Norme nationale de biosécurité pour les fermes canadiennes de bovins de boucherie
Introduction du Manuel de mise en place sur la Norme de biosécurité pour les fermes canadiennes de bovins de boucherie

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Pourquoi les normes en matière de biosécurité sont-elles importantes?

Les producteurs peuvent adopter ou rehausser la biosécurité dans leur exploitation afin d'aider…

  • à améliorer la santé des animaux, ce qui améliore la santé du cheptel bovin national;
  • à baisser les coûts de production de l'élevage de bovins dans les fermes familiales et dans toute l'industrie;
  • à limiter la transmission de zoonoses;
  • à éviter les conséquences désastreuses et la perte de marchés internationaux qui seraient provoquées par l'éclosion d'une maladie animale exotique isolable, comme la fièvre aphteuse;
  • à fournir un moyen de normaliser les pratiques de gestion de la santé partout au pays, s'il y a lieu.

Bien que les épidémies de maladie animale exotique isolable soient rares chez le bétail canadien, leurs retombées sont évidentes pour les producteurs de bovins de boucherie, comme l'a prouvé la détection de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) au Canada.

L'industrie des bovins de boucherie du Canada repose sur le commerce, et l'éclosion d'une maladie grandement contagieuse et infectieuse comme la fièvre aphteuse aurait des conséquences désastreuses sur celle-ci. Leur incidence sur l'industrie et l'économie entraînerait des pertes financières de plusieurs milliards de dollars.

Qu'est-ce que la biosécurité dans l'industrie canadienne des bovins de boucherie?

La Norme de biosécurité pour les fermes canadiennes de bovins de boucherie consiste fondamentalement en un ensemble de pratiques de gestion du risque. Ces pratiques sont conçues pour aider les producteurs à gérer les maladies dans tous les types d'exploitations canadiennes de bovins de boucherie.

Aux fins du présent manuel, nous utiliserons les définitions suivantes de « biosécurité », « maladie » et « aire de production ». Plus de termes sont définis dans le glossaire du présent manuel.

Biosécurité (définition) : Les pratiques visant à réduire l'introduction de maladies et leur propagation au sein et hors des exploitations pouvant contenir du bétail.

Il n'existe pas de définition unique pour la biosécurité, et cette définition est adaptée aux besoins des différentes situations, applications et organisations. Cette définition comprend les thèmes communs des définitions préparées par divers groupes de santé animale provenant de partout dans le monde, et peut s'appliquer à l'industrie de l'élevage.

Maladie (définition) : Le terme général qui englobe l'introduction, la transmission, la propagation et/ou la présence d'un éventail de ravageurs, d'agents pathogènes et d'autres agents causaux incluant les toxines.

Cette définition comprend l'agent, son effet sur l'animal (mauvaise santé) et sa transmission, ce qui correspond aux événements de risque gérés. La définition choisie nous permet d'aborder toutes les formes de maladie, bien que l'on mette l'accent sur les maladies contagieuses dans le présent ouvrage.

Aire de production (définition) : Les corrals, enclos, étables, pâturages où les animaux d'élevage sont ou peuvent être gardés.

Qui pratique la biosécurité, et où se manifeste-t-elle?

Les producteurs ne sont pas les seuls à pratiquer la biosécurité; il existe de nombreux organismes gouvernementaux et non gouvernementaux qui participent à un vaste éventail de responsabilités, notamment :

  • à l'échelle internationale, l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) établit les lignes directrices en matière de santé animale, aux fins de commerce ou autres;
  • aux douanes, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) applique les exigences du Canada en matière de santé animale sur les visiteurs entrants, les Canadiens revenant de voyage et les importations;
  • à l'échelle nationale et provinciale, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et les services provinciaux de santé animale gèrent des programmes et effectuent une surveillance d'un vaste éventail de maladies, de même que d'autres activités conçues pour maintenir l'état de santé des animaux du Canada;
  • dans tout le pays et le système de production, des médecins vétérinaires travaillent afin de diagnostiquer, gérer et éradiquer les maladies;
  • des associations de l'industrie collaborent avec des producteurs et les gouvernements afin d'améliorer la sensibilisation.

À l'échelle des fermes, les pratiques de biosécurité sont établies et incorporées dans les normes de nombreux produits de base agricoles canadiens. La Norme de biosécurité pour les fermes canadiennes de bovins de boucherie établit les pratiques à l'intention des producteurs de bovins de boucherie.

une representation graphique de quelques-uns de ces organismes - description ci-dessous
La Figure 1 Détails

Huit polygones orange, disposés en cercle dans aucun ordre particulier, représentent divers intervenants jouant un rôle dans la biosécurité. Les polygones comprennent un exemple du rôle joué par l'intervenant. En commençant par le haut et, dans le sens des aiguilles d'une montre, on trouve les éléments suivants :

  • OIE (Normes);
  • ASFC (Contrôle des douanes);
  • ACIA (Expertise technique);
  • CCA et membres (Leadership et appui);
  • Producteur (Pratiques sur la ferme);
  • Médecin vétérinaire (Expertise technique);
  • AAC (Soutien aux programmes);
  • Provinces (Expertise technique).

Quelles maladies constituent une menace pour vos animaux?

Les maladies des bovins de boucherie au Canada comprennent entre autres :

  • Les maladies « endémiques » : ces maladies sont déjà présentes dans l'industrie et peuvent se manifester de façon continue. Les producteurs peuvent déjà en connaître un bon nombre et y avoir fait face auparavant. En voici des exemples :
    • la rhinotrachéite infectieuse bovine (RIB);
    • la diarrhée virale des bovins (BVD);
    • la paratuberculose (la maladie de Johne);
    • le Neospora caninum (néosporose).
  • Les maladies « déclarables » : ces maladies sont importantes pour la santé des humains et des animaux, ainsi que pour l'économie canadienne. Ces maladies sont généralement absentes dans l'industrie, et se manifestent rarement, voire jamais, dans l'industrie canadienne. On les appelle fréquemment « maladies animales exotiques » ou « maladies émergentes » dans le cas des maladies plus récentes. Voici des exemples :
    • la fièvre catarrhale du mouton (langue bleue);
    • le Mycobacterium bovis (tuberculose bovine);
    • la brucellose bovine (brucellose);
    • l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB);
    • la fièvre aphteuse.
  • Les zoonoses : ces maladies peuvent être transmises des animaux aux humains. Elles peuvent être endémiques ou déclarables, et comprennent des maladies comme la tuberculose bovine, la brucellose, la rage et la dermatomycose, que l'on peut toutes retrouver chez les bovins.

Les maladies déclarables représentent une menace importante pour la santé des animaux et des humains, de même que pour l'économie, et nécessite des mesures de contrôle ou d'éradication.

Les producteurs et les personnes qui s'occupent de bovins doivent aviser immédiatement l'ACIA (consulter l'annexe 7 pour obtenir leurs coordonnées) de la présence d'une maladie déclarable ou de tout signe indiquant sa présence. Les producteurs doivent aussi aviser leur médecin vétérinaire et le Bureau du vétérinaire provincial en chef ou le vétérinaire en chef de leur province respective.

Trouver le juste milieu : coûts et avantages

Les pratiques de biosécurité comportent des coûts. Les dépenses effectuées pour acquérir du nouvel équipement sont relativement faciles à mesurer. Le temps et les travaux supplémentaires pour entreprendre de nouvelles et différentes pratiques de gestion sont plus difficiles à mesurer, mais tout aussi importants.

L'aspect le plus difficile à mesurer est peut-être les avantages directs tirés de l'adoption des pratiques de biosécurité. Il est difficile de déterminer le moment où les menaces de maladie pour le troupeau sont éliminées en raison des bonnes pratiques de biosécurité si la santé du troupeau demeure inchangée. Ce n'est que lorsque les animaux deviennent atteints d'une maladie contagieuse que nous savons que la biosécurité a échoué.

Les résultats de la mise en place de la biosécurité peuvent prendre du temps avant de devenir évidents, et il est souvent difficile de les attribuer à un changement particulier en matière de pratiques. Par exemple, quels sont les avantages d'éviter une épidémie?

  • d'une maladie endémique comme la RIB, pour une exploitation individuelle?
  • d'une maladie déclarable comme la tuberculose bovine, pour une grande région?
  • d'une maladie comme la fièvre aphteuse, pour le secteur de l'élevage bovin au Canada?

Compte tenu des réalités des coûts tangibles et des avantages difficiles à mesurer, les renseignements fournis ici sont destinés à diminuer clairement la présence et la propagation de la maladie. Une présence réduite de maladie améliore la santé et la productivité des animaux, diminue les pertes liées à la mort, et permet au troupeau de générer plus de revenus dans l'ensemble.

Le bon équilibre entre les coûts et les avantages des nouvelles pratiques de biosécurité sera grandement différent selon les exploitations.

La plupart des producteurs devront prendre une décision intuitive ou qualitative quant à adopter des pratiques de biosécurité spécifiques dans leur exploitation : est-ce que les avantages perçus compensent les coûts perçus?

Disposer de bons registres peut aider à prendre une décision éclairée dès le départ, avant d'adopter certaines mesures de biosécurité. Ils peuvent aussi aider à évaluer le mérite des décisions antérieures.

La biosécurité, c'est de bien exécuter les tâches simples, chaque jour.

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