nouveaux animaux n'est pas d'acheter uniquement des bovins sans risque de maladie; cela est difficile à certifier et n'est pas réalisable, dans la plupart des cas. Vous devez plutôt mener une évaluation des risques afin de déterminer la probabilité qu'un animal est ou pourrait être porteur d'une ou de plusieurs maladies. Des renseignements exhaustifs et fiables sur l'état de santé actuel de l'animal, ses antécédents de maladie et l'état de santé, et les antécédents du troupeau d'origine sont essentiels pour mener cette évaluation des risques. Ces renseignements vous offrent également une base sur laquelle vous pouvez fonder vos décisions relatives à l'achat d'un animal et aux étapes d'atténuation des risques à suivre si l'animal est introduit dans votre ferme.

Bonne pratique 1 : Effectuer des tests et des examens avant l'achat

  • Dans la mesure du possible, soumettez l'animal à des tests avant l'achat, tel qu'il est recommandé par votre médecin vétérinaire de troupeau. Les tests devraient être axés sur les maladies qui vous préoccupent et l'historique de santé de l'animal et de la ferme d'origine.
  • Inspectez chaque animal avant l'achat à la ferme d'origine pour évaluer son état de santé :
    • décelez tout signe de verrues poilues aux talons, de piétin et de boiterie.
  • Procédez aux tests de dépistage des maladies suivantes avant l'achat :
    • diarrhée virale des bovins (DVB)
    • virus leucose bovine (VLB)
    • Mycobacterium avium paratuberculosis (maladie de Johne)
    • mammite causée par Staphylococcus aureus, Streptococcus agalactiae ou Mycoplasma bovis.
  • Suivez les lignes directrices du Réseau canadien de recherche sur la mammite bovine (RCRMB) relativement à l'échantillonnage du lait.
  • Demandez à votre médecin vétérinaire de troupeau d'examiner tous les nouveaux bovins immédiatement avant leur introduction dans votre troupeau.

Bonne pratique 2 : Demander une déclaration du vendeur quant à l'origine, la santé, la vaccination et l'historique de traitement des animaux

  • Recueillez des renseignements sur l'état de santé actuel et antérieur de l'animal. Les renseignements pertinents comprennent ce qui suit :
    • antécédents de maladies;
    • état de la vaccination;
    • résultats de laboratoire;
    • traitements administrés;
    • historique de transport;
    • état de santé du troupeau d'origine, y compris les antécédents de maladies et le programme de vaccination.
  • Évaluer la validité des renseignements. En théorie, tous les renseignements devraient être divulgués et la documentation fournie devrait être vérifiée par le médecin vétérinaire du troupeau.
  • Demandez une déclaration du vendeur quant à la propriété d'origine ainsi qu'à l'état de santé et l'historique de traitement des nouveaux bovins.
  • Assurez-vous qu'un renvoi à l'identification des bovins peut être effectué concernant la propriété d'origine à des fins de traçabilité.
  • Tenez des registres des nouveaux bovins introduits, y compris leur état de santé, leur point d'origine, les numéros d'identification, le point d'achat et la méthode de transport.

Bonne pratique 3 : Consulter votre médecin vétérinaire du troupeau avant l'achat

  • Examinez tous les renseignements relatifs au troupeau source avec votre médecin vétérinaire de troupeau afin d'évaluer le risque relatif à l'achat de chaque animal et à son introduction dans le troupeau.
  • Demandez que votre médecin vétérinaire de troupeau puisse parler au médecin vétérinaire du vendeur avant l'achat.
  • Collaborez avec votre médecin vétérinaire afin de déterminer une stratégie d'introduction qui tient compte des risques potentiels. Ces recommandations peuvent comprendre des exigences en matière de test, de traitement, de vaccination et d'isolement.
  • Mener une analyse coûts-avantages liée au prix de l'animal et prendre la décision qui convient relativement à l'achat.
  • Il est préférable de ne pas acheter un animal qui nécessite un traitement important et un isolement prolongé, particulièrement lorsqu'aucune documentation n'est disponible ou lorsque vous soupçonnez qu'elle est incomplète ou inexacte.

Bonne pratique 4 : Connaître l'état de santé du sperme, de l'embryon et des taureaux reproducteurs achetés

  • Renseignez-vous au sujet des pratiques de biosécurité lorsque vous choisissez un fournisseur de sperme et d'embryons commerciaux. Discutez des détails précis suivants :
    • les pratiques de dépistage des maladies;
    • l'incidence de maladies particulières;
    • l'intervention en cas de maladie;
    • la participation à des programmes de certification.
  • Demandez tous les registres et documents à l'appui.
  • Achetez le sperme de fournisseurs connus dont les techniques de production sont certifiées.
  • Gardez les réservoirs de sperme dans un endroit verrouillé et limitez uniquement aux personnes qualifiées, de manipuler le sperme.
  • Examinez la possibilité d'utiliser les bonnes pratiques qui figurent dans les deux premières sections, c'est-à-dire celles qui traitent de l'achat de bovins à toutes fins, ainsi que certains éléments liés au sperme et à l'insémination artificielle, lorsqu'il s'agit d'acheter des taureaux reproducteurs.
  • Utilisez les renseignements fournis par le vendeur du taureau reproducteur pour déterminer si le taureau représente un risque trop élevé pour votre troupeau ou s'il constitue un ajout avantageux. Ces renseignements comprennent ce qui suit :
    • la lignée du taureau;
    • les évaluations de la fécondité;
    • les registres de santé du sujet et du troupeau;
    • d'autres données d'évaluation sur des maladies liées à la reproduction.

Stratégie 3 : Séparer, isoler et surveiller

Une fois que la décision est prise d'introduire ou de réintroduire des animaux dans votre ferme (p. ex. en provenance d'une exposition ou d'une foire), une période d'isolement et une surveillance fréquente devraient avoir lieu. Cela permettra de détecter les maladies et d'intervenir de façon précoce et atténuera le risque d'introduction de maladies dans votre troupeau.

Bonne pratique 1 : Isoler les bovins introduits et réintroduits dans un secteur désigné

  • Désignez un secteur d'isolement pour l'introduction ou la réintroduction de bovins séparé des autres zones d'isolement (p. ex. pour les animaux malades ou en traitement).
  • Déterminez les exigences de votre secteur d'isolement en fonction des modes de transmission des maladies préoccupantes :
    • toute forme de contact nez à nez entre les bovins (on recommande une distance minimale de trois mètres) devrait être évitée;
    • afin d'éviter la transmission par des aérosols, les bovins isolés ne devraient pas respirer le même air qui circulent chez les bovins résidents.
  • Installez des mangeoires, des abreuvoirs et de l'équipement dédiés dans le secteur d'isolement.
  • Nettoyez et désinfectez le secteur d'isolement régulièrement et après chaque utilisation. Retirez rapidement le fumier ou tout autre déchet.
  • Exigez des employés de la ferme qui s'occupent de ces animaux qu'ils se lavent les mains et qu'ils changent leurs vêtements et leurs chaussures avant de s'occuper des autres animaux de la ferme.
  • Maintenez en isolement les nouveaux bovins et ceux qui reviennent à la ferme pendant 14 à 30 jours ou jusqu'à ce que la surveillance ou le traitement et la vaccination indiquent un faible risque de maladie :
    • cette période doit être suffisamment longue pour recevoir tout résultat de tests, observer des signes cliniques de maladie et mettre en application les mesures de santé préventives qui conviennent;
      • Une culture bactérienne du lait et une analyse sanguine pour des maladies précises nécessitent de 14 à 30 jours.
      • La période d'incubation d'un grand nombre de maladies qui affectent les bovins est de deux à trois semaines ou moins.
      • Il est important de savoir que la période d'incubation de certaines maladies est plus longue et qu'il est également possible que des bovins soient porteurs asymptomatiques de certaines maladies. Dans ces cas, vous devriez discuter avec votre médecin vétérinaire de troupeau au sujet de mesures de biosécurité précises à prendre en vue de réduire le risque d'introduction de maladies.
    • si les bovins proviennent ou reviennent d'une source connue dont l'état de santé est équivalent ou supérieur, la période habituelle est de 14 jours;
    • si les bovins proviennent d'une source inconnue ou s'ils ont été mélangés ou importés d'un pays étranger, une période d'isolement d'au moins 30 jours est recommandée.
  • Dans la mesure du possible, isolez séparément les bovins qui proviennent de troupeaux sources différents.
  • Si des vaches en lactation sont introduites, établissez un plan de traite. Assurez-vous que la traite des vaches en isolement se fait en dernier et que tout l'équipement est nettoyé et désinfecté avant la prochaine utilisation pour le troupeau résident.
  • Atténuez le risque relatif à la réintroduction des bovins en incorporant des mesures de biosécurité dans vos activités à l'extérieur de la ferme (expositions, foires). Il est recommandé de procéder de la façon suivante :
    • renseignez-vous au sujet de toute exigence de biosécurité à l'emplacement extérieur;
    • limitez les contacts entre vos bovins et les bovins, le fumier, la litière et les autres produits des autres fermes;
    • exigez que tous ceux qui devront toucher vos bovins se lavent ou se désinfectent d'abord les mains;
    • apportez et utilisez vos propres aliments, votre équipement d'abreuvement, votre litière et votre équipement de toilettage et de manipulation;
    • transportez les bovins dans des véhicules propres et utilisés spécifiquement pour la ferme.

Bonne pratique 2 : Observer et examiner les nouveaux achats et les réintroductions fréquemment pour une détection précoce de maladies

  • Observez et examinez fréquemment les nouveaux animaux (au moins deux fois par jour).
  • Rédigez des protocoles de surveillance. Examinez la possibilité de surveiller ce qui suit :
    • la température,
    • l'attitude,
    • la consommation d'aliments,
    • des signes cliniques de maladie, p. ex. une toux, une boiterie.
  • Tenez un registre des résultats de surveillance et notez toute anomalie dans le registre de santé de chaque animal.
  • Désignez et formez le personnel qui surveillera les animaux.
  • Mettez en place un plan d'intervention en cas d'anomalie.

Stratégie 4 : Tester, vacciner et/ou traiter

Vous assurer que les nouveaux bovins ou ceux qui retournent dans le troupeau résident font l'objet de tests pour dépister les maladies préoccupantes et sont vaccinés ou traités pour tout risque de maladie anticipé est une étape clé. Plus vous connaissez l'historique de santé et de maladies de chaque animal et de son troupeau d'origine, plus vos tests et vos traitements seront ciblés.

Bonne pratique 1 : Mener des tests après l'achat ou la réintroduction d'animaux

  • Suivez un programme de dépistage des maladies pour les nouveaux animaux qui est semblable à celui que vous utilisez pour le troupeau résident.
  • Testez les nouveaux animaux et placez-les en isolement en fonction des recommandations avant de les introduire dans le troupeau.
  • Consultez votre médecin vétérinaire au sujet de votre programme de dépistage des maladies et de l'interprétation des résultats.
  • Recueillez et fournissez les échantillons appropriés dès que les animaux arrivent en isolement, puisqu'il est possible que la période d'attente soit longue avant de recevoir les résultats, selon les tests effectués.
  • Si vous achetez des génisses en gestation, testez la mère et les veaux nés par la suite pour un dépistage du virus DVB afin d'éviter l'introduction dans le troupeau d'un veau dont l'infection persiste.
  • Incorporez les receveurs d'embryons dans votre programme de tests.

Bonne pratique 2 : Vacciner pour l'alignement avec le programme de vaccination des troupeaux résidents

  • Consultez votre médecin vétérinaire au sujet de vos programmes de vaccination de routine et des animaux achetés.
  • Entreprendre une série de vaccins (injections de rappel) pour les nouveaux animaux afin que leur vaccination corresponde au programme de vaccination de votre troupeau.
  • Vaccinez les nouveaux animaux pendant qu'ils sont en isolement.
  • Vaccinez votre troupeau résident en fonction des recommandations de votre médecin vétérinaire de troupeau et du fabricant de vaccins avant d'y introduire les nouveaux animaux.

Bonne pratique 3 : Traiter adéquatement ou mettre à la réforme

  • Faites passer les bovins achetés par un bain de pieds médicamenteux lorsqu'ils arrivent à la ferme et répétez l'exercice deux ou trois jours après leur arrivée.
  • Mener un examen diagnostique complet pour chaque nouvel animal qui devient malade peu de temps après l'achat. Une détection précoce et rapide peut aider à prévenir qu'un cas de maladie se propage au troupeau résident.
  • Faites le traitement approprié ou mettez l'animal à la réforme, selon les résultats de l'examen diagnostique. Discutez des options possibles avec votre médecin vétérinaire de troupeau.

Stratégie 5 : Tenir des registres des lieux et des déplacements

L'identification des animaux est un élément fondamental de la traçabilité des animaux d'élevage. Le Programme canadien d'identification du bétail (PCIB) a été établi par les producteurs de bovins en 2001 et il est dorénavant obligatoire pour tous les bovins laitiers qui quittent leur troupeau d'origine. Chaque bovin doit afficher une marque d'oreille approuvée par l'Agence canadienne d'identification du bétail (ACIB). Toutes les marques sont visuelles et équipées d'une composante électronique qui comporte un numéro d'identification unique. Ce numéro d'identification unique est attribué par l'ACIB pour la plupart des provinces qui se trouvent dans sa base de données nationale, sauf le Québec où le programme d'identification est géré par Agri-Traçabilité Québec (ATQ). Le numéro unique de chaque animal est conservé tout au long de sa vie, jusqu'au moment de son exportation ou de l'inspection de sa carcasse.

Le but du programme est de permettre d'identifier les animaux et leurs origines pendant un événement de santé animale ou de salubrité alimentaire et de maintenir les marchés d'exportation. L'industrie laitière au Canada a mis sur pied l'Identification nationale des bovins laitiers (INBL) qui répond aux exigences du programme national d'identification et comporte des règles supplémentaires qui conviennent davantage à leur industrie.

Bonne pratique 1 : Identifier tous les bovins à la naissance au moyen d'une boucle d'oreille nationale approuvée, conformément au programme INBL

  • Identifiez tous les bovins (enregistrés et non enregistrés) peu après leur naissance.
  • Identifiez tous les bovins d'une boucle d'oreille appropriée avant leur départ de la ferme d'origine.
  • Identifiez tous les bovins importés qui ne sont pas destinés à l'abattage immédiat.
  • Reliez l'identification aux bases de données en place pour l'enregistrement du lait, la production, l'évaluation génétique et les registres de santé du troupeau.

Bonne pratique 2 : Collaborer avec votre province pour répertorier vos installations

  • Répertoriez chaque installation d'élevage des bovins, y compris les bâtiments secondaires comme l'étable des génisses et les installations des vaches taries.
  • Fournissez ces renseignements à votre province.

Bonne pratique 3 : Documenter le déplacement et l'élimination de chaque bovin

  • Conservez les registres des achats et des ventes de bovins ainsi que de l'élimination des animaux morts.
  • Communiquez tous les mouvements de bovins à l'ATQ et à l'ACIB.
  • Conservez vos registres pendant au moins 24 mois après les départs.

Stratégie 6 : Gérer les déplacements au sein de l'unité de production

Il est essentiel de tenir compte de l'emplacement physique des divers groupes d'animaux. Leur proximité aux autres, leur emplacement relativement aux barrières de circulation et les déplacements d'air dans la zone ont tous des incidences sur le risque de transmission de maladies. De l'information à l'appui de ces renseignements figure dans la section 2 : Établir la base de votre plan de biosécurité.

Bonne pratique 1 : Cartographier l'aménagement de votre ferme laitière en désignant les divers secteurs de production et élaborer un diagramme de circulation des déplacements des animaux à l'intérieur de ces secteurs

Il sera utile d'élaborer une liste de ces secteurs et voies de circulation ou de préciser leur emplacement sur une esquisse de la zone de production pour illustrer les secteurs qui comportent plus ou moins de risque de transmission de maladies et, par conséquent, les bonnes pratiques doivent être prises en considération de façon attentive.

  • Consultez la section 2.2 : Créer un schéma de la ferme, pour illustrer l'aménagement de votre ferme laitière.
  • Identifiez tous les secteurs séparés dans la zone de production.
  • Marquez les voies de circulation utilisés pour la plupart des déplacements communs d'animaux.

Bonne pratique 2 : À l'aide de la carte, placer les installations, les activités de gestion et les secteurs de production des animaux dans les catégories de risque faible, modéré et élevé

  • Consultez la section 2.3 : Désigner des zones de biosécurité
  • Identifiez les points auxquels il y a un risque que les animaux moins susceptibles à la maladie se trouvent à proximité d'animaux plus susceptibles à la maladie ou entrent en contact avec eux, ou dont l'état de santé est inconnu. Il peut s'agir des points suivants :
    • les installations d'élevage ou les voies de circulation dans la zone de production;
    • les pâturages dont les clôtures n'empêchent pas le contact nez à nez;
    • les pâturages communautaires.
  • Examinez les pratiques de manipulation et de traitement afin de déterminer celles qui peuvent accroître le risque de propagation de maladies entre les groupes de production.
  • Assigner des catégories de risque en fonction de la probabilité de transmission de maladies.

Bonne pratique 3 : Travailler avec un médecin vétérinaire pour établir les points de contrôle essentiels et l'ordre dans lequel les déplacements courants et fréquents des bovins devraient se faire dans l'unité de production

  • Déterminez les secteurs qui nécessitent des pratiques particulières en vue de réduire le risque de transmission de maladies. Par exemple :
    • un accès et une manipulation limités;
    • la réorientation des voies de circulation;
    • des pratiques de nettoyage et de désinfection plus fréquents et spécialisés;
    • le changement des vêtements et des chaussures;
    • le lavage des mains.
  • Établissez l'ordre dans lequel les déplacements communs des animaux et la manipulation devraient se produire. Cet ordre est fondé sur le niveau de susceptibilité et l'état de santé et suit habituellement le modèle suivant :
    • des plus jeunes aux plus vieux;
    • des animaux en santé aux animaux malades;
    • des plus susceptibles aux moins susceptibles.
  • Assurez-vous que tous les voies de circulation empêchent tout contact direct avec d'autres groupes de bovins ainsi que tout contact indirect avec le fumier ou les excréments.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les voies de circulation et les points de contrôle critiques, veuillez lire l'information présentée ci-dessous.

Figure 3 : Zones à risque, couloirs de déplacements et points de contrôle critiques d'une ferme laitière
Schéma identifie les zones à risque et les voies de bovins et de flux de produit sur une ferme laitière.  Description suit ci-dessous.
Description d'un schéma d'une zones à risque

Cette illustration porte sur la notion de repérage des zones à risque et des couloirs de déplacements d'une ferme laitière. Les points de contrôle critiques sont précisés et consistent en des zones ou des activités précises qui comportent un risque élevé de transmission de maladies et des mesures supplémentaires de biosécurité sont indiquées.

Dans l'étable à vaches laitières, les zones à risque sont l'enclos des veaux, les logettes des veaux, les installations des génisses, l'enclos des vaches en préparation de vêlage et des vaches taries, l'enclos de maternité, les installations des vaches laitières, l'infirmerie et la zone d'isolement. Les bovins et les produits connexes peuvent circuler entre ces secteurs. Les points de contrôle critiques se situent des vaches laitières aux vaches en préparation de vêlage et aux vaches taries, de l'infirmerie aux vaches laitières, de l'enclos de maternité aux logettes des veaux et toute circulation provenant de la zone d'isolement.

À l'extérieur de l'étable à vaches laitières, on retrouve les installations d'élevage des veaux, les animaux qui sont sortis de la ferme, l'entreposage des déchets, les véhicules et les personnes, les récoltes, les aliments du bétail et l'eau, ainsi que les oiseaux, les rongeurs, les animaux sauvages et les animaux de compagnie. Une fois de plus, les bovins et les produits circulent entre ces secteurs, ainsi qu'à l'intérieur de l'étable. Les points de contrôle critiques se situent du bâtiment d'élevage des veaux au bâtiment des génisses et du secteur des animaux qui sont sortis de la ferme à la zone d'isolement et concernent toute circulation provenant de l'entreposage des déchets, les véhicules et les personnes ainsi que les animaux, les rongeurs, les animaux sauvages et les animaux de compagnie.

Cette illustration a été élaborée en anglais par Aurora Villarroel, David A Dargatz, V Michael Lane, Brian J McCluskey, et Mo D Salman, dans leur article : Food for Thought for Food Animal Veterinarians: Suggested outline of critical control points for biosecurity and biocontainment on large dairy farms, Journal of the American Veterinary Medical Association, 2007; 230 : 808. Elle a été reproduite et traduit par l'ACIA, avec la permission de l'auteur et du Journal of the American Veterinary Medical Association.

Bonne pratique 4 : Inclure les préoccupations de biosécurité dès le départ dans le cadre d'un agrandissement, d'une restructuration ou d'une nouvelle construction

  • Tenez compte de la biosécurité lorsque vous entreprenez des travaux de rénovation ou de construction. Voici certaines des questions pertinentes à poser :
    • Est-ce que l'aménagement et la conception prennent en considération les principes de biosécurité, c.-à-d. la circulation appropriée des animaux et des personnes à l'intérieur de la ferme et la capacité de séparer de façon efficace différents groupes de bovins?
    • Les surfaces et les matériaux pourront-ils faciliter le nettoyage et la désinfection efficaces?
    • Des mesures de biosécurité pourront-elles être instaurées dans les installations, c.-à-d. des postes de lavage des mains, des zones dédiées au nettoyage et à la désinfection de l'équipement?
    • Est-il possible d'assurer un contrôle suffisant de l'accès?
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