Chapitre 9 - Situations d'urgence
9.5 Lignes directrices à suivre à l'égard des autres maladies à déclaration obligatoire dans les abattoirs agréés

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La présence d'une maladie déclarable doit être signalée immédiatement à l'Agent régional de Programme de santé animale. En attendant l'aide du Vétérinaire de district ou de l'Agent régional de Programme de santé animale, le médecin vétérinaire en chef peut instaurer des mesures pour les maladies suivantes. Dès que l'on soupçonne, à l'abattoir, la présence d'une des maladies déclarables suivantes, les procédures suivantes doivent être mises en place:

9.5.2 Fièvre charbonneuse

9.5.2.1 Généralités

La présence de la fièvre charbonneuse dans l'abattoir est cause d'inquiétude en raison des répercussions sur la santé humaine, de l'extrême résistance de la forme sporulée de l'agent étiologique (Bacillus anthracis) et de la virulence de la maladie chez les animaux d'élevage. La fièvre charbonneuse est une maladie infectieuse suraiguë et fébrile causée par le Bacillus anthracis. Dans sa forme la plus courante, elle se manifeste comme une septicémie, principalement caractérisée par une évolution rapide et fatale. Il faut se rappeler que, lorsque la carcasse est fendue et que le Bacillus anthracis est exposé à l'air, les spores se forment en quelques heures. Si la carcasse n'est pas fendue, l'apport en oxygène est insuffisant pour permettre la formation de spores, et les organismes végétatifs sont détruits en quelques jours par putréfaction. Les formes végétatives du microorganisme ne sont pas plus résistantes que la plupart des autres bactéries et sont donc beaucoup plus faciles à détruire.

Le VEC devrait consulter la direction des installations d'abattage, les autorités de santé publique et le vétérinaire de district pour l'élaboration d'un plan d'urgence en cas de maladies zoonotiques (p. ex., la rage, la fièvre aphteuse, etc.) dans l'établissement.

9.5.2.2 Détection à l'examen ante mortem

Si un cas de fièvre charbonneuse est soupçonné à l'examen ante mortem, il faut isoler l'animal ou les animaux et aviser immédiatement le vétérinaire de district. Il faut isoler l'animal ou les animaux jusqu'à ce que le Médecin vétérinaire de la Division santé des animaux en autorise la libération. Si le diagnostic clinique de la fièvre charbonneuse est établi à l'examen ante mortem, un vétérinaire de district prélève ou fait prélever plusieurs échantillons de sang pour analyse dans un Centre d'expertise de la fièvre charbonneuse du l'ACIA-laboratoire Lethbridge. Le Vétérinaire de district doit immédiatement procéder à un traçage en amont et recueillir tout renseignement pertinent nécessaire concernant le mouvement, le transport, la prise en charge, etc.

La carcasse ne doit pas être éviscérée, mais elle doit être condamnée immédiatement. Il faut l'envelopper dans une pellicule de plastique solide assez grande pour la contenir en entier. On procède ensuite au retrait de la carcasse enveloppée et à son transport dans un endroit approprié où elle sera détruite selon les consignes du MDM sur la fièvre charbonneuse, sous la surveillance d'un inspecteur de l'ACIA. Tout déplacement de la carcasse doit se faire en conformité avec les règlements TMD. Le retrait de la carcasse doit être effectué par un employé qualifié TMD qui utilisera la documentation appropriée, et se fait en collaboration avec le vétérinaire de district. Encore une fois, il faut prendre toutes les mesures de précaution nécessaires pour éviter la propagation de l'agent infectieux.

Aucun animal faisant partie d'un lot dans lequel la fièvre charbonneuse a été décelée à l'examen ante mortem ne doit être présenté à l'abattage tant qu'une inspection ante mortem minutieuse et autres examens complémentaires n'auront démontré l'absence d'infection chez les autres animaux du lot. Les procédures opérationnelles appliquées dans les établissements agréés peuvent varier selon la taille des installations, le mode d'exploitation, la conception des installations d'abattage, la vitesse des rails, etc. Les procédures qui s'appliquent dans un établissement peuvent ne pas s'appliquer dans un autre. Toutefois, certaines mesures sont générales et doivent s'appliquer dans tous les établissements. Chaque établissement doit donc élaborer ses propres procédures advenant la réception d'un animal soupçonné d'être infecté ou la présence d'un cas de fièvre charbonneuse dans la salle d'abattage. Cette marche à suivre peut être revue et approuvée par le VEC en collaboration avec le Vétérinaire de district et l'agent régional de Programme de santé animale.

9.5.2.3 Détection durant l'abattage

9.5.2.3.1 Ruminants (bovins, bisons, moutons, chèvres) et chevaux

  • Lorsque la fièvre charbonneuse est détectée dans la salle d'abattage, cesser toutes les activités. Condamner toutes les parties de la carcasse atteinte, y compris la peau, les cornes, les sabots, les poils, les viscères et leur contenu ainsi que le sang. Ramasser et mettre dans des sacs de plastique tous les tissus d'une carcasse infectée qui peuvent être identifiés. On peut traiter le sang en utilisant les méthodes habituelles de traitement thermique et de déshydratation. Sous la surveillance d'un inspecteur de l'ACIA, transporter les sacs de plastique contenant les tissus infectés hors de l'établissement et les détruire.
  • Condamner et éliminer sous la stricte surveillance d'un inspecteur toute autre carcasse ou partie de carcasse qui peut avoir été infectée par l'agent de la fièvre charbonneuse par contact avec un équipement contaminé.
  • Nettoyer et désinfecter immédiatement toute partie de l'établissement qui a été contaminée par l'agent de la fièvre charbonneuse. Utiliser un désinfectant approuvé, comme une solution d'hydroxyde de sodium à 5 % ou une lessive commerciale. On peut utiliser une solution fraîchement préparée d'hypochlorite de sodium (eau de Javel) contenant environ 0,5 % (5 000 ppm) de chlore disponible. Cette solution doit être fraîchement préparée. L'eau à 82 °C détruit les organismes végétatifs. Le VEC doit s'adresser au Vétérinaire de district pour obtenir les directives et l'assistance dont il a besoin.

9.5.2.3.2 Porcs

Suivre la même procédure que pour les bovins. Si le réservoir d'échaudage est contaminé, porter à ébullition l'eau qu'il contient avant de le vider et le désinfecter.

9.5.2.3.3 Enclos et autres endroits pouvant être contaminés

Les enclos et tous les autres endroits des parcs à bestiaux ainsi que les wagons et les camions à bestiaux susceptibles d'être contaminés doivent être nettoyés et désinfectés sous la surveillance d'un inspecteur de l'ACIA. Le VEC doit s'adresser au vétérinaire de district pour obtenir les directives et l'assistance dont il a besoin.

9.5.2.4 Personnes en contact avec la maladie

Toutes les personnes qui ont touché accidentellement du matériel contaminé par la fièvre charbonneuse doivent se soumettre à une décontamination. Il est important de prendre une douche et de se laver soigneusement les bras et les mains à grande eau avec un savon liquide et à l'eau chaude. Il est nécessaire de se laver immédiatement après la constatation d'un contact, et ce, avant que les organismes végétatifs de la fièvre charbonneuse aient eu le temps de sporuler. Pour le lavage, utiliser une brosse ou un autre instrument convenable pour s'assurer de l'élimination de toute matière contaminée pouvant se trouver sous les ongles et autour. Il est plus efficace de répéter plusieurs fois le cycle de savonnage et de rinçage que de se frotter longtemps pendant un seul lavage. Lorsque les mains et les bras ont été rincés à grande eau et qu'il ne reste aucun résidu de savon, les faire tremper pendant environ une minute dans une solution d'iode organique, dans du Dettol, du Lysol ou dans un autre produit valable et rincer avec de l'eau potable. Un changement complet de vêtements doit être fait. Les vêtements potentiellement contaminés doivent être mis en sac pour ensuite être désinfectés. Par mesure de précaution, toutes les personnes exposées à la fièvre charbonneuse doivent rapidement signaler à un médecin tout état (plaies ou furoncles) ou symptôme suspect.

9.5.3 Fièvre catarrhale du mouton

Seuls les sérotypes non-É-U de la fièvre catarrhale du mouton sont à déclaration obligatoire. Les sérotypes É-U sont à notification immédiate. Cette maladie est transmissible par des insectes vecteurs, biologiquement par le Culicoides spp., et mécaniquement par le barbin du mouton (Melophagus ovinus). Il s'agit d'une maladie infectieuse non contagieuse, par conséquent, il existe peu de mesures de lutte qui puissent être appliquées à l'abattoir. Condamner les carcasses infectées et abattre les animaux qui sont dans les aires extérieures, afin de restreindre le contact des animaux vivants avec des Culicoides ou des barbins contaminés. Le virus est sensible à une solution d'hydroxyde de sodium à 3 %, et par conséquent des mesures de désinfection particulières ne semblent pas nécessaires.

9.5.4 Brucellose

La brucellose a été éradiquée du Canada, sauf dans certaines zones géographiques limitées abritant des espèces sauvages, dans le nord du Canada. Il est donc peu probable que des animaux infectés soient présentés à l'abattoir, sauf ceux abattus en tant que sujets réagissant aux tests sérologiques ou des animaux qui ont été en contact avec eux. À cause des conséquences graves qu'une telle infection peut avoir chez l'humain, il faut prendre toutes les précautions nécessaires. Il faut présenter une fiche de renseignements pour chaque animal présenté à l'abattage comme sujet réagissant au test de brucellose et il faut porter un équipement de protection individuelle spécial pour effectuer des prélèvements. Idéalement ce sont des tissus du système réticulo-endothélial que l'on prélève pour la culture (c.-à-d. la rate et des ganglions lymphatiques de la tête, des mamelles et des parties génitales), l'utérus de la gestante ou l'utérus après la mise bas (caroncule ou portion du cotylédon du placenta) et le pis. Tous les échantillons doivent être immédiatement réfrigérés et expédiés au laboratoire. S'il est impossible d'envoyer les échantillons le jour même, il faut congeler les tissus prélevés et les expédier en s'assurant de les conserver congelés jusqu'au laboratoire.

9.5.5 Cysticercose

Comme la cysticercose bovine et la cysticercose porcine peuvent avoir des conséquences pour la santé humaine, la détection et l'élimination de ces maladies sont essentielles. Par contre, la cysticercose ovine n'est pas dangereuse pour l'homme. Comme toute maladie à déclaration obligatoire, sa présence doit être signalée.

9.5.5.1 Cysticercose bovine et ovine

La larve du ténia de l'homme, Taenia saginata, se trouve dans le tissu conjonctif qui sépare les faisceaux de fibres musculosquelettiques et dans les espaces lymphatiques du coeur des bovins. Les kystes du Taenia ovis se trouvent aux mêmes endroits chez les ovins et les caprins. Contrairement aux rapports publiés précédemment, il n'existe aucun site de prédilection pour la formation de kyste dans une carcasse, en particulier chez les animaux légèrement infectés. Toutefois, les méthodes d'inspection des viandes consistent à chercher les kystes aux endroits de la carcasse où ils sont habituellement présents et où l'examen peut être fait avec un minimum de mutilation. Pour plus de détails, voir le chapitre 5, section sur les parasites.

9.5.5.2 Cysticercose porcine

Puisque l'auto-infestation de personnes infestées par des kystes de T. solium ailleurs que dans les tissus musculaires est possible, toutes les carcasses de porc qui présentent un signe d'infestation par Cysticercus cellulosae doivent être condamnées. Pour plus de détails, voir le chapitre 5, section sur les parasites.

9.5.6 Pullorose

La pullorose est une maladie infectieuse causée par la bactérie Salmonella pullorum. Cette maladie est rare au Canada et se manifeste principalement chez les poussins et les dindonneaux, dans les petits troupeaux. L'agent étiologique, le S. pullorum, est sensible à la plupart des désinfectants. Bien que la maladie se transmette principalement par les œufs infectés, des vecteurs passifs peuvent aussi être en cause. Les employés de l'établissement doivent donc désinfecter le matériel et se rincer les mains et les bras avec une solution désinfectante.

9.5.7 Typhose aviaire

La typhose aviaire est une maladie infectieuse de la volaille causée par la bactérie Salmonella gallinarum. Quoique l'agent étiologique S. gallinarum puisse se propager mécaniquement, il se transmet principalement par les œufs infectés.

Par conséquent, il est essentiel que les employés qui entrent en contact avec des oiseaux infectés utilisent de bonnes méthodes de désinfection, particulièrement s'ils doivent entrer en contact avec des oiseaux vivants. Il faut également prendre les précautions nécessaires afin que les oiseaux sauvages n'entrent pas en contact avec des carcasses ou des abats provenant d'oiseaux infectés.

9.5.8 Rage

La rage se présente comme une affection neurologique. L'animal soupçonné d'être atteint présente des réactions comme des plaintes vocales, des comportements anormaux d'agressivité ou d'apathie, des symptômes d'ataxie, etc. Toutefois, comme il n'y a pas de signes pathognomoniques liés à la rage, il faut donc également considérer d'autres désordres neurologiques, p. ex., l'encéphalopathie spongiforme transmissible (EST). Il faut rapidement prendre des mesures nécessaires dans l'établissement d'abattage pour limiter les contacts humains avec les animaux potentiellement atteints. En règle générale, les animaux présentant des signes neurologiques sont condamnés lors de l'inspection ante mortem.

Il faut prévenir tout contact entre le personnel et l'animal potentiellement atteint de rage. Le VEC doit communiquer avec le vétérinaire de district afin d'obtenir l'aide et les conseils nécessaires. Ne pas abattre les animaux venus en contact avec un sujet infecté, mais les détenir tous jusqu'à l'arrivée du vétérinaire de district. Des panneaux de mise en garde doivent être apposés aux « enclos de détention ». Il faut dresser la liste des personnes qui ont pu entrer en contact avec les animaux présumés atteints. Le personnel de l'ACIA est sous la responsabilité du VEC alors que le personnel de l'établissement est sous la responsabilité de la direction de l'établissement. Il est fortement recommandé que toute personne ayant été en contact avec un animal atteint de rage consulte un médecin, même si le risque d'infection demeure minime.

Il est conseillé que le VEC consulte la direction de l'établissement ainsi que les autorités de la Santé publique et le Vétérinaire de district en vue de préparer un plan d'urgence d'intervention en cas de maladie zoonotique comme la rage, la fièvre charbonneuse, etc. dans l'établissement.

Tous les animaux (ruminants, porcins et équins) présentant des signes de troubles neurologiques doivent être considérés comme potentiellement infectés par la rage. Des consultations et examens supplémentaires menés avec le vétérinaire de district de santé animale aident à déterminer les risques potentiels de rage. Lorsque les tests pour la rage et pour l'EST sont recommandés pour le dépistage chez les ruminants, on procède d'abord au test de dépistage de la rage et s'il se révèle négatif, l'échantillon est soumis au test pour le dépistage de EST. Il faut consulter le vétérinaire de district pour ses directives et ses conseils pour la soumission de prélèvement au test de la rage et de EST lorsque recommandé. Le module 3 du Manuel sur la rage (Interne seulement) doit également être consulté. Toutes les carcasses potentiellement infectées doivent être retenues sur le site jusqu'à la confirmation de résultats négatifs. Voir également la section sur les prions au chapitre 5 du MDM.

9.5.9 Trichinose

Dans l'éventualité peu probable que des trichines soient dépistées à l'abattoir lors d'un examen au trichinoscope ou d'un muscle de la digestion, détenir la carcasse infestée et la condamner après confirmation du diagnostic par le laboratoire. L'agent de Programme ou le gestionnaire doit être informé de l'origine des porcs infestés par les trichines. La Division de la santé des animaux terrestres prend toute mesure ultérieure concernant l'enquête et le dépeuplement du troupeau d'origine. Les porcs provenant d'un troupeau infesté et qui sont amenés pour abattage doivent être détenus et soumis à une épreuve de dépistage des trichines. Voir le chapitre 5, la section sur les parasites pour en savoir plus sur la trichinose.

9.5.10 Tuberculose

Voir également le chapitre 5, annexe D. ll n'est pas nécessaire de signaler les porcs ou des volailles soupçonnés d'être infectés par la tuberculose à la Division de la santé des animaux terrestres, sauf si la carcasse doit être condamnée. Lorsque des carcasses de porc sont condamnées pour lymphadénite granulomateuse, il faut présenter des échantillons des lésions caractéristiques pour examen.

Néanmoins, notre système d'inspection des viandes joue un rôle très important dans le programme d'éradication de la tuberculose bovine. Tous granulomes ou lésions semblables, à savoir des lésions uniques ou multiples éventuellement compatibles avec des granulomes (lésions semblables à la tuberculose), affectant tous les tissus thoraciques, des ganglions lymphatiques en particulier, ou dans n'importe quel tissu ailleurs dans la carcasse bovine (y compris les lésions mésentériques simples) doivent être envoyés au laboratoire pour analyse. Pour faciliter le traçage jusqu'au troupeau d'origine, il est impératif que toutes les formes d'identification liées aux carcasses qui présentent ces lésions soient notées. Même si l'on doit mener une enquête sur un certain nombre de troupeaux ou de parcs d'engraissement, l'effort en vaut la peine. Il faut présenter les échantillons en utilisant les trousses conçues pour les échantillons de tuberculose fournis aux inspecteurs des abattoirs de bovins.

Le traçage de l'information jusqu'au troupeau d'origine est mené par le personnel de la Santé des animaux pour toutes les lésions trouvées positives à l'examen histopathologique. Les résultats de l'enquête sont communiqués au personnel d'inspection qui a soumis les lésions pour examen.

9.5.11 Encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), tremblante, et maladie débilitante chronique (MDC)

Ces trois maladies sont classées parmi les EST. On croit que les EST sont causées par un changement de conformation de particules protéiques normales appelées prions. Les animaux touchés par des EST subissent une dégénérescence progressive du système nerveux à mesure que les prions normaux sont transformés en isoformes anormaux. Ces maladies se caractérisent donc par une longue période d'incubation et sont inévitablement mortelles.

Les animaux atteints par l'ESB peuvent manifester des modifications de tempérament, comme la nervosité ou un comportement agressif, une posture anormale, un manque de coordination et une difficulté à se lever, une diminution de la production lactée ou une perte de poids sans perte d'appétit. Étant donné sa longue période d'incubation, l'ESB serait très probablement décelée parmi les bovins laitiers plus âgés.

La tremblante se manifeste généralement chez des moutons de deux à cinq ans. La plupart des symptômes mettent en cause le système nerveux. Tôt dans l'évolution de la maladie, les animaux peuvent manifester des modifications de comportement en devenant agressifs ou craintifs. Les producteurs constatent souvent que les moutons atteints de la tremblante semblent désorientés et ne demeurent pas dans le troupeau lorsqu'ils sont regroupés. Plus tard, les animaux infectés commencent à grincer des dents, à brouter avec leurs lèvres ou à mordre leurs pieds et membres. Les animaux atteints semblent souvent souffrir de démangeaisons; ils se grattent contre des objets et usent leur laine à force de frottements. Ils peuvent également développer une démarche inhabituelle, en sautant sur leurs pattes arrière ou en levant exagérément les pattes avant. Il arrive souvent que les animaux atteints perdent du poids et paraissent en mauvais état. Ces animaux peuvent paraître normaux lorsqu'ils sont tranquilles, mais, dès qu'ils sont stimulés ou qu'ils sursautent, ils peuvent se mettre à trembler ou sembler avoir une attaque.

La maladie débilitante chronique (MDC) touche les cervidés, qu'ils soient sauvages ou domestiqués. Les animaux touchés manquent de vitalité, perdent du poids et dépérissent.

Tous les animaux qui montrent des signes d'atteinte du système nerveux central doivent être soumis à un examen vétérinaire approfondi. Les EST doivent être considérées parmi les diagnostics possibles et des échantillons appropriés doivent être prélevés (obex du tronc cérébral). Les échantillons envoyés au laboratoire aux fins du dépistage d'ESB et de MDC doivent porter une mention claire selon laquelle la carcasse est retenue jusqu'à la réception des résultats de laboratoire (à moins qu'elle n'ait été condamnée pour d'autres raisons). Retenir toutes les carcasses et leurs parties comestibles en attendant la réception des résultats de laboratoire pour la MDC et l'ESB. Il n'est pas nécessaire de retenir les carcasses comestibles échantillonnées pour le dépistage de la tremblante. On peut congeler et conserver les échantillons prélevés aux fins du dépistage de la tremblante, même s'ils proviennent de carcasses comestibles, puis les envoyer aux laboratoires de l'ACIA en lots périodiques (p. ex. une fois par mois) de façon à réduire les coûts de messagerie.

Les carcasses soumises au dépistage de la MDC et trouvées positives peuvent être équarries en tant que MRS. Les carcasses soumises au dépistage de l'ESB et trouvées positives doivent être enfouies ou incinérées. (Pour en savoir plus, voir le chapitre 17, annexe D ainsi que la section sur les prions au chapitre 5 du MDM.)

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