Biosécurité pour les fermes laitières canadiennes - Guide de planification pour les producteurs
2. Établir la base de votre plan de biosécurité

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Un plan de biosécurité à la ferme détermine les pratiques de biosécurité qui sont conçues pour gérer les risques à votre ferme. Il faudrait tenir compte de l'aménagement de la ferme et de la conception des bâtiments ainsi que des pratiques d'exploitation, de même que des maladies préoccupantes et de leurs modes de transmission. Tous ces facteurs influencent l'évaluation des risques pour votre ferme et déterminent les pratiques qui seront les plus utiles pour atténuer ces risques. L'élaboration d'un plan de biosécurité à la ferme est un effort d'équipe entre les producteurs et leurs médecins vétérinaires et le plan est propre à chaque ferme. Une base solide à partir de la Norme, devrait être établie avant l'élaboration de ce plan.

Pour les producteurs laitiers, le plan de biosécurité vise l'atteinte des trois buts généraux suivants :

  1. Exclure : prévenir l'introduction d'agents pathogènes dans les fermes de bovins laitiers.
  2. Gérer : prévenir la propagation des agents pathogènes parmi les bovins de la ferme laitière.
  3. Confiner : prévenir la propagation des agents pathogènes entre les fermes laitières ou entre les fermes laitières et d'autres populations animales.

Les étapes suivantes ont trait à l'établissement de la base de votre plan de biosécurité à la ferme :

  1. Créer un schéma de l'aménagement de la ferme et de la conception des bâtiments, en indiquant également les secteurs de production.
  2. Désigner des zones de biosécurité pour les installations.
  3. Déterminer les zones à risque des divers secteurs de production et mettre en évidence les zones de déplacements des animaux.
  4. Déterminer les objectifs du producteur en matière de production et de santé animale.
  5. Déterminer votre degré de tolérance ou d'intolérance liés aux pertes dues aux maladies infectieuses.
  6. Effectuer une évaluation des risques pour déterminer les problèmes sanitaires, leur ampleur et leur probabilité d'occurrence. Les maladies préoccupantes devraient être identifiées.

Les outils offerts dans cette section vous guideront à travers ces étapes.

2.1 Créer un schéma de la ferme

L'aménagement de la ferme et la conception des bâtiments peuvent entraîner d'importantes incidences, tant positives que négatives, sur les risques en matière de biosécurité à la ferme. En effet, la ferme fournit une toile de fond sur laquelle la biosécurité devrait fonctionner et influence directement la nécessité d'appliquer des pratiques de biosécurité ainsi que l'aspect pratique de leur mise en place.

Un schéma de la ferme vous permet de voir les aspects importants de l'aménagement et de la conception. Vous avez peut-être déjà un schéma de votre ferme en tant que composante d'autres programmes à la ferme. Sinon, il est facile d'élaborer un schéma simple de votre ferme qui illustre l'aménagement de toutes les installations de la ferme, en utilisant une feuille et un crayon, une photographie aérienne de la ferme ou une carte imprimée de Google®.

Figure 1 : Schéma type d'une ferme laitière
Schéma d'un simple site de la ferme laitière. Description ci-dessous.
Description du schéma type d'une ferme laitière

Cette illustration présente le site d'une simple ferme laitière qui comprend une étable ainsi que quelques annexes. Les installations qui peuvent figurer sur le schéma comprennent la maison, les voies d'accès, les étables, la laiterie, les enclos des veaux et les enclos de maternité, les pâturages, les stationnements, les entrepôts, l'entreposage des aliments et le dépôt des carcasses.

Vous devriez également examiner la possibilité d'élaborer un deuxième schéma qui traite particulièrement des zones de production en indiquant ce qui suit :

  • Stalles de traite ou stalles entravées
  • Enclos de maternité
  • Enclos des vaches taries
  • Enclos des veaux
  • Zone d'isolementdry
  • Infirmerie et zone de traitement
  • Couloir de chargement
  • Zone d'élevage des vaches laitières
  • Enclos/huttes des génisses
  • Zone des employés
  • Allées et couloirs
  • Installations de nettoyage et de désinfection
  • Entreposage des produits chimiques

Il est possible d'inclure tous ces renseignements sur un seul schéma, selon la complexité de la ferme.

2.2 Désigner des zones de biosécurité pour les installations

Les composantes d'une ferme laitière ne doivent pas être considérées comme égales en termes de risques en matière biosécurité. Par conséquent, une fois que l'aménagement de la ferme et la conception des bâtiments ont été indiqués et que le ou les schémas de la ferme sont élaborés, les zones de biosécurité peuvent être établies dans votre ferme. L'objectif est que les zones contiennent des aires dans lesquelles le risque de biosécurité est semblable et les déplacements entre ces aires, habituellement par un point d'accès déterminé au préalable, nécessitent de la prudence et des pratiques précises en vue d'éviter la contamination croisée. Les zones de risque relatif aident à conceptualiser le plan de biosécurité qui s'applique aux animaux, aux installations et à la gestion. L'objectif principal est de d'identifier les zones à risque élevé.

Figure 2 : Exemple d'une ferme laitière comportant une zone d'accès contrôlé et une zone d'accès restreint
Schéma des zones d'accès restreint et contrôlé biosécurité pour un site simple de ferme laitière. Description ci-dessous.
Description d'exemple d'une ferme laitière

La figure 2 montre la zone d'accès contrôlé (ZAC) et la zone d'accès restreint (ZAR) d'une ferme laitière simple comprenant une étable et peu de bâtiments adjacents.

La ZAR comprend les zones à risque élevé, dont les zones d'élevage (étable, enclos des veaux, enclos de maternité) de même que les aires de pâturage et d'entreposage du fumier. La ZAC incluant la ZAR sépare la maison et la cour; elle comprend des entrepôts et les aires d'entreposage des aliments et les carcasses, ainsi qu'une aire de stationnement pour les visiteurs. À chaque point d'accès de la ZAC ou de la ZAR se trouve une zone de transition. Ainsi, il y aura des zones de transition à l'entrée de la ZAC depuis la maison, la route et l'aire de stationnement. La laiterie et l'aire de chargement sont des zones de transition vers la ZAR. La maison familiale constitue une entité distincte à l'extérieur de la ZAC.

La première zone dans laquelle on entre pour avoir accès à la ferme est la zone d'accès contrôlée (ZAC). Lorsqu'on entre dans la ZAC, il y a un risque d'introduire des agents pathogènes de l'extérieur de la zone. Lorsqu'on quitte la ZAC, il y a un risque de sortir des agents pathogènes de la zone et de les introduire dans le secteur de production ou à l'extérieur de la ferme. Par exemple, de nombreux véhicules se déplacent d'une ferme à une autre de façon quotidienne (c.-à-d. camion de lait, autres fournisseurs de services) et peuvent propager des agents pathogènes si les précautions nécessaires ne sont pas prises. Les pratiques de biosécurité visant à réduire ces risques devraient figurer dans le plan de biosécurité de la ferme.

La deuxième zone dans laquelle on entre sur la ferme est la zone d'accès restreint (ZAR). La ZAR comprend les secteurs de production active de la ferme. Il s'agit des endroits où il peut y avoir des contacts directs avec et entre le bétail et, par conséquent, ce sont les secteurs dans lesquels le risque de transmission de maladies est le plus élevé. Les pratiques de biosécurité visant à éviter l'introduction, la propagation et la sortie d'agents pathogènes de la ZAR seront incorporées dans plan de biosécurité.

La maison et la zone habitée peuvent se trouver à l'extérieur de vos zones, si ce secteur est suffisamment isoléNote de bas de page 1 des zones de production active de la ferme. Dans ce cas, il n'est pas nécessaire d'établir de protocoles de biosécurité précis pour les personnes, les véhicules ou l'équipement qui entrent dans ce secteur en provenance de l'extérieur de la ferme.

Les points de transition sont les points où les animaux, les personnes, les outils, l'équipement ou les véhicules entrent ou sortent d'une zone d'accès et auxquels les pratiques de biosécurité devraient être appliquées. À tous les points de transition, le principal but est de laisser derrière ou de nettoyer et de désinfecter tout matériel, vêtement et équipement et tout autre vecteur passifNote de bas de page2 lors des déplacements d'une zone à risque à une autre.

Voici des exemples de points de transition courants.

  1. Laiterie – Il s'agit souvent du point d'accès à la ZAR le plus utilisé et du secteur fréquemment visité par le personnel chargé de recueillir le lait, les inspecteurs et d'autres fournisseurs de services.
  2. Couloir de chargement – La possibilité que les bovins et les personnes qui s'en occupent s'y retrouvent en même temps, tant dans la ZAC que dans la ZAR, particulièrement s'il mène directement à la zone de production active, et que les deux zones soient contaminées en raison du déplacement des bovins entre les deux zones.
  3. Entreposage des aliments – Ce secteur nécessite un accès de la ZAC (p. ex. pour le personnel de livraison des aliments pour le bétail et les employés de la ferme qui chargent les aliments pour le bétail produits à la ferme) et de la ZAR (p. ex. pour l'alimentation des bovins dans l'étable et ailleurs dans la zone de production), ce qui nécessite l'installation de points de transition multiples.
  4. Entreposage des carcasses – Ce secteur peut également nécessiter un accès en provenance des ZAR et ZAC, ainsi que des points de transition multiples.
  5. Entreposage du fumier – Il peut également s'agir d'un secteur à accès multiples, selon les procédures de disposition pour le fumier à chaque ferme. Ce secteur peut être aménagé à l'intérieur de la ZAR, comme l'illustre le schéma, ou peut constituer un point de transition, si le fumier est éliminé loin de la zone de production.

L'établissement de ces zones contribue à la mise en place organisée et efficace des pratiques de biosécurité. Il y aura d'importantes différences d'une ferme à une autre sur le plan de l'emplacement des zones, puisqu'elles doivent être créées dans le but de répondre aux besoins des installations en fonction de l'évaluation des risques, de l'aménagement de la ferme et de la conception des bâtiments.

2.3 Établir les zones à risque et mettre en évidence les voies de circulation

Dans la zone d'accès restreint (ZAR), il y a des groupes d'animaux plus susceptibles aux maladies, particulièrement les enclos des veaux et les enclos de maternité. Il y a également des groupes d'animaux, soit dans le secteur d'isolement ou l'infirmerie, qui sont plus susceptibles d'être porteurs de maladies et cela constitue un risque élevé de contamination de maladies. Il sera utile d'élaborer une liste de ces secteurs et des voies d'accès ou de les illustrer sur une esquisse de la zone de production pour déterminer les secteurs à risque élevé ou modéré de transmission de maladies et, par conséquent, les secteurs dans lesquels des bonnes pratiques en matière de biosécurité doivent être prises en considération de façon minutieuse.

Des déplacements de personnes, d'équipement et d'outils ont lieu de façon quotidienne dans ces secteurs. Tous les déplacements entraînent un risque de contaminer les voies de circulation et, éventuellement, causer la transmission de maladies entre des groupes de bovins. Il est essentiel de tenir compte de l'emplacement physique des divers groupes d'animaux. Leur proximité les uns des autres, leur emplacement par rapport aux barrières de circulation et leurs déplacements dans le secteur ont des incidences sur le risque de transmission de maladies. Ces renseignements peuvent aider à élaborer un plan des déplacements de personnes, d'animaux et d'équipement en vue de réduire le risque de transmission de maladies.

2.4 Déterminer les objectifs en matière de production et de santé animale

Le niveau de biosécurité mis en place dans votre ferme dépendra de vos buts en matière de production et de santé animale. Il est donc impératif d'établir vos buts avant d'élaborer votre plan de biosécurité. De nombreux facteurs influenceront ces buts, y compris la raison du troupeau (commercial par rapport à exposition) et les produits vendus de votre ferme laitière (lait, viande et bovins de réforme, veaux, génisses de remplacement, vaches laitières, embryons et sperme). Votre plan d'entreprise futur joue aussi un rôle important en ce qui concerne vos buts et lorsque vous les établissez, tenez compte des périodes à court, à moyen et à long terme. Vos buts peuvent englober l'ensemble de l'exploitation, ainsi que des aspects précis visés en matière de production ou de santé animale.

2.5 Déterminer le niveau de tolérance au risque

La biosécurité est un processus essentiel de gestion des risques. Par conséquent, vous devez déterminer le niveau de risque que votre ferme est prête à tolérer ou à accepter et, ensuite, concevoir votre plan de biosécurité en conséquence, afin que les mesures d'atténuation maintiennent le risque à un niveau de seuil adéquat. N'oublions pas qu'un grand nombre de facteurs influenceront le niveau acceptable de risque pour votre ferme, y compris les produits qui sont vendus ou pourraient être vendus à l'avenir, comme le lait, la viande, les animaux de reproduction, le sperme et les embryons, ainsi que les ressources disponibles à consacrer aux interventions en matière de biosécurité.

2.6 Mener une évaluation des risques de maladie

Dans le but d'entreprendre l'élaboration d'un plan de biosécurité de façon efficace pour gérer les risques à votre ferme, il est important de mener une évaluation des risques de maladie. L'évaluation des risques est un moyen de déterminer la présence, la propagation et la gravité d'une certaine maladie à votre ferme. Le but de l'évaluation des risques n'est pas d'éliminer tous les risques, mais de regrouper les risques à différents niveaux pour aider à prendre des décisions éclairées. L'évaluation des risques aide à déterminer les facteurs précis qui sont les plus susceptibles de favoriser l'introduction et la propagation d'agents pathogènes.
Travailler avec votre médecin vétérinaire de troupeau pour effectuer ce qui suit :

  • déterminer votre niveau de risque de maladies infectieuses en général;
  • déterminer les maladies particulières préoccupantes pour votre exploitation et établir leur niveau de priorité en fonction de leur importance;
  • évaluer votre ferme laitière sur le plan des risques et des vulnérabilités possibles qui contribueraient à l'introduction et à la propagation de maladies, en vous assurant de tenir compte des personnes et des objets qui entrent dans la ferme et en sortent;
  • catégoriser les risques comme faibles, modérés ou élevés;
  • identifier les points de contrôle critiques ou les secteurs dans lesquels il serait convenable d'établir des mesures d'atténuation des risques;
  • évaluer des méthodes potentielles de prévention ou de contrôle des maladies;
  • mesurer les avantages d'éviter ou de contrôler les risques par rapport aux coûts et aux exigences de gestion relatives au plan de biosécurité.

La partie intitulée Biosécurité pour les fermes laitières canadiennes – Outil d'évaluation des risques (Annexe 2) peut vous aider à mener une évaluation préliminaire des risques à votre ferme. De plus, la liste des bonnes pratiques qui figure à la section 3 peut vous aider à évaluer vos pratiques à la ferme sur le plan du risque d'introduction et de propagation de maladies.

Grâce à une fondation solide, vous êtes maintenant prêt à élaborer un plan de biosécurité à la ferme (voir la section 3). Il est important de réévaluer ce plan afin de veiller à ce que votre plan de biosécurité soit efficace et corresponde aux buts et aux priorités actuelles de votre ferme laitière. Une telle réévaluation devrait être menée chaque année et plus fréquemment, si des changements sont apportés à vos installations ou à vos pratiques d'exploitation.

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