Chapitre 5 - Échantillonnage et analyses
5.2 Résidus chimiques

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5.2.1 Introduction

5.2.1.1 Définition

Un résidu chimique consiste en la présence d'un produit chimique dans un ou plusieurs tissus de l'organisme à un moment quelconque après l'administration du produit ou après l'exposition à celui-ci, notamment au moment de l'abattage. Dans le cadre du programme des résidus chimiques, les tissus importants sont les muscles squelettiques, le foie, les reins et le gras. Les techniques et les instruments utilisés aujourd'hui sont suffisamment sophistiqués pour permettre la détection de petites quantités de divers médicaments.

5.2.1.2 Préoccupations

Bien que la contamination microbienne des aliments continue d'être la cause de la majorité des cas de maladie, le niveau de préoccupation des consommateurs est toujours élevé en ce qui concerne les résidus chimiques présents dans les aliments. Les médicaments mis au point pour être utilisés dans l'industrie animale au Canada doivent faire l'objet de tests approfondis et être approuvés par la Direction générale des produits de santé et des aliments et la Direction des médicaments vétérinaires de Santé Canada avant d'être mis en vente au Canada. Les produits biologiques vétérinaires sont réglementés par l'ACIA en vertu de la Loi sur la santé des animaux.

La présence possible d'antibiotiques, d'hormones ou de pesticides dans les viandes soulève des préoccupations, dont :

  • Les réactions allergiques se produisent chez les personnes sensibilisées. La pénicilline cause les réactions indésirables les plus graves et est impliquée plus fréquemment que tous les autres agents antimicrobiens réunis. Dans l'organisme, de petites quantités de pénicilline sont métabolisées en acide pénicilloïque, un puissant allergène. L'allergie aux sulfamides est également courante.
  • L'acquisition, chez les bactéries, d'une résistance aux antimicrobiens a fait l'objet d'une attention médiatique importante. La préoccupation vient de ce que l'exposition des humains à de faibles doses d'antimicrobiens par le biais des aliments pourrait contribuer au développement de sources résistantes de bactéries pathogènes dans la population humaine.
  • Les résidus peuvent avoir des effets pharmacologiques directs s'ils sont ingérés. Ceci est une préoccupation de premier ordre en ce qui concerne les substances ß-adrénergiques.
  • Les résidus risquent d'avoir un effet toxique aigu direct. Ce type d'effet a été observé après la consommation de poissons et de mollusques. On sait que le chloramphénicol, un antibiotique interdit, peut causer une anémie aplastique chez certaines personnes. Les composés exerçant la plus grande toxicité aiguë risquent peu de poser des problèmes dans les viandes, puisque les concentrations requises pour affecter le consommateur causeraient une maladie grave, voire la mort chez l'animal touché.
  • On a émis l'hypothèse que l'exposition à de faibles concentrations de certains composés chimiques sur des périodes prolongées pourrait entraîner une toxicité chronique. Cette préoccupation vise principalement les cancérogènes et les composés qui s'accumulent dans les organismes vivants.
  • La confiance des consommateurs dans l'approvisionnement en aliments pourrait diminuer, mais si le risque en termes de santé est faible ou inexistant.
  • La présence, réelle ou soupçonnée, de résidus de médicaments dans un produit pourrait compromettre les marchés d'exportation.

5.2.1.3 Causes

Les médicaments vétérinaires et les produits chimiques agricoles utilisés conformément au mode d'emploi figurant sur l'étiquette ne devraient pas entraîner la présence de résidus au moment de l'abattage. Parmi les causes possibles de la présence de résidus, on compte :

  • le non-respect de la dose ou du mode d'emploi recommandés sur l'étiquette (usage hors homologation);
  • le non-respect des délais d'attente recommandés;
  • l'administration d'un volume trop important à un point d'injection unique, entraînant la formation d'un dépôt;
  • l'utilisation d'équipement contaminé par des médicaments ou le défaut de nettoyer correctement l'équipement utilisé pour mélanger ou administrer les médicaments;
  • les erreurs de posologie, de mesure ou de mélange;
  • le fait de permettre aux animaux d'accéder à des produits chimiques renversés ou à des aliments médicamentés;
  • un état particulier de l'animal - âge, gestation, gènes, maladies, allergies;
  • des interactions chimiques entre les médicaments;
  • des variations de la température de l'eau dans le cas des poissons;
  • une contamination de l'environnement; et
  • l'usage inadéquat de produits chimiques agricoles, comme les pesticides.

5.2.1.4 Fondements juridiques

5.2.1.4.1 Loi sur les aliments et drogues

L'article 4(d) de la Loi sur les aliments et drogues interdit la vente d'un « aliment qui ... est falsifié ».

L'article 23(1)(d) autorise un inspecteur à retenir tout produit qui « à son avis » et « fondé sur des motifs raisonnables » n'est pas conforme à la réglementation.

5.2.1.4.2 Règlement sur les aliments et drogues

Les limites maximales de résidus (LMR) sont fixées par Santé Canada dans le Règlement sur les aliments et drogues. Les LMR pour les viandes sont indiquées au titre 15, articles B.15.001 à B.15.003, et figurent dans les tableaux qui s'y rattachent. Le tableau I traite des métaux, le tableau II, des produits chimiques agricoles, et le tableau III, des médicaments vétérinaires.

L'article B.15.002 établit une LMR par défaut de 0,1 ppm pour tout produit chimique agricole ne figurant pas explicitement dans le tableau II. À noter qu'il n'y a pas de disposition équivalente pour ce qui concerne les médicaments vétérinaires; la LMR pour les médicaments vétérinaires est donc de zéro, à moins d'indication contraire dans le tableau III.

L'article B.01.048 du Règlement sur les aliments et drogues interdit la vente d'animaux destinés à la consommation qui ont été traités avec certains médicaments, dont :

  1. le chloramphénicol, ses sels et ses dérivés;
  2. un composé de 5-nitrofurane;
  3. le clenbutérol, ses sels et ses dérivés;
  4. un composé de 5-nitro-imidazole; et
  5. le diéthylstilbestrol et d'autres composés de stilbène.

Santé Canada a fixé des limites « administratives » maximales de résidus (LAMR) pour certains composés.

Un produit contenant un résidu à une concentration inférieure ou égale à la LMR figurant dans le Règlement sur les aliments et drogues, ou à la LAMR figurant sur le site Web de Santé Canada n'est pas considéré comme étant falsifié et peut être mis sur le marché.

5.2.1.4.3 Loi sur l'inspection des viandes

L'article 13.(1)(b) autorise un inspecteur à examiner tout produit de viande ou tout autre objet, qui à son avis n'est pas conforme à la présente loi ou à ses règlements, et à en prélever des échantillons.

L'article 15.(1) autorise un inspecteur à saisir et à retenir tout produit de viande ou tout autre objet, s'il a des motifs raisonnables de croire qu'ils contreviennent à la présente loi ou à ses règlements.

5.2.1.4.4 Règlement de 1990 sur l'inspection des viandes

L'article 2(1) du Règlement définit le terme « falsifié ».

L'article 20(1) du Règlement autorise un inspecteur à retenir un produit de viande falsifié jusqu'à ce que le produit puisse être rendu conforme aux normes prescrites, ou à le condamner s'il ne peut être rendu conforme aux normes prescrites.

L'article 68(1) requiert que l'exploitant se conforme aux directives du vétérinaire officiel de retenir ou d'isoler un animal.

L'article 131(1) du Règlement requiert que l'exploitant ou l'importateur fournisse, sans frais, tous les échantillons nécessaires.

5.2.1.4.5 Loi sur la santé des animaux

La Loi sur la santé des animaux autorise l'inspecteur à intervenir dans le cas de la présence de « substances toxiques » désignées. Cependant aucune substance toxique n'a été désignée dans le cadre de cette Loi. Par conséquent, l'inspecteur ne peut se prévaloir des pouvoirs conférés par cette Loi. Les règlements relatifs à cet article de la Loi, ainsi qu'une liste des substances sont présentement en cours d'élaboration.

5.2.2 Exposition individuelle

5.2.2.1 Introduction

Certains médicaments sont volontairement administrés à des animaux par injection, bolus ou infusion dans le but de traiter des affections particulières.

En outre, certains animaux peuvent être exposés accidentellement à des produits chimiques agricoles par ingestion ou à des contaminants environnementaux, et ensuite être réformés en raison de signes de maladie ou d'une production réduite.

Le traitement ou l'exposition peuvent entraîner la présence de résidus dans des parties comestibles de l'animal.

5.2.2.2 Choix des échantillons

Tout animal dont un inspecteur a des motifs raisonnables de croire qu'il a été exposé à un médicament ou à un produit chimique est considéré comme suspect sur le plan des résidus, et doit être retenu jusqu'à ce que son état puisse être déterminé.

Des « motifs raisonnables » peuvent comprendre (sans s'y limiter) à :

  • la présence, lors de l'examen ante mortem, de signes d'une maladie pour laquelle un traitement médical existe;
  • la présence, lors de l'examen post mortem, de changements pathologiques propres à une maladie pour laquelle un traitement médical existe;
  • des changements dans le comportement ou des signes cliniques associés à une exposition, par l'intermédiaire d'un traitement ou non, à une substance ou à une classe de substances donnée (comme la dystonie associée aux toxines botuliniques ou la constriction des pupilles associée aux composées organophosphorés);
  • la présence, lors d'un examen ante ou post mortem, de changements anatomiques associés à une substance ou classe de substances donnée, que ce soit suite à une exposition accidentelle ou à un traitement (comme l'accroissement de la masse musculaire associée aux ß-agonistes ou le développement de structures sexuelles associé aux œstrogènes ou aux androgènes); et
  • une anamnèse suggérant un traitement médical récent, si bien que le délai d'attente peut ne pas être échu ou que le médicament peut ne pas avoir été encore complètement éliminé de sorte qu'il reste encore des résidus.

On trouvera des directives additionnelles dans les sous-sections concernant les composés spécifiques. On peut également communiquer avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques, pour obtenir des conseils.

5.2.2.3 Analyses

Les analyses à effectuer dépendent du composé à vérifier. Pour plus de détails, consulter les sous-sections concernant les composés spécifiques ou communiquer avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques.

5.2.2.4 Suivi

Détenir la carcasse et toutes ses parties jusqu'à l'obtention des résultats de laboratoire. L'établissement peut, avec l'autorisation de l'inspecteur, choisir de traiter comme produit de viande condamné le produit de viande retenu, conformément à l'article 88 du Règlement de 1990 sur l'inspection des viandes, plutôt que d'assumer les coûts ou les inconvénients associés à leur entreposage jusqu'à l'obtention des résultats. L'établissement doit toutefois éliminer ces parties sous la surveillance d'un inspecteur. Il est également prudent de conserver des échantillons aux fins de répétitions d'analyses ou d'analyses additionnelles. Pour plus de détails, consulter les sous-sections concernant les composés spécifiques.

Pour la plupart des composés, lorsqu'il n'est question que d'un seul animal, on peut avoir recours à la fonte des produits non comestibles pour éliminer la carcasse ou des parties de celle-ci, en raison de l'importante dilution résultant de ce procédé. Cependant, ce procédé peut ne pas être applicable dans le cas de cancérogènes connus ou de produits soupçonnés d'être cancérogènes.

5.2.3 Exposition d'un lot

5.2.3.1 Introduction

Remarque : La sous-section 5.2.9 sur les sulfamides traite du cas des animaux du même troupeau que ceux pour lesquels on obtient des résultats positifs aux tests de détection de sulfamides sur place.

La sous-section 5.2.2 traite des médicaments normalement administrés à des animaux individuels.

D'autres médicaments sont habituellement administrés à des groupes d'animaux, généralement au moyen d'aliments ou d'eau médicamentés afin de :

  • favoriser la croissance ou d'augmenter la production;
  • prévenir les maladies; et
  • traiter un foyer de maladie.

Si l'on découvre un animal ayant des résidus d'un médicament normalement administré à des groupes d'animaux, d'autres animaux du même lot de production (ferme, cheptel, troupeau, étable, enclos, etc.) ou animaux congénères risquent fort de présenter des résidus similaires.

La détection d'un résidu de médicament chez l'un des animaux d'un lot de production constitue un motif suffisant pour en soupçonner la présence chez les autres animaux du même troupeau présentés à l'établissement d'abattage en même temps.

Un producteur peut parfois demander conseil au sujet d'un troupeau ayant reçu un traitement médicamenteux avant l'abattage, s'il craint que le délai d'attente observé n'ait pas été suffisant pour éliminer complètement le médicament des tissus. Toutes les demandes de ce type qui sont soumises au vétérinaire responsable doivent être discutées avec le spécialiste du Programme des résidus chimiques. De façon générale, le producteur est responsable de n'envoyer à l'abattoir que des animaux exempts de résidus chimiques et l'abattoir est tenu de mettre en place les contrôles nécessaires pour s'en assurer. Si la situation le justifie et que l'envoi d'animaux pré-test est indiqué, le producteur ne devrait expédier que le nombre d'animaux défini par le spécialiste du programme, généralement six. Les carcasses et leurs parties doivent être retenues jusqu'à ce que les tissus appropriés aient été analysés. D'autres échantillons pourraient être prélevés au moment de l'abattage du lot de production que les animaux pré-test représentent.

Si un médicament a été utilisé en dérogation de l'étiquette par un vétérinaire praticien, le vétérinaire peut contacter le « Global Food Animal Residue Avoidance Database » (CgFARAD)pour obtenir une recommandation sur le délai d'attente. Pour certains antibiotiques, des trousses d'analyse rapide de l'urine sont disponibles.

Le vétérinaire responsable consultera le spécialiste du Programme des résidus chimiques afin de déterminer les mesures à prendre dans chaque cas. Cette consultation doit être faite avant que les animaux soient amenés à l'abattoir pour que l'établissement soit préparé à les recevoir et pour éviter l'abattage prématuré ou accidentel du lot avant qu'une décision soit prise. L'ACIA indiquera à l'exploitant les conditions à rencontrer pour que les animaux soient abattus. Ces conditions doivent être acceptées par l'exploitant avant que l'abattage se fasse.

Les exploitants sont responsables d'accepter seulement des animaux exempts de résidus chimiques nocifs pour la préparation de viande. Ceci devrait avoir été pris en charge via le plan analyse des risques et maîtrise des points critique (HACCP) de l'établissement. Si un exploitant désire introduire dans son établissement des animaux d'un statut incertain à cet égard, il doit fournir toute l'information disponible au vétérinaire responsable à l'avance de façon à ce qu'une évaluation puisse être faite et pour éviter d'avoir à retenir une grande quantité d'animaux ou de produit.

Dans le cas où l'envoi d'animaux pré-test n'est pas pratique, par exemple de lots de volaille, le producteur peut euthanasier ou faire euthanasier un certain nombre d'animaux pour les soumettre à une analyse de résidus avant la date prévue pour l'abattage du troupeau. Toutes les analyses ainsi effectuées sur des animaux vivants ou euthanasiés aux fins de les prouver exempts de résidus illégaux seront faites aux frais du producteur en fonction des échantillons sélectionnés par un tiers indépendant, objectif et compétent, tel un vétérinaire de pratique privée et expédiées à un laboratoire privé agréé.

Le producteur ou le vétérinaire praticien doit consulter la liste des laboratoires agréés par le Conseil canadien des normes (CCN) « Standards Council of Canada (SCC) - (anglais seulement) » et l'ACIA et communiquer avec le laboratoire accrédité pour fixer la date de l'analyse et connaître les exigences en matière d'échantillonnage, d'emballage et d'expédition.

Si le vétérinaire responsable n'est pas convaincu que les animaux sont exempts de résidus, il a les pouvoirs lui permettant de retenir les carcasses et leurs parties et de soumettre des échantillons pour analyse, en consultation avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques.

5.2.3.2 Choix des échantillons

Quand on sait qu'un troupeau ou une bande a subi un traitement avant l'abattage et que l'on craint que le délai d'attente observé n'ait pas été suffisant pour que le médicament ait été complètement éliminé des tissus, il faut analyser plusieurs animaux dudit troupeau pour la substance redoutée. À cette fin, les animaux choisis pour l'échantillonnage doivent être les plus mal en point, puisque ce sont les plus susceptibles de présenter des résidus. À l'article 6.4.1, portant sur l'échantillonnage des lots suspects, le document CAC/GL 16 de Codex Alimentarius, intitulé « Directives du Codex pour la mise en place d'un programme de contrôle réglementaire des médicaments vétérinaires dans les aliments », indique :

« Il conviendrait de prélever un minimum de 6 et un maximum de trente échantillons primaires d'un lot suspect. Lorsqu'il y a lieu de penser que l'altération suspectée est présente dans la totalité du lot ou lorsque celle-ci est aisément repérable à l'intérieur du lot, on pourra se contenter du nombre d'échantillons le plus petit. »

Veuillez consulter votre spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques, afin de déterminer la taille appropriée de l'échantillon.

Il arrive parfois que les médicaments soient employés « hors homologation », c'est-à-dire d'une façon différant des instructions figurant sur l'étiquette. Une telle utilisation peut comprendre l'administration d'une dose supérieure à celle recommandée sur l'étiquette ou l'utilisation du produit chez une espèce autre que celle mentionnée sur l'étiquette. Les délais d'attente peuvent varier considérablement entre les espèces, même entre celles étroitement apparentées.

On peut obtenir des conseils en matière de délai d'attente pour une utilisation de médicament non conforme à l'étiquette auprès des bureaux canadiens du service Global Food Animal Residue Avoidance Database (CgFARAD) - (anglais seulement).

Si le service gFARAD fournit une recommandation écrite concernant un délai d'attente approprié pour une utilisation de médicament hors homologation, et que les animaux touchés ont satisfait à ce délai d'attente, ils sont considérés comme non suspects en matière de résidus et ne devraient pas être retenus. Avec le concours du spécialiste du programme, il peut toutefois être approprié de prélever un échantillon de contrôle pour valider la justesse de la recommandation.

5.2.3.3 Analyses

Chez les animaux à viande rouge, lorsque le résidu soupçonné est un antibiotique, on peut avoir recours à l'épreuve par écouvillonnage sur place (EEP) pour cribler les animaux échantillonnés. Si le résultat de l'épreuve EEP est négatif, le troupeau suspect peut être relâché. Mais on ne peut relâcher le troupeau que si l'épreuve EEP est reconnue comme étant sensible à l'antibiotique recherché. Il convient avant tout de discuter de cette possibilité avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques. On ne peut pas utiliser l'épreuve EEP chez la volaille. Voir la sous-section 5.2.7, Antibiotiques.

Les échantillons non prévus ne doivent pas être soumis sans arrangements préalables. Veuillez contacter votre spécialiste du programme afin de prendre des arrangements et de déterminer les échantillons nécessaires. En règle générale, les échantillons non prévus devraient être expédiés à un laboratoire de l'ACIA, et le coût de l'analyse devrait être facturé à l'exploitant. Il sera parfois nécessaire d'avoir recours à un laboratoire privé si l'analyse « interne » requise n'est pas offerte à l'Agence.

Lors de l'analyse de plusieurs tissus provenant d'un troupeau suspect, l'ACIA interrompra le processus dès qu'une violation aura été démontrée. Toute analyse supplémentaire est la responsabilité de l'exploitant.

5.2.3.4 Suivi

5.2.3.4.1 Autres animaux vivants du même troupeau (congénères)

En règle générale, aucun animal soupçonné de présenter des résidus dangereux ne doit être amené à un établissement enregistré. Cette situation devrait donc être rare.

Si les autres animaux du troupeau sont vivants, ils ne devraient pas être abattus avant que le résidu n'ait été éliminé de leur organisme. Six autres animaux « témoins » du troupeau pré-test devront ensuite être abattus et analysés.

Le troupeau suspect peut être retenu dans l'aire de réception des animaux vivants de l'établissement. Le cas échéant, il faut prendre les précautions nécessaires pour que ces animaux ne soient pas abattus par inadvertance et pour que leur identité soit maintenue. Il faut également veiller à ce que ces animaux ne deviennent pas une source de contamination pour d'autres animaux maintenus dans des enclos adjacents.

Le groupe suspect peut également être expédié avec autorisation écrite du vétérinaire hors de l'établissement agréé vers sa ferme d'origine ou dans un autre endroit convenable, en attendant l'élimination du résidu. Dans ce cas, il faut identifier les animaux adéquatement ou les contrôler efficacement de sorte qu'ils ne soient pas abattus ailleurs entre-temps.

Si le groupe suspect doit être abattu en raison d'exigences liées aux opérations ou au traitement sans cruauté des animaux, il faut en faire l'abattage séparément des autres animaux et les traiter conformément aux exigences du paragraphe 5.2.3.4.2, « Animaux abattus du même troupeau ».

5.2.3.4.2 Animaux abattus du même troupeau

Si l'on soupçonne un problème lié au troupeau lors de l'abattage, toutes les carcasses et les abats provenant de ce troupeau doivent être retenus jusqu'à l'obtention des résultats des analyses. Il est beaucoup plus facile d'appliquer une telle mesure que de tenter de localiser les carcasses des animaux du même troupeau à la suite d'un résultat non conforme.

Si un groupe d'animaux n'est jugé suspect qu'une fois les animaux abattus, tous les efforts doivent être faits pour localiser et retenir les carcasses et les abats provenant du groupe en question. Des échantillons des tissus appropriés de six animaux doivent être prélevés au hasard et analysés pour déterminer si le lot risque de présenter des résidus prohibés.

Lorsqu'un troupeau est jugé suspect et qu'il a été échantillonné, il est déclaré inacceptable si les résultats correspondant à un animal ou à une carcasse dépassent le seuil de tolérance.

Si le produit a été mélangé à d'autres et qu'il ne peut être identifié, toute la production pouvant inclure les portions touchées doit être retenue.

Si une partie ou l'ensemble des abats ou des carcasses des animaux du même troupeau a quitté l'établissement, il faut déterminer si un rappel de produit est justifié. Cette décision doit être prise par le spécialiste du centre opérationnel pour le programme, en collaboration avec le gestionnaire national du programme de l'évaluation chimique. La décision sera fondée sur les tissus touchés, la quantité de résidu soupçonnée et l'importance du risque associé à l'exposition au composé.

5.2.4 Exposition dans un établissement

5.2.4.1 Introduction

Il peut arriver qu'un produit soit exposé à une contamination chimique dans un établissement agréé en raison d'un accident, comme un incendie, une fuite d'ammoniac ou le bris d'une conduite d'eau. Dans la plupart des cas, seule la surface du produit exposé sera touchée. Cependant, il faut retenir tout produit potentiellement contaminé jusqu'à ce que l'état du produit puisse être déterminé.

Demander à la direction de l'établissement de fournir une description écrite détaillée de l'incident à la source de la contamination. Cette description doit être signée par l'exploitant afin d'éviter tout conflit ultérieur quant à ce qui s'est vraiment passé. Le vétérinaire ou l'inspecteur responsable doit également y ajouter une déclaration statuant qu'à sa connaissance, la déclaration de l'exploitant est exacte.

Si l'exploitant veut tenter de récupérer l'un ou l'autre des produits exposés, il doit présenter une demande écrite d'évaluation des risques incluant l'utilisation qu'il souhaite faire du produit aux fins de cette évaluation.

Pour obtenir des conseils, veuillez communiquer avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques.

5.2.4.2 Choix des échantillons

Si le contaminant est une substance volatile, comme l'ammoniac ou le chlore, l'exploitant doit aérer et laisser la substance se dissiper.

Outre les dangers d'ingestion de résidus, il faut considérer la possibilité de falsification du produit (goûts ou odeurs atypiques). Pour certaines substances, les analyses organoleptiques (odeur et goût) sont plus sensibles que toute analyse de laboratoire.

Selon la nature de l'exposition, le produit peut ne pas avoir été exposé de manière uniforme. Si l'on doit procéder à une évaluation en laboratoire du produit, envoyer au moins six échantillons prélevés d'un peu partout sur le produit touché.

5.2.4.3 Analyses

Les analyses organoleptiques doivent être faites dans l'ordre suivant :

  • odeur du produit exposé à la température ambiante;
  • odeur du produit exposé après qu'il ait été chauffé dans un sac en plastique scellé; et
  • goût du produit cuit.

Il se peut qu'il n'y ait pas d'analyse de laboratoire offerte pour certaines substances d'intérêt particulier. Pour obtenir des conseils, veuillez communiquer avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques. Lorsque l'exposition concerne un mélange de substances (fumée d'un incendie, par exemple) il peut être possible de vérifier la présence d'une substance indicatrice ou d'un composé particulièrement inquiétant (le benzo-a-pyrène, par exemple).

5.2.4.4 Suivi

Tout produit visiblement endommagé (altération de la couleur par la fumée, par exemple) doit être paré ou condamné.

Tout produit présentant une falsification décelable, telle que déterminée par la présence de goûts ou d'odeurs atypiques lors de tests organoleptiques, doit être condamné.

Tout produit contenant un produit chimique en quantité supérieure à la limite maximale de résidu permise, tel que déterminé par des analyses de laboratoire, doit être condamné.

Veuillez consulter le chapitre 6 pour les directives sur l'élimination du matériel condamné contenant des résidus de produits chimiques.

Si le contaminant est une substance volatile et qu'il pourrait vraisemblablement se dissiper de la surface du produit, l'établissement peut, à sa discrétion, retenir le produit pour un certain temps, puis expédier d'autres échantillons à ses frais. Toutefois, le produit ne doit pas être réarrangé ni mélangé de manière à dissimuler les surfaces qui ont été exposées à la contamination. La manière choisie pour retenir le produit ne doit pas présenter de risque de contamination pour d'autres produits non touchés.

5.2.5 Programme national de surveillance des résidus chimiques - Produits canadiens

5.2.5.1 Introduction

Le Programme national de surveillance des résidus chimiques de l'ACIA constitue la principale initiative de surveillance visant à déterminer, chez différentes espèces, la fréquence de résidus de diverses substances d'intérêt particulier. Le programme consiste en un échantillonnage statistique aléatoire conçu pour détecter une incidence d'infraction de 1 % à un seuil de confiance de 95 %. Les plans d'échantillonnage sont préparés à l'administration centrale et distribués sous la forme d'un carnet, dans lequel une page entière est consacrée à un échantillon. Un échantillon peut consister en plusieurs tissus.

Le Programme national de surveillance des résidus chimiques fait appel au système Multiple Analysis Submission System (MASS), qui permet d'effectuer plusieurs analyses sur un même échantillon soumis, de manière à minimiser le temps d'échantillonnage et les coûts d'expédition des échantillons. Chaque échantillon étant associé à un numéro de soumission spécifique, il doit être identifié au moyen d'un numéro unique fixé au sac dans lequel il est emballé par le biais d'une fiche CFIA/ACIA 1461 apposée de manière à ce qu'elle ne se détache pas pendant le transport; le numéro d'identification doit demeurer lisible en tout temps. Ce numéro indique au laboratoire les analyses à effectuer. L'inspecteur n'a donc pas à énumérer les analyses dont il a besoin.

Si un nouvel établissement ouvre ses portes ou qu'un établissement existant ferme ou change les principales espèces abattues, il peut s'avérer nécessaire de réaffecter les échantillons à la fin de l'exercice financier dans le but de s'assurer qu'ils sont toujours représentatifs de l'ensemble des espèces abattues. Dans le cas d'un changement d'opérations, le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques peut affecter des échantillons supplémentaires à votre établissement au courant de l'année.

5.2.5.2 Choix des échantillons

Seuls des animaux canadiens normaux (non suspects) doivent être échantillonnés.

Pour assurer un échantillonnage aléatoire, le plan d'échantillonnage précise non seulement le jour, mais aussi l'heure du prélèvement pour éviter tout biais ou échantillonnage en double chez un même producteur lorsque plus d'un échantillon doit être prélevé le même jour.

Si un établissement ne procède pas à l'abattage de l'espèce prévue le jour requis par le plan d'échantillonnage, ou si pour une raison quelconque un échantillon ne peut être prélevé le jour prévu, l'échantillon peut être prélevé au hasard à partir de la production du lendemain ou du jour suivant au cours duquel l'espèce en question sera traitée. Il ne faut toutefois pas reporter l'échantillonnage prévu d'un exercice financier à un autre, autrement dit, on ne doit pas reporter un échantillonnage au-delà du 31 mars.

Si l'établissement n'abat plus l'espèce indiquée dans le plan d'échantillonnage, aviser le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques, et lui envoyer des copies des pages concernées de votre carnet de plan d'échantillonnage, afin que les échantillons prévus puissent être réaffectés. Les pages d'origine du carnet doivent être conservées et annotées de manière à indiquer que ceci a été fait.

Le nom et l'adresse du propriétaire et, s'il y a lieu, le numéro national d'identification du bétail doivent être inscrits dans l'espace au bas de chaque page du plan d'échantillonnage. Joindre tout autre élément d'identification, comme le numéro figurant sur l'étiquette de vente ou de vente aux enchères, ou sur la boucle auriculaire ou l'étiquette de Santé des animaux, ou encore le numéro de tatouage; indiquer également la race et le sexe de l'animal. Si les résultats d'analyse indiquent la présence de résidus, il faut pouvoir fournir cette information aux fins de suivi. À la fin de chaque exercice financier, le carnet doit être classé dans le bureau d'inspection en tant que document d'archive. Les carnets doivent être conservés pendant trois ans après l'exercice financier.

Il est important de prélever un poids suffisant de tissus appropriés, tel qu'indiqué dans le carnet du plan d'échantillonnage.

Lorsqu'un plan d'échantillonnage requiert des échantillons de tissu musculaire, il s'agit de muscles squelettiques. Dans la mesure du possible, l'échantillon doit être prélevé à partir de portions de moindre valeur de la carcasse, comme le diaphragme ou le cou. Éviter de prélever des échantillons aux sites d'injection ou dans les tissus qui auraient pu être contaminés après la mort de l'animal.

5.2.5.3 Analyses

Seul le laboratoire qui doit recevoir l'échantillon dispose de toute l'information nécessaire pour effectuer l'analyse. Il est donc absolument nécessaire d'expédier l'échantillon au bon laboratoire. Le nom et l'adresse du laboratoire sont indiqués sur chaque feuille du carnet du plan d'échantillonnage. Comme un établissement peut avoir recours à plusieurs laboratoires différents, il faut vérifier chaque feuille pour s'assurer que l'échantillon est expédié au bon laboratoire.

Comme les produits ne sont pas retenus dans le cas des programmes de surveillance, le laboratoire considérera ces échantillons comme ayant une priorité mineure et pourra les accumuler pendant plusieurs semaines ou mois avant de les traiter en un seul lot, de manière à utiliser les ressources du laboratoire le plus efficacement possible.

Pour réduire les coûts d'expédition, plusieurs échantillons peuvent être expédiés ensemble dans un seul colis. Il ne faut cependant pas conserver les échantillons à l'établissement pendant plus d'une semaine. Les échantillons entreposés pendant trop longtemps risquent de se détériorer, d'être perdus ou d'être oubliés.

Après avoir expédié l'échantillon, inscrire la date et le numéro de la feuille de route sur la page appropriée du carnet du plan d'échantillonnage, comme preuve que l'échantillon a été envoyé ainsi que pour permettre de le retracer si jamais le laboratoire ne le recevait pas.

Voir la sous-section 5.7.3 pour les instructions sur la manière d'expédier les échantillons.

5.2.5.4 Suivi

Comme les produits ne sont pas retenus dans le cas d'analyses d'enquête, un résultat non conforme ne devrait pas influer sur la méthode d'élimination du produit. Pour le reste, les échantillons pour lesquels on obtiendra des résultats non conformes aux exigences du Programme national de surveillance des résidus chimiques seront assujettis au même suivi que tout échantillon jugé non conforme. La présence d'un résidu prohibé donnera lieu à une visite de l'exploitation agricole, comme dans le cas de la présence de résidus d'antibiotiques (voir le paragraphe 5.2.7.5). Selon les résultats de cette inspection, le producteur pourra être appelé à soumettre des échantillons pour des analyses de conformité.

5.2.6 Programme national de surveillance des résidus chimiques - Produits importés

5.2.6.1 Introduction

Comme le programme visant les produits intérieurs, le programme visant les importations comporte un échantillonnage statistique aléatoire pour détecter la présence de résidus dans les lots d'intérêt particulier. Étant donné qu'on ne peut prévoir l'arrivée d'envois, on ne peut établir un plan d'échantillonnage avec des dates précises de prélèvement d'échantillons, comme c'est le cas pour le programme visant les produits canadiens. Au lieu de dates, ce sont donc les fréquences d'échantillonnage qui sont spécifiées dans le programme visant les importations.

5.2.6.2 Choix des échantillons

Le choix des échantillons varie selon le pays d'origine et le type de produit. Pour plus de détails, consulter l'annexe M du chapitre 10. Le tableau principal indique la fréquence d'échantillonnage et la quantité de produit à échantillonner pour différents pays d'origine.

Lorsque, dans l'annexe M du chapitre 10, il est question d'échantillonnage de « muscles », seul les muscles squelettiques sont visés.

5.2.6.3 Analyses

L'annexe M du chapitre 10 précise également le laboratoire auquel les échantillons doivent être envoyés. Noter que dans la plupart des cas, le laboratoire est déterminé en fonction de la région dans laquelle le produit est reçu et réinspecté, mais que quelques programmes d'échantillonnage font exception à cette règle. Lire attentivement cette annexe avant d'expédier l'échantillon.

Que l'échantillon soit expédié à un laboratoire privé ou à un laboratoire de l'ACIA, il doit être accompagné du formulaire CFIA/ACIA 5164 « Formulaire d'échantillonnage de produit alimentaire », produit par le générateur de formulaires.

Comme les laboratoires privés n'utilisent pas le système Service informatisé pour l'enregistrement et le suivi des analyses de laboratoire (SIESAL), on ne peut leur envoyer le formulaire électronique, ni remplir celui-ci à l'écran. Il faut donc sélectionner l'option « Imprimer un formulaire vierge » pour imprimer un exemplaire papier et le remplir à la main.

Le numéro du plan d'échantillonnage est l'année financière suivie d'un trait de soulignement (_) et de « M8IMP », par exemple « 2009_M8IMP ». Utiliser le « numéro de contrôle d'importation » comme numéro d'échantillon du laboratoire.

Voir à ce que le formulaire d'échantillonnage de produit alimentaire renferme suffisamment de détails pour permettre une identification rapide et efficace du lot de production échantillonné. Pour les produits importés, le numéro du Rapport d'inspection à l'importation doit également être inscrit dans le champ « code d'identification ».

Dans le cas d'un résultat de laboratoire insatisfaisant, il faut que le formulaire puisse fournir toutes les données nécessaires pour amorcer le rappel du produit ou une enquête de suivi et, s'il s'agit de produits importés, pour en aviser le pays concerné.

Les analyses spécifiques à effectuer sont déterminées en fonction du pays d'origine et du type de produit. Le laboratoire concerné aura cette information.

5.2.6.4 Suivi

Les produits échantillonnés dans le cadre de ce programme ne sont pas retenus, à moins qu'il n'y ait d'autres problèmes avec l'envoi. Tous les résultats de laboratoire non conformes provenant d'analyses d'enquête sur des viandes importées donnent lieu à une inspection intensive, ce qui signifie que les 15 prochains envois dont le poids sera au moins égal à celui de l'envoi jugé non conforme seront retenus et analysés pour vérifier la présence de la substance prohibée. Au lieu d'attendre le résultat des analyses, l'exportateur peut faire analyser son produit par un laboratoire privé accrédité avant de l'expédier et joindre le certificat d'analyse à l'envoi.

5.2.7 Antibiotiques

5.2.7.1 Introduction

Les antibiotiques sont utilisés pour favoriser la croissance, prévenir les maladies ou traiter des infections. Ils peuvent être incorporés à l'eau ou aux aliments du bétail, ou être administrés par injection ou par bolus à libération prolongée.

5.2.7.2 Choix des échantillons

Le vétérinaire responsable déterminera si un animal est considéré comme suspect ou non et s'il faut procéder à des analyses pour vérifier la présence de résidus d'antibiotiques. Une attestation de la part du vétérinaire praticien selon laquelle l'animal n'a pas reçu d'antibiotiques n'exempte pas le vétérinaire responsable d'exercer son autorité et ne le relève pas de sa responsabilité.

On doit soupçonner l'utilisation d'antibiotique chez tout animal chez lequel on découvre un point d'injection, et chez tout animal présentant un état septicémique et qui aurait pu recevoir un traitement antibiotique. La liste ci-dessous est une liste partielle des maladies et des états pathologiques qui requièrent la retenue et l'analyse des carcasses.

  • Mammite – carcasses présentant un œdème inflammatoire ventral dans la région périnéale résultant de la mammite. On observe habituellement, sur la face ventrale, des signes d'hémorragie et d'infiltration de liquide séreux jaune.
  • Métrite – carcasses présentant une métrite aiguë. Les états pathologiques associés à la métrite comprennent l'augmentation du volume de l'utérus, la distension des trompes utérines causée par la présence d'un liquide fétide brun, rouge brun ou noir, l'amincissement de la paroi utérine et l'absence de signe d'involution normale de l'utérus (pas de lignes de contracture dans le myomètre).
  • Péritonite et chirurgie – carcasses présentant une inflammation péritonéale active associée à un exsudat fibrineux ou à du liquide d'ascite fétide, quelle que soit l'importance des lésions, ou à une cellulite ventrale abdominale secondaire à une chirurgie abomasale percutanée. La découverte de signes ou d'instruments de chirurgie (sutures, barrettes de fixation, fistules artificielles, etc.) ne sont significatifs que s'ils sont associés à une inflammation péritonéale active (présence de fibrine par opposition à la péritonite chronique accompagnée d'adhérences fibreuses).
  • Points d'injection – carcasses présentant des lésions associées à des injections. On peut trouver des points d'injection à divers endroits, dont le cou, l'épaule, le thorax, la région axillaire, la région ventrale de l'abdomen (le long de la veine mammaire antérieure sous-abdominale), le flanc, le quartier arrière, la région pelvienne (périrectale) et la queue. Il faut également rechercher les signes de cellulite loin des points de pression (p. ex. tuber ischii, articulation de la hanche, grasset). En général, on les trouve dans les muscles semi-membraneux et semi-tendineux.
  • Pneumonie – carcasses présentant une pneumonie aiguë, subaiguë ou chronique active avec une cellulite pleurale résultant d'un complexe réticulo-péritonite; ou avec une pneumonie embolique.
  • Péricardite – carcasses présentant une péricardite fibrineuse purulente ou non.
  • Endocardite – carcasses présentant une endocardite ainsi que des lésions graves au niveau des poumons ou des reins, ou un type quelconque d'embolie. Analyser aussi les carcasses condamnées en raison de septicémie, de toxémie, ou pour d'autres raisons.
  • Pathologies abomasales ou intestinales – carcasses présentant un déplacement abomasal, une torsion abomasale, une invagination, une torsion mésentérique ou caecale.
  • Néphrite ou cystite.
  • Septicémie et toxémie – carcasses condamnées en raison d'une septicémie, d'une toxémie ou pour toute autre infection ou état inflammatoire.
  • Rouget ou autres affections cutanées associées à une infection généralisée.
  • Animaux jugés suspects pour ce qui est de la présence de résidus au cours d'une inspection ante mortem.
  • Animaux manifestant, lors de l'inspection ante mortem, des signes d'infection généralisée (comme l'apathie, une température corporelle supérieure ou inférieure à la normale, une hyperémie cutanée, une congestion des muqueuses, une déshydratation ou un mauvais état corporel) associés à une blessure ou à une inflammation.
  • Carcasses présentant une cellulite aiguë ou d'autres inflammations aiguës associées à un exsudat fibrineux purulent ou non à un endroit quelconque de la carcasse ou des viscères.

Les animaux qui sont incapables de se déplacer avant le chargement sont également suspects, mais le transport de cette catégorie d'animaux n'est pas permis en vertu du Règlement sur la santé des animaux.

Même si l'animal est condamné en raison d'un état pathologique, une épreuve EEP devrait être effectuée afin de détecter les infractions pour résidu et, le cas échéant, d'en découvrir l'origine.

L'utilisation d'antibiotiques peut également être signalée par le producteur.

Tout animal soupçonné d'avoir reçu un traitement antibiotique, surtout si l'on soupçonne que le délai d'attente n'a pas été observé, doit être retenu pour fins d'analyses. À noter que le délai d'attente pour certains antibiotiques peut atteindre 30 jours.

Des analyses devraient aussi être effectuées sur un certain nombre d'animaux normaux, de manière à maintenir la compétence dans les établissements qui reçoivent peu de cas suspects et à utiliser les trousses de vérification avant qu'elles ne soient échues. Dans un établissement où des animaux suspects sont rarement disponibles pour des analyses, le fait de demander à chaque inspecteur d'effectuer l'analyse au moins une fois par semaine sur un animal normal devrait être suffisant pour maintenir cette compétence.

5.2.7.3 Analyses

Le dépistage initial des animaux soupçonnés de présenter des résidus d'antibiotiques est fait au moyen de l'épreuve par écouvillonnage sur place (EEP). Des trousses EEP sont habituellement envoyées aux établissements deux fois par année, soit au printemps et à l'automne.

L'épreuve EEP est effectuée selon la méthode décrite dans le guide autodidactique intitulé « Épreuve d'écouvillonnage (EEP) sur place pour les résidus d'antibiotiques », publié en mai 2002. Cette méthode doit être suivie à la lettre. Les variantes de cette méthode pourraient donner de faux résultats et être contestées devant les tribunaux ou par des vérificateurs étrangers, étant donné que leur fiabilité n'a pas été éprouvée.

Le Rapport d'EEP (CFIA/ACIA 1479) doit être conservé à l'établissement et révisé régulièrement par l'officier vétérinaire régional. Envoyer une copie au spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques. Attendre le rapport du laboratoire des carcasses retenues pour compléter le formulaire CFIA/ACIA 1479 avant de l'expédier.

Si un animal est soupçonné de présenter des résidus d'antibiotiques, tous les coûts du dépistage initial (épreuve EEP) seront facturés à l'établissement, conformément à la réglementation, quel qu'en soient les résultats. Les prix sont indiqués dans l'Avis sur les prix de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, Partie 10. Les frais attribuables aux analyses aléatoires faites sur des animaux normaux ne sont pas assujettis à un régime de recouvrement des coûts.

Si l'échantillon prélevé provient d'un établissement ayant conclu une entente fédérale-provinciale en matière d'exploitation, une copie du Rapport EEP (CFIA/ACIA 1479) doit être envoyée au responsable du bureau régional afin que la province puisse se faire rembourser le coût des analyses.

Remarque : Si l'on s'aperçoit qu'une quantité importante d'abats ou de viscères provenant d'animaux présentant des résidus a été envoyée pour la fonte, le vétérinaire responsable avertira immédiatement le Bureau de la salubrité et des rappels des aliments et la Division de la santé des animaux et de la production de la Section des aliments du bétail. Il est important de réaliser que les matières crues livrées à un fondoir peuvent être transformées en aliments pour le bétail et atteindre les exploitations agricoles en aussi peu que 24 heures.

5.2.7.4 Confirmation

L'épreuve EEP étant une épreuve présomptive pour le dépistage d'inhibiteurs microbiens, ses résultats doivent être confirmés par d'autres analyses de laboratoire avant qu'on puisse disposer des produits soumis à l'épreuve.

Si le résultat du dépistage initial est négatif, la carcasse est libérée; s'il est positif, elle reste sous retenue. L'entreprise peut décider d'éliminer les abats.

L'entreprise peut accepter ou refuser de faire confirmer un résultat de dépistage positif. Il faut expliquer aux responsables de l'entreprise que, si le laboratoire ne détecte pas de résidus prohibés, aucuns autres frais ne seront imputés à l'établissement. Si l'on détecte la présence de concentrations interdites de substances prohibées dans les muscles squelettiques, les frais d'analyses de laboratoire seront imputés à l'établissement. Le coût des analyses peut varier, selon la quantité de travail exigée par les analyses. De plus, la carcasse sera condamnée si l'échantillon de muscle contient des concentrations de résidus supérieures aux seuils acceptables. L'entreprise doit indiquer son choix sur le formulaire « Épreuve de confirmation relative aux antibiotiques selon la formule de recouvrement des coûts ». (Voir l'annexe A).

Tous les établissements doivent conserver les statistiques compilées à partir des résultats des tests de dépistage et de confirmation afin qu'elles puissent servir aux décisions futures et que l'on puisse évaluer périodiquement les incidences du programme.

Le numéro du plan d'échantillonnage est l'année financière suivie d'un trait de soulignement (_) et de « M8STP », par exemple 2009_M8STP.

5.2.7.4.1 L'entreprise accepte de faire les analyses de confirmation

Envoyer 500 g de muscle squelettique. Les échantillons de muscle doivent être prélevés d'un endroit éloigné d'un site d'injection soupçonné, comme le diaphragme. Pour déterminer le sort de la carcasse, on doit utiliser la muscle squelettique puisque le cœur et les muscles lisses sont différents sur le plan métabolique et que les niveaux détectés ne peuvent être extrapolés pour déterminer les niveaux dans la carcasse.

Ne pas soumettre d'échantillon provenant du point d'injection de carcasses ayant obtenu un résultat positif à l'épreuve EEP. Étant donné que les points d'injection contiennent souvent une concentration élevée d'antibiotique, les résidus peuvent contaminer l'équipement et le laboratoire. Le laboratoire ne fait pas l'analyse de ces échantillons.

Lorsqu'il reçoit le rapport d'analyses du laboratoire, le vétérinaire responsable l'examine pour déterminer quelles analyses ont été effectuées, puis il consulte l'Avis sur les prix de l'Agence canadienne d'inspection des aliments, Partie 10, pour déterminer le coût des analyses. S'il s'agit d'un établissement agréé par le gouvernement fédéral, le vétérinaire responsable facture l'abattoir au moyen des méthodes en vigueur. S'il s'agit d'un établissement inspecté en vertu d'un accord fédéral-provincial, il enverra une copie du formulaire de demande (annexe A) au bureau régional afin que le gouvernement provincial approprié puisse être facturé.

5.2.7.4.2 L'entreprise refuse de faire les analyses de confirmation

Si l'exploitant refuse ces conditions, il doit demander, par écrit, que la carcasse retenue soit traitée comme une carcasse condamnée (article 88 du Règlement de 1990 sur l'inspection des viandes). La carcasse doit être rejetée et l'on doit noter que le résultat positif au test de dépistage n'a pas été confirmé en laboratoire. Aucun certificat de condamnation ne sera émis puisque c'est l'établissement qui a choisi de procéder ainsi.

Dans le cas où la carcasse est condamnée à la demande du transformateur, un rein doit tout de même être envoyé au Centre pour résidus médicamenteux vétérinaires, à Saskatoon. L'envoi du rein permettra d'identifier la substance à l'origine du résultat positif au test de dépistage, tant pour valider le résultat de l'épreuve EEP que pour déterminer s'il y a lieu d'être préoccupé par rapport à ce résidu. Comme la carcasse n'est pas retenue dans ce cas, le laboratoire accordera une priorité mineure à cet échantillon.

5.2.7.5 Suivi

Les carcasses et les organes ne peuvent être libérés avant que les rapports de laboratoire n'aient été reçus. La carcasse parée et tous les organes provenant de celle-ci seront condamnés si on obtient un résultat non conforme pour l'échantillon de muscle squelettique de cette carcasse. Lorsque les résultats d'analyses du foie, du rein ou des deux organes sont non conformes (concentrations supérieures aux LMR) mais que l'échantillon de muscle squelettique a donné des résultats négatifs ou conformes, seuls les organes seront condamnés.

Veuillez consulter le chapitre 6 pour les directives sur l'élimination du matériel condamné contenant des résidus de produits chimiques.

Lorsqu'un résultat non conforme pour un rein ou un muscle est confirmé, le spécialiste de programme doit organiser la tenue d'une inspection à la ferme d'origine, conformément au manuel sur les résidus chimiques de la Division de la santé des animaux. Selon les résultats de cette inspection, le producteur pourra être appelé à soumettre des échantillons pour des analyses de conformité.

Les analyses de vérification de la conformité sont effectuées en raison d'une infraction précédente, et tout animal provenant du même producteur est considéré comme suspect jusqu'à preuve du contraire. Les envois subséquents du même producteur seront retenus pour qu'on effectue des épreuves EEP sur le matériel jusqu'à ce que le spécialiste du programme juge que le troupeau d'origine peut être considéré comme exempt de résidus.

5.2.7.6 Élimination des composantes des trousses EEP

5.2.7.6.1 Introduction

La trousse EEP comprend une culture de Bacillus subtilis. Cet organisme est très répandu dans l'environnement et la souche utilisée dans nos trousses de dépistage est sensible à une grande gamme d'agents antimicrobiens. Ce n'est pas considéré comme un agent pathogène humain. Cependant, bien que cette trousse soit utilisée depuis plus de 20 ans et qu'aucun problème relatif à son utilisation n'ait été documenté, des cas d'infection par B. subtilis ont été documentés chez des personnes présentant un système immunitaire affaibli.

L'élimination des boîtes de Petri et des écouvillons utilisés (ainsi que de tout autre matériel utilisé pour l'épreuve) dans le réseau normal des déchets secs n'est pas considérée comme une bonne pratique de laboratoire. Des normes à ce sujet sont élaborés dans le document intitulé Lignes directrices en matière de biosécurité en laboratoire Troisième édition 2004.

5.2.7.6.2 Méthodes d'élimination

Les méthodes suivantes constituent des procédés d'élimination acceptables pour les composantes des trousses de dépistage (boîtes de Petri, suspensions de spores, écouvillons utilisés) et elles sont placées par ordre de préférence décroissant.

5.2.7.6,2.1 Effluent de déchets dangereux de l'établissement

Si l'établissement a son propre laboratoire de microbiologie, les composantes des trousses EEP peuvent être éliminées dans l'effluent de déchets dangereux du laboratoire de l'établissement conformément aux protocoles de laboratoire de l'établissement.

5.2.7.6.2.2 Désinfection - Hypochlorite de sodium

Les boîtes et Petri et les écouvillons peuvent être désinfectés par immersion dans une solution d'hypochlorite de sodium à 0,5 %. Pour préparer une telle solution, mélanger 1 partie d'eau de Javel domestique (5,25 %) avec 9 parties d'eau. Pour désinfecter les bouteilles de suspensions de spores, ajouter 3 ml de javellisant aux bouteilles contenant les spores, refermer les bouteilles et les agiter. Dans les deux cas, laisser agir le désinfectant pendant 30 minutes avant de jeter le matériel.

Pour éviter que les boîtes de Petri ne s'ouvrent, fixer les couvercles sur les boîtes au moyen de ruban celluloïd ou de tout autre moyen approprié avant de les jeter.

Les contenants et les sacs utilisés doivent être étanches pour éviter les fuites de désinfectant.

Remarque : La plupart des désinfectants courants sont inefficaces contre les spores bactériennes.

5.2.7.6.2.3 Désinfection – Virkon™

Le Virkon™ (Antek International) est un produit bactéricide et virucide d'usage général. Bien qu'il ne soit pas homologué comme un agent sporicide ou chimiostérilisant, le fabricant le considère comme sporicide lorsque le temps d'exposition est suffisamment long. Comme les ingrédients du Virkon™ sont peu toxiques pour l'environnement, ce produit peut être intéressant pour stériliser les boîtes de Petri utilisées pour l'épreuve EEP.

Les boîtes de Petri et les écouvillons peuvent être désinfectés par immersion dans une solution de Virkon™ à 1 %. Pour obtenir cette concentration de désinfectant, préparer le mélange selon les instructions du fabricant. Pour désinfecter les bouteilles contenant les suspensions de spores, ajouter 3 mL de Virkon™ à chaque bouteille, refermer et agiter. Dans les deux cas, laisser agir le désinfectant pendant au moins 8 heures avant de jeter le matériel.

Le Virkon™ est vendu en poudre et est instable une fois dissous. Par conséquent, chaque fois que l'on utilise ce produit, il faut en préparer une solution fraîche.

5.2.7.6.2.4 Autoclave

Stériliser à l'autoclave à une température de 121 °C pendant 30 minutes. Les boîtes de Petri doivent être emballées dans des sacs pour matières contaminées munis de marques indicatrices avant l'autoclavage.

On devrait procéder à une épreuve de charge pour s'assurer que le temps et la température de l'autoclavage sont adéquats, conformément aux instructions du fabricant, la première fois que l'on utilise l'autoclave, puis régulièrement par la suite, selon la fréquence d'utilisation de l'appareil.

5.2.7.6.3 Autres détails

Les reins et autres matériels qui se dégradent rapidement peuvent être jetés avec les déchets non comestibles de l'établissement. Les boîtes de Petri en plastique et les bouteilles en verre contamineraient le processus de fonte et ne peuvent donc pas être jetés avec ces déchets.

5.2.8 Tétracyclines

5.2.8.1 Introduction

Les tétracyclines (tétracycline, oxytétracycline, chlorotétracycline) peuvent être utilisées tant pour prévenir que pour traiter des infections bactériennes. L'oxytétracycline et la chlorotétracycline peuvent être ajoutées aux aliments du bétail conformément au Recueil des notices sur les substances médicatrices, seules ou en combinaison avec d'autres antimicrobiens.

L'oxytétracycline est aussi offerte en préparation pour injection. L'oxytétracycline et la tétracycline peuvent être ajoutées à l'eau que boivent les animaux. La tétracycline peut aussi être administrée sous forme de bolus.

Les tétracyclines forment avec le calcium des complexes insolubles. Ainsi, chez les animaux traités avec des tétracyclines, il se forme des dépôts de tétracyclines permanents dans les os, qui apparaissent comme une coloration jaune fluorescente sous un éclairage ultraviolet.

Une coloration jaune observée dans les os de porcs de marché résulte probablement de l'administration de tétracyclines, mais d'autres composés peuvent aussi causer ce symptôme.

5.2.8.2 Analyses

La coloration des os n'est pas indicatrice de résidus de tétracycline dans les tissus musculaires. En effet, comme les dépôts sont permanents, le médicament peut avoir été éliminé depuis longtemps des autres tissus de l'organisme. La viande provenant de porcs ayant des os jaunes ne semble pas présenter de risque accru de contenir des quantités inacceptables de résidus de tétracyclines. Il n'est pas nécessaire d'effectuer des analyses, à moins qu'il n'y ait d'autres indications de traitement récent.

5.2.8.3 Suivi

Cette coloration jaune ne doit être considérée que comme un défaut de qualité. Les exploitants d'abattoirs de porc et d'établissements de transformation doivent s'assurer que les produits colorés, dont les os jaunes, ne sont pas vendus aux consommateurs. Aucune mesure ni activité d'inspection spéciale n'est prévue par l'ACIA durant les procédures post-mortem puisqu'il s'agit d'un défaut de qualité géré par l'exploitant. De plus, étant donné que la coloration jaune des os peut disparaître après un certain temps de réfrigération de la carcasse, l'exploitant peut décider que l'enlèvement de certaines parties osseuses qui présentaient une coloration jaune au moment de l'habillage n'est plus justifié lorsque la carcasse est prête à être désossée ou expédiée. Si l'enlèvement des os jaunes de la carcasse se fait à un autre établissement agréé par le gouvernement fédéral, un programme de contrôle jugé acceptable par le vétérinaire en chef doit être mis en place.

Lorsque les os sont jaunes, la viande ne peut pas être séparée mécaniquement; les os jaunes ne peuvent servir à la préparation d'aucun produit comestible. Ces os doivent être éliminés conformément aux exigences précisées à l'article 54 du Règlement de 1990 sur l'inspection de viandes.

5.2.9 Sulfamides

5.2.9.1 Introduction

Les sulfamides sont principalement utilisés pour la prévention et le traitement des maladies bactériennes. En association avec les antibiotiques, notamment ceux de type tétracycline et pénicilline, ils sont largement employés comme substances médicamenteuses dans les aliments du bétail pour accélérer le gain pondéral.

Chez les porcs, ces composés favorisent le maintien du taux de croissance et l'indice de consommation chez les sujets atteints de rhinite atrophique et préviennent les entérites d'origine bactérienne, y compris la peste porcine classique (Salmonella enterica) et la dysenterie porcine.

Chez les bovins, les sulfamides servent à maintenir le taux de gain pondéral et l'indice de consommation pendant les périodes de stress liées au sevrage, à l'expédition et à la manutention.

Chez la volaille, les sulfamides aident à prévenir ou à réduire la mortalité due à la coccidiose, à la typhose aviaire et au choléra aviaire.

Les sulfamides peuvent être administrés par injection ou en bolus, seuls ou en combinaison avec un synergiste comme le triméthroprime. Les produits administrés peuvent contenir plus d'un sulfamide.

Les sulfamides peuvent donc être administrés à un seul animal ou comme traitement de masse. Parmi les sulfamides, seule la sulfaméthazine est homologuée pour usage comme substance médicamenteuse dans les aliments du bétail. La sulfaquinoxaline peut être ajoutée à l'eau de boisson de la volaille.

Les raisons pour lesquelles les carcasses habillées et leurs organes sont testées à l'égard des résidus de sulfamides sont globalement les mêmes que pour les antibiotiques.

La détection rapide de la sulfaméthazine chez les porcs de marché est effectuée à l'aide du test d'inhibition par écouvillonnage rénal (test KIS, pour « kidney inhibition swab ») conçu par Charm Sciences Inc.

5.2.9.2 Prélèvement des échantillons

La fréquence d'échantillonnage en vue des tests KIS est établie pour chaque établissement par le gestionnaire national, Résidus chimiques. Cette fréquence indique le nombre de tests à effectuer par semaine ainsi que le nombre de tests à réaliser dans chaque lot.

Si des échantillons ne sont pas prélevés tous les jours, il faut éviter la routine (c'est-à-dire de toujours faire les tests le même jour de la semaine ou tous les deux jours). Il ne faut pas non plus faire les prélèvements toujours au même moment de la journée. Ces mesures permettent d'éviter que les producteurs prévoient quand les tests auront lieu.

Les animaux sélectionnés doivent provenir de différents camions ou lots de vente. Comme les sulfamides sont normalement administrés à tout le troupeau, il ne sert à rien de tester plus d'un animal d'une même unité de production.

5.2.9.3 Analyses

La présence de résidus de sulfaméthazine chez les porcs est vérifiée au moyen d'un test d'inhibition par écouvillonnage rénal (test KIS) spécialement conçu pour être rapidement effectué à l'établissement.

Le test KIS est effectué de façon conforme à la procédure décrite dans le Module de formation sur l'hygiène des viandes E-8, PS# I6D252, Version 1 - Octobre 2010. La procédure doit être suivie à la lettre. Toute variation de la technique pourrait donner de faux résultats et être contestée devant les tribunaux ou par des auditeurs étrangers, étant donné que leur fiabilité n'a pas été éprouvée.

Tous les coûts associés aux tests de détection de sulfamides, qu'il s'agisse de tests de détection sur place ou de tests de confirmation, doivent être facturés aux établissements. Les coûts sont établis conformément à la partie 10, Prix applicables à l'inspection des produits de viande, de l'Avis sur les prix de l'Agence canadienne d'inspection des aliments.

5.2.9.4 Mesures de suivi relatives à un résultat positif au test KIS

Le test KIS n'est pas conçu spécifiquement pour la détection de la sulfaméthazine, mais permet plutôt de détecter la présence d'inhibiteurs microbiens. Ainsi, on ne peut pas déduire d'un résultat positif que les autres membres du troupeau sont touchés.

La confirmation en laboratoire des résultats présumés positifs est obligatoire. Un échantillon de 500 g de muscle squelettique et un échantillon de 500 g de foie doivent être congelés et expédiés au Centre pour résidus médicamenteux vétérinaires, à Saskatoon, avec un formulaire CFIA/ACIA 5165 (Inspection de produits de viande – Formulaire de soumission d'échantillon) dûment rempli.

Le numéro du plan d'échantillonnage est l'année financière suivie d'un trait de soulignement et de « M8KIS », par exemple « 2011_M8KIS ».

La carcasse, les viscères et les abats de l'animal testé doivent être retenus en attendant la confirmation des résultats en laboratoire, ou être traités en tant que matières condamnées. La carcasse et les abats condamnés peuvent être envoyés à une usine d'équarrissage ordinaire.

5.2.9.5 Mesures de suivi relatives à un avis de confirmation des résultats de laboratoire

5.2.9.5.1 Élimination

Suivant la réception de la confirmation des résultats de laboratoire, les mesures suivantes doivent être prises relativement à l'animal testé :
Cas Foie Muscle Mesure immédiate Envois futurs :
1 ≤ 0,1 ppm ≤ 0,1 ppm Accepter la carcasse, les viscères et les abats. Aucune restriction
2 > 0,1 ppm ≤ 0,1 ppm Accepter la carcasse, condamner Notes de tableau 1 les viscères et les abats. Test préalable
3 > 0,1 ppm > 0,1 ppm Condamner Notes de tableau 1 la carcasse, y compris les viscères et les abats. Test préalable
4 Notes de tableau 2 ≤ 0,1 ppm > 0,1 ppm Condamner Notes de tableau 1 la carcasse, y compris les viscères et les abats. Test préalable

Notes de tableau

Notes de tableau 1

Peuvent être envoyés à une usine d'équarrissage ordinaire.

Retour à la référence de la note de tableau 1

Notes de tableau 2

Le cas 4 ne se présente que rarement et doit, pour cette raison, faire l'objet d'une enquête plus approfondie à la discrétion du gestionnaire national du programme de l'évaluation chimique.

Retour à la référence de la note de tableau 2

5.2.9.5.2 Test préalable

Les producteurs d'animaux pour lesquels les analyses révèlent un résultat supérieur à la limite maximale de résidus de sulfamides permise devront soumettre leurs animaux à des tests préalables.

Les tests préalables consistent à envoyer à l'avance six porcs du prochain troupeau à abattre. Ces animaux sont soumis à un test KIS; si les résultats sont négatifs, les carcasses sont libérées, et les autres animaux du troupeau peuvent être présentés à l'abattage. Si les résultats sont positifs, les carcasses sont traitées conformément aux indications de la section 5.2.9.4 ci-dessus.

Les viscères des animaux soumis aux tests préalables peuvent être expédiés à une usine d'équarrissage pour produits non comestibles, qu'ils contiennent ou non des résidus.

Les offices provinciaux de commercialisation existants informeront le personnel d'inspection et la direction des établissements de l'envoi d'animaux pour des tests préalables. Une période d'attente minimale de dix jours est requise entre la date où est constatée une non-conformité et le jour où des porcs peuvent être envoyés à l'abattoir pour des tests préalables, afin que les animaux restés à la ferme aient le temps d'éliminer le médicament.

Si des résultats non conformes sont obtenus pour des animaux soumis aux tests préalables, un autre lot devra être soumis à des tests préalables après un nouveau délai d'au moins dix jours suivant la date des tests préalables précédents.

5.2.9.5.3 Inspection de l'exploitation agricole

Dans tous les cas de résultats non conformes, des inspecteurs des aliments du bétail ou de la santé animale inspectent l'exploitation agricole d'où provenaient les animaux.

5.2.9.6 Analyses effectuées à l'établissement

Certains établissements font beaucoup de tests de détection des sulfamides pour répondre aux demandes des clients.

Les établissements ayant recours à un test de détection différent du test KIS ne sont pas exemptés du programme de dépistage de l'ACIA. Les résultats des tests effectués par l'établissement doivent être mis à la disposition des inspecteurs de l'ACIA, conformément au paragraphe 13(1) de la Loi sur l'inspection des viandes. Le plan HACCP de l'établissement doit comprendre une description des mesures prévues en cas de résultat positif.

5.2.10 Hormones stéroïdes

5.2.10.1 Introduction

5.2.10.1.1 Utilisation des hormones stéroïdes

  • comme anabolisants (pour augmenter l'efficacité des aliments, accélérer l'atteinte du poids de marché et améliorer la qualité de la carcasse);
  • comme régulateurs de l'œstrus; et
  • pour le traitement de maladies spécifiques.

5.2.10.1.2 Stimulants de croissance stéroïdiens

Il existe diverses préparations d'hormones endogènes et deux préparations d'hormones exogènes (zéranol et trenbolone) qui sont approuvées pour utilisation sous forme d'implant visant à favoriser la croissance chez les veaux, les génisses et les bouvillons. Dans tous les cas, on recommande d'introduire l'implant sous la peau de l'oreille.

Les produits suivants sont approuvés au Canada.
Marque de commerce déposée Ingrédient Espèces Dose
Composant E-C (Elanco) 100 mg de progestérone
10 mg de benzoate d'estradiol
Veaux au pis jusqu'à 185 kg. Ne doit pas être utilisé chez les veaux destinés à l'abattage. Ne pas utiliser chez les veaux de moins de 45 jours ou d'un poids corporel supérieur à 185 kg. 1 implant
(4 pastilles)
Composant E-C avec Tylan (Elanco) 100 mg de progestérone
10 mg de benzoate d'estradiol
29 mg de tylosin
Veaux au pis jusqu'à 185 kg. Ne doit pas être utilisé chez les veaux destinés à l'abattage. Ne pas utiliser chez les veaux de moins de 45 jours ou d'un poids corporel supérieur à 185 kg. 1 implant
(5 pastilles)
Composant E-H (Elanco) 200 mg de testostérone
20 mg de benzoate d'estradiol
Génisses 185 - 365 kg 1 implant
(8 pastilles)
Composant E-H avec Tylan (Elanco) 200 mg de testostérone
20 mg d'estradiol
29 mg de tylosin
Génisses 185 - 365 kg 1 implant
(9 pastilles)
Composant E-S (Elanco) 200 mg de progestérone
200 mg de benzoate d'estradiol
Bouvillons 185 - 365 kg 1 implant
(8 pastilles)
Composant E-S avec Tylan (Elanco) 200 mg de testostérone
20 mg d'estradiol
29 mg de tylosin
Bouvillons 185 - 365 kg 1 implant
(9 pastilles)
Composant TE-H (Elanco) 140 mg d'acétate de trenbolone
14 mg d'estradiol
Génisses de parc d'engraissement 300 – 450 kg 1 implant
(7 pastilles)
Composant TE-H avec Tylan (Elanco) 140 mg d'acétate de trenbolone
14 mg d'estradiol
29 mg de tylosin
Génisses de parc d'engraissement 300 – 450 kg 1 implant
(8 pastilles)
Composant TE-S (Elanco) 120 mg d'acétate de trenbolone
24 mg d'estradiol
Bouvillons de parc d'engraissement 250 – 450 kg 1 implant
(6 pastilles)
Composant TE-S avec Tylan (Elanco) 120 mg d'acétate de trenbolone
24 mg d'estradiol
29 mg de tylosin
Bouvillons de parc d'engraissement 250 – 450 kg 1 implant
(7 pastilles)
Compudose Estradiol
  • Bouvillons au pis et bouvillons de plus de 80 kg
  • Génisses et bouvillons de plus de 260 kg
1 implant (24 mg)
Ralgro 36 mg de zéranol Bétail au pis, sevré et en croissance, bouvillons et génisses de parc d'engraissement 1 implant (3 pastilles de 12 mg)
Ralgro Magnum 72 mg de zéranol Bouvillons de parc d'engraissement 1 implant (6 pastilles de 12 mg)
Revalor 200 200 mg d'acétate de trenbolone
20 mg d'estradiol
Bouvillons et génisses de parc d'engraissement 1 implant (10 pastilles)
Revalor - G 40 mg d'acétate de trenbolone
84 mg d'estradiol
Bouvillons de pâturages 195 - 320 kg 1 implant
(2 pastilles jaunes)
Revalor - H 140 mg d'acétate de trenbolone
14 mg d'estradiol
Génisses de parc d'engraissement 300 – 450 kg 1 implant
(7 pastilles)
Revalor - S 120 mg d'acétate de trenbolone
24 mg d'estradiol
Bouvillons de parc d'engraissement 1 implant
(6 pastilles)
Synovex - C 10 mg de benzoate d'estradiol
100 mg de progestérone
Veaux. Les implants Synovex C ne doivent pas être utilisés chez les veaux destinés à l'abattage. Ne pas utiliser chez les veaux de moins de 45 jours ou d'un poids corporel supérieur à 185 kg. 1 implant
(4 pastilles)
Synovex Choice 100 mg d'acétate de trenbolone
14 mg de benzoate d'estradiol
Bouvillons de parc d'engraissement 1 implant
(8 pastilles)
Synovex - H 20 mg de benzoate d'estradiol
200 mg de propionate de testostérone
Génisses 180 - 400 kg 1 implant
(8 pastilles)
Synovex - S 20 mg de benzoate d'estradiol
200 mg de progestérone
Bouvillons 180 - 450 kg 1 implant
(8 pastilles)
Synovex Plus 28 mg de benzoate d'estradiol
200 mg d'acétate de trenbolone
Bouvillons et génisses de parc d'engraissement 1 implant
(8 pastilles)

Veuillez prendre note qu'aucun de ces produits n'est approuvé pour utilisation chez les veaux de boucherie. La présence de tout stimulant de croissance à effet hormonal (implant) chez un veau présenté à l'abattage constitue une falsification. Les carcasses de veau chez qui un implant est trouvé doivent être condamnées. Aucune analyse n'est requise.

Si un implant est détecté chez un veau lors de l'inspection ante mortem, l'exploitant peut choisir de renvoyer l'animal vers un établissement externe où il pourra achever sa croissance et atteindre le poids d'un bovin de boucherie adulte. Veuillez prendre note que, avant de retirer tout animal d'un établissement, il faut obtenir la permission écrite du vétérinaire en chef conformément à l'article 43 (1) du Règlement de 1990 sur l'inspection des viandes. Il faut noter le numéro de l'étiquette d'identification de l'ACIB et prendre les mesures nécessaires pour s'assurer que l'animal n'est pas simplement transporté vers un autre abattoir.

On doit soupçonner la présence d'implants chez les bouvillons et les génisses abattus à un âge anormalement jeune, étant donné que l'utilisation d'implants peut être approuvée chez les veaux destinés à la production de viande de bœuf. Si un bouvillon ou une génisse d'une race à viande est présenté à l'abattage à un âge si jeune que la carcasse présentera vraisemblablement les caractéristiques de maturité décrites au chapitre 17, il faut s'assurer qu'aucun implant n'a été utilisé, tel que décrit précédemment. La viande issue d'un bouvillon ou d'une génisse abattus à un âge anormalement jeune ne peut être commercialisée en tant que viande de veau si l'on soupçonne la présence d'un implant. Si l'on peut prouver par une certification vétérinaire, un examen et une inspection que l'implant a été utilisé selon les directives de l'étiquette, la viande est admise sur le marché en tant que bœuf non classé.

L'acétate de mélengestrol (MGA) est le seul stimulant de croissance stéroïdien approuvé comme additif alimentaire. Son délai d'attente est de 48 heures et il ne doit pas être administré aux génisses portant un implant ou recevant d'autres médicaments à effet hormonal. Voir la notice 46 du Recueil des notices sur les substances médicatrices.

5.2.10.1.3 Autres médicaments stéroïdes

Les vétérinaires peuvent utiliser plusieurs hormones stéroïdes ou leurs analogues. Ces substances se répartissent en trois catégories principales.

Les régulateurs de l'œstrus :

  • Regumate (altrénogest)
  • Veramix (médroxyprogestérone)

Les anti-inflammatoires :

  • Azium (dexaméthasone)
  • Betasone (betaméthasone)
  • Flucort (fluméthazone)

Les anabolisants :

  • Equipoise (boldénone)
  • Winstrol-V (stanozolol)

5.2.10.1.4 DES

L'utilisation de diéthylstilbestrol (DES), un dérivé synthétique du stilbène, est interdite au Canada depuis 1974 chez les animaux dont les produits sont destinés à la consommation humaine. On signale cependant que ce composé est utilisé dans d'autres pays.

5.2.10.2 Choix des échantillons

5.2.10.2.1 Implants

Selon Santé Canada, « l'implantation en un endroit autre que celui qui est recommandé ne constituerait vraisemblablement pas une preuve suffisante de fraude en vertu de la Loi sur les aliments et drogues. Tout en reconnaissant qu'il n'y a probablement pas de résidus dangereux, la Direction des médicaments a recommandé d'interdire, aux fins d'alimentation, la vente du foie et des reins des animaux ayant reçu un tel implant ailleurs qu'à l'oreille. En outre, toute la zone d'implantation, de même que toute partie adjacente manifestant des signes d'inflammation doivent être enlevées au complet et détruites. » La politique susmentionnée s'applique dès que l'on trouve des pellets de quelque type que ce soit implantés ailleurs qu'à l'oreille.

Si un inspecteur a quelque raison de croire que les implants diffèrent de ceux dont l'utilisation est autorisée au Canada, la carcasse et les abats doivent être retenus. Prélever un échantillon de tissu au site d'implantation, le congeler et l'envoyer pour analyses au Centre pour résidus médicamenteux vétérinaires, à Saskatoon.

Comme les oreilles sont retirées en même temps que la peau, la recherche d'implants chez les animaux doit se faire avant le dépouillement.

L'exploitant doit trier lors de l'examen ante mortem tout veau dont une oreille est absente, a été incisée à la suite d'une chirurgie récente ou est mutilée. Le producteur ou l'exploitant doivent présenter par écrit une explication acceptable pour cette anomalie. Si l'inspecteur vétérinaire est incapable de déterminer qu'il y a absence d'implant, la carcasse et toutes ses parties doivent être condamnées, étant donné qu'il y a des motifs raisonnables de croire que les produits de viande dérivés sont falsifiés suite à l'utilisation de stimulants de croissance à effet hormonal.

5.2.10.2.2 DES

Puisque certains éleveurs canadiens sont susceptibles d'utiliser le DES illégalement, les inspecteurs d'abattoirs de veaux devraient vérifier le développement sexuel précoce des veaux de boucherie par des inspections ante et post mortem. Ils doivent notamment porter attention au développement des glandes mammaires et des mamelons chez les mâles et les femelles, à l'élargissement de l'utérus et des ovaires chez les femelles et au développement des testicules et de la prostate chez les mâles.

Les échantillons suivants doivent être prélevés des carcasses douteuses et être soumis à des analyses de laboratoire :

  • 500 g de foie; cet échantillon doit être congelé immédiatement et expédié au laboratoire tel qu'indiqué à la sous-section 5.7.3.
  • les organes sexuels de la cavité pelvienne, notamment la prostate ou les glandes de Bartholin, de même que les glandes mammaires ou les mamelons pour examen histologique. Les organes sexuels doivent être immergés dans du formol à 10 %. Il faut éviter les grandes pièces de tissu, car le formol ne pénètre dans le tissu que jusqu'à un quart de pouce de profondeur.

Chez le veau, la prostate est située dans la portion pelvienne du pénis à la jonction de l'uretère, des vésicules séminales et du corpus pénis, et à l'extrémité du muscle urétral. De la grosseur d'un gros pois, elle chevauche la portion dorsale de l'uretère. Les glandes de Bartholin sont situées sur la face ventrale de l'extrémité postérieure du vagin, de chaque côté de l'extrémité de l'uretère et du clitoris. La face ventrale de la partie postérieure du vagin doit être prélevée en guise d'échantillon.

5.2.10.3 Analyses

Ne pas envoyer d'échantillons non prévus au laboratoire sans avoir obtenu, au préalable, l'autorisation requise. L'analyse voulue peut ne pas être offerte dans tous les laboratoires. Les laboratoires privés qui analysent des échantillons dans le cadre du Programme national de surveillance des résidus chimiques (sous-sections 5.2.5 et 5.2.6) peuvent seulement effectuer les analyses et traiter le nombre d'échantillons stipulés dans leurs contrats.

Communiquer avec le spécialiste du programme, Résidus chimiques, pour déterminer l'endroit où les échantillons doivent être envoyés et pour obtenir un numéro de soumission d'échantillon.

5.2.10.4 Suivi

Les carcasses et les organes doivent être retenus jusqu'à la réception des résultats des analyses de laboratoire. Ces résultats déterminent la méthode d'élimination de la carcasse ou des abats selon les limites maximales de résidus (LMR) du Règlement sur les aliments et drogues. La carcasse habillée et tous les organes provenant de celle-ci seront condamnés si l'on obtient des résultats non conformes pour l'échantillon de muscle squelettique de ladite carcasse. Lorsqu'un foie ou un rein, ou que ces deux organes présentent des résultats non conformes, mais que la concentration de résidus dans le muscle squelettique est inférieure à la LMR applicable, seuls les organes sont condamnés. Pour obtenir des conseils, veuillez communiquer avec le spécialiste du Programme des résidus chimiques.

Puisqu'il est interdit d'administrer du diéthylstilbestrol aux animaux destinés à la consommation, la présence d'un résidu de diéthylstilbestrol dans n'importe lequel de leurs tissus constitue une falsification. La carcasse et ses parties seront condamnées.

Veuillez consulter le chapitre 6 pour les directives sur l'élimination du matériel condamné contenant des résidus de produits chimiques.

La présence d'un résidu prohibé donnera lieu à une visite de l'exploitation agricole, comme dans le cas de la présence de résidus d'antibiotiques (voir le paragraphe 5.2.7.5). Selon les résultats de cette inspection, les prochains animaux soumis à l'abattage par ce producteur pourraient être soumis à des analyses de conformité.

Les analyses de vérification de la conformité sont effectuées en raison d'une infraction précédente, et tout animal provenant du même producteur est considéré comme suspect jusqu'à preuve du contraire. Le spécialiste du Programme des résidus chimiques déterminera si un échantillon témoin (carcasse non retenue), un échantillon de vérification de conformité (carcasse retenue) ou une série d'échantillons de conformité sont nécessaires et, dans ce dernier cas, il précisera la fréquence d'échantillonnage.

5.2.10.5 Programme de surveillance des hormones chez le veau

5.2.10.5.1 Introduction

Depuis le 5 janvier 2005, les producteurs de veaux ont cessé d'utiliser hors homologation les implants hormonaux prévus pour favoriser la croissance des bouvillons d'embouche. Depuis cette date, nous avons relevé quelques cas où des hormones ont été utilisées en injection sur des veaux destinés à être vendus comme viande de veau.

Les veaux pouvant avoir reçu des hormones sont classés selon trois catégories, selon que le lot ou des animaux individuels sont suspects ou non. La morphologie des animaux et l'historique du producteur sont les critères utilisés pour établir la suspicion.

Dans tous les cas, veuillez porter une attention spéciale aux points suivants :

  1. Quand une quantité importante de produit doit être mise sous détention, veuillez consulter le spécialiste du programme des résidus ou l'officier vétérinaire régional pour vérifier si cette approche est appropriée à la situation. L'Agence devra entre autre décider si les échantillons sont prélevés dans le cadre d'éventuelles poursuites judiciaires et adapter le mode de prélèvement en conséquence.
  2. Les abats et le sang des carcasses retenues doivent aussi être retenus.
  3. La détention du produit soupçonné de contenir des résidus d'hormones doit se faire sous le motif qu'il s'agit d'un aliment falsifié au sens du Règlement sur les aliments et drogues, ou d'un produit de viande falsifié au sens du Règlement de 1990 sur l'inspection des viandes. La condamnation du produit trouvé en infraction se fera ensuite en vertu des articles 20(1) et 54 du Règlement de 1990 sur l'inspection des viandes

5.2.10.5.2 Le lot entier est suspect

Un lot entier est suspect si :

  • les veaux proviennent d'un producteur qui a antérieurement présenté des veaux avec des sites d'injection contenant des résidus d'hormones; et
  • le lot a une morphologie suggérant l'utilisation d'hormones (développement musculaire très prononcé, changements au niveau des organes génitaux); et
  • plusieurs carcasses ont des marques d'injection à un endroit où il est inhabituel de trouver des traces d'injection pour des produits courants comme des vitamines ou des antibiotiques.

Lorsque le lot est suspect, vous devez :

  1. Saisir et retenir le lot entier, incluant les abats.
  2. Consulter le spécialiste du Programme des résidus chimiques ou l'agent vétérinaire régional pour vérifier combien d'échantillons doivent être soumis au laboratoire et s'il est nécessaire de les prélever selon le protocole légal. Normalement, 6 échantillons sont requis pour évaluer un lot, peu importe la taille du lot.
  3. Prélever les marques d'injection et du muscle sain (250 g de diaphragme du même animal) sur chaque carcasse de l'échantillon.

Si des hormones sont détectées dans un des échantillons à un niveau ne pouvant pas s'expliquer par la variation naturelle du taux d'hormones, le lot entier sera condamné.

5.2.10.5.3 Carcasse suspecte

Les carcasses font partie de cette catégorie si :

  • les veaux proviennent d'un producteur qui a antérieurement présenté des veaux avec des sites d'injection contenant des résidus d'hormones; et
  • certaines carcasses portent des marques suggérant une injection à un endroit où il est inhabituel de trouver des traces d'injection pour des produits courants comme des vitamines ou des antibiotiques.

Dans ce cas :

  1. Saisir et retenir les carcasses individuelles portant les marques suggérant une injection, incluant les abats.
  2. Consulter le spécialiste du Programme des résidus chimiques si plus de 6 carcasses sont affectées.
  3. Si 6 carcasses ou moins sont affectées, prélever les marques d'injection et du muscle sain (250 g du diaphragme du même animal) sur chaque carcasse retenue.

Si des hormones sont détectées à un niveau ne pouvant pas s'expliquer par la variation naturelle du taux d'hormones, les carcasses seront condamnées.

Si plusieurs carcasses sont mises sous détention, le laboratoire de l'ACIA peut décider d'arrêter les analyses à partir du moment où le premier échantillon en infraction est trouvé.

5.2.10.5.4 Autres situations

Les carcasses font partie de cette catégorie si :

  • les carcasses ont une apparence normale (développement musculaire normal);
  • il y a des marques suggérant une injection possible à un endroit où il est inhabituel de trouver des traces d'injection; et
  • les veaux proviennent d'un producteur qui n'a jamais présenté de veaux porteurs de sites d'injection contenant des résidus d'hormones.

Dans ces situations, où il y est nécessaire de vérifier une lésion douteuse pour un site d'injection :

  1. Prélever la lésion. Il est absolument nécessaire de maintenir la chaîne de possession de l'échantillon. Si vous n'avez pas été formé à cet effet, contacter votre officier vétérinaire régional pour être conseillé.
  2. Étant donné que les soupçons ne sont pas suffisants, l'ACIA ne retiendra pas systématiquement ces produits, mais l'exploitant peut décider de ne pas distribuer le produit en attendant les résultats d'analyse.
  3. Aviser l'exploitant que les tissus sont soumis pour faire la recherche d'hormones et que si des hormones sont détectées à un niveau ne pouvant s'expliquer par la variation naturelle du taux d'hormones, l'ACIA pourrait utiliser les résultats pour intenter des poursuites judiciaires.

5.2.11 Prostaglandines

5.2.11.1 Introduction

Les prostaglandines sont des hormones dérivées des acides gras qui régulent la reproduction et l'inflammation. Les prostaglandines suivantes sont approuvées pour usage vétérinaire :

  • Estrumate™, Planate™ (cloprosténol)
  • Lutalyse™ (prostaglandine F2α)

5.2.11.2 Choix des échantillons

Bien que le délai d'attente figurant sur l'étiquette de ces produits soit de 48 heures, leur demi-vie dans les tissus est de l'ordre des minutes; ils ne devraient donc pas poser de problèmes en ce qui a trait aux résidus. Dans le doute, veuillez entrer en contacter le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques.

5.2.12 Somatotropine

5.2.12.1 Introduction

Les somatotrophines sont des protéines à haut poids moléculaire qui régulent la croissance et la maturation chez les animaux normaux. La technologie de l'ADN recombinant a permis de fabriquer certaines somatotrophines à des fins de commercialisation.

L'utilisation de la somatotrophine bovine, sous la dénomination commerciale Posilac™, a été approuvée aux États-Unis pour améliorer la production laitière des bovins laitiers. Des recherches sont en cours à l'heure actuelle en vue de la mise au point d'une somatotrophine porcine qui pourrait être utilisée comme stimulant de croissance chez les porcs de marché.

5.2.12.2 Choix des échantillons

Les somatotrophines bovine et porcine ne sont pas actives sur le plan pharmacologique chez les primates. Les taux sanguins de ces substances chez les animaux traités varient à l'intérieur des limites de variation physiologique. Les somatotrophines sont inefficaces lorsqu'elles sont administrées par voie orale. Ces composés ne posent pas de problèmes de résidus.

5.2.13 Bêta-agonistes

5.2.13.1 Introduction

Les ß-agonistes (ß-adrénergiques) sont des analogues synthétiques de l'adrénaline. Les médicaments de cette catégorie comprennent le clenbutérol, le salbutamol et la terbutaline. Il arrive que les ß-agonistes soient utilisés illégalement comme stimulateur de croissance, particulièrement chez le veau.

Santé Canada a approuvé l'utilisation du β-agoniste clenbutérol chez les chevaux seulement. Plus particulièrement, ce produit peut être administré comme bronchodilatateur chez les chevaux qui ne sont pas abattus à des fins de consommation (Ventipulmin™, Boeringer). Il s'agit d'un ß-agoniste extrêmement puissant à action sélective sur les muscles lisses des bronches et de l'utérus. Les vétérinaires le prescrivent pour retarder la mise bas, même si cette indication ne figure pas sur l'étiquette. L'article B.01.048 du Règlement sur les aliments et drogues interdit de vendre des animaux traités avec du clenbutérol à des fins d'alimentation. Le clenbutérol est distribué illégalement dans de nombreux pays comme stimulant de croissance. Il s'agit d'un usage non approuvé qui entraîne des effets délétères graves. Des foyers d'empoissonnement ont été signalés dans d'autres pays; l'absorption de concentrations suffisamment élevées de cette substance (parties par milliard) peut causer la mort. Les symptômes de l'empoisonnement comprennent des palpitations, de la tachycardie, des étourdissements, des maux de tête et des tremblements.

Un ß-agoniste (ractopamine) est approuvé au Canada pour usage chez les porcs pour augmenter la teneur en viande maigre de la carcasse (Paylean™, Elanco). Voir la notice 82 du Recueil des notices sur les substances médicatrices.

5.2.13.2 Choix des échantillons

Les veaux chez lesquels on observe une forte musculature doivent être considérés comme suspects. Prélever les yeux, le foie et du tissu musculaire.

5.2.13.3 Analyses

Retenir la carcasse et les abats des animaux suspects. Les ß-agonistes ont une affinité pour le tissu nerveux, et les résidus persistent dans la rétine après qu'ils ont été éliminés des autres tissus. Communiquer avec le spécialiste du Programme des résidus chimiques pour déterminer l'endroit où les échantillons doivent être envoyés et pour obtenir un numéro de soumission d'échantillon. Expédier les yeux, 500 g de foie et 500 g de muscle squelettique, congelés, au Centre des résidus médicamenteux, à Saskatoon. Veiller à joindre autant de renseignements d'identification que possible (poids vif, numéros de boucle auriculaire ou d'étiquette dorsale, numéros des lots de vente, race et numéro d'identification nationale du bétail.

5.2.13.4 Suivi

Si l'on obtient un résultat positif au test de la rétine pour un animal, la carcasse et les abats sont condamnés.

Veuillez consulter le chapitre 6 pour les directives sur l'élimination du matériel condamné contenant des résidus de produits chimiques.

Le spécialiste du programme du centre opérationnel doit aviser le producteur, par écrit, que des résidus de clenbutérol ont été découverts dans la rétine d'un animal provenant d'un de ses troupeaux, et que la présence de ce composé constitue une falsification aux termes de la Loi et du Règlement de 1990 sur l'inspection des viandes et de la Loi et du Règlement sur les aliments et drogues (voir l'annexe B pour un exemple d'avis d'infraction).

Avant d'envoyer le troupeau suivant à l'abattoir, et par la suite pour chaque envoi jusqu'à ce que l'on ait obtenu des résultats négatifs pour cinq (5) troupeaux consécutifs, le producteur doit aviser par téléphone le bureau régional de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) de la date et du lieu de la prochaine séance d'abattage. Cette mesure s'applique que l'abattoir se trouve dans la province du producteur ou dans une autre province.

Lorsque le producteur vend ses animaux à un intermédiaire, à un agent commercial ou à l'encan, il doit demander à l'acheteur de communiquer avec le bureau régional de l'ACIA et d'indiquer la date et le lieu où les animaux doivent être abattus.

Ces animaux seront soumis aux examens ante mortem et post mortem habituels et seront ensuite placés sous retenue. Un (1) animal sur six (6) du troupeau est échantillonné et soumis à des analyses (muscles, foie et rétine).

  • Lorsque les échantillons de rétine sont négatifs, le troupeau est libéré.
  • Lorsque les échantillons de rétine sont positifs, les carcasses correspondantes sont condamnées. Le producteur peut alors choisir de prouver, à ses frais, que la rétine de chacune des autres carcasses est négative sinon les carcasses seront condamnées.

Dans le cadre du Programme national de surveillance des résidus chimiques, on continuera de choisir au hasard des animaux pour le prélèvement des échantillons de rétine et les analyses. Tous les résultats positifs sont soumis aux procédures susmentionnées.

5.2.14 Autres agents thérapeutiques

5.2.14.1 Introduction

Les agents thérapeutiques dont il n'a pas été question ailleurs dans le présent chapitre constituent un groupe hétérogène de substances chimiques. La persistance des résidus varie selon les produits et très peu d'énoncés peuvent s'appliquer à toutes ces substances.

Ce groupe de produits comprend des substances médicamenteuses employées dans les aliments du bétail de même que des médicaments vétérinaires qui sont administrés directement à l'animal. Les substances médicamenteuses employées dans les aliments du bétail englobent les agents antimicrobiens et antiprotozoaires, les coccidiostatiques, les hypotenseurs et les anthelminthiques. Certains de ces produits peuvent être administrés sans ordonnance vétérinaire. Pour plus de détails, veuillez consulter le Recueil des notices sur les substances médicatrices (RNSM).

Certains composés sont habituellement administrés à des animaux individuels présentant des maladies précises. D'autres sont administrés comme traitement de masse ajouté à l'eau ou aux aliments des animaux et peuvent nécessiter le recours à la politique concernant les animaux d'un même troupeau (voir la sous-section 5.2.3). Les vétérinaires de l'ACIA peuvent décider de quel genre d'usage il s'agit par leur connaissance des médicaments ou en consultant le Compendium of Veterinary Products - (anglais seulement). Pour obtenir de l'aide ou des conseils, communiquer avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques.

5.2.14.2 Choix des échantillons

Tout produit pour lequel on a des motifs raisonnables de soupçonner la présence de résidus peut être retenu. La décision de retenir un produit peut être fondée sur la présence d'une maladie ou d'une modification physique ou physiologique; ou sur un rapport ou une allégation faits par le producteur, le transporteur, ou tout autre intervenant.

Veiller à retenir tous les organes et sous-produits, de même que la carcasse et toutes les parties de celle-ci.

Les tissus à prélever aux fins d'analyses dépendent de la substance à rechercher. Pour obtenir des conseils, veuillez communiquer avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques.

La présence d'un point d'injection récente chez un animal pour lequel les résultats de l'épreuve EEP sont négatifs peut être le signe de l'utilisation d'un agent thérapeutique autre qu'un antimicrobien, comme un anti-inflammatoire. Dans de tels cas, envoyer un échantillon du tissu présentant les signes récents d'injection. Veiller à ce que l'échantillon soit bien étiqueté et que la raison de l'envoi de cet échantillon soit clairement indiquée sur le formulaire de soumission d'échantillon.

5.2.14.3 Analyses

Ne pas envoyer d'échantillons non prévus au laboratoire sans avoir obtenu, au préalable, l'autorisation requise. L'analyse voulue peut ne pas être offerte dans tous les laboratoires. Les laboratoires privés qui analysent des échantillons dans le cadre du Programme national de surveillance des résidus chimiques (sous-sections 5.2.5 et 5.2.6) peuvent seulement effectuer les analyses et traiter le nombre d'échantillons stipulés dans leurs contrats.

Communiquer avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques pour déterminer l'endroit où les échantillons doivent être envoyés et pour obtenir un numéro de soumission d'échantillon.

5.2.14.4 Suivi

Les carcasses et les organes doivent être retenus jusqu'à la réception des résultats des analyses de laboratoire. Ces résultats déterminent la méthode d'élimination de la carcasse ou des abats selon les LMR du Règlement sur les aliments et drogues. La carcasse habillée et tous les abats provenant de celle-ci seront condamnés si l'on obtient des résultats non conformes pour l'échantillon de muscle squelettique de ladite carcasse. Lorsqu'un foie ou un rein, ou que ces deux organes présentent des résultats non conformes, mais que la concentration de résidus dans le muscle squelettique est inférieure à la LMR applicable, seuls les abats sont condamnés. Pour obtenir des conseils, veuillez communiquer avec le spécialiste du Programme des résidus chimiques.

Veuillez consulter le chapitre 6 pour les directives sur l'élimination du matériel condamné contenant des résidus de produits chimiques.

La présence d'un résidu prohibé donnera lieu à une visite de l'exploitation agricole, comme dans le cas de la présence de résidus d'antibiotiques (voir le paragraphe 5.2.7.5). Selon les résultats de cette inspection, le producteur pourra être appelé à soumettre des échantillons pour des analyses de conformité.

Les analyses de conformité sont effectuées en raison d'une infraction précédente, et tout animal provenant du même producteur est considéré comme suspect jusqu'à preuve du contraire. Le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques déterminera si un échantillon témoin (carcasse non retenue), un échantillon de vérification de conformité (carcasse retenue) ou une série d'échantillons de conformité sont nécessaires et, dans ce dernier cas, il précisera la fréquence d'échantillonnage.

5.2.15 Insecticides

5.2.15.1 Introduction

Les insecticides sont largement utilisés en agriculture, tant pour protéger les cultures des insectes prédateurs, que pour traiter les animaux aux prises avec des insectes nuisibles ou des ectoparasites. La plupart des insecticides sont des composés ayant une toxicité beaucoup plus aiguë pour les insectes que pour les mammifères. La présence de résidus peut provenir d'une exposition environnementale accidentelle à ces produits (pulvérisation hors cible, contenants mal entreposés, élimination inadéquate) ou d'une utilisation inadéquate d'insecticides pour traiter les animaux (utilisation non conforme à celle mentionnée sur l'étiquette, non-respect du délai d'attente).

Les insecticides peuvent être classés selon leur composition chimique :

  • Composés organiques halogénés (hydrocarbures halogénés)
  • Organophosphorés
  • Composés organosulfurés
  • Composés organoazotés
  • Pyréthrines et produits analogues

5.2.15.1.1 Composés organiques halogénés

Les composés organiques halogénés sont des substances chimiques qui renferment un ou plusieurs halogènes introduits dans la molécule par substitution. Dans la plupart des cas, il s'agit de chlore (pesticides organochlorés), complété à l'aide de brome ou de fluor (pesticides organobromés et organofluorés). Les principaux représentants de ce groupe de composés sont l'aldrine, la dieldrine, l'hexachlorure de benzène (HCB), le lindane, le chlordane, le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) et ses métabolites, le dicofol, l'heptachlore et son époxyde, le méthoxychlore et le toxaphène.

Les insecticides organiques halogénés sont relativement stables dans des conditions environnementales normales; ils se dégradent à un rythme très lent, leur demi-vie variant de quelques mois à plus de 100 ans. Ils sont pratiquement insolubles dans l'eau, mais sont solubles dans les graisses et les solvants organiques. En raison de cette solubilité dans les graisses, une exposition intermittente ou continue à des concentrations relativement faibles peut entraîner une accumulation de résidus dans les tissus adipeux (graisses). En conséquence, ces composés atteignent des concentrations plus élevées chez les animaux plus âgés, et deviennent plus concentrés à mesure qu'ils remontent la chaîne trophique. Les effets pharmacologiques de ces produits sur les mammifères, y compris l'homme, sont habituellement chroniques, mais on observe à l'occasion des symptômes semi-aigus à retardement causés par une mobilisation rapide des ressources lipidiques provoquée par le stress ou la maladie.

5.2.15.1.2 Organophosphorés

Les organophosphorés sont des produits chimiques organiques composés d'un atome de phosphore central (normalement pentavalent) lié à des chaînes latérales aliphatiques ou aromatiques par un atome d'oxygène ou de soufre. Les principaux représentants de ce groupe sont : le diméthoate (Cygon™, American Cyanamid), le chlorpyrifos (Dursban™, DowElanco), le diazinon, l'éthion, le fenthion (Spotton®, Bayer), le malathion et le parathion. Les composés halogénés qui peuvent être appliqués directement sur le bétail et sur les installations comprennent le coumaphos (Co-Ral™, Bayer), le tétrachlorvinphos (Gardona™, American Cyanamid), le trichlorfon (Dipterex™, Dylox™, Bayer) et le dichlorvos (Vapona™, Shell).

Les organophosphorés sont solubles dans l'eau, ils se dégradent rapidement dans l'environnement et sont vite métabolisés par l'organisme. Les réactions métaboliques oxydatives concernent habituellement des mécanismes de détoxification, mais avec les organophosphorés, l'oxydation peut entraîner la formation d'un métabolite plus toxique encore que le pesticide original. Certains processus métaboliques hydrolytiques connus pour supprimer l'activité réelle ou potentielle d'un produit chimique se poursuivent même après la mort. Comme il s'agit de processus dépendant de la température, il est extrêmement important de congeler les échantillons prélevés immédiatement et de veiller à ce qu'ils arrivent au laboratoire encore congelés.

Les organophosphorés sont d'une toxicité aiguë et ils provoquent des symptômes typiques d'inhibition de l'acétylcholinestérase (p. ex. salivation, larmoiement, diarrhée, convulsions et tremblements). Comme ils sont solubles dans l'eau, ces composés ne s'accumulent pas normalement dans les tissus. Il existe toutefois des exceptions notables, à savoir quelques représentants de ce groupe utilisés comme pesticides systémiques, qui contiennent des chaînes latérales d'halogènes substitués et présentent quelques caractéristiques du groupe des composés organiques halogénés.

5.2.15.1.3 Composés organosulfurés

Les composés organosulfurés sont des produits chimiques organiques contenant un ou plusieurs atomes de soufre liés à l'oxygène pour former un sulfoxyde ou un sulfone. Des exemples types sont le phénylsulfone et le sulfoxyde de qualité technique. Puisque la majorité des produits pesticides composant ce groupe sont aussi halogénés (p. ex. endosulfan), ils présentent les mêmes caractéristiques que celles du groupe des composés organiques halogénés et sont généralement considérés comme des représentants de ce groupe.

Les composés sulfurés du type classique des sulfures et des polysulfures sont peu employés dans les pratiques agricoles modernes.

5.2.15.1.4 Composés organoazotés

Les composés organoazotés sont des produits chimiques organiques qui contiennent un ou plusieurs atomes d'azote dans des positions caractéristiques au sein de la structure aliphatique ou aromatique de la molécule. La position et la configuration des atomes d'azote sont des critères qui permettent de subdiviser ce groupe en composés aliphatiques et aromatiques.

5.2.15.1.4.1 Composés aliphatiques

Les carbamates, carbonates, carboxylates et molécules substituées d'urée sont généralement hydrosolubles et peu rémanents dans l'environnement et l'organisme animal. Les principaux représentants de ce groupe d'insecticides sont le propoxur (Baygon™, Bayer), le carbaryl, le dimétilan et le méthomyl. Tous ces produits peuvent être utilisés dans les installations animalières; le carbaryl est aussi employé pour les applications topiques chez le bétail. Toutefois, ces produits servent principalement à la protection des cultures.

L'efficacité insecticide de ces produits va de pair avec leur toxicité pour les mammifères et, dans le cas des carbamates, on a observé des symptômes aigus attribuables à une inhibition modérée de l'acétylcholinestérase. Les résidus terminaux de ces substances sont rarement observés dans les produits de viande étant donné la rapidité de leur métabolisation in vivo et la poursuite de la décomposition chimique et enzymatique dans les tissus après la mort.

5.2.15.1.4.2 Composés aromatiques

Les composés aromatiques comprennent les dérivés de la pyridine et de la diazine (pyrimidines et uraciles). Ces deux sous-groupes se caractérisent habituellement par la présence simultanée d'un atome de phosphore (p. ex. chlorpyrifos - Dursban™, diazinon) ou d'un élément halogène, permettant leur classification avec ces groupes.

5.2.15.1.5 Pyréthrines et produits analogues

Les pyréthrines sont des dérivés de l'acide chrysanthémique, le représentant le plus ancien et le mieux connu étant un extrait naturel de pyrèthre, qui en raison de son coût de production, fait l'objet d'une concurrence importante avec des pyréthrinoïdes de synthèse. Les représentants typiques de ce groupe sont la perméthrine, l'alléthrine et la pyréthrine de qualité technique.

Comme le pipéronyl butoxyde (qui agit comme synergiste), les pyréthrines sont homologuées pour usage comme insecticide dans les usines de fabrication des aliments destinés à la consommation animale et humaine, de même que pour administration systémique et topique chez le bétail. Les pyréthrines sont insolubles dans l'eau et sont facilement détruites par la chaleur. Leurs propriétés insecticides sont attribuables à leur action sur le système respiratoire des insectes (insecticide par contact). Leur toxicité à l'égard des mammifères est généralement faible et l'absorption par les voies normales est minimale.

Des études ont démontré que la formation de résidus terminaux est négligeable.

5.2.15.2 Choix des échantillons

Les considérations précédentes sont importantes dans le cadre du choix des échantillons destinés à l'analyse et de la vérification de la présence de symptômes cliniques chez les animaux suspects. Si les insecticides ne sont pas utilisés prudemment et conformément aux indications figurant sur l'étiquette, les aliments du bétail risquent d'être exposés accidentellement à ces produits et le bétail, d'y être exposé directement. Dans certains cas, on peut soupçonner que certains animaux ont été fortement exposés à un insecticide précis, que ce soit en raison des rapports des propriétaires des animaux ou d'autres intervenants associés à l'industrie de l'élevage ou encore à cause d'observations lors des inspections ante mortem et post mortem. Il faut faire le suivi de telles indications. Tous les renseignements connus, y compris les signes ante et post mortem, doivent être signalés au spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques, qui déterminera s'il y a lieu de poursuivre l'enquête et de prélever d'autres échantillons. Il est important de déterminer au moins le groupe du produit chimique suspect. Tout doute raisonnable doit donner lieu à des analyses de vérification en laboratoire; toutefois, on doit être conscient que les analyses sont coûteuses et que les installations de laboratoire sont limitées.

Le tissu qui se prête le mieux aux analyses courantes de détection des résidus d'hydrocarbures halogénés est le gras périrénal. Cependant, lorsqu'il y a lieu de soupçonner un application topique dorsale avec ces produits, il est préférable de prélever la graisse sous-cutanée de cette région.

Le tissu qui se prête le mieux aux analyses visant à déceler la présence de résidus d'organophosphorés sont le foie et le rein, mais le gras périrénal ou le gras dorsal doit aussi être inclus dans le cas où l'on soupçonne une application de produit à action systémique. Pour éviter toute dégradation enzymatique des résidus avant les analyses, il est extrêmement important de congeler immédiatement tout échantillon prélevé et de faire en sorte qu'il arrive au laboratoire encore congelé.

Pour les composés organoazotés aliphatiques, le tissu hépatique constitue le meilleur choix de spécimen d'échantillonnage puisque le foie est l'un des organes cibles de passage.

5.2.15.3 Analyses

Si des échantillons sont prélevés pour fins d'analyses de laboratoire, la carcasse et toutes les parties de l'animal en question ainsi que tous les autres animaux du même troupeau soupçonnés d'avoir été exposés au produit doivent être retenus jusqu'à l'obtention des résultats des analyses.

Ne pas envoyer d'échantillons non prévus au laboratoire sans avoir obtenu, au préalable, l'autorisation requise. L'analyse voulue peut ne pas être offerte dans tous les laboratoires. Les laboratoires privés qui analysent des échantillons dans le cadre du Programme national de surveillance des résidus chimiques (sous-sections 5.2.5 et 5.2.6) peuvent seulement effectuer les analyses et traiter le nombre d'échantillons stipulés dans leurs contrats.

Communiquer avec le spécialiste du Programme des résidus chimiques pour déterminer l'endroit où les échantillons doivent être envoyés et pour obtenir un numéro de soumission d'échantillon.

Le processus de surveillance visant à détecter la présence d'insecticides antiparasitaires organochlorés a pour but d'estimer leur fréquence dans les principales populations destinées à l'abattage, dans le cadre du Programme national de surveillance des résidus chimiques (voir les sous-sections 5.2.5 et 5.2.6).

5.2.15.4 Suivi

L'exposition aux insecticides doit être traitée comme tout autre type d'exposition des troupeaux de bétail ou de volaille. (Voir la sous-section 5.2.3)

5.2.16 Autres pesticides

5.2.16.1 Introduction

Les pesticides forment une classe de produits chimiques agricoles qui, s'ils sont employés correctement, peuvent favoriser un accroissement de l'efficacité de la production des aliments en luttant contre les parasites qui s'attaquent à la fois aux végétaux et aux animaux. Outre les insecticides, ce groupe de produits chimiques comprend : les attractifs, les défoliants, les fongicides, les herbicides, les molluscicides, les nématicides, les ovicides, les bactéricides végétaux, les régulateurs de croissance végétale, les répulsifs, les rodenticides, les agents stérilisants et d'autres types de produits. Une gamme extrêmement étendue de produits est nécessaire pour remplir cette multitude de fonctions. Aux fins d'analyse, il est donc utile de classer les pesticides selon leur structure chimique générale :

  • Triazines
  • Dérivés de l'acide phénoxyacétique
  • Composés organométalliques
  • Autres composés minéraux et organiques

5.2.16.1.1 Triazines

Les triazines sont beaucoup utilisées sous forme d'herbicides. Bien qu'à peu près insolubles dans l'eau, leur toxicité vis-à-vis les mammifères est relativement faible. On n'a pas encore observé d'accumulation appréciable de ces produits dans la chaîne trophique.

5.2.16.1.2 Dérivés de l'acide phénoxyacétique

Les dérivés de l'acide phénoxyacétique sont des herbicides très efficaces et sont souvent utilisés à cette fin. Des exemples typiques de composés de ce groupe comprennent le 2,4-D (acide [2,4-dichlorophénoxy]acétique), le 2,4,5-T (acide [2,4,5-trichlorophénoxy]acétique), le MCPA (acide [4-chloro-2-méthylphénoxy]acétique) et le MCPB (acide [chlorométhylphénoxy]butyrique).

Ils sont habituellement solubles dans l'eau, rapidement métabolisés et relativement peu toxiques pour les mammifères. Toutefois, certains résidus et produits de métabolisme de type aromatique polychloré, tels que les dibenzo-p-dioxines chlorées et les dibenzofuranes chlorés, revêtent un intérêt particulier. Voir la sous-section sur les hydrocarbures polyhalogénés (5.2.18).

5.2.16.1.3 Composés organométalliques

Ce groupe de composés comprend les organomercuriels et les arsenicaux. Les organomercuriels sont utilisés comme fongicides pour le traitement des semences, alors que les arsenicaux sont incorporés aux aliments destinés à la volaille et aux porcs pour traiter la coccidiose, l'hexamitiase, l'histomonose, et pour améliorer la pigmentation et le gain pondéral. L'arséniate de cuivre et de chrome (ACC) a été largement utilisé comme produit de préservation du bois imprégné sous pression, mais on remplace graduellement ce produit par d'autres moins toxiques.

Le risque présenté par ces composés est lié à la présence de mercure ou d'arsenic. Voir la sous-section 5.2.19.

5.2.16.1.4 Autres composés minéraux et organiques

Plusieurs substances antiparasitaires, notamment les rodenticides et les préparations spéciales, ne s'insèrent dans aucune des catégories susmentionnées et ne se prêtent pas non plus aux analyses de détection de résidus multiples. La vérification de la présence de résidus de telles substances ne peut donc être effectuée que sur demande spéciale à l'aide de techniques spécifiques au produit recherché.

5.2.16.2 Choix des échantillons

Lorsque l'on soupçonne un animal d'avoir été exposé à un antiparasitaire, prélever 250 g de chacun des tissus suivants : hépatique, rénal et adipeux. Congeler immédiatement les échantillons pour suspendre toute dégradation enzymatique des composés.

5.2.16.3 Analyses

Les considérations précédentes sont importantes dans le cadre du choix des échantillons destinés à l'analyse et de la vérification de la présence de signes cliniques chez les animaux suspects. Si les pesticides ne sont pas utilisés prudemment et conformément aux indications figurant sur l'étiquette, les aliments du bétail risquent d'être exposés accidentellement à ces produits et le bétail, d'y être exposé directement. Dans certains cas, on peut soupçonner que certains animaux ont été fortement exposés à un pesticide précis, que ce soit en raison des rapports des propriétaires des animaux ou d'autres intervenants associés à l'industrie de l'élevage ou encore à cause d'observations lors des inspections ante mortem et post mortem. Il faut faire le suivi de telles indications. Tous les renseignements connus, y compris les signes ante et post mortem, doivent être signalés au spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques, qui déterminera s'il y a lieu de poursuivre l'enquête et de prélever d'autres échantillons. Il est important de déterminer au moins le groupe du produit chimique suspect. Tout doute raisonnable doit donner lieu à des analyses de vérification en laboratoire; toutefois, on doit être conscient que les analyses sont coûteuses et que les installations de laboratoire sont limitées.

Ne pas envoyer d'échantillons non prévus au laboratoire sans avoir obtenu, au préalable, l'autorisation requise. L'analyse voulue peut ne pas être offerte dans tous les laboratoires. Les laboratoires privés qui analysent des échantillons dans le cadre du Programme national de surveillance des résidus chimiques (sous-sections 5.2.5 et 5.2.6) peuvent seulement effectuer les analyses et traiter le nombre d'échantillons stipulés dans leurs contrats.

Communiquer avec le spécialiste du Programme des résidus chimiques pour déterminer l'endroit où les échantillons doivent être envoyés et pour obtenir un numéro de soumission d'échantillon.

Le processus d'enquête visant à détecter la présence d'hydrocarbures polyhalogénés (BPC, dioxines) a pour but d'estimer leur fréquence dans les principales populations destinées à l'abattage, dans le cadre du Programme national de surveillance des résidus chimiques (voir les sous-sections 5.2.5 et 5.2.6).

5.2.16.4 Suivi

L'exposition aux pesticides doit être traitée comme tout autre type d'exposition des troupeaux de bétail ou de volaille (voir la sous-section 5.2.3).

5.2.17 Chlore

5.2.17.1 Introduction

Dans les établissements accrédités, on utilise des produits chlorés comme agents antimicrobiens sur les surfaces entrant directement en contact avec les produits de viande et sur les carcasses. Les produits chlorés peuvent être vaporisés ou utilisés comme solutions d'immersion. Ces produits peuvent comprendre du chlore gazeux dissous (Cl2), du dioxyde de chlore (ClO2) et de l'hypochlorite de sodium (NaClO). L'action antimicrobienne de ces produits s'exerce par l'intermédiaire de la puissante capacité d'oxydation du chlore libre.

Lorsqu'il entre en contact avec la matière organique, le chlore réagit pour former divers composés organochlorés. Dans l'eau potable, les composés organochlorés les plus préoccupants pour la santé sont les chloramines (monochloroamine [NH2Cl], dichloramine [NHCl2] et trichloramine [NCl3]) et les chlorométhanes (chlorométhane [CH3Cl], dichlorométhane [CH2Cl2], chloroforme [CHCl3] et le tétrachlorométhane [CCl4]). Le chloroforme est cancérogène, le dichlorométhane, mutagène, et plusieurs de ces composés peuvent endommager le foie ou les reins.

Comme les chloramines et les chlorométhanes sont volatils, ils ne laissent pas de résidus persistants dans les produits finis. Il peut toutefois se former des composés organochlorés de haut poids moléculaire ayant un potentiel cancérogène. Voir la sous-section 5.2.18, hydrocarbures polyhalogénés.

Santé Canada a avisé par écrit qu'il ne s'oppose pas à l'utilisation du chlore jusqu'à des concentrations de 50 ppm dans la volaille et jusqu'à 20 ppm dans les viandes rouges. Dans le cas de la viande rouge, un rinçage à l'eau potable est toutefois exigé après un tel usage. Les exploitants qui désirent une exemption de rinçage à l'eau potable doivent en faire la demande par écrit à Santé Canada.

5.2.17.2 Choix des échantillons et analyses

Comme aucun composé précis d'intérêt n'a été identifié, les analyses de laboratoire ne présentent aucune utilité pratique.

5.2.17.3 Suivi

Tout produit exposé, ou ayant pu être exposé à des concentrations de chlore supérieures aux limites établies par Santé Canada devrait être retenu jusqu'à ce que son état puisse être déterminé. Aviser le gestionnaire d'inspection et le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques.

Si les taux de chlore ne sont pas continuellement vérifiés, au moyen d'une sonde-réseau automatisée munie d'une alarme, par exemple, tout produit exposé depuis le dernier résultat d'analyse acceptable est considéré comme suspect.

Les établissements qui utilisent du chlore comme traitement antimicrobien de leurs produits, soit par vaporisation, soit par immersion, doivent disposer de mesures pour éviter d'excéder la limite approuvée. À la première exposition à une quantité de chlore supérieure à la limite permise, on peut enlever les surfaces de contact du produit touché. En revanche, le producteur peut choisir d'éliminer tout produit suspect en l'envoyant à un fondoir destiné aux produits non comestibles ou à un site d'enfouissement sanitaire. L'établissement doit mettre sur pied un plan d'action visant à empêcher toute récidive.

À la deuxième exposition à une quantité de chlore supérieure à la limite permise, le plan des mesures correctives doit être examiné afin de déterminer la raison de cette défaillance, et une lettre d'avis doit être envoyée à l'entreprise. Encore une fois, le produit peut être retravaillé ou éliminé.

Dans le cas d'une exposition subséquente, le produit sera condamné. De plus, une troisième exposition constitue un échec du plan HACCP, qui doit être corrigé en conséquence.

5.2.18 Hydrocarbures polyhalogénés

5.2.18.1 Introduction

Les hydrocarbures polyhalogénés comprennent plusieurs familles de composés dont la toxicité varie d'un composé à un autre. Parmi les groupes d'intérêt particulier, on trouve les suivants :

  • Pentachlorophénol (PCP)
  • Biphényles polychlorés (BPC)
  • Dibenzo-p-dioxines chlorées (CDD)
  • Dibenzofuranes chlorés (DFC)

Les BPC, les dioxines et les dibenzofuranes font partie d'une série de dérivés homologues qui se différencient par le degré de substitution d'éléments halogénés, et qui forment, avec leurs isomères, une vaste gamme de composés distincts. Comme la toxicité varie parmi les membres d'une même famille de très toxique à relativement non toxique, les doses et limites maximales de résidus sont habituellement exprimées sous forme d'équivalents de toxicité (TEQ, « toxic equivalents ») du composé le plus toxique.

5.2.18.1.1 Pentachlorophénol (PCP)

Le PCP est bien connu comme fongicide et agent de conservation du bois. En concentration élevée, il est toxique. Ce composé étant dans une certaine mesure lipophile, il s'accumule dans les graisses. L'utilisation de bois traité au PCP dans les bâtiments de ferme ou des copeaux provenant de ce type de bois comme litière ont causé deux types de problèmes :

  • Le PCP présent dans la litière de poulet est transformé, sous l'action des bactéries, en anisols chlorés qui donnent une odeur et un goût de moisissure à la viande de poulet.
  • Les préparations commerciales de PCP peuvent être contaminées par des dibenzodioxines chlorées (DDC) et des dibenzofuranes chlorés (DFC). Voir la sous-section 5.2.18.1.3. La DDC et le DFC ont une plus grande stabilité chimique que le PCP et peuvent persister dans les tissus après que le PCP a été métabolisé.

5.2.18.1.2 Biphényles polychlorés (BPC)

Les biphényles polychlorés ont été mis au point en tant qu'échangeurs de chaleur dans les transformateurs électriques, et ont été largement utilisés dans la fabrication des plastiques et du papier. Leur grande stabilité chimique, qui constitue une propriété souhaitable dans les applications industrielles, en fait également un contaminant environnemental. On en trouve partout dans le monde, à l'état de trace, dans presque toutes les espèces d'animaux terrestres et aquatiques examinées. Les BPC n'ont jamais été fabriqués au Canada, et les États-Unis ont cessé volontairement de fabriquer ce produit en 1977, mais on en trouve encore dans du matériel ou des équipements anciens. Dans certaines régions isolées, des déversements accidentels ont entraîné d'importantes contaminations des aliments du bétail. Les BPC ont des propriétés chimiques semblables à celles des produits antiparasitaires organochlorés. (Voir le paragraphe 5.2.15.1.1) Ils sont liposolubles et s'accumulent dans les tissus adipeux des animaux.

5.2.18.1.3 Dioxines

Les dibenzo-p-dioxines polychlorées (PCDD) et les dibenzofuranes polychlorés (PCDF) sont souvent appelés « dioxines », tout simplement. Il s'agit de composés liposolubles très stables, qui s'accumulent dans la chaîne alimentaire. Ils peuvent être présents en tant que contaminants ou sous-produits de la fabrication d'autres composés halogénés. On en trouve également dans les cendres volantes des incinérateurs, et les feux de forêts en produisent naturellement. Il s'agit donc d'un contaminant environnemental fort répandu, que l'on retrouve à de très faibles concentrations chez tous les organismes vivants.

Selon le degré de chloration (1-8 atomes de chlore) et le profil de substitution, on compte 75 PCDD et 135 PCDF, qu'on appelle « congénères ». La toxicité des dioxines varie considérablement d'un congénère à l'autre. Des 210 congénères, seuls 17 sont préoccupants sur le plan toxicologique. Les niveaux d'exposition ou les taux de résidus sont exprimés sous forme d'équivalents de toxicité (TEQ) du congénère le plus toxique, la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (2,3,7,8-PCDD).

L'exposition à une source concentrée ou à un environnement particulièrement contaminé peut entraîner des taux de dioxines significativement supérieurs au niveau naturel.

Ces composés causent un syndrome caractérisé par un début de maladie retardé par rapport au moment de l'exposition et des modifications dégénératives généralisées touchant plusieurs organes, notamment le foie, le thymus et la peau. Les CDD et les DFC sont formés lors de la fabrication d'hydrocarbures chlorés et sont aussi présents dans les PCB et dans les pesticides organochlorés et les herbicides phénoxyacides.

5.2.18.2 Choix des échantillons

S'il existe un doute raisonnable quant à la présence possible de tels résidus à la suite d'accidents industriels ou d'une contamination environnementale locale, ce fait doit être porté à l'attention du spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques, qui prendra les mesures nécessaires.

Les enquêtes relatives aux PCP et aux dioxines font partie du Programme national de surveillance des résidus chimiques. (Voir les sous-sections 5.2.5 et 5.2.6)

Prélever des échantillons du foie et du tissu adipeux. Dans le cas des oiseaux, l'échantillon peut être constitué de prélèvements provenant de plusieurs oiseaux d'une même bande.

Pour détecter la présence de PCB, on utilise les mêmes méthodes que pour déceler la présence d'antiparasitaires organochlorés, et les enquêtes relatives aux PCB font partie du programme pour les pesticides.

5.2.18.3 Analyses

Ne pas envoyer d'échantillons non prévus au laboratoire sans avoir obtenu, au préalable, l'autorisation requise. L'analyse voulue peut ne pas être offerte dans tous les laboratoires. Les laboratoires privés qui analysent des échantillons dans le cadre du Programme national de surveillance des résidus chimiques (sous-sections 5.2.5 et 5.2.6) peuvent seulement effectuer les analyses et traiter le nombre d'échantillons stipulés dans leurs contrats.

Communiquer avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques pour déterminer l'endroit où les échantillons doivent être envoyés et pour obtenir un numéro de soumission d'échantillon.

5.2.18.4 Suivi

Le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques, demandera probablement un échantillon témoin pour déterminer si la présence de résidu était transitoire ou si elle reflète un problème à la ferme. Une visite à la ferme d'origine pourrait être prévue pour tenter de déterminer la voie d'exposition.

5.2.19 Métaux lourds

5.2.19.1 Introduction

La contamination par des résidus de métaux lourds peut se produire consécutivement au traitement de semences avec des fongicides ou des désinfectants contenant du mercure ou de l'arsenic, et à la suite de l'utilisation de telles graines dans les aliments du bétail. Des contaminations sont aussi survenues suite à des erreurs dans la préparation des aliments du bétail contenant des arsenicaux ou à la contamination du milieu par le plomb, le cadmium ou le mercure.

Arsenic. Les intoxications à l'arsenic ne sont plus courantes, parce que la plupart des produits agricoles chimiques et vétérinaires contenant de l'arsenic ne sont plus utilisés. L'acide arsanilique est encore employé à de faibles doses comme substance médicamenteuse ajoutée aux aliments du porc et de la volaille. (Voir la notice 4 du Recueil des notices sur les substances médicatrices.) Les principales sources de contamination de l'environnement en arsenicaux sont les contenants de ces produits qui ont été jetés, les zones de pollution industrielle (fonderies) et les cendres provenant de la calcination des poteaux de clôture traités. Les animaux développent une tolérance à l'arsenic lorsqu'ils en ingèrent des doses sublétales pendant un certain temps.

Cadmium. Le cadmium est présent comme polluant environnemental dans les régions fortement industrialisées. Il est souvent utilisé comme métal de placage. Il est aussi présent comme composante naturelle du sol dans certaines régions. Il s'accumule avec l'âge dans le foie et les reins, alors que ses concentrations demeurent constantes dans les tissus musculaires. Ce métal atteint habituellement des concentrations plus élevées dans les reins que dans le foie. Les chevaux sont particulièrement prédisposés à accumuler du cadmium dans leurs organes, et c'est pourquoi les reins et les foies qui proviennent des chevaux sont considérés comme impropres à la consommation.

Cuivre. Le cuivre est un métal omniprésent dont l'animal a besoin comme oligoélément. Il est généralement mal absorbé et une partie seulement du cuivre qui circule dans le sang est assimilable par l'organisme. Conséquemment, la carence en ce produit constitue un plus grave problème que la présence de doses excessives. La distribution du cuivre dans le foie est très inégale, le lobe codé en contient plus que les lobes dorsal et ventral.

Plomb. Les teneurs en plomb de la végétation bordant les fossés, qui résultaient des gaz d'échappement des automobiles, ont beaucoup diminué depuis l'avènement de l'essence sans plomb. Quelques sources courantes de contamination du bétail sont la pollution industrielle, les huiles à moteurs usées, le mastic, les tuiles de toiture, les peintures et les piles à base de plomb. La peinture dite sans plomb peut contenir jusqu'à 1 % de plomb.

Mercure. La présence du mercure dans l'environnement en tant que polluant général est strictement réglementée de sorte que les teneurs élevées y sont moins fréquentes. La distribution du mercure dans l'organisme varie selon la forme sous laquelle le produit a été ingéré. Les mercuriels organiques s'accumulent en forte concentration dans le sang et le cerveau de même que dans le foie et les reins, alors que le mercure inorganique tend surtout à se concentrer dans les reins. Les mercuriels organiques sont plus toxiques que le mercure inorganique.

Sélénium. Sauf dans les régions très circonscrites de pollution industrielle, le sélénium est introduit dans l'organisme par la consommation d'aliments du bétail contenant ce produit. La plupart des légumes contiennent du sélénium sous forme liée telle la sélénométhionine. Conséquemment, la carence en sélénium constitue un problème plus grave que la présence de doses excessives. L'absorption et l'utilisation du sélénium par l'organisme sont extrêmement variables et dépendent en grande partie du type de régime et des effets antagonistes des autres oligo-éléments. Même chez les animaux manifestant des signes cliniques d'intoxication au sélénium, les concentrations observées dans les tissus ne sont habituellement pas supérieures à la normale.

Zinc. L'utilisation de zinc est très répandue pour le placage et la galvanisation du métal. On le retrouve en forte concentration dans les régions touchées par la pollution industrielle (usines de smeltage). Les intoxications au zinc sont peu fréquentes, et les jeunes animaux sont plus susceptibles à ce genre d'empoisonnement que les plus âgés. Le zinc est un oligoélément indispensable et la carence en cet élément constitue un problème. Les maladies infectieuses ont pour effet d'abaisser les teneurs en zinc dans le foie et le sérum tout en augmentant les concentrations de cet élément dans les reins.

5.2.19.2 Choix des échantillons

Pour la détection de métaux, on prélève des échantillons des muscles squelettiques, du foie et des reins. Les enquêtes relatives aux métaux font partie du Programme national de surveillance des résidus chimiques (voir les sous-sections 5.2.5 et 5.2.6). Si les animaux provenant d'exploitations qui ont accès ou qui sont soupçonnées d'avoir accès à des métaux lourds ne sont pas condamnés après un examen ante mortem pour vérifier la présence de symptômes évidents d'intoxication aux métaux lourds, ils seront retenus et des échantillons seront envoyés au laboratoire pour fins d'analyses. Pour obtenir des conseils, veuillez communiquer avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques.

5.2.19.3 Analyses

Ne pas envoyer d'échantillons non prévus au laboratoire sans avoir obtenu, au préalable, l'autorisation requise. L'analyse voulue peut ne pas être offerte dans tous les laboratoires. Les laboratoires privés qui analysent des échantillons dans le cadre du Programme national de surveillance des résidus chimiques (sous-sections 5.2.5 et 5.2.6) peuvent seulement effectuer les analyses et traiter le nombre d'échantillons stipulés dans leurs contrats.

Communiquer avec le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques pour déterminer l'endroit où les échantillons doivent être envoyés et pour obtenir un numéro de soumission d'échantillon.

5.2.19.4 Suivi

Lorsque l'on découvre des taux élevés de métaux lourds chez des animaux, il faut retracer leur ferme d'origine. Une inspection de la ferme par un inspecteur des Aliments du Bétail peut être faite pour déterminer la source des taux élevés observés chez les animaux. Les envois subséquents du producteur en question devraient être vérifiés.

Le formulaire de soumission accompagnant l'échantillon devrait, si possible, mentionner le métal lourd dont on soupçonne la présence. La remarque additionnelle « demande spéciale » permettra d'éviter toute confusion avec la surveillance régulière et d'assurer la priorité de l'échantillon en question.

5.2.20 Fluide hydraulique

5.2.20.1 Introduction

Des fluides hydrauliques peuvent être utilisés en différents endroits dans les établissements agréés, par exemple dans des équipements tels que plates-formes ajustables, équipements de contention et chariots-élévateurs. Ces fluides sont habituellement des hydrocarbures à longue chaîne. Puisque la présence de fluides hydrauliques dans l'établissement peut être la source de contaminations fortuites et non-détectées de produits comestibles, ces fluides doivent être acceptables. Consultez le chapitre 3.6 – Programmes préalables pour connaître les exigences liées aux matériaux d'emballage et les produits chimiques non alimentaires acceptables.

Toutefois, une exposition étendue comme celle engendrée par l'explosion d'une conduite hydraulique pose un risque plus important. Même s'ils sont acceptables, les fluides hydrauliques peuvent devenir fortement contaminés au fil du temps par des métaux lourds ou d'autres éléments chimiques provenant de l'équipement lui-même. Dans les zones où le produit est exposé, les équipements pneumatiques, mus par de l'air comprimé plutôt que par un liquide sont préférables.

5.2.20.2 Évaluation

Tel que décrit à la section « Exposition dans un établissement » (section 5.2.4), le produit exposé doit être soit condamné pour cause de falsification, soit détenu en attendant l'évaluation et l'application de mesures correctives efficaces. Il pourrait être difficile de visualiser quelle quantité de viande a été affectée et aussi de démontrer avec un échantillon significatif que la méthode de décontamination, par exemple le parage, a effectivement éliminé tout contamination.

Si l'exploitant souhaite tenter de récupérer le produit exposé, contacter le spécialiste du centre opérationnel pour le Programme des résidus chimiques, qui demandera une évaluation des risques au gestionnaire national du programme de l'évaluation chimique. Les renseignements nécessaires pour mener cette évaluation sont les suivants :

Fournir une courte description des événements survenus juste avant, pendant et immédiatement après la découverte d'une fuite permettant de bien comprendre la situation. Assurez-vous de répondre le plus précisément possible et spécifiquement à chacune des questions suivantes :

  • Comment la fuite a-t-elle été détectée? Exemple : lors d'une inspection de routine, équipement saisi, après un incendie, etc.
  • Quelle était la marque d'huile ou de fluide? Si la fiche sur les matières dangereuses utilisées au travail est disponible il faudrait l'inclure.
  • Quelle quantité de fluide s'est échappée?
  • Le fluide était-il sous pression?
  • Pour les fluides sous pression, à quelle pression et à quelle température le fluide est-il normalement maintenu lorsque l'équipement fonctionne?
  • À quelle fréquence le fluide est-il normalement remplacé dans l'équipement et à quand remonte le dernier changement?
  • Combien de temps peut-il s'être écoulé entre le début de la fuite et le moment où elle a été remarquée? Il peut être nécessaire que le temps soit estimé par l'inspecteur en charge. Préciser « inconnu » s'il est possible que la fuite n'ait pas été remarquée pendant un certain temps.
  • Quels sont les produits qui ont été exposés au fluide? Une description de tous les produits est requise.
  • Comment le fluide a-t-il touché le produit? Par exemple, « a dégoutté », « a été vaporisé sous pression », « de la fumée a été produite quand le fluide a brûlé », etc.
  • Le produit que l'exploitant veut faire évaluer était-il emballé? Si oui, décrire l'emballage (Plastique ou papier? Scellé ou non? Quelle épaisseur?)
  • Le produit était-il frais ou congelé au moment où il a été exposé?
  • Comment le produit était-il entreposé, empilé, etc.?

Et en ce qui concerne le contrôle du produit contaminé :

  • Des mesures ont-elles été prises afin de réduire les risques? (Par exemple, la contamination visible a été parée immédiatement)
  • Le produit est-il présentement retenu et isolé?
  • Qu'est-ce que la compagnie propose pour diminuer le risque? (Par exemple, dépouiller, puis rincer; éliminer une heure de production)
  • Qu'est-ce que la compagnie propose pour tester le produit? (Par exemple, nombre d'échantillons, nom du laboratoire, nom de la méthode analytique)
  • La compagnie demande-t-elle l'avis de l'ACIA sur la façon de diminuer le risque et de tester le produit?

5.2.20.3 Suivi

Des mesures correctives appropriées seront déterminées selon l'évaluation des risques. Les produits affectés pourraient devoir être condamnés ou retravaillés sous le contrôle de l'inspection.

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