Chapitre 9 - Situations d'urgence
9.3 Intervention

Cette page fait partie du répertoire des documents d'orientation (RDO).

Vous cherchez des documents connexes?
Recherche de documents connexes dans le répertoire des documents d'orientation.

9.3.1 Détermination du risque : Risque faible par rapport à risque élevé

L'établissement agréé doit suivre le protocole d'intervention déterminé selon le risque, faible ou élevé, de la situation sur les lieux. Lorsque le risque est faible, les interventions et les répercussions demeurent minimales. En cas de situation à haut risque, des mesures rigoureuses sont mises en place; notamment, aucun véhicule ne peut quitter l'établissement ou y entrer. Le Médecin vétérinaire en chef (VEC) doit évaluer la situation avec l'agent régional du Programme MAE et déterminer si elle représente un risque faible ou élevé de MAE. Les agents de HV ou du Programme MAE doivent pouvoir consulter des photos numériques afin de les aider dans leur décision. S'il est impossible de joindre immédiatement l'agent de district de la santé des animaux ou le personnel des Programmes, l'agent du Programme MAE doit prévoir un deuxième contact sur liste d'urgence avec qui le peut communiquer rapidement.

L'exploitant doit appuyer toute activité nécessaire et mise en place par l'ACIA durant la phase de détermination du niveau de risque. Il s'agit d'une période cruciale puisqu'elle est le prélude d'une possible collaboration active dans la mise en place généralisée de mesures d'intervention. (Se reporter au diagramme de séquence des événements à l'annexe F et l'annexe G)

Pour la volaille, la détermination du risque se base sur la nature et la gravité des signes cliniques ainsi que des lésions observées sur les animaux potentiellement infectés. Cette détermination se fonde également sur le total et le pourcentage des animaux atteints dans le lot, et son historique comme indiqué dans la fiche d'élevage, si cette dernière est disponible. S'il y a lieu, le résultat des examens post mortem et le taux de mortalité peuvent également être requis.

Pour le bétail, le VEC et diagnosticien du MAE procède à un examen complet des animaux atteints en vue d'évaluer la nature et la gravité des signes cliniques ainsi que des lésions, le résultat d'autopsie et enfin sur tout renseignement concernant l'historique des animaux du lot.

Lorsque le VEC et les agents régionaux des Programmes HV ou MAE ont examiné tous les critères de détermination exposés plus haut et que ceux-ci correspondent à une MAE reconnue, la situation est alors déclarée à risque élevé. Dans la négative, la situation est jugée à risque faible.

Afin de procéder au suivi et pour appuyer les mesures visant à déterminer le risque à l'intérieur de l'abattoir, les coordonnées de la ferme d'origine doivent être rapidement transmises au vétérinaire local de district par l'entremise de la partie A 1.2 du Questionnaire d'enquête sur les lieux (QEL). Il sera ainsi possible d'instaurer une enquête à la ferme d'origine. Le vétérinaire local de district contacte la ferme d'origine et remplit la partie A du QEL. Si le VEC ignore qui est le vétérinaire local de district associé à la ferme d'origine, il peut demander l'aide de l'agent MAE ou de l'agent du Programme Hygiène des viandes afin de trouver la personne ressource à contacter.

Le questionnaire suivant doit être rempli et transmis, avec la détermination de risque de l'abattoir, à l'agent régional des Programmes MAE ou HV :

  • Les signes cliniques observés sont-ils caractéristiques de la maladie soupçonnée?
  • Y a-t-il un nombre élevé d'animaux touchés dans le lot? Quel pourcentage du lot représentent-ils? Quelle est la morbidité?
  • Quel est le taux de mortalité? Combien d'animaux étaient morts à l'arrivée?
  • La mortalité peut-elle s'expliquer par des circonstances particulières (conditions météorologiques, durée du transport, distance)?
  • La fiche d'élevage corrobore-t-elle la présence d'une maladie dans le troupeau ou l'indication d'un taux de mortalité élevé?
  • Le camionneur a-t-il fourni des renseignements supplémentaires?

Généralement, lorsque l'on soupçonne une MAE chez un animal vivant ou une carcasse, tous les animaux et toutes les carcasses provenant de la même exploitation ou du même fournisseur doivent être retenus et isolés jusqu'à ce que l'on puisse procéder à une enquête.

La direction de l'établissement doit être prévenue de toutes les mesures restrictives visant les activités de l'établissement et être informée de la nature de la collaboration qui sera nécessaire. Il faut insister sur le fait que les restrictions imposées durant la période d'intervention initiale sont mises en place pour minimiser l'impact financier pour l'établissement autant que pour l'industrie canadienne du bétail dans son intégralité. L'échec de la mise en place de mesures d'intervention pourrait occasionner une propagation à grande échelle de la maladie avec des impacts économiques importants.

Si la maladie soupçonnée a un potentiel zoonotique, le personnel doit porter un équipement de protection individuelle approprié.

9.3.1.1 Faible risque

Si la situation a été identifiée à faible risque, les mesures suivantes seront mises en place :

  • Si les lésions sont observées à l'ante mortem, les animaux potentiellement atteints sont identifiés et isolés alors que les animaux sains sont expédiés à l'abattage. Il est préférable d'abattre les animaux potentiellement atteints à la fin de la journée d'abattage. Il faut conserver les carcasses des animaux qui ont présenté des lésions à l'ante mortem (voir 9.3.2.1) ou des lésions post mortem (voir 9.3.2.2) afin de prélever des échantillons supplémentaires. Toutes les carcasses du même lot qui ont été déclarées saines sont soumises au processus habituel.
  • Si les lésions sont observées sur des animaux potentiellement atteints sur l'aire d'abattage ou de l'éviscération, les carcasses suspectes sur lesquelles les lésions sont observées au poste-mortem sera examiné, retenus, et des échantillons seront prélevés. La décision quant à l'élimination finale des produits infectés est prise d'après les résultats des tests et la confirmation du diagnostic. Toutes les carcasses du même lot qui ont été déclarées saines sont soumises au processus habituel. Tous les animaux restants du même lot seront soigneusement examinés à l'ante mortem.
  • Échantillonnage : des échantillons « confirmation négative » doivent être envoyés au laboratoire approprié. On peut demander au personnel de Santé animale d'aider au prélèvement, à l'expédition et soumission dans le Système informatisé pour l'enregistrement et le suivi des analyses de laboratoire (SIESAL) et la notification.
  • Traçage en amont : Afin de procéder au suivi, les renseignements sur la ferme d'origine sont transférés rapidement au vétérinaire de district par l'entremise du QEL, partie A 1.2.
  • Ségrégation : les produits et carcasses d'animaux potentiellement atteints sont retenus jusqu'à la confirmation du diagnostic. Les animaux jugés sains sont soumis au processus habituel. L'élimination des déchets et des produits non comestibles se fait normalement.
  • Aucune mesure spécifique de bioconfinement pour le personnel et les véhicules n'est appliquée sur le site.
  • Lorsque la situation est déterminée à risque faible, il est inutile de procéder au nettoyage et à la désinfection de zones spécifiques pendant les activités d'abattage. Toutefois, des mesures particulières sont prises lors du nettoyage à la fin des activités (c.-à-d. : l'utilisation de désinfectant particulier, des mesures supplémentaires dans la zone ante mortem, etc.).

En dehors de la période requise pour déterminer le niveau de risque, l'établissement peut poursuivre ses activités.

9.3.1.2 Risque élevé

Si la situation a été identifiée à risque élevé, les procédures suivantes seront mises en place en tenant compte des mesures appropriées de bioconfinement :

  • Si les lésions sont observées à l'ante mortem, les animaux potentiellement atteints sont identifiés et isolés alors que les animaux sains sont expédiés à l'abattage. Il est préférable d'abattre les animaux potentiellement atteints à la fin de la journée d'abattage. Les carcasses de ces animaux montrant des signes cliniques à l'ante mortem ou des lésions post mortem seront retenus pour prélèvements d'échantillon. Toutes les carcasses et produits provenant d'animaux soupçonnés d'être infectés ainsi que les animaux de ce même lot doivent être retenus. L'élimination finale des produits retenus sera décidée en fonction du résultat des tests et de l'établissement du diagnostic. Les mesures appropriées de bioconfinement doivent être mises en place. Il n'est pas nécessaire de procéder au nettoyage et à la désinfection durant la journée d'abattage si les animaux sains sont abattus avant ceux potentiellement atteints. Les zones contaminées, dont les zones ante mortem devront être complètement nettoyées et désinfectées, sous la supervision de l'ACIA, avant la reprise des activités.
  • Si les lésions sont décelées à l'abattage, il faut retenir et examiner soigneusement les carcasses d'animaux atteints, puis prélever des échantillons. Il est important d'identifier les animaux et carcasses d'un même lot. Il faut s'assurer que le personnel d'abattage porte l'équipement de protection individuelle approprié avant d'autoriser la reprise de l'abattage de ces animaux. L'abattage doit se faire à un rythme suffisamment lent pour permettre une inspection plus approfondie ainsi que le prélèvement et le dénombrement (nombre de carcasses touchées) d'échantillons et de lésions pathologiques importantes. Toutes les carcasses et produits provenant d'animaux soupçonnés d'être infectés ainsi que les animaux de ce même lot doivent être retenus. L'élimination finale des produits retenus sera décidée en fonction du résultat des tests et de l'établissement du diagnostic. Tous les animaux provenant de la même source seront retenus pour un examen ante mortem approfondi et seront ensuite transférés pour abattage immédiat. Il faut nettoyer et désinfecter complètement toutes les zones infectées avant de poursuivre les activités d'abattage des animaux sains. Les zones contaminées, dont les zones ante mortem devront être de nouveau complètement nettoyées et désinfectées, sous la supervision de l'ACIA, avant la reprise des activités.
  • Échantillonnage : des échantillons « risque élevé » doivent être envoyés au laboratoire approprié. On peut demander au personnel de Santé animale d'aider au prélèvement, à l'expédition et soumission dans le SIESAL et la notification.
  • Traçage en amont : afin de procéder au suivi, les renseignements sur la ferme d'origine sont transférés rapidement au vétérinaire de district par l'entremise du QEL, partie A 1.2. Le personnel de l'ACIA sur les lieux, en collaboration avec l'exploitant, doit commencer le processus de traçage en amont tel que l'identification du véhicule qui a servi au transport des animaux soupçonnés d'être infectés et l'obtention de la feuille de route du chauffeur.
  • Ségrégation / élimination : il faut attendre la confirmation du diagnostic avant de procéder à l'élimination des produits. Les produits non comestibles et les déchets sont isolés et retenus sur le site. Ils ne peuvent être éliminés qu'une fois le diagnostic confirmé.
  • L'établissement dans son ensemble est déclaré « lieu contaminé » (CFIA/ACIA 4204, voir module 15 du Manuel des procédures communes) - (Accès interne seulement). Il faut procéder à la suspension d'arrivage de nouveaux animaux. Lorsque tous les animaux présents sur le site ont été abattus, toute activité d'abattage doit être interrompue jusqu'à ce que la Déclaration de lieu contaminé soit levée. Aucun produit, sous-produit, déchet, véhicule ou personne ne peut quitter l'établissement avant d'avoir subi un nettoyage et une désinfection adéquate.
  • L'entreprise ne pourra reprendre ses activités qu'à la levée de la Déclaration de lieu contaminé.

9.3.2 Moment de la détection d'une MAE

9.3.2.1 Détection durant l'examen ante mortem

L'examen ante mortem est sans doute le moment optimal pour déceler une maladie, étant donné que, pour bien des maladies animales exotiques, les signes sont les plus manifestes chez l'animal vivant. Ainsi, on peut isoler tous les animaux provenant de la même source pour procéder à un examen ante mortem approfondi et le prélèvement d'échantillons sur sujets vivants. Ces examens doivent être faits en tenant compte du bien-être des animaux. La décision d'euthanasier l'animal à des fins de prélèvement doit être prise en collaboration avec l'agent MAE. Les animaux potentiellement infectés doivent être soumis à un abattage séparé, de préférence à la fin de la journée d'abattage pour éviter toute contamination croisée. Les carcasses sont soumises à un examen post mortem approfondi et un prélèvement d'échantillons. Cette procédure vise à réduire la contamination de l'abattage et de l'éviscération dans la zone d'abattage et par conséquent, à réduire les mesures comme le bioconfinement, le nettoyage et la désinfection, si de telles mesures s'avèrent nécessaires.

9.3.2.2 Détection durant l'examen post mortem

Lorsqu'une maladie est décelée durant l'examen post mortem, il faut examiner attentivement toutes les carcasses provenant du même lot afin de détecter la présence de lésions. Il peut être nécessaire d'interrompre les activités d'abattage de manière à permettre l'examen des carcasses et le prélèvement d'échantillon. Les mesures de contrôle requises comme le bioconfinement et le nettoyage peuvent différer quelque peu en raison de la contamination possible, non seulement des zones de préabattage et des salles d'abattage et d'éviscération, et peut-être même des zones d'entreposage postabattage (c.-à-d. refroidisseurs, congélateurs). Pour en savoir plus sur les mesures d'intervention, se reporter à la section 9.3.1.1 et la section 9.3.1.2.

9.3.3 Intervention initiale - Communication, contrôle et quarantaine, traçage en amont, échantillonnage, nettoyage et désinfection, élimination et rapport sur les activités

9.3.3.1 Notification/communication

Le VEC doit immédiatement faire part à la direction de l'établissement de ses préoccupations concernant une possible MAE et il doit énoncer les mesures qui s'imposent.

En utilisant la liste des personnes-ressources (du plan d'urgence), le VEC informe tant le personnel des Opérations que celui des Programmes. Les personnes déjà engagées dans le processus de détermination de risque contactent le réseau des intervenants et transmettent les informations (p. ex., l'agent MAE et le gestionnaire d'inspection, le vétérinaire de district ou l'officier vétérinaire général se contactent mutuellement). De cette façon, le VEC pourra se concentrer à l'exécution et à la coordination des activités à l'intérieur de l'établissement d'abattage.

L'exploitant doit communiquer avec les différents services de l'établissement, ses employés, ses fournisseurs, de même qu'avec les camionneurs concernés et, peut-être, avec ses clients, selon l'évolution de la situation. Au besoin, il doit communiquer avec les éleveurs et les associations sectorielles pour les informer de la situation. (Voir l'annexe E pour spécimen d'un message type.)

Pour plus de renseignements, consulter Intervention d'urgence partie 6 du PFSA - (Accès interne seulement).

9.3.3.2 Contrôle des déplacements

Un contrôle précoce du déplacement des animaux, des produits, des pièces d'équipement ou des personnes est essentiel pour empêcher la propagation de la maladie. Dans une situation à risque élevé, l'établissement dans son ensemble est déclaré lieu contaminé à la suite de la délivrance du formulaire CFIA/ACIA 4204. Toutefois, les produits touchés doivent être retenus, peu importe le niveau de risque. Dans une situation à risque élevé, il faut également isoler et retenir tous les animaux et produits provenant du même lot que les animaux et carcasses que l'on soupçonne d'être infectés.

Faible risque : Il faut identifier et isoler les animaux et carcasses soupçonnés d'être infectés. Ces produits doivent être placés dans une chambre froide distincte ou dans une zone à part d'une chambre froide.

Risque élevé : Tous les animaux et produits potentiellement infectés du même lot ou origine doivent être identifiés. Ces produits doivent être placés dans une chambre froide distincte ou dans une zone à part d'une chambre froide.

Dans une situation à risque élevé, l'ACIA ordonne l'interruption de tout déplacement d'animaux, de produits et de véhicules jusqu'à la levée de la Déclaration de lieu contaminé. La circulation par intermittence n'est autorisée qu'en vertu du Permis de l'ACIA (CFIA/ACIA 1509). La Déclaration de lieu contaminé est levée une fois que le CNMAE ou l'agent ou le gestionnaire des Programmes confirme la négativité des résultats.

L'ACIA doit superviser les entrées et sorties de tout le personnel. Toute personne ayant eu des contacts avec les animaux, carcasses ou produits potentiellement atteints et qui doit absolument quitter l'établissement doit désinfecter ou changer ses vêtements au préalable. Avant de quitter l'établissement, toute personne doit désinfecter ses bottes, ses chaussures et son véhicule avant d'être autorisée à partir. Il faut informer les employés sur le point de quitter l'établissement qu'ils doivent rester à l'écart des animaux réceptifs à la maladie, jusqu'à ce que la situation soit normalisée. Les personnes qui doivent absolument entrer dans l'établissement doivent éviter de s'exposer au contact d'un animal ou produit soupçonné d'être infecté ou ayant été en contact avec un animal ou un produit infecté.

Aucun produit non comestible, déchet, aliment pour animaux, litière, détritus, etc. ne peut quitter l'établissement à moins que son élimination ne représente aucun risque de propagation de la maladie. Au besoin, ces matières peuvent être retenues sur place jusqu'à ce qu'un diagnostic soit établi ou que l'hypothèse de la maladie soit écartée.

9.3.3.3 Traçage en amont

Le VEC peut contribuer à l'enquête qui devra être menée sur l'animal potentiellement infecté en commençant à recueillir les informations suivantes :

  • origine de l'animal potentiellement infecté;
  • véhicule employé pour transporter l'animal jusqu'à l'abattoir;
  • tous les véhicules de transport qui ont quitté l'établissement et qui peuvent avoir été en contact direct ou indirect avec les animaux soupçonnés d'être atteints et les véhicules qui les ont transportés (p. ex. durant une attente commune des véhicules, un déchargement en commun des véhicules sur les quais). Ce qui inclut tout véhicule ayant quitté l'établissement depuis l'arrivage des animaux soupçonnés d'être infectés;
  • itinéraire et tout arrêt, ainsi que l'emplacement actuel de ce véhicule; et
  • heure d'arrivée de l'animal et sort réservé aux animaux, produits et déchets de l'établissement (y compris les matières non comestibles) à partir de ce moment.

9.3.3.4 Échantillonnage

En application du mode opératoire normalisé pertinent et suivant les indications des agents de Programme, le prélèvement des échantillons de tissus peut commencer. Comme indiqué dans le plan d'urgence, la responsabilité du prélèvement des échantillons est dévolue au VEC, avec la possible collaboration du Vétérinaire de district. On peut demander à l'un ou à l'autre d'aider au prélèvement ou à l'expédition des échantillons. Il faut tenir compte du bien-être des animaux dans la manière de prélever les échantillons et dans certains cas, il est préférable que l'animal qui présente des lésions soit euthanasié. La décision d'euthanasier ou d'éliminer un animal doit être prise en collaboration avec un agent du Programme MAE. L'envoi d'échantillons au laboratoire se fait sous la supervision de l'agent régional MAE ou en collaboration avec le coordonnateur du laboratoire. Les échantillons doivent être conditionnés et expédiés par le détenteur d'un certificat de formation valide pour le transport des marchandises dangereuses (TMD). Les échantillons d'un sujet potentiellement atteint d'une MAE ne doivent pas être expédiés sans avis préalable approprié.

9.3.3.5 Nettoyage et désinfection

L'exploitant doit commencer le nettoyage et la désinfection de la manière indiquée dans le plan d'urgence (voir section 9.2.4) sous la supervision du personnel d'inspection qui eux suivront les conseils des agents du Programme. Les interventions se font selon le niveau de risque établi (voir les sections 9.3.1.1 et 9.3.1.2) et le moment de détection de la MAE.

9.3.3.6 Élimination

Les méthodes habituellement utilisées pour éliminer les matières non comestibles, les matières condamnées, les aliments pour animaux, les détritus, les plumes, la litière, etc. peuvent poser un risque de propagation de la maladie. Toutes ces matières doivent être retenues sur place jusqu'à ce que le diagnostic soit établi. Les inspecteurs doivent s'assurer qu'aucune des matières décrites ci-dessus ne quitte l'établissement sans que la méthode utilisée pour les éliminer n'ait été jugée acceptable au préalable.

Conformément au plan d'urgence, l'exploitant doit vérifier si les méthodes d'élimination habituelles sont acceptables, si une compagnie offrant des services d'élimination accepterait ces matières et serait en mesure de les traiter ou de les confiner d'une manière qui ne pose pas de risque de propagation. Enfin, il faut voir si d'autres méthodes pourraient être acceptables pour l'élimination des matières contaminées ou infectées.

9.3.3.7 Rapport sur les activités

Le VEC et l'exploitant doivent tenir un registre de toutes leurs activités, communications (téléphoniques ou autres) et décisions, du début jusqu'à la fin de la situation. Ce registre est essentiel à l'évaluation et à l'analyse de l'intervention.

9.3.4 En attente d'une confirmation ou des résultats d'analyse

La prochaine période critique suit l'intervention initiale et commence au moment de l'envoi des échantillons, et s'étend jusqu'au moment où le diagnostic de la maladie est confirmé. Durant ce laps de temps, les procédures de traçage et d'isolation des produits et sous-produits, les activités de nettoyage et désinfection ainsi que le contrôle de mouvement se poursuivent.

Les activités d'abattage pourront reprendre leur cours normal à la levée de la Déclaration de lieu contaminé. La Déclaration ne peut être levée qu'après un résultat négatif transmis par le CNMAE ou sur un avis des agents de Programme ou encore, du directeur. La décision de lever la Déclaration de lieu contaminé est basée sur l'évaluation et la confirmation que le risque associé à l'abattoir n'est plus considéré comme étant une source de propagation de la maladie.

9.3.5 Confirmation du diagnostic

L'équipe d'intervention d'urgence en santé animale (EISA) se met à l'œuvre lors d'une confirmation de diagnostic ou une détermination de risque élevé. Le VEC doit fournir à cette équipe un registre de toutes les mesures qu'il a prises ainsi que tous les renseignements voulus sur les procédés et les méthodes utilisés dans l'établissement. Durant cette période, le Responsable de l'intervention ou le EISA (voir le chapitre 6 du PFSA - (Accès interne seulement) pour toutes les mesures mises en place durant une situation à haut risque) donne des recommandations supplémentaires au vétérinaire en chef et à son équipe. Les directives concernant la reprise des activités normales sont transmises par le Responsable de l'intervention ou son adjoint.

9.3.6 Rôle de l'abattoir lorsqu'une flambée est décelée ailleurs

L'abattoir peut être appelé à jouer un rôle dans divers autres aspects de l'intervention d'urgence en cas de MAE, par exemple, en étant un lieu retracé de réception d'animaux contaminés, en s'occupant de l'abattage intégral des animaux d'une région donnée, de la conduite de tests sur des animaux ou de l'entreposage de viande. Dans ce cas, la direction, après consultation auprès du personnel des Programmes, transmet à l'établissement les directives nécessaires.

Date de modification :