Guide national de biosécurité de l'utilisateur pour les exploitations et sites de rassemblement du secteur équin
Section 2 : Introduction et contexte

Biosécurité : Assurance santé rentable pour votre cheval et tous les chevaux du Canada

Le présent Guide de biosécurité de l'utilisateur appuie la Norme nationale de biosécurité. Il fournit plus de détails et des renseignements pratiques sur les mesures de biosécurité propres à l'exploitation ou à l'utilisation de sites de rassemblement, y compris des outils pour aider les propriétaires et les gardiens de chevaux à élaborer et à mettre en œuvre la biosécurité. Le guide est structuré en utilisant le même cadre que la norme de biosécurité. (Consulter l'annexe 1 pour connaître les renseignements sur l'élaboration du Guide).

Les maladies infectieuses chez les chevaux sont choses courantes et représentent une réalité auquelle doit faire face les propriétaires et les gardiens de chevaux. En tant que propriétaires ou gardiens de chevaux, vous devez vous en soucier et être responsables afin de maintenir la santé et le bien-être de vos chevaux. Les choix que vous faites (pension, centres équestres ou lieux de compétitions ou d'événements auxquels vous désirez participer), affectent les risques de maladies auxquelles vos chevaux sont exposés ainsi que votre capacité à répondre à leurs besoins et à protéger leur santé et leur bien-être.

La biosécurité aide à gérer les risques de maladies.

Une photo d'un groupe de 5 chevaux rassemblés dans un pâturage entouré d'une forêt.
Photo offerte gracieusement par Sini Merikallio

2.1 Qu'est-ce que la biosécurité?

La biosécurité est un ensemble de mesures utilisées pour protéger la santé des chevaux en réduisant les risques posés par les maladies contagieuses et les agents pathogènes.

La biosécurité est : « Un ensemble de pratiques utilisées afin de réduire au minimum la présence d'agents pathogènes et de vermine dans les populations animales et végétales, y compris leur introduction (bio-exclusion), leur transmission au sein des populations (biogestion) et leur propagation (bioconfinement). »

De bonnes pratiques de biosécurité se font chaque jour et pas seulement lors de l'apparition d'un foyer de maladie. Les objectifs des pratiques de biosécurité sont difficiles à « atteindre » si ces dernières ne font pas déjà partie de la routine journalière. Le niveau de biosécurité nécessaire dépend souvent de l'ampleur des activités, du site et des risques présents. Par exemple, les considérations de biosécurité au cours d'un grand événement international ou d'une piste de course qui compte une importante population de chevauxparticipants sont plus complexes que celles requises pour de petites écuries où les chevaux ne se déplacent que rarement.

La menace de maladies infectieuses est toujours présente. Idéalement, la biosécurité éliminerait la menace en empêchant l'exposition aux agents pathogènes et à la propagation de ceux-ci. L'élimination de toutes les menaces est rarement réalisable; il convient donc davantage, au niveau de l'exploitation, d'envisager la biosécurité du point de vue de la gestion des risques.

La biosécurité requiert d'équilibrer les facteurs suivants :

  • risque de transmission de maladies;
  • conséquences de la présence de maladies;
  • mesures requises afin de minimiser les maladies.

En tant que propriétaire ou gardien de chevaux, votre tolérance envers le risque de maladie est différente probablement de celle des autres propriétaires de chevaux. De même, les propriétaires et les gestionnaires d'exploitations et de sites de rassemblement peuvent présenter un niveau différentes de tolérance au risque de maladie selon l'utilisation de leur propriété et la clientèle (pensionnaires ou participants) qu'ils servent. Il est important de reconnaître ces différences, car ils ont une influence sur :

  • l'ampleur des mesures de biosécurité qui seront mises en œuvre sur les exploitations et les sites de rassemblement;
  • la volonté des propriétaires et des gardiens de chevaux d'appliquer et de respecter les mesures de biosécurité.

Les mesures de biosécurité doivent être adaptées aux besoins particuliers des exploitations et des sites de rassemblement. Les plans de biosécurité doivent être développés en collaborant avec le médecin vétérinaire traitant et en tenant compte de vos buts, de vos pratiques de gestion et des menaces internes et externes de maladies. Les plans de biosécurité doivent être clairs, pratiques, réalisables et durables. Comme les conséquences des maladies sont nombreuses et de grande portée, vous ne devriez pas examiner vos pratiques de biosécurité et votre tolérance au risque sans considérer les conséquences pour le reste de l'industrie.

Dix (10) considérations de biosécurité pour tous les propriétaires et gardiens de chevaux

  1. Appliquer les principes de biosécurité chaque jour et pas uniquement pendant une éclosion de maladie.
  2. Collaborer avec le médecin vétérinaire afin d'élaborer un plan de contrôle de l'infection qui convient à vos chevaux et à votre exploitation ou site de rassemblement.
  3. Définir les besoins en matière de biosécurité et prendre les mesures nécessaires afin de réduire le risque d'introduction et de propagation de maladie.
  4. Lorsque vous effectuez une évaluation des risques, tenir compte du niveau de risque que vous êtes prêts à tolérer sur votre exploitation ou propriété. Par exemple, une écurie d'entraînement de chevaux adultes en santé peut avoir des besoins très différents de ceux d'une installation d'élevage qui hébergent des poulains lesquels sont plus à risque de contracter une maladie sévère s'ils sont exposés à certains pathogènes. La priorité de toutes les exploitations et de tous les sites de rassemblement devrait être de réduire l'apparition de maladies et ldes effets connexes plutôt que la prévention complète.
  5. Reconnaître que les chevaux et les humains ne sont pas les seuls risques liés à la biosécurité pour votre troupeau. Réduire au minimum la présence de rongeurs et d'insectes en conservant les aliments destinés au bétail dans un endroit sécurisé et en éliminant l'eau stagnante.
  6. Vacciner vos chevaux contre les maladies. La vaccination est l'un des piliers de la biosécurité, car elle aidera à réduire le risque d'infection à l'égard de maladies particulières.
  7. Ne pas utiliser de sources d'eau communes, ni partager d'équipement, et garder le contr de vos chevaux (en présence de chevaux inconnus).
  8. Demander aux personnes de laver leurs mains avant d'entrer en contact avec votre cheval, peu importe la raison.
  9. Lors du transport des chevaux où l'hébergement de ceux-ci se fait dans des enclos loin de la maison, nettoyer et désinfecter l'enclos avant d'y faire entrer le cheval dans son « second chez-soi ».
  10. Surveiller votre cheval quotidiennement à la recherche de signes cliniques tels que la perte d'appétit, la dépression, la fièvre, les sécrétions nasales, la toux, la diarrhée, ou l'apparition aiguë de symptômes de détresse neurologiques, qui pourraient résulter d'une maladie infectieuse. Être capable de prendre la température de votre cheval et en connaître les valeurs normales (la température normale pour les chevaux adultes se situe entre 37.0 et 38.5 °C [de 98.6 à 101.3 °F]). Posséder une base de connaissance aidera à reconnaître que quelque chose ne va pas. Dans le doute, appeler votre médecin vétérinaire!

Repérer les préoccupations de biosécurité

Tout change avec le temps, y compris la manière dont nous interagissons avec notre environnement. Nous devenons habitués à notre propre environnement et cette habitude peut réduire notre sens critique d'observation. Les problèmes qui seraient peut-être importants peuvent être mis de côté : une clôture en mauvais état, un ruissellement d'eau provenant de la fonte printanière et des pluies estivales, et de l'équipement brisé ou manquant. Il est important d'examiner de manière critique les tâches quotidiennes et les détails concernant l'exploitation ou le site de rassemblement équin, car ils jouent un rôle essentiel dans la gestion des maladies.

Les figures suivantes montrent une petite exploitation équine pour laquelle un certain nombre de préoccupations de biosécurité sont mal gérées. Avant de procéder à la lecture du présent guide, veuillez prendre quelques minutes pour identifier le plus grand nombre de problèmes liés à la biosécurité que vous voyiez. Après avoir lu le guide, veuillez examiner de nouveau les diagrammes afin de déterminer s'il y a d'autres problèmes que vous aviez manqués. Les réponses sont fournies au bas de chaque diagramme.

Figure 1 : Repérer les préoccupations de biosécurité

Il existe un certain nombre de préoccupations liées à la biosécurité sur cette propriété. Combien pouvez-vous en trouver?

Photo d'une petite exploitation.
Description de la photo – : Figure 1 : Repérer les préoccupations de biosécurité

Photo d'une petite exploitation. L'aire pour les chevaux est située dans la partie avant de la propriété et est séparée de la maison, qui se trouve plus loin, par une clôture blanche en bois. La porte de l'exploitation est ouverte et, à côté d'elle, il y un grand panneau sur lequel on peut lire : « Majestic Manes Ranch. Everyone Welcome. If you can sit you can ride » (Ranch Majestic Manes. Tous sont les bienvenus. Si vous pouvez vous asseoir, vous pouvez monter à cheval). Le terrain de la ferme est principalement recouvert d'herbe et on peut voir quelques arbres ainsi qu'un petit étang se trouvant au centre et s'étendant jusqu'au terrain où se trouve la maison. On retrouve de nombreux chevaux sur la propriété. Il y a un cheval près de l'étang, couché sur son côté et qui semble être mort. Il y a un coyote se tenant debout près de la barrière d'entrée. Il y a aussi quelques remorques et camionnettes éparpillées partout sur la propriété de façon désordonnée. On voit une écurie en bois pour les chevaux du côté droit de la propriété; ses portes sont ouvertes et une pile de balles de foin se trouve devant. On voit de nombreux grands barils en métal empilés à côté de l'écurie ainsi qu'une grande pile de fumier avec une fourche plantée dedans. Il y z une brouette remplie de fumier à côté des balles de foin.

Préoccupations liées à la biosécurité

  • Accès : Les chevaux de cette exploitation ont peu de protection contre les maladies qui peuvent être transmises par l'entremise de personnes et d'équipement contaminés par des agents pathogènes et par des chevaux malades. L'entrée de l'exploitation n'est pas sécurisée, les portes de l'écurie sont ouvertes et il n'y a pas de zones de biosécurité ou de signalisations de biosécurité. La signalisation sur les lieux de l'exploitation encourage l'entrée de visiteurs et ne fournit aucune directive quant aux procédures de biosécurité, le cas échéant, qui sont nécessaires. Aucune coordonnée du propriétaire n'est donnée aux visiteurs à la recherche d'orientation. Il n'y a pas de zone désignée pour le stationnement des visiteurs; les véhicules et les remorques sont garés à différents endroits dans le pâturage des chevaux et adjacents à l'écurie.
  • Flux de circulation : Il n'y a pas d'allée ou de voie sur place pour gérer le flux de circulation des personnes et des animaux. Il n'y a pas de surface pavée autre que le sol de l'écurie. Des conditions humides entraîneront des traces de boue, de fumier et d'autres débris entrant et sortant de ces zones. Il sera difficile de réduire la propagation de maladie sans faire le nettoyage de voies de surface dure prévues pour les déplacements.
  • Lutte contre la faune et la vermine : Un coyote est visible près de l'entrée de la propriété. Il y a quelques tas de fumier sur la propriété et des barils adjacents à l'écurie qui peuvent fournir un habitat aux rongeurs, insectes et autres vermines. Les véhicules et les remorques peuvent également fournir un habitat protégé pour certains types de vermine.
  • Aliment et eau : Les aliments destinés au bétail et les sources d'eau ne sont pas protégés de la contamination. Les bottes de foin sont empilées à l'extérieur et sont accessibles aux chevaux, aux autres bestiaux et aux animaux sauvages. Les chevaux ont accès aux étangs, lesquels peuvent être contaminés par le ruissellement provenant des tas de fumier des chevaux et des animaux sauvages.
  • Fumier : Le fumier est une source possible d'agents pathogènes qui peut contaminer les aliments et les sources d'eau. Ces dernières font d'excellents sites de reproduction pour les insectes. Le fumier n'est pas entreposé de manière adéquate; il y a un grand tas adjacent à l'écurie et un petit tas dans le pâturage des chevaux. Il y a aussi une brouette remplie de fumier près des balles de foin empilées. Idéalement, le fumier devrait être composté et entreposé de manière à en prévenir l'accès par la vermine, les animaux sauvages et les chevaux.
  • Il n'y a aucun moyen de séparer les chevaux à l'extérieur, il n'y a pas d'enclos de mise en liberté et uniquement une zone extérieure clôturée qui est partagée par tous les chevaux. Un cheval apparemment est décédé et n'a pas été disposé de manière adéquate.

Figure 2 : Repérer les préoccupations de biosécurité

Il existe un certain nombre de problèmes liés à la biosécurité dans cette écurie, veuillez regarder attentivement et les relever.

La photo représente l'intérieur d'une petite écurie en bois dont le sol est en béton.
Description de la photo – : Figure 2 : Repérer les préoccupations de biosécurité

La photo représente l'intérieur d'une petite écurie en bois dont le sol est en béton. Au centre de l'allée se trouvent une grande pile de fumier et une grande flaque d'eau et on peut observer quelques souris ou rats. Il y a quatre boxes de chevaux, dont trois sur le mur arrière; il y a un cheval dans deux de ces dernières. L'autre boxe se trouve sur le mur devant, près de la porte. On voit aussi un poste de lavage du côté gauche du mur du fond de l'écurie, avec quelques balles de foin sur le sol et une paire de bottes et un seau d'eau devant. Dans le seau il y a un boyau d'arrosage.

À l'extérieur du poste de lavage, sur le mur, il y a quelques planchettes à pince et quelques outils. Sur le sol devant les boxes contenant des chevaux, il y a des boîtes à outils et des flacons de médicaments.

Préoccupations liées à la biosécurité

  • Les boxes de chevaux permettent le contact direct entre les chevaux des boxes voisins - un cheval profite pleinement de cette situation.
  • Le boxe affecté pour les chevaux malades (premier boxe de l'autre côté) permet le contact avec les chevaux en santé. L'emplacement de ce boxe près de l'entrée dans une zone à circulation dense favorise le contact et l'exposition inutile des personnes et des chevaux qui entrent et qui sortent de l'écurie.
  • Un seul cheval a des renseignements l'identifiant, affichés sur le boxe (Bella's Pride). Les registres additionnels sont affichés sur une planchette à pince près de la porte du boxe. Le cheval dans l'enclos 2 n'a pas d'identification ni de registre affiché.
  • Il n'y a pas d'affiche sur la procédure normalisée d'exploitation de la biosécurité - la planchette à pince est vide, par contre, on y retrouve un horaire de la carrière d'équitation. Faire des horaires est une bonne pratique de biosécurité puisqu'ils permettent de réduire les interactions entre les chevaux. Cependant, ceci offre probablement peu d'avantages pour ce site.
  • L'accumulation d'eau est présente et le fumier est empilé dans l'allée de l'écurie. Ces conditions attirent la vermine et peuvent être une source d'agents pathogènes. Les chevaux peuvent être exposés lorsqu'ils sont déplacés de leur boxe et lorsque les propriétaires ou clients traversent l'écurie et entrent dans le boxe du cheval. La vermine est présente - des rongeurs sont visibles près du tas de fumier et de la douche.
  • Le foin est entreposé de manière inadéquate sur le sol de la douche, ce qui empêche son utilisation et permet ainsi la contamination des aliments destinés aux chevaux. Les aliments peuvent aussi à attirer les rongeurs.
  • Les médicaments et le matériel destinés aux chevaux sont entreposés de façon inappropriée et déposés sur le sol de l'écurie à l'extérieur des boxes. Non seulement cette situation augmente la possibilité de les contaminer, mais elle peut aussi affecter leur efficacité, car elle présente un danger pour la sécurité des animaux domestiques et des enfants.
  • Le tuyau immergé dans le seau d'eau peut devenir contaminé si le seau appartient à un cheval malade. La maladie peut alors se propager aux autres chevaux lors du remplissage de leur seau d'eau.
  • Il y a une paire de bottes de caoutchouc ce qui est une bonne pratique en matière de biosécurité. Par contre, il n'y a pas d'autres vêtements ou combinaisons ou salopettes.
  • Les portes de l'écurie sont ouvertes, ce qui peut présenter un risque quant au contrôle de l'accès.

2.2 Pourquoi la biosécurité équine est-elle importante?

Les maladies infectieuses chez les chevaux continuent de faire partie des principaux défis de l'industrie équine, entraînant des maladies (et potentiellement la mort), des coûts financiers, des préoccupations liées au bien-être et des risques potentiels pour la santé humaine. Les mesures pour réduire l'apparition et la sévérité des maladies dans les troupeaux canadiens sont importantes, car les risques de maladie changent au niveau national et international.

Buts du guide de l'utilisateur : Aider les propriétaires et les gardiens de chevaux à protéger la santé et le bien-être de leurs chevaux en appuyant la mise en œuvre des mesures en matière de biosécurité auprès de toutes les exploitations et de tous les sites de rassemblement du Canada.

Buts de la norme nationale :

  1. Aider les propriétaires et les gardiens de chevaux à protéger la santé et le bien-être de leurs chevaux en minimisant la transmission des maladies contagieuses et en réduisant la fréquence et la sévérité des maladies en cas d'infection.
  2. Parvenir à un cheptel équin canadien au statut sanitaire élevé, composé de chevaux en bon état général et ayant une solide immunité contre les agents pathogènes, et diminuer le nombre d'agents pathogènes globalement.
  3. Maintenir l'admissibilité du pays à exporter des chevaux partout au monde.
Photo d'un panneau de biosécurité sur lequel il y a de l'espace libre pour y ajouter les numéros de téléphone des personnes ressources. Sur le panneau on peut lire : Visiteurs, veuillez respecter les consignes de biosécurité de l'exploitation. Veuillez contacter le gérant de l'exploitation ou le directeur avant d'entrer. Ne pas entrer sans approbation préalable. Veuillez rester sur les voies et les allées.

Les incidences des maladies infectieuses chez les chevaux sont importantes et parfois dévastatrices. Les maladies peuvent varier de maladies bénignes à la mort, de cas sporadiques à des éclosions de maladies étendues. Même des maladies bénignes peuvent entraîner des dommages permanents et une défaillance. Les exploitations et les sites de rassemblement dont les conditions de biosécurité laissent à désirer peuvent devenir un risque considérable pour le reste de l'industrie. Il est important que chacune des exploitations et chacun des sites de rassemblement de chevaux élaborent et mettent en œuvre un plan de biosécurité.

Certaines maladies équines peuvent se propager rapidement, particulièrement dans les populations de chevaux qui n'ont jamais été exposées ou qui n'ont pas acquis une résistance à la maladie. Un exemple de propagation rapide de la maladie est la grippe équine en Australie. En Amérique du Nord, l'influenza équin (la grippe équine), une maladie respiratoire virale contagieuse, est relativement courant et la vaccination est utilisée afin de protéger la population de chevaux. Toutefois, en août 2007, une éclosion sévère de la grippe équine s'est produite en Australie, un pays exempt de la maladie auparavant, à la suite de l'importation d'un étalon infecté. Le virus s'est rapidement propagé au sein de la population chevaline; plus de 70 000 chevaux ont été infectés dans approximativement 9 000 installations.Note de bas de page 1 Des estimations prudentes des frais encourus par le gouvernement australien pour éradiquer la maladie dépassaient les 342 millions de dollars.Note de bas de page 2 Les restrictions de déplacement imposées à l'égard des chevaux ont donné lieu à l'annulation de centaines d'événements équestres, à des difficultés financières et à des répercussions sur la santé humaine, dont la détresse psychologique.

L'infection par l'herpèsvirus équin (HVE-1) chez les chevaux peut entraîner une maladie respiratoire accompagnée de fièvre, des infections néonatales chez le poulain, des avortements chez les juments ainsi que la maladie neurologique appelée la myéloencéphalopathie à herpèsvirus équin. En avril et mai 2011, une importante éclosion d'herpèsvirus équin en UTAH lors d'un événement national a donné lieu à approximativement 90 cas confirmés d'herpèsvirus équin et de la myéloencéphalopathie àherpèsvirus équin dans dix états.Note de bas de page 3 On présume que plus de 2 000 chevaux ont été exposés (soit lors de l'événement ou à partir d'un cheval qui a participé à l'événement) et treize chevaux sont morts ou ont été euthanasiés.Note de bas de page 4 Dans l'ouest du Canada, dix-sept chevaux provenant de trois provinces ont été atteints par une forme neurologique de la maladie.

Photo d'un cheval qui regarde, la tête au-dessus de la porte d'un boxe en bois.
Photo de « Dandy » offerte gracieusement par Christine Acebo

Ces dernières années, des éclosions du virus de la stomatite vésiculeuse, une maladie virale contagieuse pour les équidés, le bétail, les porcs et les chameaux se sont produites aux États-Unis. Les animaux infectés peuvent être affectés par des cloques qui gonflent et éclatent, causant un détachement de la peau dans la bouche, sur la langue et de façon moins fréquente sur le museau, les oreilles, les mamelles et sur le dessus des sabots. Il n'existe aucun vaccin ni lutte contre la maladie qui ne repose pas sur la mise en œuvre de mesures efficaces de biosécurité. Lors d'une éclosion en 2014 et 2015, on a dénombré 647 animaux infectés répartis dans 435 installations au sein de quatre états des États-Unis.Note de bas de page 5 Une autre éclosion aux États-Unis en 2015 et 2016 a touché 823 installations dans huit états.Note de bas de page 6 La stomatite vésiculeuse est une maladie à déclaration obligatoire au Canada et les éclosions entraînent des restrictions aux déplacements locaux et internationaux ainsi que des pertes économiques. Heureusement, le Canada est demeuré exempt de cas de stomatite vésiculeuse, la dernière éclosion remonte à 1949.

La portée de ces éclosions de maladies souligne l'importance d'élaborer et de mettre en œuvre des mesures de biosécurité pour tous les niveaux de contacts avec des chevaux et pour leur déplacement - tant pour les mesures de biosécurité utilisées dans les soins quotidiens des chevaux jusqu'à celles requises au cours du déplacement de chevaux à des fins de mouvement international.

Figure 3 : Votre cheval - Membre d'un plus grand cheptel

Le diagramme est composé de 5 cercles de différentes tailles et qui sont superposés l'un autour de l'autre.
Description de la photo – : Figure 3 : Votre cheval - Membre d'un plus grand cheptel

Le diagramme est composé de 5 cercles de différentes tailles et qui sont superposés l'un autour de l'autre. représente un différent aspect de l'industrie. À l'intérieur de chacun des cercles il y a du texte. En commençant du bas par le plus petit cercle, les textes à l'intérieur des cercles sont les suivants : premier cercle : Votre cheval; deuxième cercle : Votre troupeau; troisième cercle : Votre exploitation ou le site de rassemblement; quatrième cercle : Cheptels provinciaux et nationaux. Le cinquième, et le plus grand cercle qui contient les quatre autres cercles, comprend le texte : Accords de commerce et de déplacements internationaux.

Ce diagramme illustre la relation d'un cheval avec l'industrie équine nationale et internationale. Il met en évidence les répercussions que les maladies non contrôlées chez un cheval peuvent avoir sur l'industrie équine au Canada. Adapté de Equine Biosecurity Principles and Best Practices: Disease Transmission; Government of Alberta.

2.3 À qui est destiné le présent document?

La biosécurité est la responsabilité de toute l'industrie équine. Que vous soyez responsable d'un site de rassemblement équin ou le propriétaire ou le gardien de chevaux, vous partagez la responsabilité dans la mise en œuvre et le respect des pratiques de biosécurité appropriées. En tant que propriétaire ou gardien, vous êtes responsable de la santé et du bien-être de vos chevaux. LLe niveau de risque que vous êtes prêt à accepter est un choix que vous devrez faire. Si les risques de biosécurité sont inacceptables en ce qui concerne un site de rassemblement donné, vous pouvez relocaliser les chevaux (dans le cas de pension) ou décider de ne pas participer à un événement particulier.

Les orientations dans le document visent principalement les gardiens, ces personnes directement responsables des soins des chevaux ou qui ont autorité sur les responsables directs.

Certains propriétaires et gardiens de chevaux utilisent l'approche du « troupeau fermé » pour réduire les risques de maladie. Cela consiste à éliminer les déplacements des chevaux sur la propriété ou hors de celle-ci. Bien que cette approche soit réalisable pour certaines propriétés et puisse réduire les risques de maladie, elle n'élimine pas les risques de maladie causés par la transmission d'agents pathogènes au moyen de vecteurs biologiques ou mécaniques tels que les moustiques, mouches, tiques, aliments, personnes et harnachement ou équipement.

2.4 Quel est le but du présent guide?

La norme nationale de biosécurité a établi un ensemble de lignes directrices et de recommandations pour vous aider dans l'élaboration d'un plan de biosécurité afin de réduire le risque de maladie pour vos chevaux ou ceux qui relèvent de votre responsabilité. Le présent guide fournit plus de détails et les outils pour réaliser et mettre en œuvre les éléments de biosécurité de la norme. Ceci aidera à maintenir la maladie à distance de votre troupeau et des troupeaux voisins.

Soyez un bon voisin - Utiliser la biosécurité pour empêcher la propagation de maladies.

2.5 Organisation du guide

Le guide suit le modèle d'organisation de la norme comprend sept composantes de biosécurité ce qui dote les exploitations et les sites de rassemblement d'un programme de biosécurité approfondi :

  1. Élaboration de votre plan de biosécurité : l'outil d'autoévaluation
  2. Surveillance et maintien de la santé animale et intervention face aux maladies
  3. Acquisition de chevaux, retour de chevaux, chevaux en visite, déplacements et transports
  4. Gestion de l'accès
  5. Gestion de l'exploitation et du site de rassemblement
  6. Sensibilisation, éducation et formation de biosécurité
  7. Emplacement, conception et aménagement d'une exploitation ou d'un site de rassemblement et rénovations d'une propriété existante

Pour chaque composante de biosécurité, un objectif général est établi, appuyé par un certain nombre de pratiques recommandées afin de fournir l'orientation générale pour la réduction des risques de transmission de maladies. Le propriétaire d'un seul cheval qui quitte rarement une propriété isolée est confronté à des défis en matière de biosécurité différents par rapport aux propriétaires ou aux gardiens de chevaux et aux gestionnaires d'une pension ou d'une piste de course achalandée. Certains aspects des recommandations portant sur la biosécurité se divisent en deux groupes : petites exploitations et sites de rassemblement et grands sites de rassemblement (qui comprennent, sans toutefois s'y limiter, les sites de rassemblement accueillant des événements et les pistes de course).

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